‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 24 sur 158 · Le peroxyde d'hydrogène bleuit immédiatement l'empois · texte numérisé non relu

Le peroxyde d'hydrogène bleuit immédiatement l'empois

d'amidon iodiirc en présence du sulfate de proloxydc de fer. Cependant on ne peut pas se servir de cette réaction extrêmement sensible, parce qu'il y a dans toutes les urines des corps capables de s'unir à une quantité d'iode libre assez importante, et dans ce cas par conséquent la coloration bleue ne peut pas se produire.

Recherche cjualitalive dans Vurïne. — A 200 centimètres cubes d'urine fraîcbement émise on ajoute gou tte à goutte d'une solution d'indigo une quantité telle que le mélange ait une couleur verte évidente, et Ton divise en deux moitiés égales. Maintenant, si on ajoute à l'une des moitiés 15 ou 20 gouttes d'une solution étendue de sulfate de protoxyde de fer, la couleur paraîtra promptement vert clair ou jaune brunâtre, lequel changement de couleur provient, on le comprend facilement, de la décomposition partielle ou totale de la teinture d'indigo, tandis que la moitié exempte de fer offre encore sa couleur verte primitive. — En outre, si on laisse tomber, dans 50 ou 40 centimètres cubes d'urine fraîche, 8 à 12 gouttes de teinture d'indigo exactement décolorée par l'hydrogène sulfuré (réactif 2), le mélange ne bleuira pas tout d'abord, mais dès qu'on y ajoutera quelques gouttes d'une solution de sulfate de fer. — L'acide sulfureux, qui réduit immédiatement le peroxyde d'hydrogène, empêche les deux réactions, lorsqu'on l'ajoute à l'urine en petite quantité.

§ 21. ALBUMliNE

SCHFUER. MDLDER.

Formule rationnelle inconnue.

Carbone .

Hydrogène.

Azote. .

Oxygène.

Soufre. .

Phosphore.

A. Étal naturel. — L'albumine est, comme on le öait, la substance la plus importante dont le corps animal ait besoin pour son

ÉLÉMENTS ANORMAUX 1)K L'URINK. " entretien, elle lui donne les matériaux nécessaires à sa nutrition ainsi qu'à' la réi.aration des organes. Sa dilTusion dans tout le corps est par conséquent très-grande; ainsi elle forme le principal élément du sang, de la lymphe, du chyle, de tous les fluides séreux et des liquides du tissu cellulaire. A l'état normal, l'alhumuie ne passe pas dans l'urine, mais dans les maladie.- elle s'y rencontre «i Iréquenmient qu'il est nécessaire, dans toute urine sur la composition de laquelle on veut être renseigné, de- rechercher l'albumine. C'est dans toutes les affections des reins comprises sous le nom de maladie de Bright que l'albumine se rencontre le plus constamment dans l'urme.

B. Préparation de ralbumine pure. — On mélange goutte à goutte du sérum sanguin avec de l'acide acétique étendu tant qu'il se forme un précipité floconneux, on filtre, on évapore à un petit volume dans le vide ou au bain-marie à la température de 40" cent., on sature à peu près avec du carbonate de soude et l'on soumet le résidu h la diffusion. Si, après avoir renouvelé fréquemment l eau extérieure, il ne passe plus de sels dans celle-ci, on évapore à sec le contenu du dialyseur dans le vide ou au bain-marie à 40". Cependant, l'albumine ainsi préparée n'est pas entièrement exempte de sels. [Hoppe.)

C. Caractères ^chimiques. — L'albumine du sérum purifiée constitue à l'état sec une masse jaunâtre, vitreuse et transparente qui se dissout dans l'eau en donnant un liquide visqueux.

J . L'albumine du sérum est identique avec l'albumine que l'on rencontre dans l'urine ; en solution aqueuse neutre elle possède un pouvoir rotatoire égal à — 56" pour la raie D du spectre solaire.

2. L'alcool produit dans les solutions d'albumine un précipité qui se redissout dans l'eau, du moins en partie, aussitôt après l'élimination de l'alcool. Par l'action prolongée de l'alcool, l'albumine du sérum paraît se transformer tout entière en albumine coagulée.

3. Si l'on mélange une solution d'albumine avec de l'acide acéti(pie jusqu'à réaction fortement acide, et si ensuite on ajoute ([uelques gouttes d'une dissolution de ferrocyanure de potassium, il se ])roduitun précipité blanc flocoinieux. (Détermination quantitative par la méthode des volumes d'après Bödeker.)

4. Si l'on chauffe de l'albumine avec de l'acide chlürhydri(jue

concentré, ou, encore mieux, en y ajoutant un peu d'acide sulfurique concentré, il en résulte un liquide violet.

