‹ De l'uréthrotomie interneChapitre 8 sur 10 · SG · texte numérisé non relu

SG

rs

tn

Noms .

Age.

Date

de

l’opération.

Date

de

la sortie.

Porte

10 janvier.

17 janvier.

Briand. . . .

15 janvier.

24 janvier.

Beaücekf. . .

24 janvier.

20 février.

Reytinat, . .

6 février.

13 février.

Beunieu. . . .

24 février.

CoTTET. . . .

17 avril.

4 mai.

Sydney. . . .

22 avril.

22 mai.

Maupetit. . .

22 avril.

22 mai.

Maillot. . .

11 mai.

4 juin.

Kontz

29 juin.

9 juillet.

Rouillet. . .

24 juillet.

11 septembre.

Berton. . . .

31 juillet.

6 août.

Malric. . . .

7 juillet.

6 août.

Salliot. . . .

19 août.

25 août.

Roland. . . .

20 septembre.

30 septembre.

Perrot. . . .

7 octobre.

Carroz. . . .

7 octobre.

10 octobre.

Ferri

24 octobre.

21 novembre.

Rolland. . . .

11 novembre.

28 novembre.

SioiJ

21 novembre.

30 novembre.

Daliuert. . .

21 novembre.

30 novembre.

Fournier. . .

28 novembre.

5 décembre.

Bezancenot. .

7 septembre.

15 décembre.

Morrioet. .

Savauy. . .

Berindoagne.

ÜELAUNAY (1)..

Béguin. . . .

Milliot. . . .

Beaucërf. . .

Bonnefoy. . .

Caffort. . . .

Waller. . . .

Frick. . . .

Herselin. . .

Barnaud. . . .

Jacquelin. .

Ramard. ..."

II janvier.

15 février.

26 février.

7 octobre.

14 mai.

1 1 juin.

18 juin.

29 juin.

30 juillet.

30 juillet.

9 septembre.

!“'■ septembre, l®"" septembre.

22 novembre.

27 novembre.

2 janvier.

10 janvier.

20 février.

6 mars.

15 avril.

27 mai.

30 mai.

21 juin.

25 juillet.

25 juille'.

29 juiliet.

26 août.

26 août.

21 octobre.

18 actobre.

Date

de

la mort.

9 mars.

15 octobre

(1) Fistules urinaires.

Nous voyons 66 opérations et 3 morts. Ce qui tait un mort sur 22 opérés. Ce résultat, (burni pai* les chiffres bruts, montre que l’uréthrotomie est devenue une opération peu grave. Mais, pour nous, cette énumération simple n’a pas une valeur assez g*rancle; car si les trois cas de morts qui sont relatés dans cette série de 66 opérations, étaient survenus cliez des sujets opérés pour un rétrécissement peu étroit, suffisant pour la miction, mais ne pouvant pas être dilaté au-delà de 4 millimètres, par exemple, nous devrions considérer Turéthrotomie comme une opération des plus g’raves, et devant être rejetée de la chirurgde.

Sur le cas de mort arrivé en 1861 je n’ai pas d’autres détails que ce que j’ai trouvé sur le registre de r Hôtel-Dieu. Le malade est mort vingd-quatre jours après l’opération, de pneumonie.

Voici les observations des deux cas de mort arrivés en 1863.

Observation V.

Perrot, 47 ans, porteur à la balle, entre le 1®’’ octobre 1863, salle Saint-Jean, sei‘vice de M. Maisonneuve. Cet homme, g-rand et g^ros, à faciès de buveur, se présente le 1®*^ octobre 1863 à la consultation de M. Maisonneuve. Il marche à gTand’peine, les jambes écartées, et se plaint de ne pas pouvoir uriner depuis trente-six heures. Avant hier soir, après avoir bu beaucoup plus qu’à l’ordinaire, tout

à coup est arrivée l’impossibilité absolue de rendre une g’OLitte d’urine, malg*ré une envie pressante et les efforts les plus considérables. Il y a long’temps qu’il y a de la g’êne de la miction, surtout après les excès de boisson : c’est la première fois qu’il y a rétention.

Des tentatives de cathétérisme ont été faites en ville et par le méat s’écoule g’outte à g'outte du sang’ pur.

Pendant la nuit il y a eu deux frissons violents avee claquement des dents.

La vessie remonte jusqu’à deux travers de doig*t au-dessous de l’ombilic.

Aussitôt M. Maisonneuve fait une tentative de cathétérisme avec de toutes petites sondes en g*omme et en baleine pendant une demi-heure, sans entrer dans la vessie, puis ordonne un bain ; après, l’urine s’écoule g’outte à g’outte. Le frisson de la nuit se renouvelle deux fois dans la journée.

Les jours suivants, toujours impossibilité de passer une sonde; les frissons se répètent et l’ urine continue à ne s’écouler que g-outte à g-outte.

Le 5, douleur violente dans l’hypochondre droit, avec respiration un peu fréquente ; l’état d’abattement et l’obésité très-g’rande du malade empêchent de l’ausculter.

Le 6, uneboug’ie en baleine passe dans la vessie; elle est à peine serrée au premier moment; fixée, elle devient bientôt mobile, et à la fin de la visite

l’urine s’écoule par-dessus par un tout petit filet, sans que le malade en ait conscience.

Le 7 octobre, soula^ï*ement très-grand à la suite de cette évacuation ; cependant la vessie, quoique revenue beaucoup sur elle-même, est sentie trèsbien au-dessus du pubis. Il y a toujours gêne de la respiration.

Vu l’état meilleur, et pour évacuer complètement r urine de la vessie, M. Maisonneuve pratique l’urétbrotomie ; la sonde mise à demeure permet de vider la vessie. La sonde est retirée après trente-six heures.

Après l’opération, les troubles du côté de la poitrine ne cèdent pas, la respiration est toujours trèsfréquente. Le 10, on applique un grand vésicatoire, sur le côté droit, qui n’amène aucune amélioration ; et la mort a lieu le 12 octobre au matin.

Al’autopsie, on trouve une congestion intense des deux poumons et une hépatisation franche de la base du poumon droit.

L’urèthre est ouvert sur sa face supérieure ; on voit sur la face inférieure une fausse route qui commence un peu en avant du collet du bulbe, et qui, soulevant la muqueuse, se prolonge de 2 centimètres sous la portion membraneuse.

Observation VI.

Bernier (Maurice), 64 ans, journalier, entre le 17 février 1863 dans le service de M. Maisonneuve, salle Saint- Jean.

D’une constitution affaiblie : pendant long-temps difficulté de la miction; il y a deux ans des fistules s’ouvrent au périnée, et depuis c’est par elles que passe la plus g*rande partie de l’urine.

A l’entrée, tuméfaction du périnée envahissant les bourses ; quatre pertuis, situés sur les côtés du raphé médian, conduisent dans une même cavité, d’où la pression avec le doig-t fait sortir par les orifices fistuleux une assez g-rande quantité de muco-pus mêlé d’urine, qui a l’odeur urineuse caractéristique de ses clapiers.

L’exploration est g-ênée par un prépuce étroit qui ne peut laisser passer qu’une toute petite sonde ; et le 21 février, M. Maisonneuve pratique la circoncision.

Le 24 février, un rétrécissement étroit bien reconnu dans la portion bulbeuse, M. Maisonneuve pratique l’urétbrotomie avec la lame bilatérale moyenne. Une sonde très-molle est mise à demeure ; tout d’abord il y a un mieux sensible; les jours suivants, l’appétit revient, l’urine s’écoule toute par la sonde laissée en permanence jusqu’au 5 mars; alors, dans la journée, le malade est pris d’un frisson lég-er, suivi d’une fièvre intense; le périnée

et les bourses sont très-tuméfiées. M. Maisonneuve pratique des incisionsprofondes, qui laissent écouler du sang* mêlé d urine et de pus. La sonde détermine de vives douleurs; elle est retirée dans la journée.

