CHAPITRE r
g I. — Description de i iiréthrotome de M. Blaisonneuve .
11 se compose de : 1° un cathéter. C’est un tube cannelé, de 1 à 3 millimètres de diamètre, long’ de 30 centimètres, pouvant offrir la courbure que l’ou veut, M, Maisonneuve a adopté la g’rande courbure (|ue .lély (de Nantes) donnait à ses sondes. A l’extrémité externe de ce cathéter, du côté opposé à la cannelure, est un anneau qui lui sert de manche. A l’extrémité interne est un pas de vis qui s’articule très-exactement avec celui d’un ajutag’e métallique qui est fixé solidement à l’extrémité d’une petite boug’ie. 2° Une boug’ie ordinaire de petit diamètre, assez souple pour s’enrouler facilement sur elle-même, A son extrémité externe est fixéTajutag’e métallique. 3° La lame tranchante, (jLii présente deux variétés ;
U \J unilatérale ^ ((ui est la plus fréquemment em-
ployée par M. Maisonneuve , représente assez bien un Lriang’le isocèle aplati ; le sommet est mousse ; les deux côtés latéraux tranchants sontlég'èrement excavés, de façon à rappeler la forme du soc de charrue ; la base se continue avec l’extrémité d un mandrin métallique, long* de 30 centimètres, destiné à gdisser dans le tube cannelé. L’extrémité externe de ce mandrin est terminée par un bouton.
2° La lame bilatérale. Elle est formée de deux lames unilatérales réunies par leur base. Ainsi elle a la forme d’un losang-e allong-é dont les sommets latéraux sont mousses et les quatre bords tranchants. Par le g*rand axe de l’une de ses faces, elle se continue avec l’extrémité interne du mandrin, qui est le même que pour la lame unilatérale.
4” L’anneau qui sert de manche au cathéter peut s’enlever, et être remplacé par une tig’e métallique long'ue de 30 centimètres, solidement fixée au cathéter; cette tig*e sert à conduire la seconde ouverte des deux bouts jusque dans la vessie, aussitôt après la section du rétrécissement.
La sonde ouverte , aux deux bouts , doit être choisie : 1° d’un calibre en rapport avec le diamètre de la lame qui a servi à faire la section ; 2" elle doit être choisie àparois assez molles pour que, introduite dans l’iirèthre, elle n’oppose aucune résistance à la muqueuse au niveau des courbures de ce canal.
Pour se soumettre aux dimensions variables du canal de l’urèthre suivant les sujets, et aux diffé-
rentes indications, sur la demande de M. Maisonneuve, MM. Robert et Collin ont fabriqué les lames suivantes ;
Lames bilatérales.
r Grande; larg’eur, 9 millimètres;
T Moyenne ; larg’eur, 8 millimètres.
Lames unilatérales.
r Grande ; larg'eur, 9 millimètres;
2” Moyenne ; larg’eur, 8 millimètres.
3° Petite, larg’eur ; 7 millimètres.
Avec cette série de lames on peut satisfaire à toutes les indications de rurétbrotomie.
Avec la lame double on fait des incisions latérales.
Avec \u lame simple on peut inciser sur la paroi supérieure du canal, alors la cannelure est dans la concavité du cathéter; ou bien sur l’inférieure, alors la cannelure est sur la convexité.
Mécanisme de la section du rétrécissement.
La description des pai’ties constituantes de l’uréfbrotome fait deviner comment sont coupés les points rétrécis de rurètlire. C’est en poussant la lame jusqu’à l’extrémité intei’ne de la cannelure du cathéter, préalablement introduit dans le canal.
En faisant g’iisser la lame sur le cathéter introduit dans un tube membraneux, en peau de g’ants,
par Gxemple, voyons ce cpii se passe : Si le diamètre du tulle est au moins ég’al à celui de la lame, le sommet mousse en écarte les parois, et les élève constamment au-devant du bord tranchant cpii ne peut pas les atteindre. Mais, supposons que dans la continuité du tube il y ait un point où le diamètre soit plus étroit que celui de la lame. Là l’extrémité effilée de la lame s’eng'ag’e d’abord, et le sommet mousse ne pouvant plus écarter les parois, malg’ré la tension qu’il produit, il y a contact du bord tranchant et du rétrécissement; il suffît alors, pour pratiquer la section, de pousser la lame, et on voit le sommet mousse s’eng’ag*er dans l’incision dont il limite la profondeur. Au delà de ce point rétréci, le tube étant dans les conditions voulues, le sommet mousse en protégée les parois. Naturellement, si le tube présente plusieurs points plus étroits que la lame, la section de chacun se répétera de la même façon.
De ce mécanisme de la section du rétrécissement, il résulte que : i° l’incision ainsi faite donne toujours au point rétréci un calibre dont la circonférence est ég*ale à deux fois le diamètre de la lame.
2° La profondeur de l’incision varie seulement avec le deg’ré plus ou moins étroit du rétrécissement.
Ce dernier fait est d’une importance capitale; c’est, croyons-nous, g’râce à cette limite forcée de l’incision due au sommet mousse qu’on n’a plus d’accidents locaux.
L’analomie paLholog*ique des rétrécissements de r urèthre nous apprend rpi en avant et en arrière du point le plus étroit de la coarctation, le calibre du rétrécissement s’élargât peu à peu, et arrive insensiblement à se confondre avec celui de l’urèthre; d’après cette disposition même du rétrécissement et ce que nous savons sur la limite forcée de l’incision, la plaie qui résulte du passag*e de la lame est telle que, très-superficielle à ses extrémités, elle aug’mente g’raduellement de profondeur jusqu’au niveau du point qui était le plus rétréci , que sa surface se développe complètement sous l’influence de la rétractilité propre des tissus, qu’elle donne à l’urèthre un calibre uniforme , enfin qu’elle n’offre à sa surface aucune excavation capable de retenir les liquides sécrétés par la muf[ueuse uréthrale ou par elle-même. — Quant à l’urine, rien ne pourra désormais l’arrêter dans l’urèthre.