‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 20 sur 158 · PHOSPHATE ACIDE DE SOUDE · texte numérisé non relu

PHOSPHATE ACIDE DE SOUDE

À. État naturel. — D'après les expériences de liehicj, il est certain que ce sel se trouve dans l'urine, et dans la plupart des cas, il est la cause principale de la réaction acide de ce liquide. De nombreuses déterminations ont été faites, notamment par BreecU sur la richesse de l'urine en acide phosphorique. [Ami. d. chem. u. Pharm., t. 78, p. 150.) S^'", 765 à 5^-,180 d'acide phosphorique furent éliminés en moyenne dans vingt-quatre heures par plusieurs personnes. Cependant, d'après de nombreuses déterminations exécutées dans ces derniers temps, cette quantité d'acide phosphorique pour vingt-quatre heures me semble un peu trop élevée, ce qui est certainement causé par l'usage que l'on a fait jusqu'ici de la méthode très-défectueuse de détermination à l'aide du perchlorure de fer. Au moyen delà méthode voluniétrique, basée sur l'emploi d'une solution d'oxyde d'urane, que j'ai le premier indiqué pour le dosage de l'acide phosphorique dans l'urine, j'ai trouvé jusqu'à présent dans des conditions normales rarement plus de 2 grammes d'acide phosphorique par vingtquatre heures; il y a par conséquent une grandb nécessité à ce

que de nouvelles séries d'expériences soient exécutées dans des circonstances normales à l'aide de cette méthode délicate. Une ingestion de boissons, plus abondante qu'à l'ordinaire, augmente un peu l'élimmation ; cependant, d'après Winter, cela n'a lieu que dans les trois ou quatre premières heures. Winter a aussi trouvé que pendant la nuit, il est éliminé beaucoup plus d'acide phosplioriquc que le matin ; mais c'est au milieu du jour que correspond le maximum, parce que, après l'ingestion des aliments, la proportion de l'acide phosphorique s'élève d'une manière très-considérable, fait qui a été observé aussi bien par Winter que par Breed. Dans les états pathologiques, les variations sont, comme il estl'acile de le comprendre, très-importantes; d'après Heller, elles suivraient assez exactement la marche de celles des sulfates.

B. Caractères chimiques. — 1. Le phosphate acide de soude est facilement soluble dans l'eau, et il communique à ce liquide une réaction acide. Lorsqu'on le calcine seul, il ne se décompose pas; cependant, si auparavant on le mêle intimement avec du charbon, ou bien si on le chauffe au rouge avec des matières organiques, une partie de l'acide phosphorique est réduite, et il se forme du phosphore qui se volatilise immédiatement.

2. Le chlorure de baryum et l'azotate de baryte produisent dans la solution du phosphate de soude un précipité de phosphate de baryte, qui est facilement soluble dans les acides.

3. L'acide phosphorique forme avec la chaux et la magnésie des combinaisons insolubles dans l'eau, mais qui se dissolvent dans l'acide acétique sans décomposition. Dans l'urine nous trouvons le phosphate de chaux et le phosphate de magnésie en dissolution, et il est vrai, à la faveur de l'acide libre ou des sels acides renfermés dans ce liquide. Mais, si nous neutralisons l'urine avec de l'ammoniaque, le phosphate de chaux se précipite sans avoir

I éprouvé de modilication, mais le phosphate de magnésie se com- 1 bine avec Tammoniaque et paraît dans le précipité sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.

C'est sur cette réaction que repose la formation de ces combinaisons qui se rencontrent sons foi'me de sédiments dans l'urine alcaline. La réaction alcaline d'une urine provient dans la plupart des cas de carbonate d'ammoniaque qui prend naissance par suite de la décomposition de l'urée; mais aussitôt que ce corps s'est formé, la réaction acide de l'urine disparait, et lös phosphates 1er-

DES UUINES.

roux ne peuvent plus être maintenus en dissolution. Alors le phosphate de chaux se sépare le plus souvent à l'état amorphe, mais le phosphate de magnésie se dépose en beaux cristaux sous forme de phosphate amoniaco-magnésien.

4. Le perchlorure de fer donne, dans les solutions des phosphates acidifiées par de l'acide acétique libre, un précipité blanc jaunâtre gélatineux de phosphate de peroxyde de 1er. Cette combinaison est soluble dans tous les acides, excepté dans l'acide acétique, c'est pourquoi une dissolution, de laquelle nous voulons précipiter l'acide phosphorique à l'aide du perchorure de fer, ne doit contenir aucun acide libre, si ce n'est l'acide acétique. Cependant si quelque autre acide libre est présent, on ajoute au liquide, avant la précipitation avec le perchlorure de fer, de l'acétate de soude et de l'acide acétique libre, et de cette façon la liqueur est transformée en une solution acétique dans laquelle le phosphate de fer est insoluble.

5. Si l'on mélange avec de l'acétate ou de l'azotate d'urane une solution (il est mieux qu'elle soit bouillante) d'un phosphate soluble dans l'eau ou dans l'acide acétique, il se forme immédiatement un précipité jaune de phosphate d'urane. En présence d'une quantité suffisante d'un sel ammoniacal, le précipité contient aussi de l'ammoniaque (2[Ur'-0-iAzH'*0,Ph^ +xHO) ; mais, après la calcination, il donne, de même que le premier, du phosphate d'urane ayant pour formule 2(Ur'-0=)PhO^ Le précipité ne se dissout ni dans l'eau ni dans l'acide acétique; niais il est soluble dans les acides minéraux; et lorsqu'on le chauffe avec un excès suffisant d'acétates, il se précipite de nouveau complètement. Nous nous servons de cette réaction pour le dosage volumétrique de l'acide phosphorique.

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