Les jours suivants Faffaiblissement s’accroît de plus en plus et la mort arrive le 9 mars.

La simple lecture de la première observation suffît pour démontrer que l’opération n’a été en rien la cause de la mort. Dans la seconde , c’est bien évidemment la sonde à demeure laissée en permanence, pour empêcher le passag’e de l’urine par les fistules, qui a été cause de la mort; en provoquant une inflammation de Furètlire.

Dans la série d’opérations faites par M. le professeur Gosselin, et que nous donnons ci-dessus, nous voyons qu’à partir du jour où la sonde à demeure a été employée, il n’y a eu aucun accident consécutif.

Dans le cas de mort que M. Gosselin a eu, la sonde à demeure a été mise, mais le malade a pissé aussitôt la section faite, avant que la plaie fût protég-ée.

Voici l’observation de ce fait, elle a été copiée sur le reg*istre de M. Gosselin :

Observation VIL

Rétrécissement de V urèthre ^ très-étroit, récidivant; Uréthrotomie ;

mort.

Le 23 janvier 1863 est entré, salle Saint-Louis, n° 11, hôpital de la'Pitié, service de M. Gosselin, le nommé Gabriel Goujon, âgé de 43 ans, carrier.

Cet homme nous apprend que ses premiers accidents de rétrécissement remontent à une vingtaine d’années, et qu’ils se sont montrés à la suite d’une blennhorragie, guérie depuis trois ans. Plusieurs fois il s’est fait sonder, mais il n’a jamais voulu se soumettreà un traitement suivi. Entré, il yacinqans, service de M. Gosselin, à l’hôpital Gochin, il a été traité par la dilatation temporaire; mais, se trouvant bien au bout de quelques jours, il est parti malgré les conseils de M. Gosselin. Grâce à la précaution qu’il a eue depuis cette époque de se sonder lui-même plusieurs fois par jour, il n’a pas eu beaucoup <à souffrir de son rétrécissement. Mais, depuis quelques mois, il a eu la malheureuse idée de mettre ses sondes de côté; et ses souffrances et sa difficulté d’uriner sont revenues plus grandes que jamais.

Samedi 24 janvier 1863, nous constatons tous les signes d’un rétrécissement très-prononcé.

Le malade a des envies fréquentes d’uriner, et la miction ne se fait que goutte à goutte.

L’exploration par la sonde fait voir que nous avons affaire à un rétrécissement considérable situé derrière le pubis, sans pouvoir d’ailleurs déterminer exactement s’il occupe le bulbe ou la portion membraneuse. L’étroitesse du canal est telle que c’est cà peine si l’on parvient à faire pénétrer une bougie du plus fin diamètre.

En présence de cette affection, qui présente une tendance incessante à récidiver, et dont le malade tient à être débarrassé à tout prix, M. Gosselin se propose d’employer l’uréthrotomie. L’opération est faite deux jours après, le lundi 26 janvier, avec l’iiréthrotome de M. Maisonneuve, et comme d’ordinaire, M. Gosselin a eu soin de la préparer; en faisant prendre au malade, dans la matinée, un grand bain, un lavement et de la tisane de pariétaire; traitement ayant pour but de rendre l’urine plus aqueuse et partant, moins irritante.

Après 1 opération, il s’écoule quehiues gouttes de sang. On remarque en même temps qu’un peu d’urine sort du canal immédiatement après l’opération, et indépendamment de la volonté du

malade. M, Gosselin fait observer à ses élèves que c’est là une circonstance fâcheuse; mais, comme l’urine est sortie en petite quantité, il espère que les accidents, s’ils se montrent, seront pourtant léf^ers. Une grosse sonde n° 24 est introduite dans la vessie et fixée à demeure. Elle est destinée, en remplissant complètement le canal, à ne laisser l’urine s’échapper que par la lumière de la sonde, et par conséquent, à l’empêcher d’être absorbée par les plaies du canal. C’est la première fois que M. Gosselin se sert de ce procédé, qui appartient à M. Maisonneuve. Il avait jusqu’ici l’habitude de préparer seulement son malade par le grand bain, la tisane de pariétaire, etc.; mais, après l’opération, il laissait l’urèfhre sans sonde.

Mardi, 27 janvier. Le malade a eu hier un frisson, qui a duré deux ou trois heures, et qui a commencé immédiatement après l’opération. Le frisson a été suivi de fièvre, et il a été agité toute la nuit. Ce matin, le pouls est assez fréquent, la figure du malade fatiguée ; cependant, il se trouve mieux que la veille.

Les 28 et 29. La fièvre diminue et le pouls, de 84, tombe à 66. Cependant le malade est encore fatigué; il n’a pas d’appétit, il se plaint d’une céphalalgie continuelle qui lui ôte tout sommeil; il urine d’ailleurs facilement avec la sonde; M. Gosselin la retire.

Les jours suivants, le mieux semblait se prononcer de plus en plus : l’appétit commençait à revenir, et nous avions grand espoir de guérison, lorsque le vendredi, 6 février, nous constatons que l’état du malade a changé défavorablement. La figure est inquiète, la peau est chaude et âcre, le pouls est à 100, le ventre est ballonné, le malade a un peu de délire tranquille.

Le 7, L’état est le même; il a un léger frisson dans la journée.

Le 8. Le malade a le délire, le pouls est très-fréquent, le ventre est plus ballonné que les jours précédents, la peau, couverte d’une sueur visqueuse, a une, teinte jaunâtre. M. Gosselin dirige ses recherches vers la région périnéale, et il constate un peu de gonflement au niveau de la région du bulbe.

Lundi 9. Le malade urine par regorgement , la prostration se prononce de plus en plus, le gonflement phlegmoneux du périnée est plus considérable, mais ne présente pas de fluctuation.

Le 10. Le pouls est d’une fréquence extrême, le ventre trèsballonné, le délire est devenu continuel, notre pauvre malade est tourmenté d’un hoquet de mauvais augure, et la mort arrive à dix heures du matin.

Autopsie. Le 11 février. — A l’autopsie faite le lendemain, on trouva un phlegmon du périnée communiquant avec l’iirèthre. Il n’y a pas d’abcès métastatiques dans la plupart des autres organes, mais il y a dans les reins une foule de petits points purulents. Rien dans le bassinet ni dans les calices. La muqueuse vésicale est ramollie et ne présente que quelques ecchymoses. Nous pouvons dire que cet homme est mort d’une infection urineuse, caractérisée pendant la vie par les symptômes d’infection purulente que nous avons observés, et ayant pour lésions anatomiques ces petits foyers purulents des reins.

Déjà à propos des soins préparatoires, nous avons cité cette observation, pour montrer combien il est important de mettre la vessie dans l’impossibilité de se contracter pendant l’opération.

Nous voyons ici le contact de l’urine avec la plaie être la cause immédiate de l’intoxication urineuse et de la suppuration de la plaie de l’urètbre.

Mais ce fait si intéressant, fjui vient à l’appui de ce cpie nous avons dit plus liant, rentre au nombre des cas où l’opération a été faite sans sonde à demeure, puisque l’urine a été en contact avec la plaie avant que la sonde soit placée. Aussi ne devonsnous pas le mettre au nombre des uréthrotomies faites avec les soins préparatoires et consécutits décrits.

Devant un aussi ga-and noml)re d’urétlirotomie (les 66 de M. Maisonneuve, les 6 de M. Gosselin) faites avec les soins préparatoires et consécutifs, sans accident , puisque nous avons vu que les trois morts observées ne pouvaient pas être considérées comme résultant de l’opération, il nous est permis de dire que V uréthrotomie est devenue une opération sans gravité.

A l’appui de cette proposition, M. Philips, qui a fait un gTand nombre de fois cette opération, nous a dit qu’il n’avait jamais eu de mort.