5. L'acide azotique concentré colore à chaud l'albumine en jaune. (Acide xanthoprotéique.)

. 6. Si l'on chauffe une solution d'albumine dans un tube d'essai au-dessus de la lampe à esprit-de-vin, elle commence à se troubler dès que la température est élevée à 60 ou 65", et l'on remarque que le trouble apparaît d'abord à la surface du liquide et se propage peu à peu dans tout le tube. Maintenant il se produit promptement un coagulum floconneux, blanc ou quelquefois plus ou moins coloré, parce que l'albumine se transforme à 72 ou 73" cent, en la modification insoluble. Il y a cependant plusieurs remarques à faire au sujet de cette réaction simple en elle-même : si la solution d'albumine est très-étendue, le trouble ne se produit souvent qu'à la température de l'ébullition, quelquefois, cependant, surtout après une longue ébullition et le repos, on voit apparaître nettement des flocons. Si la réaction du liquide est faiblement acide, dans la plupart des cas il se produit, dès que l'acide n'est plus en excès, une coagulation complète; mais si la solution a une réaction neutre ou même alcaline, souvent l'action de la chaleur ne produit qu'un léger trouble, même si la liqueur renferme beaucoup d'albumine ; elle reste en dissolution unie avec la potasse. Ajoute-t-on, au contraire, avant de chauffer, autant d'acide acétique qu'il est nécessaire pour saturer l'alcali libre, la précipitation a lieu d'une manière complète et sous forme de flocons volumineux. Un excès d'acide doit être évité avec précaution, parce que sans cela, sous l'influence de l'acide acétique libre, il reste en dissolution, même à l'ébullition, une quantité plus ou moins grande d'albumine.

Le sel marin et les autres sels alcalins neutres abaissent le point de coagulation d'une solution d'albumine, c'est poui-quoi dans une urine acide la coagulatiçn a lieu le plus souvent au-dessous de 70° cent.

7i Si l'on mélange une solution d'albumine avec de l'acide acétique jusqu'à réaction fortement acide, si l'on ajoute au liquide son égal volume d'une solution saturée de sulfate de soude, et si ensuite on chauffe à l'ébullition, la coagulation a lieu d'une manière complète;

8. Une dissolution de 1 partie do mercure dans 2 parties d'un acide azotique contenant 4 équivalents 1/2 d'eau (d'un poids spécilique de 1,41) constitue le réactil'le plus sensible de l'albumine, ainsi que de tous les corps protéiqucs, que ces substances soient ou ne soient pas dissoutes. Si avec cette dissolution on chauffe à 60° ou à 100° un liquide contenant de l'albumine, on obtient une coloration rouge intense qui ne disparaît ni au contact de l'air, ni par une longue ébullition.

9. L'acide azotique étendu produit dans les solutions d'albumine un précipité blanc d'azotate d'albumine qui est soluble dans^ beaucoup d'eau. (Réaction importante.) D'autres acides minéraux se comportent d'une manière analogue.

10. La plupart des sels métalliques, même l'alun , donnent des précipités de composition variable. La précipitation avec le biclilorure de mercure (sublimé) est particulièrement importante.

11. Le sucre et l'acide sulfurique concentré se colorent avec tous les corps protéiques en beau rouge , exactement comme avec les acides biliaires. [Schdtze.)

12. Les corps albumineux mélangés avec une dissolution de sulfate de cuivre, puis chauffés après addition d'une lessive de potasse ou de soude, communiquent à la dissolution une belle couleur violette. La réaction ne se produit pas ou seulement trèsincomplétement si l'alcali est ajouté avant le sel de cuivre.

L'albumine donne lieu, en commun avec les autres substances protéiques, à la plupart des réactions indiquées.

D. Recherche qualiiaiive, — La recherche de l'albumine dans l'urine repose sur des opérations très-simples qui , exécutées avec soin, permettent une conclusion certaine. On s'assure d'abord de la réaction de l'urine, préalablement fdtrée dans le cas où elle ne serait pas claire, puis on en remplit un tube à moitié et Ton chauffe au-dessus dune lampe à esprit-de-vin. Si l'urine a une réaction acide., dès que la température est élevée à 50 ou 60", un trouble se manifeste à la surface du liquide, dans le cas où celui-ci renferme de l'albuinirte, et le trouble est bientôt suivi de la coagulation de cette substance. Sî cependant l'urine était neutre ou älcaline, pour les raisons indiquées plus haut, la séparation n'aurait pas lieu, mais le plils souvent la liqueur ne ferait que se troubler et deviendrait Ulitöüsö. Mais, dans ce cas, si l'on mélange

DES UUINES.

l'urine bouillie avec de l'acide azotique jusqu'à réaction fortement acide , il se produit lors de la présence de l'albumine un précipité persistant. Cependant on doit à ce sujet faire remarquer que l'acide azotique doit être ajouté en grand excès, parce que, en présence de quantités trop petites, des corps albumineux peuvent rester en dissolution.

L'acide azotique, autrefois employé pour acidifier l'urine, a sur l'acide acétique quelques avantages: en effet, en premier lieu l'addition de l'acide acétique doit être faite avec beaucoup de précaution, parce qu'un excès cmpêcbe complètement la séparation de l'albumine et, en second lieu, d'après les recherches de Reissner, l'acide acétique produit dans une urine renfermant du mucus (mucine) en dissolution un trouble uniforme, ne disparaissant pas avec un excès d'acide acétique et qui peut être facilement confondu avec un précipité d'albumine.

