‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 146 sur 158 · ACIDE 5UI.FUI\IQIIE · texte numérisé non relu

ACIDE 5UI.FUI\IQIIE

de 08^070 et enfin celle delà matinée de 0e%063. Par conséquent, on peut établir la loi générale suivante : l'excrétion de l'acide sulfurique atteint son maximum quelques heures après le repas principal, puis elle diminue constamment jusqu'au repas correspondant du lendemain, après lequel elle recommence à augmenter. Mais, chez des individus diflerents, la séparation de l'acide sulfurique introduit dans le corps par les aliments a lieu avec une énergie et une rapidité plus ou moins grandes, de telle sorte que la courbe de l'acide sulfurique est plus ou moins irrégulière. Les différences dans la quantité de l'acide sulfurique excrété par heure chez le même individu sont très-considérables : ainsi une personne éliminait en une heure un maximum de Oe',165 d'acide sulfurique, et, une autre fois , elle en sécréta si peu dans l'espace de deux heures, que la quantité ne put pas être déterminée; elle était par conséquent tout au plus égale à 1 ou à 2 milligrammes. Chez une autre personne, le maximum par heure s'éleva à 0^^317. et immédiatement après la quantité émise dans le même temps était égale à 0fc'\016.

Il existe aussi un assez grand nombre de recherches sur les causes qui, chez l'homme à l'état sain donnent lieu à une augmentation ou à une diminution de l'acide sulfurique excrété. ^

Il résulte des indications données précédemment sur la quantité de l'acide sulfurique sécrété par heure, que cette quantité dépend essentiellement de la proportion de l'acide sulfurique qui est introduit dans le corps avec les aliments, ou des combinaisons sulfurées qui, dans l'organisme, peuvent être transformées en acide sulfurique. Mais de nombreuses expériences ont démontré que les composés sulfurés introduits dans le corps d'une autre manière, par exemple, sous forme de médicaments, donnent aussi lieu à une augmentation de l'acide sulfurique. On peut résumer dans les propositions suivantes tout ce que nous ont appris les recherches effectuées jusqu'à ce jour sur ce sujet :

1. La sécrétion de l'acide sulfurique est augmentée par l'ingestion de ce corps, des sulfates et des autres combinaisons sulfurées dont le soufre peut être dans l'organisme transformé en acide sulfurique.

Exemples. Chez un ni.'ilude de ma clinique, qui, à cause d'une hémoptysie, prit

périmant longtemps de l'acido sulfuriquc, la quantité de ce corps sécrétée par jour s éleva de 1«%2 à 3 grammes, et même ô'^.SS.

Dans les empoisonnements par l'acide sulfui'ique, la richesse de l'urine en ac.de sulfunque se trouve beaucoup augmentée dans les premières vingt-quatre heures [Majinkopff).

Dans plusieurs expériences, la sécrétion par heure de l'acide sulfurique devient beaucoup plus abondante par l'ingestion de sulfate de soude. Ainsi, dans une expérience, elle s'éleva de 0«%Ü49 à 0f%122 — 0f,17G — 0'' 145 — 0",220; dans une autre de 0'%0i\ à 0«M58 - 0«M22 - Ôm64. L'augmentation de l'acide sulfurique se maintint pendant un temps plus ou moins long, c'est-à-dire que l'acide ingéré était éliminé du corps avec une rapidité variable avec les différents cas [Gruner).

Suivant Krause », l'acide sulfurique de l'urine est augmenté par l'usa-ie interne du soufre, et il en est de même, d'après les expériences de Boecker et de Clare après l'ingestion de fortes doses de soufre doré d'antimoine.

Il résulte des expériences de Sick que, lorsque le sulfate de soude est administré à petites doses, il est complètement résorbé et ensuite éliminé par l'urine, mais que, lorsqu'il est pris à ' ante dose, une partie seulement est séparée par les reins; —.c'est précisément ce qui se produirait sous l'influence de l'iiction purgative de fortes doses de sel de Glauber.

2. La sécrétion de l'acide sulfurique est augmentée d'une manière notable par l'usage d'une nourriture riche en viande ; ce fait tient probablement à ce que le soufre combiné avec les substances protéiques de la viande est séparé pendant la digestion, puis, transformé peu à peu dans le sang en acide sulfurique et sous cette forme éliminé avec l'urine. Cette augmentation de l'acide sulfurique, dans l'urine produite par l'usage de la viande, apparaît tantôt rapidement, peu d'heures après le repas, tantôt seulement au bout d'un long temps, au bout de douze à vingt-quatre heures, différence qui est due probablement à ce que la digestion ne se fait pas toujours avec la même rapidité. Au contraire, lorsque les aliments végétaux prédominent, la sécrétion de l'acide sulfurique devient moins abondante.

Exemples. Une personne qui, le soir, avait fait un repas très-copieux, composé principalement de viande, élimina par heure, de minuit à neuf heures du matin, ü''',50 d'acide sulfurique ;iu lieu de G^%\0 ; et, dans les vingt-quatre heures suivantes, la quantité de cet acide, qui était en moyenne par jour de Se^OS, s'éleva au chiffre énorme de 78%5 !

Plusieurs personnes, dont j'ai étudié la nutrition, éliminaient constamment plus d'acide sulfurique après avoir mangé de la viande au repas du soir que lorsqu'elles ne prenaient que du beurre, du pain, du riz, etc.

* A. Krause : De transitii sulfuris in urinani. Dorpali, 1855.