MM. Demarquay et M. A. Richard, nous ont dit aussi qu’ils n’avaient pas eu d’accidents.

2° Résultat immédiat.

Observation VIII.

Sydney (Philippe), ag’é de 40 ans, ouvrier mineur, né à Autun, demeurant à Yg’ornay, entre le 12 mars 1863 à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Jean, n° 41, service de M. Maisonneuve.

En 1849, cliaudepisse qui a duré trois mois ; alors soldat, fut soigmé à la Rochelle. Depuis, l’émission des urines a toujours été de plus en plus difficile. En 1854 vint à Paris et fut soig'iié par la dilatation, à l’Hôtel-Dieu, d’où il sortit urinant bien, après dix-huit jours de traitement. Un an après, la difficulté de la miction revint, et depuis, elle a toujours été en augmientant.

Après de nombreuses tentatives, le médecin de son pays n’est arrivé qu’une seule fois à passer une boug’ie très-fine.

N’ayant pas de ressources suffisantes, le malade AÛnt à pied à Paris, et entra à l’Hotel-Dieu.

A l’entrée, jet d’urine filiforme en vrille, quelquefois la miction ne se fait que g’outte à g’outte.

La sonde est arrêtée à un point reculé de l’urèthre.

Par le toucher rectal, on reconnaît que la prostate est un peu gTosse , mais l’hypertrophie est uniforme.

Le 13 mars et les jours suivants, tous les matins tentatwes infructueuses de catliétérisme, avec toutes espèces de sondes; bains tous les jours, immédiatement après.

Le 18. Après une tentative prolong’ée, le malade est pris de frisson, suivi de chaleur et de sueur. On suspend les tentatives et malg’ré cela, il a le 20 mars une fièvre intense, sans rémission, avec de vives douleurs dans le flâne droit f[ui l’emontent dans l’hypochondre du même côté.

Le 21. Crachats ronillés, souffle à la base du poumon droit, toujours fièvre intense. — Guérison de cette pneumonie, qui laisse le malade très-aflaihli ; M. Maisonneuve ne recommençe les tentatives de cathétérisme que le 18 avril, et laisse au malade une petite houg'ie de 1 uréthrotome, en lui recommandant de chercher à se la passer.

Le 2\ avril, à la visite, on trouve la petite boug-ie introduite, et on la fixe.

Le 22. M. Maisonneuve introduit le cathéter en poussant devant lui la boug'ie; puis le malade qui craig’iiait beaucoup l’opération, conduit lui-même la lame unilatérale supérieure, pendant que le cathéter est main tenu fixe et que la verg’e est tendue. Aussitôt la lame retirée, une sonde de 6 millimètres de diamètre est fixée à demeure. Le malade n’a éprouvé aucun accident, pas le plus lég*er frisson le jour de son opération et les suivants.

La sonde à demeure est laissée pendant trente-six heures, après l’urine sort librement par un g*ros jet.

On continue le traitement en passant des cathéters d’étain, et le malade quitte l’hôpital le 22 mai.

Le 25 décembre 1864, Sydney m’écrivit qu’il urinait toujours très-bien, et que depuis son séjour à r Hôtel-Dieu il n’avait pas souffert.

Observation IX.

Rétrécissement très-étroit dans la portion pénieiine, ti.meur urineuse , très-^ïrande {^êne de la miction. üréLhrolomie , rétablissement immédiat de la miction, disparition de la tumeur urineuse.

M.-0 29 ans, tonnelier, entre le 6 juillet 1863

à r Hôtel-Dieu, salle Saint-Jean n" 39, service de M. Maisonneuve.

A l’âg’e de 18 ans, cliauclepisse aig’uë à laquelle succède iiu écoulemeut chronique couliniiavec exacerbation de temps en temps, sous rintluence d’excès. Il y a trois ans et demie à la fin d une de ces poussées inflammatoires aigaiësil fut pris d’hémorrhag-ie uréthrale pendant le coït; la présence du sang* qui coulait assez abondamment du méat fut le seul sigme qui l’en avertît; il n’avait éprouvé aucune espèce de douleur.

Le médecin appelé fit entourer la A^erg*e de compresses imbibées d’eau froide, et poussa lui-meme une injection au tannin dans l’iirètlire.

Depuis, l’écoulement chronique a toujours continué; et l’urine, au début de la miction, a toujours été précédée d’une notable quantité de muco-pus.

Quatre mois après l’bémorrbag’ie, la difficulté pour uriner commence, et dans peu de temps, les mictions deviennent fréquentes, l’iirine ne s’écoule plus {[lie g*outte à g’outte; pour qu’il y ait un petit jet M...estoblig*é de faire des tractions sur la verg’e.

Il y a deux ans, décidé a se soigmer, il consulte un médecin ii Anvers, {[ui fit un g'rand nomJjre de tentatives de cathétérisme, sans pouvoir pénétrer dans la vessie; souvent à la suite écoulement de sang*, mictions très-douloureuses et plusieurs fois frisson intense, suivi de fièvre.

Hemis de l’affaiblissemen t g*énéral, causé par cette

tentative de traitement, pour uriner M est oblig*é

défaire des tractions répétées sur la verg*e; sans elles l’urine ne sort même pas g’outte à g’outte.

II y a six mois, après une nuit d’excès, il s’aperçoit qu’il a sous la verg-e, à la naissance des bourses, une petite boule molle, g’rosse comme un petit pois. Cette petite tumeur aug'mente peu à peu de volume. A 1 entree du malade à l’hôpital , elle est g’rosse comme le pouce, indolente, fluctuante, diminuant notablement de volume par la compression.

Pendant l’érection, la verg-e est un peu arquée.

A la suite d’un excès de boisson, il y a deux jours, la difficulté pour uriner a subitement aug-menté; depuis quarante-huit heures les tractions sur la verg-e, qui étaient suivies d’un jet, ne produisent plus la sortie que de quelques g-outtes, et l’urine s’est accumulée dans la vessie qui, distendue, s’élève jusqu’à deux travers de doig-t de l’ombilic. Il y a un peu d’anxiété g-énérale. Aussitôt le malade couché, après un moment de tentative, nous parvenons à in troduirejusque dans la vessie une sonde très-fine en g-omme; mais l’urine ne sortant pas par dessus, toutes les dix minutes nous la retirons doucement jusqu’à ce que l’urine sorte, et dès que le petit jet est fini nous la repoussons dans la vessie ; au bout de trois quarts d’heure la vessie a beaucoup diminué de volume, et bientôt, l’urine passant par dessus la sonde, elle revient à son état normal.

Le 7, M. Maisonneuve pratique l’uréthrotomie avec la lame supérieure. Aussitôt la section, pendant la sortie de la lame, il sort par le méat du mucopus épais, et la petite tumeur se vide complètement par la compression .

La sonde à demeure, placée immédiatement après, est retirée au bout de trente-six heures. Les jours suivants, il n’y a pas eu le moindre frisson, et la miction se lait facilement, sans efforts, par un g*ros jet.

La dilatation consécutive est poussée sans aucun obstacle jusqu’à 6 millimètres et demi.

A sa sortie, le 7 août, la tumeur urineusea complètement disparu, on sent à sa place une induration du corps spong*ieux.

Le 4 octobre 1864, je revois M pendant sept

mois, après sa sortie de l’Hotel-Dieu; tous les huit jours il s’est sondé avec une boug*iede5 millimètres de diamètre, depuis il s’est négdig’é; je le fais uriner devant moi, le jet est g’ros et va à 3 pieds de ses souliers. Je passe facilement une sonde de 4 millimètres et demi de diamètre.

A la place de la tumeur urineuse ou sent une induration peu saillante, larg*e de 1 centimètre.

Observation X.

D (Louis), 56 ans, corroyeur, entre à la Pitié

le 8 septembre 1864, salle Saint-Louis, service de M. Gosselin.

