‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 21 sur 158 · PHOSPHATE DE CHAUX ET PHOSPHATE DE MAGNÉSIE · texte numérisé non relu

PHOSPHATE DE CHAUX ET PHOSPHATE DE MAGNÉSIE

Comme nous l'avons déjà dit plus haut, ces deux phosphates terreux se trouvent en dissolution dans l'urine acide, mais ils se séparent aussitôt que nous rendons ce liquide alcalin. Une série de nombreuses expériences, que j'ai faites avec quatre hommes jeunes et en bonne santé, sur l'élimination du phosphate terreux, m'a donné les résultais suivants :

4" A l'état normal un homme adulte île vingt à vingt-cinq ans, prenant une nourriture mixte, élimine en moyenne, par vingtquatre heures, de ü^',944i à 1«'',012 de phosphates terreux (moyenne de cinquante-deux observations).

Le maximum fut en moyenne de Is^lSS à 1«'',265; une fois seulement, il fut éliminé, en vingt-quatre heures, ls'',554.

Le minimum atteignit en moyenne 0g'",8, et une fois seulement, il fut éliminé Os',328.

2° La moyenne de 52 déterminations s'éleva pour le phosphate de chaux de 08'',51 à Üg^57. Le maximum fut en moyenne de 0«%o9 h Os', 52; une seule fois, il fut éliminé 0g%616.

Le minimum 0s'',25 fut assez constant, une seule fois il s'abaissa à (Ig^lS.

5° La moyenne de cmquante-deux observations s'éleva, pour le phosphate de magnésie, à 0g'',64. Le maximum fut en moyenne de 0g%77; une* fois seulement, il fut éliminé 0^'",938. Le minimum fut en moyenne de 0g\5, cependant il s'abaissa une fois jusqu'à Os^l78.

4° A l'état normal, 3 équiv. 2MgO,PhO^ sont éliminés, en moyenne, pour 1 équiv. 3CaO,PliO^ Dans 100 parties des phosphates éliminés en totalité, il y a en moyenne 67 parties de phosphate de magnésie et 33 parties de phosphate de chaux.

5° Les sels de chaux ingérés ne passent pas ou seulement en très-petite quantité dans l'urine; la proportion totale des phosphates séparés normalement n'éprouve, par ce fait, aucune augmentation importante.

6° Dans les maladies la quantité absolue des phosphates terreux paraît s'éloigner beaucoup de l'élimination normale, et le rapport entre la proportion du phosphate de chaux et celle du phosphate de magnésie, diffère aussi beaucoup de celui qui existe à l'état normal.

Recherche qualitative. — Il n'y a aucune difficulté pour reconnaître l'acide pliosphorique dans une urine acide ; le précipité de phosphates terreux que produit instantanément l'ammoniaque ne laisse aucun doute sur la présence de cet acide. Mais on découvre facilement si l'urine, indépendamment de l'acide phosphorique précipité avec la chaux et la magnésie, n'en contient pas encore d'autre; il suffit pour cela de séparer, par filtration, le précipité produit par l'ammoniaque et d'essayer, avec une petite

quantité de pcrclilorurc de fer, le liquide Pdlré acidifié avec do l'acide acétique : un précipité blanc jaunâtre, occasionné par ce réactif, nous indiquera qu'il existe de l'acide pliosphorique sous une autre forme. Dans une urine alcaline, nous trouvons les phosphates terreux dans les sédiments, et ce fait sera examiné lorsqu'il sera question de ceux-ci. Si dans le précipité produit par l'ammoniaque, qui par conséquent consiste en phosphate de chaux et en phosphate ammoniaco-magnésien, on veut séparer la chaux de la magnésie, on dissout le mélange des deux sels dans l'acide acétique, on ajoute un peu de chlorhydrate d'ammoniaque et ensuite une solution d'oxalate d'ammoniaque, qui précipite la chaux à l'état d'oxalate, tandis que la magnésie reste en dissolution, et, en ajoutant de l'ammoniaque dans le liquide filtré, on peut de nouveau la précipiter sous forme de phosphate ammoniacomagnésien.

g 16. FER

A. Etat naturel. — Le plus ordinairement le fer ne se trouve dans les cendres de l'urine qu'en quantité extrêmement petite. Si une urine contient du sang, on réussit plus facilement à trouver le fer dans la cendre.

B. Caractères chimiques.

1. Le sulfure d'ammonium produit, dans les solutions de protoxyde et de peroxyde de fer, un précipité noir de sulfure de fer facilement soluble dans les acides chlorhydriquc et azotique.

2. Le ferrocyanure de potassium donne dans les solutions du peroxyde de fer un précipité bleu foncé de cyanure ferrosoferrique 5(Cy"Fe), 4Fe (bleu deBerlin). Dans les solutions de protoxyde de fer, le précipité est blanc bleuâtre et consiste en ferrocyanure double de potassium et de fer [K, Fc% 2(CyTe)].

5. Le sulfocyanure de potassium n'altère pas les solutions de protoxyde de fer, mais il produit dans les solutions de peroxyde une coloration rouge intense par suite de la formation du sulfocyanure de fer.

4. Si h une dissolution acide d'un sel de protoxyde de fer on ajoute du permanganate de potasse, le protoxyde de fer se transforme entièrement en peroxyde ; et lorsque le changement est

ÉLÉMENTS NORMAUX DE I/URINE. 71 opéré, la première goutte de solution de permanganate de potasse donne au liquide une belle coloration rouge. 10FcO,SO' + 8S0^ + KCMn^O' = 5(Fe2^,5S0^') + K0,S03 + 2(MnO,SO-^).

