HISTORIQUE
L'uréthrotomie interne est une opération moderne; elle date réellement du commencement de ce siècle, car, si l’on remonte les siècles passés, on voit que «ce qui à été écrit sur ce sujet était plutôt le résultat d'essais, de tentatives particulières rarement reproduites». (Delefosse ; Études clin. sur l’uréthrot., 1880, pag. 4.)
Arriver à la cure rapide d’un des principaux symptômes des angusties uréthrales, la rétention d’urine, tel était le but qu’on se proposait.
C'est à Ferri, chirurgien de Naples, que revient peut-être l'honneur d’avoir, le premier, introduit dans le canal, au commencement du xvi° siècle, un instrument piquant pour obtenir la destruction d’un rétrécissement ou d’un obstacle de l’urèthre dû à wne carnosité.
Ambroise Paré (1570) en France, et Francisco Diaz en Espagne, l’imitèrent. Il est toutefois probable que les résultats obtenus par eux n'avaient pas été merveilleux puisque, en 1603, Turquet de Mazerne ayant osé porter l'instrument tranchant dans l'urèthre royal de Henri IV, pour un rétrécissement avec incontinence d'urine, les chirurgiens du roi proclamèrent sa pratique
En audacieuse et ignorante, et la Faculté de Paris défendit à tous ses membres de consulter avec lui. Turquet dut s’exiler en Angleterre, où il devint médecin du roi Jacques [*.
Considérée avec dédain pendant tout le xvr° et le xviri° siècle (voir l'historique du D' Grégory dans sa Thèse intitulée : De la méthode sanglante dans les rétrécissements de l'urèthre), l’uréthrotomie interne semblait vouée à l’oubli, la dilatation et la cautérisation régnant en maîtres, lorsque, en 1795, les D Physick à Philadelphie, Dôrner en Allemagne, Mac Ghie, Stafford, en Angleterre, imaginèrent des instruments destinés à faire une incision franche et correcte de la coarctation.
En 1819, Arnott, en Angleterre, inventa le premier instrument coupant d’arrière en'avant.
Le bistouri à gaîne de Civiale pour débrider le méat et diviser d'arrière en avant les rétrécissements voisins de la fosse naviculaire date de 1823.
C’est à cette même date que Mac Ghie recommande l’usage d’un conducteur.
Mais c’est à Amussat que l’on doit le premier uréthrotome, méritant véritablement ce nom. — En 1824, il présenta à l'Académie de Médecine un instrument muni d'un conducteur, et destiné à inciser les rétrécissements d'avant en arrière. Le scarificateur qu'il inventa quelque temps après avait pour objet de pratiquer la même opération d’arrière en avant.
Après lui, Despinois présenta un procédé qui consistait à inciser avec un bistouri étroit les rétrécissements voisins du méat.
En 1840, Dupierris conseille de ponctionner d’abord le rétrécissement, puis de l’inciser des deux côtés ; son instrument était fait dans ce but.
Quatre ans après, parut un volumineux mémoire de Reybard sur le mode d’action de l’uréthrotomie.
En 1848, Bonnet (de Lyon) décrivit un instrument scarificateur perforé. Vinrent les instruments de Leroy ensuite
Ce
d'Étiolles, de Mercier, de Ricord, etc. L'idée dominante était d'imaginer un scarificateur ; mais, les scarificateurs produisant de faibles résultats et quelquefois de graves accidents, l’uréthrotomie allait tomber dans l’oubli quand parut un nouveau travail de Reybard, travail couronné par l’Académie {voir Delefosse, ouv. cité, pag. 7). Aux simples scarifications, il substituait la section complète de la paroi uréthrale, hormis la peau ; les parties saines placées au-dessus et au-dessous du rétrécissement devaient être coupées avec.
Peu de chirurgiens se montrèrent partisans de cette méthode. Reybard était allé trop loin. Mais comme :l avait prouvé que, pour obtenir un résultat, il fallait détruire complètement le rétrécissement, les chirurgiens d’alors s’engagèrent dans cette voie.
Civiale suivit le mouvement et inventa un instrument à olive coupant d’arrière en avant.
En 1855, Maisonneuve eut l’idée d’un uréthrotome à lame courante, coupant le rétrécissement d'avant en arrière. Mais, par crainte de couper tout le canal en même temps que le rétrécissement, il rendit mousse sa lame en soc de charrue. On lui reprocha alors de ne plus couper le rétrécissement. Sédillot modifia l'instrument, et Voillemier en inventa un autre; mais la préférence n’en resta pas moins à l'instrument de Maisonneuve, faveur due à sa simplicité.
Dès lors, l’uréthrotomie devient une opération courante et passée dans la pratique.
Gosselin, Guyon, Gaudmont, s’en déclarent partisans, mais les deux premiers avec l'instrument de Maisonneuve, le troisième avec celui de Giviale, qu'il a modifié.
Lucas-Championnière, Verneuil et Terrier en sont partisans, mais ils ne veulent pas qu’on en exagère l’emploi.
Marc Sée lui est favorable.
Dolbeau, Tillaux, Dubuc, Trélat, regardent l'incision comme
un adjuvant de la dilatation.
RE Vif pes
Quant à Le Dentu, il est pour la divulsion et Horteloup précoaise un uréthrotome spécial appelé uréthrotome mousse.
Lefort et Desprès déclarent n'avoir jamais fait d’uréthrotomie et n’en vouloir jamais faire. (Rec. Soc. de Chir., 1886.)
Peu en honneur en Angleterre. — Elle est néanmoins préconisée par Thompson. — Syme préfère l’uréthrotomie externe.
En Amérique, c’est la divulsion qui ouvre la marche comme méthode de traitement des rétrécissements de l’urèthre, et l’uréthrotomie externe est employée de préférence à l’interne.
En Allemagne, en Italie, en Suisse, c’est l’uréthrotomie externe
qui est en faveur.
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