En 1827, chaudepisse cordée très-intense; pendant une érection douloureuse plaça sa verge sur une table, et d’un coup de poing’ la redressa ; puis il s’écoula un peu de sang- par le méat.

Il fait remonter la g’êne de la miction dont il se plaint actuellement à dix ans; d’abord il s’aperçut que le jet plus petit était projeté moins loin. Depuis trois ans la difficulté pour uriner est assez gTande, surtout après chaque écart de i‘ég*ime.

Maintenant D ne peut pas commencer à uri-

ner sans faire une traction sur laverg’e; si le besoin est assez g’rand, cette traction, qui précède la miction,est suivie d’un jet filiforme et continu jusqu’aux dernières g*outtes ; celle-ci ne peut être évacuée qu’en répétant la traction ; si le besoin est ordinaire, le malade est oblig*é de la répéter un gTand nombre de fois, car à chaque fois elle n’est suivie que d’un jet très-g'rêle et de courte durée.

Après les excès de boisson, la g’êne de la miction est plus g*rande, jamais il n’y a eu de rétention complète, mais alors les efforts prolong*és pour uriner, déterminent du tremblement dans les jambes, et quelquefois des défaillances.

’ Le 9. M. Gosselin explore le canal avec la sonde d’arg’ent ordinaire, qui est arrêtée au-dessous du pubis.

Le 12. La sonde en baleine pénètre dans la vessie; aussitôt elle est fixée, mais le malade ne pouvant uriner par-dessus la retire dans la journée.

Le 13. La sonde en baleine replacée de nouveau est fixée, l’urine sort par-dessus, mais il y a dans la journée un frisson qui commence pendant une miction.

Le 14. Une très-petite sonde de ruréthrotome est mise dans rurètlire, l’iirine sort par-dessus, sans qu’il y ait de frisson.

Le 15. Tisane de pariétaire.

Le 16. L’iirétlirptomie est faite avec la lame bilatérale. La sonde à demeure mise aussitôt reste ouverte pendant huit heures, puis est déhouchée toutes les demi-heures jusqu’au lendemain; il n’a pas eu le moindre frisson.

Le 17. On retire la sonde, et la miction se fait par ungTosjet.

Le 20. M. Gosselin à la visite passe la sonde n°21, qui est serrée; à sa sortie il s’écoule un peu de sangq quelques minutes après le malade urine, et à onze heures il est pris d’un frisson intense suivi de fièvre.

Le soir à six heures, nouveau frisson, mais moins fort.

Les jours suivants, on laisse le malade au repos.

Le 26. La sonde n° 16 passe sans difficulté; pas de frisson consécutif.

A partir de ce jour, chaque matin le malade s’introduit lui-même cette sonde n*^ 16 qu’il g’arde de dix minutes à un quart d’heure.

Le 3 octobre. Le malade sort emportant sa sonde qu’il promet de se passer tous les deux ou trois jours.

Observation XL

(Observation copiée sur le registre de M. Gosselin.)

Rétrécissement de l'urèthre très-étroit, difficile à franchir. —

Uréthrotomü. — Miction facile immédiate. — Pas de sonde

à demeure. — Frisson.

Le 3l octobre 1862, est entré, salle Saint-Louis, n“ 53, service de M. Gosselin, le nommé Hanon (Louis), âg^éde 51 ans, menuisier. Cet homme, d’une forte constitution et d’une bonne santé, a fait un congé de sept ans, pendant lequel il a contracté une blennorrhagie qu’il traita par le copahu, accompagné d’injections d’eau blanche, au nombre de deux à trois par jour. Ces injections étaient très-concentrées et le faisaient beaucoup souffrir. Le malade nous dit n’avoir jamais fait d’excès de boisson, mais avoir très-largement usé des plaisirs vénériens. C’est peu de temps après son congé qu’il s’est aperçu pour la première fois qu’il urinait mal; il y a plus de vingt ans. Il y a quinze ans, le mal étant déjà arrivé à un très-haut degré, il eut une rétention complète d’urine, accompagnée d’une fièvre intense précédée de frissons. Il entra alors à l’hospice Beaujon, dans le service de M. Robert, alors chirurgien de cet hôpital.

A son entrée, M. Robert eut la plus grande difficulté à lui introduire dans la vessie la bougie la plus fine. Enfin, après quelques jours de tentative, la bougie franchit le rétrécissement et le malade fut alors soumis à la dilatation progressive temporaire, par les bougies en gomme.

Le malade resta deux mois à l’hôpital. A sa sortie il urinait bien, M. Robert avait amené la dilatation jusqu’au n° 16 ou 17 de la filière Gharrière. L’hydrocèle était également bien guéri.

Le malade ne continua point de se sonder chez lui, et deux à trois ans après, il s’aperçut que son rétrécissement reparaissait. Enfin, sept ans après son premier traitement, il rentrait à la Pitié, dans le service de M. Michon. Son état était à peu près le même

(]u’t'i son entrée à Beanjon. Gomme M. Robert, M. Michon resta plusieurs jours sans pouvoir franchir le rétrécissement avec la bougie la plus fine.

Enfin, après avoir fait prendre au malade plusieurs bains, M. Michon, parvint à faire passer dans la vessie une très-fine bougie et commença alors le traitement de la dilatation temporaire, progressive. Ce traitement dura deux mois et demi et le Tnalade sortit de l’hôpital urinant aussi bien qu’ii sa sortie de Beaujon. Du reste, M. Michon avait poussé la dilatation aussi loin queM. Robert. Cependant la maladie ne tarda pas à reparaître. Depuis cinq ans, il a uriné de plus en plus difficilement, mais sans douleur.

Il rentra alors à la Pitié, service de M. Gosselin, le l®*" novembre

Le 1®' novembre 1862. Voici ce que nous apprend ce malade à son entrée. Depuis trois cà quatre mois, il avait la nuit et le jour une incontinence par regorgement, abondante et continuelle.

Il a souvent eu des frissons et de la fièvre, il souffrait en urinant et ressentait au périnée de vives épreintes. Le malade a toujours cependant continué son travail, urinant tant bien que mal et étant souvent forcé de prendre la position accroupie pour vider sa vessie.

Le 3. M. Gosselin présente au rétrécissement les bougies les plus fines, soit en cire, soit en baleine, et ne parvient pas à le franchir. Il est arrêté dans la portion spongieuse en avant de la symphyse, à runion de la verge et du scrotum, à une profondeur de 13 à 14 centimètres. Du reste en portant le doigt le long du canal au-dessous de la verge, on sent un anneau fibreux correspondant à la distance constatée avec la bougie.

M. Gosselin, après plusieurs tentatives infructueuses, laisse au malade une petite bougie en baleine en lui recommandant d’essayer de la passer dans la journée.

Le 4. Le malade n’a pas pu passer la bougie ; M. Gosselin essaye de nouveau, mais inutilement.

Leô. M. Duplay, interne du service, après une longue séance est

parvenu à introduire la sonde en baleine dans la vessie, où il la fixe.

En introduisant cette sonde, rinlerne a éprouvé plusieurs résistances et a reconnu au moins deux rétrécissements, ce qui, du reste, s’accorde avec ce que nous dit le malade. Pendant ces deuxtraitements à Beaujon et h la Pitié, M. Robert et M. Micbon ont dû dire au malade qu’il portait deux anneaux fibreux dans le canal.

Le 6. La bougie en baleine est remplacée par la bougie de l’uréthrotome, et M. Gosselin prépare pour le lendemain le malade à l’opération de l’uréthrotomie. Tisane de pariétaire dans la journée, lavement purgatif, bain prolongé pour le matin avant la visite.

Le 7. La bougie mal fixée est sortie dans le bain, M. Gosselin cà la visite essaye, mais inutilement, de la réintroduire, il éprouve le même insuccès avec la bougie en baleine. Dans la journée, le malade est pris d’un frisson intense.

