‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 147 sur 158 · ACIDE SULFURIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE SULFURIQUE

tité de l'acide sulfurique sécrété était dans certains cas très-petite, dans d'autres un peu plus grande, mais généralement beaucoup au-dessous de la normale. Dans les hydropisies, où au moment de la diurèse rexcrétio,n du chlore devient si considérable, l'acide sulfurique reste en général au-dessous de la normale. Dans les maladies chroniques j'ai trouvé l'acide sulfurique augmenté presque uniquement après l'emploi de ce corps ou des sulfates ; chez les diabétiques, qui font usage d'une nourriture animale très-riche, on observe aussi cette augmentation.

Exemples. Un ictérique éliminait 1«',4 d'acide sulfurique ; une personne souffrant d'un rhumatisme delà nuque, ; une autre, ayant un emphysème

pulmonaire, ls%2. Une malade atteinte d'aménorrhée, 0s%5. Une jeune fille atteinte de leucorrhée, O^',?. Une malade souffrant hahituellement de ménorrhagie» 0^',bl — . Un hydropique, qui, pendant la diurèse, éhminait, en vingtquatre heures, par son urine, 53 grammes de chlore, excréta, dans le même temps, seulement 1 gramme d'acide sulfurique, et, le jour suivant, alors qu'il séparait 28 grammes de chlore, il n'en élimina que O'^S. Un malade, qui prenait de l'acide sulfurique, sécréta, en vingt-quatre heures, plus de 3 grammes de ce corps; un autre malade, affecté de diabète insipide, en élimina jusqu à 5«', 2.

D'après Bence Jones, les sulfates de l'urine sont beaucoup augmentés dans les maladies où le système musculaire est surtout affecté, dans la chorée, par exemple, et il en est de même d;ins les affections du cerveau, que celles-ci soient fonctionnelles, comme le délire, ou matérielles, comme l'encéphalite. Heller affirme le même fait relativement aux maladies inflammatoires, tandis que, d'après lui, dans la chlorose, les névroses, les affections chroniques des reins et de la moelle épinière, l'acide sulfurique serait diminué. Cependant les méthodes dont se sont servis ces deux expérimentateurs ne peuvent pas convenir pour arriver à la solution de ces questions difficiles. Quelques observations faites par Lehmann et Gruner ne semblent pas favorables à leur manière de voir. Mes propres observations, dans ces maladies, ne sont pas assez nombreuses pour que je puisse en tirer une conclusion pour ou contre ; les trois cas de pneumonie cités précédemment semblent, du reste, indiquer que l'acide sulfurique augmente dans plusieurs maladies inflammatoires.

Dans l'état actuel de nos connaissances, le médecin peut d'une augmentation ou d'une diminution de l'acide sulfurique dans l'urine tirer les conclusions suivantes :

i. Une diminution considérable de l'acide sulfurique indique que le malade a pris très-peu de nourriture, ou bien qu'il n'a mangé que des aliments végétaux ;

. 2, Une excrétion habituellement considérable d'acide sulfurique avec un excès d'urée indique que la personne en question fait surtout usage d'une alimentation animale. Une augmentation

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temporaire dénote une ingestion, soit de soufre, d'acide sulfurique et de sulfates, soit de grandes quantités de viande ;

0 C'est seulement dans les affections fébriles aiguës pendant lesquelles les malades prennent peu ou point de nourriture, que l'on est autorisé à conclure que l'augmentation de la quantité de l'acide sulfurique sécrété dépend d'une décomposition anormale des éléments sulfurés du corps.

§ m. ACIDDLPHOSPHORIQUE.

A. Winter : Beiträge zur Kenntnüs der Urinahsonderung bei Gesunden. Glessen, 1852. — F. Mosler : Beiträge zur Kenntniis der Urinahsonderung. Glessen, 1855. — W. Brattler : FAn Beitrag zur Urologie. Munich, 1858. — H. Krabbe : Ueher die Menge der Phosphorsätire im Harn, etc. Virchow's Archiv, 1857, XI, p. 478. — II. Von Haxthausen : A cidum phosphoricum urinx et excrementorum. Diss. inaug. Iluile, 1860.

Le meilleur procédé pour le dosage volumétrique de l'acide phosphorique contenu dans l'urine a été décrit paragraphe 63.

Autrefois on se servait dans ce but, à la place de l'oxyde d'urane, du perchlorure de fer, mais celui-ci donne des résultats beaucoup moins exacts. Les recherches mentionnées plus haut et dans les pages suivantes ont pour la plupart été effectuées à l'aide du perchlorure de fer. Cependant leurs résultats s'accordent suffisamment avec ceux obtenues par H. V. Haxthausen, qui dans ses expériences s'est servi de l'oxyde d'urane.

De très-nombreuses recherches ont été faites chez l'homme en santé relativement à la quantité de l'acide phosphorique sécrété par jour et par heure. Breed a trouvé comme moyenne de 24 heures chez quatre individus S^',? ; Winter a trouvé chez une personne ô^^l , chez une autre ¥\'2,chei une troisième 5^', 2, et chez une même personne considérée dans deux moments différents 2s'',4 et 5e'',7 ; Neubauer trouva chez un individu 3g'',l, chez un autre le%6, Aubert 2s',8, et F. Haxthausen dans un grand nombre d'observations sur sa propre urine de 'ôe^ii à Bs' 58. Il résulte de là que l'on peut considérer comme égale à 3ß%5 environ la moyenne de l'acide phosphorique sécrété en 24 heures par un homme adulte ; cependant, il est à remarquer que la moyenne individuelle peut s'éloigner beaucoup de cette

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moyenne générale. La quantité moyenne par heure est par conséquent d'environ Oer, 15. Winter a calculé l'acide phosphorique relativement au jjoif/s et à la lonfiueur du corps, et il a trouvé qu'il est éliminé en moyenne par heure Og%27 pour 100 kilogr. et O^^i pour iOO centimètres.

Chez un même individu en état de santé on observe par jour et par heure des variations très- grandes. Ainsi, Neubauer a trouvé chez un individu : maximum par jour 26% 16, minimum le%21 ; chez un autre : maximum 4g%88,, minimum 2e%44 ; Mosler : maximum /fS^SO, minimum 2s'',40, etc. Des différences encore plus grandes se produisent, lorsqu'on compare entre elles les quantités excrétées par heure. J'ai trouvé dans une longue série d'observations sur le même individu : maximum par heure 0e%216, minimum 0?%085 ; ces deux extrêmes se rencontrèrent le même jour, et les observations furent continuées pendant dix jours.

Il résulte des observations parfaitement concordantes faites par Winter, Mosler, Haxthausen et par moi que 1 excrétion par heure de l'acide phosphorique suit une marche très-régulière et tout à fait semblable chez tous les individus examinés par nous. Elle commence à augmenter dans l'après- midi (après le repas principal), elle atteint son maximum le soir, elle diminue pendant la nuit et arrive à son minimum dans la matinée.

Le tableau suivant montre les variations observées pendant le jour chez quatre individus :

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