ACIDE SIILFURIQUE. 441

Les expériences que Clare a faites sur lui-même sont très -instructives. Pendant trois jours il se mit h l'usage exclusif de la viande et il élimina pendant ce temps les quantités suivantes d'acide sulfuriquc : premier jour. ^^sOO i, deuxième jour 5''- 150, troisième jour, 3''%868. 11 prit ensuite, pendant deux jours, une nourriture ordinaire, et il excréta, le premier jour, 3«^592, le deuxième jour, 2«' 262 S0\ Pendant les trois jours suivants, durant lesquels il ne vécut que d'aliments végétaux, l'acide suUurique s'éleva, le premier jour, à 2^s2fi2, le deuxième, à 1«%594, le troisième, à 1''%022; les deux jours suivants, avec une nourriture ordinaire, il élimina \^',m et 2^',855 S0\ On voit aisément quo, dans ce cas, l'augmentation de l'acide sulfurique occasionnée par la nourriture animale ne se faisait sentir que le deuxième jour, mais, qu'en revanche, elle se continuait pendant le premier jour du régime ordinaire ; on voit aussi que la diminution produite par l'alimentation végétale n'apparaissait que le deuxième jour, mais existait encore durant le premier jour du régime ordinaire. Par conséquent, l'influence de l'alimentation se faisait sentir plus tard que dans Ips cas observés par moi, probablement à cause d'une disposition individuelle, et c'est pour cela qu'une expérience dans laquelle Clare prit, pendant plusieurs jours consécutifs, tantôt de la viande, tantôt des aliments végétaux, ne donna pas do résultats définitifs.

5. La quantité de l'acide sulfurique excrété avec l'urine dépend-elle toujours et seulement de la quantité ingérée, ou bien, (comme on l'a déjà montré pour le chlorure de sodium), rencontret-on des cas dans lesquels la sécrétion de cette substance est augmentée ou diminuée par d'autres influences? L'organisme abandonne-t-il, par exemple, une portion du soufre ou de l'acide sulfurique qui fait partie de ses éléments normaux, et devient-il ainsi plus pauvre en substances sulfurées, ou bien, au contraire, une certaine quantité de l'acide sulfurique ingéré est-elle dans certaines circonstances retenue dans le corps et vient-elle augmenter la richesse de celui-ci en combinaisons sulfuriques? Jusqu'à présent, ces questions n'ont pu encore être résolues d'une manière satisfaisante. Gruner et Clare ont essayé de déterminer par des expériences, si le repos ou les exercices violents exercent une influence sur la sécrétion de l'ftfeide sulfurique, mais, ils n'ont obtenu aucun résultat précis. Une abondante ingestion d'eau, qui augmente notablement la séparationde l'urée et du sel marin, n'eut aucune influence marquée sur la sécrétion de l'acide sulfuriquc. Cependant, nous ne sommes pas autorisés, d'après ces expériences, à conclure que l'excrétion de l'acide sulfurique n'obéit pas à ces influences ; l'action de celles-ci peut-être très-faible, ou bien dans les expériences en question, elle peut avoir été contre-balancée par

des forces opposées. ;CcUe circonstance (mentionnée précédemment), que les sulfates ingérés ou le soufre renfermé dans la viande sont éliminés avec une rapidité qui varie avec les différentes personnes, rend extrêmement probable que ce sont d'autres conditions inhérentes à l'organisme lui-même qui règlent l'excrétion de l'acide sulfurique et que ces forces aussi bien chez des individus différents que chez la même personne varient avec les circonstances elles-mêmes. De même, le fait bien connu, que les sulfates pris pendant longtemps à doses digestives exercent une action débilitante manifeste, est à mes yeux une preuve que dans certaines circonstances une quantité d'acide sulfurique plus grande que la normale peut être retenue dans l'organisme. Pour obtenir une réponse satisfaisante à ces questions, il est nécessaire de déterminer exactement la quantité du soufre ou de l'acide sulfurique que renferment le sang et les autres parties du corps dans des conditions différentes, ou bien de doser avec précision et l'acide sulfurique ingéré et celui qui est excrété. Mais il est si difficile de satisfaire à ces deux indications, que ces questions seront probablement encore longtemps sans obtenir de solution.

J'ai fait un assez grand nombre d'expériences sur l'excrétion de l'acide sulfurique dans les maladies ; mais, jusqu'à présent, je n'ai pas obtenu de résultats dignes d'être remarqués. Dans la plupart des affections fébriles aiguës, j'ai trouvé l'acide sulfurique beaucoup diminué : cette diminution tient sans doute à ce que les malades ont une alimentation peu abondante et presque exclusivement végétale.

Exemples. Un liomme atteint de diphlliérite buccale avec fièvre intense n'éliminait, en vingt-quatre lieures, que l«',5 d acide sulfurique. Une personne ayant une fièvre catarrhale, 0«^29 et 0''^58. Une autre, atteinte de pleurésie, 0«%ü5. Cependant une exception a été offerte p;ir trois malades atteints de pneumonie intense : chez eux l'acide sulfurique était ou bien peu diminué, ou bien beaucoup augmenté. L'un d'eux, qui avait été traité par la digitale à haute dose, élimina 2«%/t — 3»%1 28%9 - 5e',7 — /ie%3 — le^8 — l^--,! — 1^6 — 2e',7. Des deux autres, chez qui la pneumonie se termina rapidement par la mort, l'un excréta 2e%9— etl'aulre, le jour delà mort, ¥',k.

Une jeune fille, atteinte de fièvre rhumatismale aiguë, élimina, au summum de la maladie, Ü''%8. Dans un cas d'érysipèle de la face, la quantité excrétée lut égale à 0^%-48.

Chez des personnes atteintes de maladies chroniques, la quan-

Page 1