Le 8. On laisse reposer le malade, et le soir, M. Duplay parvient cà introduire la bougie en bcaleine.

Le 9. La bougie en baleine est remplacée par celle de l’urétlirotorae et le mfilade est préparé comme ci-dessus à l’opération de l’iiréthrotomie pour le lendemcain.

Le 10. M. Gosselin, caprès avoir fixé le conducteur de la lame de l’uréthrotorne cà la bougie, l’introduit dans' la vessie, en faisant éprouver au malade un peu de douleur. La Lame que M. Gosselin choisit est la lame à tranchants latéraux (lame bilatérale). Dans cette opération, l’instrument arrive facilement dans la vessie, Scans que le chirurgien ait sensation des rétrécissements qu’il a coupés.

Il retire l’instrument et il s’écoule pcir la verge seulement quelques gouttes de sang.

Le malade n’a pas trop souffert de l’opération.

Le malade a uriné deux heures après l’opération. L’urine est mêlée de sang; mais le jet est gros et décrit une belle parcabole. Trois heures après l’opération il est pris d’un frisson intense.

Le 1 1. Le malade a eu dans la journée du 11 deux frissons assez violents.

Le 12. Le malade urine devant nous et nous voyons que le jet est très-gros.

Le malade souffre toujours en urinant.

Le 19. Il sort, urinant presque sans douleur, avec un jet assez gros et des urines qui ne déposent qu’un peu de mucus transparent. Le n° 18 passe facilement jusque dans la vessie.

Observation XII.

(Observation copiée sur le regisire de M. Gosselin.)

Rétrécissement étroit difficile à franchir; ttréthrotomie ; disparition

immédiate des troubles généraux et de la gêne de la miction. Pas

de sonde à demeure; frissons.

Le l®'’ octobre 1862 entre à la Pitié, dans le service de M. Gosselin, le nommé Bride (Aug.), âgé de 48 ans, courtier, se plaignant d’un rétrécissement multiple de Purètlire, pour lequel il a déjà été traité plusieurs fois; il attribue ces rétrécissements à une injection de nitrate d’argent, qu’il s’est donnée pour arrêter une blennorrhagie.

. H a été soigné à la fin de l’année dernière à Beaujon par M. Gosselin, qui lui a fait l’iiréthrotomie avec un bistouri boulonné pour un rétrécissement dans la portion spongieuse, juste au devant du scrotum.

Après l’opération, le malade a été pris de fièvre vive, précédée de frissons; il dit du reste être sujet à ces accidents.

Actuellement il se plaint d’envies fréquentes d’uriner quinze ou vingt fois par jour; la miction est très-douloureuse et nécessite de violents efforts.

Le 2 octobre, à la visite, on sonde le malade avec une sonde d’argent, qui se trouve arrêtée à la portion spongieuse par le même rétrécissement qui avait été opéré l’année dernière.

Le 3. Le malade urine devant nous; l’urine s’écoule perpendiculairement et goutte à goutte; par moment il vient un jet projeté

plus loin qui se termine en gerbe. L’urine de la veille est légèrement troublée et laisse déposer une certaine quantité de mucus.

Le 6. On sonde de nouveau le malade. Un premier rétrécissement dans la portion spongieuse laisse passer une sonde du n” 11, qui est arrêtée dans la portion membraneuse. Tisane de pariétaire.

Le 7. Grand bain avant la visite. On tente inutilement de faire pénétrer dans le canal les bougies de l’urétbrotome parce qu’elles s’infléchissent.

Le 8. Le malade n’a pu s’introduire les bougies de l’uréthrotome; ces manœuvres lui ont causé un léger frisson. Il a uriné, ditil, près de 30 fois.

Le 9. Il parvient à s’introduire lui-même la petite bougie de l’uréthrotome. Il a très-bien uriné en gardant la bougie.— Pariétaire.

Le 10, un grand bain avant la visite; à la visite on fait pénétrer jusque dans la vessie la sonde cannelée de ruréthrotome, et l’on incise deux rétrécissements avec l’urétbrotome bilatéral de M. Maisonneuve.

Dans la journée, en allant tà la garde-robe, le malade a cru sentir avant d’uriner un obstacle dans le canal; il est parvenu à uriner après avoir vu sortir une certaine quantité de sang en caillots. L’urine qui est sortie ensuite était mêlée de sang. Vives douleurs dans l’urèthre. Une heure après, le malade a uriné de nouveau, la miction a encore été très-douloureuse, et l’urine est encore mêlée de sang. Immédiatement après cette miction, le malade a été pris de très-violents frissons. Il s’est recouché et a été pris de fièvre qui a cessé vers les six heures du soir, pour le reprendre entre sept et huit heures.

Le 11. Peau encore un peu chaude, calme, diète.

Le 12, le malade va bien, il se lève.

Les 13 et 14, le mieux continue, le malade urine bien, la miction s’opère sans douleurs; le jet est gros et régulier.

Le 16. On lui introduit pour la première fois depuis l’opération une bougie à boule n° 17, qu’il garde une heure sans accident. Il n’urine plus que quatre à cinq fois par jour.

Le 17. II a gardé la bougie une heure et demie.

Le 18. Il la garde deux heures.

Le 19. Trois heures, sai>s accident, il urine sans douleur; jet gros et régulier.

Le 20. II part pour Vincennes.

Dans toutes ces observations de rétrécissements très-étroits, souvent difficiles à franchir, nous voyons les troubles de la miction disparaître immédiatement par rurétbrotomie. Aussitôt l’opération faite, Furine sort par un gTOS jet, sans aucun effort, les mictions sont moins fréquentes, les accidents g-énéraux disparaissent, et l’état d’inquiétude du malade, souvent si g’rand, se transforme en un étonnement, qu’il manifeste quelquefois par une véritable joie.

3* Résultat définitif.

Recherchons mciinteiianl si celte incision qui a wi résultat immédiat aussi heureux, est su f fisante pour rendre la guérison durable.

En décrivant le mécanisme de la section faite avec l’instrument de M. Maisonneuve, nous avons vu que l’incision était toujours limitée à la partie rétrécie de l’urètbre, et que sa profondeur était en rapport avec le degmé d’étroitesse du rétrécissement et le diamètre transversal de la lame. Ces limites forcées de l’incision, qui préservent des accidents consécutifs locaux, sont-elles suffisantes pour rendre à l’urèthre sa dilatabilité?

ReyJard a montré, par ses expériences sur les animaux, que l’incision long-itudinale de l’iirètlire sain est toujours immédiatement suivie de l’écartement des lèvres de la plaie, conséquence de la rétraction des fibres transversales du derme muqueux, des fibres musculaires lisses transversales sous-muqueuses , et de celles du tissu réticulaire du corps spongâeux.

Ces expériences mettent hors de doute ce fait : qu’il n’est pas nécessaires pour avoir l’écartement des lèvres de la plaie et par suite le rétablissement du calibre de l’iirèthre, que l’incision soit faite sur le tissu même du rétrécissement ; l’incision sur la paroi saine, mais au niveau de la coarctation, rendant le même service.

La plupart des auteurs, jusqu’à présent, pratiquent, autant que possible, la section sur le tissu induré du rétrécissement, et pour avoir l’écartement des lèvres de la plaie, il font des incisions profondes dépassant en tous sens l’induration. La pratique montre que l’incision faite avec la lame unilatérale moyenne de l’instrument de M. Maisonneuve est ordinairement suffisante.

M. Philips, qui ne se sert jamais que d’une lame unilatérale de 5 à 6 millimètres de diamètre, nous a dit qu’il était très-rarement arrêté par la résistance du canal en poursuivant la dilatation temporaire consécutive.

Du reste, il considère furétlirotomie pratiquée avec les soins que nous avons décrits comme telle-

ment l)énig’iie, qu’il n’hésite pas à revenir à 1 opération avec une lame plus larg’e, sitôt qu’il y a la moindre résistance à la dilatation.

