AMMONIAQUE
G. Neubauer, Joiirn. f. prakt. Chemie, LXIV, p. 177 et 278. — W. Heintz und H. Bamberger, Würzburger medic. Wochenschriß, t. Ii, Heft 2 et 3. — L. Thiry, Zeilschrift, f. rat. Med., 1863, p. 166. — A. Ducheck, Wochenblat. d. Zeilschr. d. k. k. Gcsellsch. d. Aerztezu Wien. 1864, n° 51.
Les méthodes à l'aide desquelles on peut doser l'ammoniaque contenue dans l'urine, ont déjà été décrites paragraphes 75 et 74.
Il résulte des recherches de Boussingault, de Heintz et de Neubauer que l'urine humaine contient toujours de petites quantités d'ammoniaque. D'après de nombreuses expériences faites par Ntubauer sur différentes personnes, la proportion de cette base s'élève, en moyenne, par vingt-quatre heures, chez Thomme adulte, à environ 0'''^ 7 ; mais cette quantité peut s'abaisser àO^^S, et monter au-dessus de 1 gramme.
Comme jusqu'à présent il n'a été fait sur "ce sujet qu'un petit nombre de recherches et comme, en ce qui concerne l'urine dans les maladies, les observations sont extrêmement rares, il n'est pas encore possible de dire avec certitude quelle signification a, pour le médecin, l'augmentation ou la diminution de l'ammoniaque.
Ducheck a toujours rencontré de l'ammoniaque dans l'urine fraîchement éliminée par des personnes atteintes d'affections fébriles diverses; les quantités trouvées étaient assez considérables, mais elles ne s'élevaient pas beaucoup au-
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dessus de celles observées chez les individus bien portants et qui ont été indiquées plus haut.
Les considérations suivantes pourront servir à guider les personnes qui veulent se livrer à d'autres recherches :
L'ammoniaque contenue dans l'urine provient évidemment de deux sources différentes :
1° L^lle provient des aliments, des boissons, de l'air inspiré, qui renferment plus ou moins d'ammoniaque. Cependant la richesse en ammoniaque de ces ingesta est généralement peu considérable, de telle sorte que la quantité d'ammoniaque qui est éliminée de l'organisme par l'urine est ordinairement peu importante ; elle est égale à un peu plus d'un demi-gramme par vingtquatre heures. Dans certaines circonstances, des quantités d'ammoniaque plus considérables qu'à l'ordinaire peuvent être introduites dans l'organisme, par exemple, chez des personnes bien portantes qui séjournent dans une atmosphère remplie de fumée de tabac, ou bien qui font usage de certains aliments riches en ammoniaque, comme les raiforts, etc. ; chez les malades, le même fait peut se produire à la suite de l'administration de préparations ammoniacales : carbonate d'ammoniaque, chlorhydrate d'ammoniaque, etc. Neubauer a montré que la plus grande partie du sel ammoniac pris à l'intérieur, est éliminée par l'urine: Dans tous les cas oii la richesse de l'urine en ammoniaque dépasse 1 gramme par jour, le médecin doit d'abord rechercher si l'excès ne dépend pas d'une ou de plusieurs de ces causes.
2" Mais l'ammoniaque peut certainement être aussi produite à l'intérieur de l'organisme par un procédé pathologique. Nous savons avec certitude que l'urée peut se décomposer en donnant naissance à du carbonate d'ammoniaque et, d'après une théorie nouvelle de l'urémie, cette maladie dangereuse aurait pour cause la transformation en carbonate d'ammoniaque de l'urée retenue dans l'organisme. La facilité avec laquelle il se dégage de l'ammoniaque de toutes les matières animales (notamment le sang, les substances dites extractives, etc.) qui sont en dehors de l'organisme, même lorsqu'elles n'ont encore subi qu'une légère putréfaction, permet de supposer que dans les procédés pathologiques accompagnés de la formation de matières putrides, septiques, etc., il se produit même à l'intérieur du corps vivant un dégagement