C. Recherche ciuciUtative. — 'Pour rechercher et reconnaître le fer, on choisit toujours la cendre du résidu de l'urine. On dissout cette cendre dans un peu d'acide chlorhydrique, et ensuite on fait bien de partager la solution en deux parties. On fait bouillir la première portion avec une goutte d'acide azotique, puis on la mélange avec du sulfocyanure de potassium ; en présence de la moindre quantité de fer, le liquide prendra une couleur rougeàtre, qui devient rouge foncé lorsqu'on a affaire à des proportions de fer plus grandes. S'il n'y a que des traces de peroxyde de fer, on voit la coloration de la manière la plus évidente en plaçant le tube sur une base blanche et en regardant de haut en bas. Si au lieu de sulfocyanure de potassium on ajoute du cyanoferrure de potassium au deuxième liquide étendu et bouilli avec de l'acide azotique, il se séparera, après quelques heures de repos, des flocons bleus de bleu de Berlin. Si la quantité du fer est considérable, le bleu de Berlin se précipite immédiatement avec une belle couleur.

§ 17. SELS AMMONIACAUX

On sait que la •recherche et le dosage des sels ammoniacaux dans l'urine normale présentent de nombreuses difficultés. En effet, on n'ignore pas avec quelle facilité se décomposent les matières colorante et extractive, et combien l'urée se transforme facilement en carbonate d'ammoniaque, dès que surtout les substances précédentes se trouvent h côté d'elle. On doit certainement attribuer à ces causes la différence que l'on trouve encore dans les indications relatives à l'existence des sels ammoniacaux dans l'urino normale, ainsi qu'aux proportions suivant lesquelles ces combinaisons se rencontrent dans l'urine. Si dans une cornue on concentre à une température aussi basse que possible une urine normale ayant une réaction acide, on trouvera toujours de l'ammoniaque dans le produit qui passe à la distillation, tandis que l'urine concentrée qui reste rougit le tournesol souvent plus forte-

ment. Ce phénomène étonnant peut être expliqué de la manière suivante : le phosphate acide de sonde qui se trouve dans l'urine exerce, sous l'influence de la chaleur, une action décomposante sur-lnree, et il se forme du phosphate de soude et d'ammoniaque. Mais ce sel a la propriété de dégager de l'ammoniaque dès la température de 100", et de repasser à 1 etat de phosphate acide de soude; par conséquent, tant que dure l'évaporation, le phosphate acide de soude exeroe son action décomposante sur l'urée et l'urine peut toujours conserver sa réaction acide, tandis que le produit de la distillation renferme beaucoup d'ammoniaque.

Cependant, en prenant quelque précaution, il est possible de découvrir, avec une très-grande certitude, de petites quantités de sels ammoniacaux dans l'urine normale, et les travaux de Heintz de BoussingauU et les miens détruisent toute espèce de doute à

cet égard

Recherche qualitative. - Pour découvrir des sels ammoniacaux dans une urine acide, on précipite une urine normale fraîchement émise avec un mélange d'une solution d'acétate neutre de plomb et de sous-acétate de plomb, on filtre, et dans un balon on mélange à froid avec un lait de chaux le liquide filtré. Si 'on ferme le ballon avec un bouchon sur lequel est fixé un morceau de papier de curcuma humecté, on se convaincra que ce papier est bruni en très-peu de temps. Maintenant d'où vient l'ammoniaque déplacée à froid par le lait de chaux ? L'urée n'est pas décomposée à froid par un lait de chaux, et les «matières colorante et extractive sont enlevées par l'oxyde de plomb. Par conséquent, toutes les fois que dans une. urine normale précipitée avec de V acétate neutre et du sous-acétate de plomb, on découvre un corps qui, en quelques secondes, est décomposé à froid par un lait de chaux avec dégagement d'ammo7iiaque, on doit tenir pour certaine la présence de sels ammoniacaux dans cette urine normale fraîchement émise.

Je me suis servi pour mes déterminations quantitatives d'une méthode indiquée par Schlösing, qui repose sur ce fait, qu'une solution aqueuse contenant de l'ammoniaque libre laisse, au contact de l'air, son ammoniaque se volatiliser même à la température ordinaire et dans un temps relativement court, si cette solution se trouve dans un vase aussi plat que possible en une couche pas

trop épaisse. L'ammoniaque qui se dégage est combinée à un acide sulfurique titré et dos^é par la méthode des volumes. (Pour la manière d'opérer, voy. chap. n.)

Après m'être assuré que la méthode était convenable et sûre iJoimi. f. pract. Chimie, t. LXiV, p. 177), je me suis occupé do déterminer la quantité d'ammoniaque qu'un homme sain élimine en vingt-quatre heures. Il est résulté de mes expériences que dans vingt-quatre heures une moyenne de 0^'',7243 d'ammoniaque, correspondant à 2='', 2783 de chlorhydrate d'ammoniaque, est éliminée par un homme de vingt à trente-six ans. Dans vingt-quatre expériences la quantité de l'ammoniaque varia entre 0^'",3125 et ^"\2096, ce qui correspond à 1^^,4272 et à 3="^8038 de chlorhydrate d'ammoniaque. Je fis mes expériences avec deux hommes sains de vingt et trente-six ans, et je trouvai que le dernier éliminait en moyenne, dans l'espace de vingt-quatre heures, mie quantité d'ammoniaque un peu plus grande que le premier. Le tableau suivant montrera les différences :

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