C’est pour éviter cet arrêt dans la dilatation consécutive, que nous préférons la lame simple à la lame bilatérale, celle-ci à diamètre ég^al, faisant des incisions moitié moins profondes que la première.

De ceci nous pouvons conclure que l’incision faite au niveau du rétrécissement, quelle que soit la face sur laquelle elle est faite, donne toujours au canal son calibre normal, et que le plus souvent une seule opé’^ation suffît pour rendre à l’urèthre sa dilatabilité. Mais la durée de ce résultat dépend de la cicatrice qui s’est faite à la surface de la plaie.

Dans la thèse de M. Icard, pag’e 27 (l), nous trouvons le fait suivant : Il s’ag’it d’un malade mort d’une affection du cœur, deux mois après avoir été opéré avec rurétbrotome de M. Maisonneuve, par M. Baumers de Lyon (alors la lame était étroite, et non émoussée à son sommet.) « L’incision du rétrécissement située dans la portion bulbeuse paraissait être nette, très-rég’uliôre, et n’intéressait pas le tissu spongâeux; elle avait 1 centimètre de long’ et 1 millimètre de profondeur, la cicatrice c[ui la recouvrait était très-fine et pouvait acquérir par l’extension 2 millimètres de larg’eur. Avant l’opération on .pouvait introduire dans l’iirètlire unebou-

(1) Thèse de Paris, 1858. Appréciation des différentes méthodes thérapeutiques des rétrécissements de Vurèthre.

g’ie de 3 millimètres et une de 5 quelques jours avant la mort. »

Dans la première observation du Mémoire (1) de M. Gaujot, nCi il s’ag*it d’un malade mort quarante jours après avoir été uréthrotomisé avee l’instrument de M. Sédillot, nous trouvons ce qui suit : »

« Le canal de l’urètlire, examiné avec soin, montre l’incision faite à 5 centimètres en arrière du méat urinaire, encore parfaitement reconnaissable par la saillie de ses bords et la dépression conservée entre eux : elle a une longueur de 11 millimètres et 4 millimètres de larg’eur; sa profondeur est impossible à déterminer actuellement, bien quelle se traduise encore par une dépression trèssensible à la vue ; seulement on reconnaît que la muqueuse qui remplace la plaie repose directement sur les mailles du tissu spongâeux; la cicatrisation est complètement achevée, et le fond de l’incision est recouvert par une membrane muqueusç véritable, un peu plus pâle et plus mince que la muqueuse normale environnante, par conséquent sans induration ni épaississement; M. Morel a reconnu très-distinctement, à sa surface, la couche d’épithélium pavimenteux irrég’ulièrement stratifiée. »

La nature de la cicatrice dans ces deux faits est telle que l’iirèthre a recouvré, par l’opération, nonseulement son calibre, mais encore sa dilatabilité.

(1) Loc. cü. pap,e 9.

Nous nous sommes long’uement étendu sur les précautions favorables au développement d’une semblable cicatrice; quand nous avons parlé des accidents et des soins consécutifs. Nous basant sur la rapidité avec laquelle les plaies franches des muqueuses se recouvrent d’épithélium quand aucune irritation n’est venue en déterminer la suppuration, nous avons cherché à préciser les conditions propres à favoriser ce travail rapide de cicatrisation, qui sont : 1° incision nette sans mâcbures ni contusion; 2" sonde à demeure à parois très-molles, qui, en évitant le contact de l’urine avec la plaie, cause déterminante des accidents g-énéraux, permet à cette plaie de se recouvrir d’une couche de lymplie plastique, suffisante pour en assurer désormais la cicatrisation rapide sans suppuration ; 3° absence absolue de toute manœuvre dans l’urèthre pendant les six jours qui suivent l’opération.

Ainsi le résultat définitif de furéthrotomie est wie cicatrice mince, souple, qui recouvre la surface de la section, sans tendre à en rapprocher les bords, n étant pas formée de tissu rétractile.

4° De la récidive après ï uréthrotomie .

Tant que par un moyen quelconque on ne pourra pas faire disparaître des parois de furèthre le tissu induré constituant le rétrécissement, la récidive sera toujours possible, quelle que soit la méthode

de traitement employée. Le travail patliolog’irpie qui a présidé à la formation de ee tissu rétractile n’est point arrêté par l’iiréthrotomie, l’envaliissement de la cicatrice dilatante par ce tissu meme du rétrécissement peut toujours amener la récidive. Pour empêcher la g'êne de la miction de reparaître, c’est aux causes, capables de favoriser le développement du tissu rétractile du rétrécissement, qu’il faut s’adresser. Les causes qui favorisent le développement du rétrécissement sont nombreuses. M. Bron, dans un mémoire lu au cong*rès de Lyon, attribue la marche progTCssive et continue du rétrécissement à l’irritation répétée produite par le passagn de l’urine. On doit ajouter, à cette cause locale, les excitations g’énérales, l’influence des excès alcooliques et vénériens, des fatigaies corporelles. C’est gTace aux excès alcooliques que l’on voit le rétrécissement reparaître avec autant de rapidité chez beaucoup des malades soigmés dans les hôpitaux.

Observation XIII

(Observalion copiée sur le registre de M, Gosselin.)

Rétrécissement de l’urèthre; deux opérations d’uréthr otomie, sans sonde ci demeure , suivies de frissons.

Le 4 juin, est entré à la Pitié, dans le service de M. Gosselin, le nommé M , employé.

Get homme est entré à 15 ans dans la marine, comme mousse, et a servi sept ans; à la fin de son congé il a contracté une blennorrhagie accompagnée de grandes difficultés pour uriner et d érections douloureuses. 11 n’a suivi aucun traitement et sa blennor-

rhagie aiguë s’est transformée en un écoulement chronique qui devenait abondant sous l’influence des excès. En 1856, il est entré dans l’armée de terre et est parti pour l’Afrique, où il a eu cà supporter des privations et de grandes fatigues. Il s’est adonné à l’usage immodéré de l’absinthe; de retour en France, il a continué à abuser des alcooliques, d’où il est résulté un tremblement manifeste.

Il y a cinq ans, en 1857, après un excès de boisson, il lui a été impossible d’uriner. On l’a sondé, et depuis il a pu uriner. Il urinait souvent, et en petite quantité; la miction était douloureuse, la douleur remontait dans les reins et surtout à droite. Le jet d'urine était projeté très-peu loin. 11 est resté dans cet état jusqu’en 1859, époque à laquelle il entre cà riiôpital de Gonstantine. Là, il reste trois mois, et tout ce temps il a été traité, par des sondes d’abord, puis par des bougies qu’on laissait à demeure environ une heure par jour.

Ces cathétérismes ne lui ont pas donné de fièvre, mais seulement quelques frissons. A sa sortie de l’hôpital, il ne souffrait plus, et allait bien. En 1861, il a souffert de nouveau, rentra en France à cette époque. Il a continué à îibuser des liquides, et, îiprès chaque excès, il avait de gixandes douleurs, tout en urinant assez bien, dit-il.

A son entrée à l’hôpital, le 4 juin 1862, le jet d’urine est fin et projeté peu loin. Le mahade souffre par le besoin d’uriner; il souffre aussi pendant et caprès la miction, qui se renouvelle de quinze à vingt fois par jour.

Le lendenicain, on introduit une sonde qui ne peut pénétrer dans la vessie. On constate un rétrécissement au fond de la portion spongieuse.

8 juin. On introduit l’uréthrotome de M. àLaisonneuve, coupant par sa convexité, et l’on fait une incision. 11 est sorti une quantité nohablede sang, il en sortait surtout après la miction. Le malade souffrait alors beaucoup.

Le soir, le sang ne coulait plus, mais le malade a eu un léger frisson.

Le 10. Frisson; 100 pulsations; pcas d’cappétit.

