AMMONIAQUE
d'ammoniaque. C'est pourquoi il est d'une haute importance pour le diagnostic de ces états pathologiques (animoniémic), de rechercher si l'organisme sépare une quantité d'ammoniaque plus grande qu'à l'ordinaire. Il est vrai que l'ammoniaque n'est pas éliminée seulement par l'urine, elle l'est aussi par d'autres voies, l'intestin et les poumons ; mais sa détermination quantitative dans l'urine est, avec les moyens dont nous disposons actuellement, d'une simplicité et d'une exactitude très-grandes.
Les recherches demandent toujours, dans ces circonstances, beaucoup de précautions, parce que, ordinairement, l'urée contenue dans l'urine a une grande tendance à entrer en décomposition (ce qui, d'après les observations de Neubciiicr, n'a pas lieu avec l'urine normale). Il est, par conséquent, très-difficile de déterminer combien, sur la quantité de l'ammoniaque trouvée dans l'urine, il y avait de cette base au moment de la sécrétion, et combien il s'en est formé par la décomposition ultérieure de l'urée dans la vessie ou en dehors du corps. Pour atténuer le plus possible ces causes d'erreur, je conseille dans tous les cas de procéder comme il suit :
1" On soumet l'urine à l'analyse le plus près possible du moment où elle vient d'être sécrétée par les reins ; dans ce but, on introduit une sonde dans la vessie, on fait sortir de cette cavité l'urine qui s'y trouve et l'on essaye seulement le liquide qui, après celte opération, s'écoule goutte à goutte par la sonde.
2" Afin de s'opposer le plus possible à l'altération ultérieure de l'urine, on y ajoute de l'acétate basique et de l'acétate neutre de plomb {voy. p. 253) , pour la débarrasser des matières colorantes et extractives, du mucus, etc.
L'urine contient quelquefois de l'hydrothionate d'ammoniaque. Belz admet que dans ces cas cette substance provient de l'intestin; que de celui-ci elle passe dans le sang, et qu'une fois dans ce fluide, elle donne lieu à des symptômes graves [hydrothion-ammonicmie] (voy. p. "117). Cependant l'explication de cette origine a besoin d'être appuyée par de nouvelles preuves , parce que le canal intestinal des personnes tout à fait en bonne santé contient souvent une assez grande quantité d'hydrogène sulfuré, sans qu'on puisse découvrir aucun des symptômes dus à l'action de ce gaz vénéneux sur le sang.
Dl'S URINES.