Les jours suivnnls, le malade a recouvré la santé. Le jet d’urine que nous voyons est très-gros, mais toujours projeté peu loin. Le malade n’urine plus que trois ou quatre fois par jour. Plus de douleur.

Le 12. On introduit une bougie à boule, de 4 à ô millimètres, qui reste cinq minutes, en causant quelques douleurs. Ensuite, on met tous les deux jours une bougie de plus petit volume, qui est toujours assez douloureuse.

Le 20. On engage le malade cà garder la bougie tous les jours, pendant quelques minutes, et à continuer ce moyen de dilatation. — Exeat.

12 septembre 1862. Le malade rentre cà l’hôpital; il nous dit qu’ciprès sa sortie, il lui fut impossible d’introduire la sonde. Il continua à bien uriner pendant un mois environ; puis, après ce temps, il commença à uriner par un jet bifurqué et en tire-bouchon, et à éprouver quelques douleurs après la miction. A la visite de ce jour, on constate que l’urèthre Jidrnetdes bougies de petit calibre, dont l’introduction est un peu douloureuse. On se décide à lui faire l’uréthrotomie bilcitérale.

Le 19. On essaye d’introduire le conducteur de l’uréthrotome sans y parvenir.

Le 22. On réussit à l’introduire et , avec l’uréthrotome double de M. Maisonneuve, on a bien la sensation d’une résistance vaincue. On cvvait eu soin de le foire uriner deux heures avant l’opération, et on lui recommande de rester quelques heures sans pisser.

Le 23. Le mïilade raconte que , ayant uriné trois heures après l’opéTcation, il a éprouvé un frisson léger, quia duré une heure. Il n a pas eu de claquement de dents.

Le 24. Le jet est gros, et la miction se fait facilement.

Le 16. On introduit une sonde n” 29 (l’urèthre u’admettcMt, cavcant l’opération, qu’une bougie) n“ l4; elle entre, mais en forçant un peu.

Le 30. On met une bougie à demeure, que le malade garde quatre jours. Enfin, l’urèthre admettant dessoudes n° 17, et le

malade urinant bien, quoique toujours en tire-bouchon, il sort le 8 octobre i862. On lui recommande de s’introduire souvent dans l’urèthre une bougie u° 16.

Observation XIV.

(Cette observation a été copiée sur le registre de M. Gosselin.)

Hétrécissement de rurèthre ; récidives. — Trois urèthroloniies.

Apres les deux premières opérations, pas de sonde d demeure

frisson après la seconde-, après la troisième, sonde à demeure,

pas de frisson.

Le 22 août 1862, est entré salle Saint-Louis, n° 27, le nommé Céleste Leroy, âgé de 56 ans, tondeur de chevaux. Les débuts de son rétrécissement remontent à huit ans, il l’attribue h des injections trop astringentes faites pour arrêter des blennorrhagies. 11 a été à de nombreuses reprises atteint de cette affection. Une fois il a cassé la corde. Deux fois déjà il a été traité à la Pitié: une fois, en 1859, par M. Michon, et à la seconde, en 1861, par M. Maisonneuve ; aux deux fois il a été soigné par la dilatation.

Six semaines ou deux mois après sa seconde sortie, il a recommancé à souffrir de son rétrécissement ; il attribue cela à quelques excès de boisson et de fatigue.

Quand il entre à l’hôpital le 22 août, le malade nous dit que la miction est très-douloureuse et son jet assez fin; qu’il éprouve le besoin d’uriner environ vingt fois dans les vingt-quatre heures, et que la miction exige de grands efforts très-prolongés, surtout i quand il a fait un excès de boisson; qu’il urine plus facilement accroupi que debout; que toujours le jet est fréquemment interrompu.

lie 23. Le canal est exploré avec une sonde d’argent, et on constate un rétrécissement évident de la portion spongieuse de l’urèthre, au-dessous des bourses, à peu près au niveau de la symphyse I pubienne.

Le 24. Le malade urine devant nous, son jet est très-fin et sou-

vent interrompu. Les urines conservées de la veille sont parfaitement claires.

Le 25. Il a encore uriné fréquemment, mais plus facilement, dit-il. Un grand bain, pas de sonde.

Le 26. Le malade étant constipé, on lui donne un lavement purgatif. Dans la journée seulement, il a uriné plus de quinze fois, avec de grandes douleurs. Pas de sonde.

Le 27. On pratique l’uréthrotomie , avec l’uréthrotome de M. Maisonneuve, coupant dans sa concavité.

Le lendemain, le malade dit n’avoir pas souffert, il urine devant nous, le jet est beaucoup plus gros.

Le 29. Le malade urine assez bien, seulement le jet n’est pas aussi gros qu’il l’était le premier jour après l’opération.

Le 30. Aucun accident. Emission de l’urine toujours facile.

Le t®'' septembre. On passe pour la première fois une bougie en gomme de moyen calibre; elle entre avec facilité quoiqu’elle semble un peu serrée par l’urèthre. Le malade n’éprouve qu’’une légère souffrance; il garde la bougie pendant dix minutes.

Le 2. On renouvelle l’introduction de la bougie; celle de la veille un peu serrée, n’est pas poussée plus loin, une autre, d’un calibre inférieur, passe avec facilité et est gardée dix minutes.

Le 3. Le malade, urinant avec facilité , demande sa sortie de l’hôpital. On lui recommande de s’introduire de temps en temps des bougies. Exeat.

Après sa sortie de l’hôpital , il s’est mis à voyager pour ses affaires , en même temps il s’est livré de nouveau à la boisson. Bientôt les envies fréquentes d’uriner reparaissent, en même temps que la difficulté de miction ; il est obligé de s’accroupir pour pisser et la sortie des dernières gouttes d’urine lui cause une vive cuisson. Les envies d’uriner s’accompagnent d’un sentiment de pesanteur dans le ventre et les cuisses.

Resté dans cet état jusqu’au 26 octobre, alors il rentre à la Pitié.

Le 27, une sonde n® 10 entre avec peine, elle est très-serrée dans le canal. Il la garde une heure et demie.

Le 31. On lui passe une sonde d’arj^ent, qui permet de constater un rétrécissement très-serré.

Le 3 novembre. On lui passe la bougie de l’uréthrotome. Tisane de pariétaire.

Le lendemain avant la visite, un grand bain, un lavement. On incise le rétrécissement avec l’uréthrotome de M. Maisonneuve.

Après l’opération, on ne peut introduire que la bougie n° 17. Avant l’opération, le n“ 15 passait facilement.

Le 5. Il dit avoir bien uriné la veille, le jet était beaucoup plus gros. Il n’a eu d’accidents qu’un léger frisson très-passager dans la soirée.

Aujourd’hui pas de fièvre, le jet est assez gros, et la miction n’est plus douloureuse.

Le 6. Même état; on passe la bougie n*’ 16.

Les 7 et 8. Le malade dit uriner assez bien.

Le 9. On lui met une sonde à demeure qu’il garde jusqu’au lendemain.

Le 12, il sort, se trouvant assez bien.

Le 4 novembre 1864, Céleste Leroy revient à la Pitié, salle Saint- Louis, pour se faire traiter d’une douleur à l’épaule. Cet homme a un état mental singulier; il est extrêmement plaintif, nonchalant; ses réponses sont toujours indécises, quelque précises que soient les questions.

Le canal exploré ne laisse passer qu’une sonde de petit volume; après quelques jours de cathétérisme, on arrive au n° 12. Le malade sort dès que sa douleur d’épaule est dissipée.

Le 16. Il rentre de nouveau au n“ 22 de la salle Saint -Louis. Depuis son dernier séjour à l’hôpital, excès de boissons. La difficulté poui miner, besoins Iréqueiits, le jet grêle, et la douleur pendant la miction arrivent vite; son urine est claire; il n’a pas de mouvement fébrile.

La sonde n° 6 passe difficilement.

Le 17. Tisane de pariétaire. Bain pour le lendemain avant la visite.

Après s’être bien assuré que le malade vient d’uriner, M Gos-

selin pratique l’uréthrotomie avec la lame bilatérale, et immédiatement après la sonde n" 12 est introduite et fixée. Elle est laissée ouverte jusqu’au lendemain matin à trois heures.

Pas le moindre frisson.

Le 19. On retire la sonde, et la première miction se fait par un jet assez gros.

Le 23. Le malade dit que la nuit, n’ayant pu satisfaire une envie d’uriner, il avait essayé inutilement de se passer lui-même une sonde, et que s’étant endormi trois heures après, il urina facilement.

A la visite, il dit qu’il vient d’essayer d’uriner sans pouvoir le faire. M. Gosselin passe facilement une sonde, et il ne s’écoule que peu d’urine.

Les jours suivants, le malade a une légère orchite du côté droit, bientôt disparue.

Le 7 décembre. Après quelques jours de dilatation temporaire, on passe le n° 16.

Le 9. On donne au malade une sonde n® 42 et une n“ 16, en lui recommandant bien de se les passer. Leroy quitte l’hôpital, urinant par un gros jet, lent à commencer; quelquefois il attend la miction pendant un temps assez long. Il est évident qu’ici les troubles dynamiques de la vessie persistent il un certain degré.

Dans cette observation, nous voyons avec quelle rapidité les excès de boissons font perdre au canal l’aug-mentation de calibre que l’opération produit.

Observation XV,

Rétrécissèment de i' urèthre ancien; blennorrhagie chronique, avec fréquentes poussées aiguës; excès alcooliques et vénériens habituels; plusieurs uréthrotoniies. Récidives.

Beaucerf, 40 ans, boucher, entré le 22 janvier à l’Ilôtel-Dieu, salle Saint-Jean, n° 22, service de M. Maisonneuve.

A l’age de 20 ans, Beaucerf a en une première chaudepisse aidepuis il a toujours conserve un écoulement chronique de l’urèthre. De 20 à 3i ans, il a eu cinq poussées très-aiguës de cette blennorrhagie; alors, ne pouvant uriner qu’avec de grands efforts et par un jet très-fin, il va à la Pitié, chez M. Maisonneuve, qui lui fiiit l’uréthrotomie.

Trois ans après , de nouveau gêné pour uriner, il retourne a la Pitié, où ruréthrotomie lui est pratiquée pour la seconde fois. Aussitôt sa sortie, se livre cà ses habitudes de boissons et d’excès vénériens; un an après cette seconde opération, il a une chaudepisse aiguë, très-douloureuse, se soigne lui-même par les injections; urinant assez bien malgré cet état, continue ses occupations jusqu’en mai 1862. Alors la miction, de nouveau trèsgênée, il va à riIôlel-Dieu, service de M. Maisonneuve, où il est uréthrotomisé pour la troisième fois. Continue toujours ses excès alcooliques et vénériens; pendant neuf mois, il urine sans gêne, mais la miction devenant difficile, il revient à l'Hôtel-Dieu le 22 janvier 1863. Il a un léger écoulement continu; la sortie de l’urine est toujours précédée de quelques gouttes de muco-pus. De rétrécissement ne peut être franchi que par une sonde de 3 millimètres de diamètre.

Le 24. Il est opéré avec la lame supérieure; la sonde reste à demeure pendant vingt-quatre heures; pas d’accident.

Cinq jours après l’opération, M. Maisonneuve commence la dilatation consécutive, et le 20 février, jour de la sortie, le n° 40 des sondes d’étain passe facilement. Plus d’écoulement uréthral.

Malgré les recommandations, B ne prend pas le soin de se

sonder de temps en temps, et reprend ses habitudes d’excès alcooliques et vénériens; l’écoulement reparaît d’abord, et, après avoir uriné librement pendant dix mois, les signes du rétrécissement reparaissent; au mois de mai 1864, retourne à l’Hôtel- Dieu, chez M. Maisonneuve, qui lui fait de nouveau l’iiréthrotomie le 3 mai.

Je revois ce malade le 22 novembre 1864, qui me dit avoir changé ses habitudes; il me montre une sonde no 18, qu’il se

passe de temps en temps; son jet, assez gros, est lancé i\ 60 centimètres environ de ses souliers.

Dans ces cas où l’hyg'iène fâcheuse des sujets ne peut être modifiée, l’uréthrotomie aura pour but de mettre dans un temps court le malade dans de bonnes conditions de miction et de santé g’énérale. C’est à propos de ces sujets chez lesquels la récidive est inévitable queüe que soit la méthode employée, que souvent nous avons entendu dire à M. Gosselin ;« Aussitôt que furétlirotomie interne ne sera plus suivie d’accident, au lieu de faire la dilatation, qui nécessite un séjour long’ à l’hôpital, on fera l’iiréthrotomie qui, en quelques jours, permet au malade d’uriner librement. »

Maintenant que cette opération n’est plus g’rave, qu’on peut la pratiquer avec certitude, que, dans un g’rand nombre de cas, on l’a vue faire cesser immédiatement les accès fébriles causés par la dilatation temporaire simple, le reproche qui lui a été adressé si souvent de ne pas mettre à l’abri des récidives n’existe plus.

A côté de ces récidives fréquentes amenées par le peu de soin que les malades prennent d’eux-mêmes, il est des cas nombreux où l’iirétlirotomie suivie de la dilatation temporaire progTessive complète, a donné une g’uérison constante. M. Philips nous a dit que souvent il voyait des malades qui urinaient sans g’êne, long-temps après l’opération.

Pour nous éclairer sur la fréquence des récidives, nous avons rechercbé les malades dont nous

avions pris Igs observations étant interne ehez M. Maisonneuve , nous en avons retrouvé trèspeu. Yoiei le résultat de ces recherches :

Le 25 novembre 1863, Sydney (observation 8) nous écrit ceci i « Depuis c[ue je suis sorti de 1 Hôtel- Dieu, le 22 mai 1863, j’urine très-bien. » Ainsi dixhuit mois après l’opération, dans un cas de rétrécissement très-étroit, difficile à franchir, où les tentatives de cathétérisme ont été causes d’accidents g’énéraux sérieux , nous voyons la miction se faire sans aucune g’êne.

Voici le résumé d’une observation où la g’êne de la miction n’a pas reparu après l’opération.

Rolland (Hyacinthe), âg’é de 60 ans, entre à l’Hôte 1-Dieu, salle Saint-Jean, service de M. Maisonneuve, le 5 novembre 1863.

Gliaudepissesdans la jeunesse. La g’êne pour ui’iner remonte à plusieurs années ; mais depuis trois semaines, les envies d’uriner se sont rapproeliées de plus en plus; maintenant il a vingd mictions par jour, accompag’nées de cuisson très-douloureuse. L’examen de l’urèthre fait reconnaître un rétrécissement situé au-dessous du puhis, qui ne laisse passer qu’une petite sonde, le n° 5. Les urines sont charg’ées ; dépôt g’iaireux abondant. Opéré le 11 novemhre avec la lame supérieure; sonde à demeure pendant 24 heures, pas d’accident.

Le 17, on commence à passer des sondes, et le

28 novembre, jour de sa sortie, il urine librement; les urines sont claires.

Nous revoyons ce malade le 27 novembre 1863, depuis son séjour à riIütel-Dieu il n’a pas eu la moindre g’ene pour uriner. Nous lui passons le n” 16 de la filière Gharrière, sans éprouver la moindre résistance.

Dans les observations 2 et 9, qui sont deux cas de rétrécissement péniens très-étroits; l’exploration du canal faite un an après l’opération dans le premier, et dix-huit mois après dans le second montre que le travail d’envahissement du tissu propre du rétrécissement n’a pas été trop rapide.

Page 1