Pour la confirmation ultérieure de la présence de l'albumine, on se sert surtout des réactions 5 et 7.

11 peut cependant encore se rencontrer des cas où , lors de l'ébullition de l'urine, surtout si celle-ci n'est que faiblement acide ou neutre, il se forme un précipité même alors que la liqueur ne renferme pas de trace d'albumine. Le précipité est constitué par des pliosphates terreux qui, dans une urine faiblement acide, sont le plus souvent maintenus en dissolution seulement à la faveur de l'acide carbonique libre, mais qui, après l'expulsion de ce gaz par l'ébullition, se précipitent en flocons , et que sous cette forme l'œil peut à peine distinguer dé l'albumine coagulée. Mais le doute peut être facilement écarté, si après le refroidissement on ajoute au liquide dans lequel est suspendu le précipité de l'acide azotique et si l'on agite ; si le précipité consiste en phosphates, ceux-ci se dissoudront et le liquide deviendra clair ; mais s'il est constitué par de l'albumine, il ne disparaîtra pas. Ce cas se rencontre très-fréquemment , de telle sorte qu'on ne doit jamais négliger d'essayer une seconde fois avec l'acide azotique, surtout si le liquide ne s'était troublé que faiblement par l'ébullition.

Si , en outre , l'urine renferme des substances résineuses, comme cela peut avoir lieu, d'après les recherches deMaly , lorsqu'on fait usage à l'intérieur de térébenthine, de. baume de copahu, etc., il se produit, après addition d'acide chlorhydrique

on d'acide azotique, un précipiié jaune bianchâlre, non sans analogie avec l'albumine devenue insoluble, mais qui disparaît aussitôt qu'on ajoute de l'alcool, et qui par cette réaction se distin- . gue suffisamment de l'albumine.

D'après //e//er, ou peut aussi de la manière suivante exécuter avec une grande netteté l'essai avec l'acide azotique. Dans un verre à Champagne, on verse 1 centimètre 1/2 de haut d'acide azotique concentré pur, et l'on recouvre celui-ci avec l'urine à essayer (qui doit être claire) : dans ce but, à l'aide d'une pipette on fait couler avec précaution le dernier liquide des bords du vase sur l'acide. Lorsque' l'opération est bien faite, l'urine Hotte sur l'acide azotique et le mélange des deux liquides a li ;ii lentement. Dans la plupart des cas il se forme à la surface de contact un cercle l'ouge intense, violet, puis bleu, c'est la réaction de l'uroxanthine. Tant qu'on n'aperçoit pas au-dessous du bleu une coloration verte parfaitement évidente, on n'a pas à se préoccuper de confondre ces changements de couleur avec la réaction des matières colorantes de la bile. Si l'urine contient de l'albumine, il se produit lors de cet essai aux surfaces de contact des deux liquides un trouble annulaire parfaitement limité en dessus et en dessous, et qui même î en présence de traces d'albumine peut être reconnu avec une grande netteté. La réaction persiste assez longtemps, cependant après un long temps l'albumine coagulée descend peu à peu au fond du vase. Un trouble, ayant à première vue de l'analogie avec le précédent, peut prendre naissance si l'urine est riche en urates; dans ce cas aussi il se produit un trouble annulaire, seulement cet anneau occupe un point plus élevé que celui formé par l'albumine. Le bord inférieur qui est également parfaitement limité se trouve plus élevé que la surface de contact des deux liquides, le plus souvent aussi il est plus haut que le bord supérieur de i l'anneau d'albumine, en outre le bord supérieur n'est pas nettement limité, mais (I il s'efface en se confondant insensiblement avec la surface de l'urine. Par conséquent, si l'urine contient de l'albumine et en même temps beaucoup d'urates, I deux anneaux peuvent se former, un anneau inférieur constitué par de l'albul mine qui, le plus ordinairement est séparé par une couche claire de l'anneau supérieur formé par des urates. Mais dans un cas de ce genre il vaut mieux, avant I l'essai, étendre l'urine avec 2 ou 5 parties d'eau, pour empêcher la réaction des I urates ou au moins l'affaiblir le plus possible. En outre, les troubles occasionnés par les urates disparaissent lorsqu'on vient à chauffer doucement, et l'on peut, par conséquent, à l'aide delà chaleur, écarter avec facilité toute espèce de doute, j — Dans des urines très-concentrées, un précipité d'azotate d'urée peut aussi I se produire, mais ce précipité est cristallin et il disparait dès qu'on ajoute de l'eau.

Parmi les autres matières protéiques on rencontre encore quelquefois la fibrine, qui, surtout dans les inllannn;itions violentes des reins et des voies urin;iires, .se sépare sous forme de gros jiclolons. Mais une urine de ce genre con-

tient aussi constamment du sang, cl par suite de la présence de celui-ci elle est également albumineuse. Ackermann a trouvé dans la galacturie, que l'urine renfermait de la fibrine. Les cylindres urinifères en forme de tubes, que Frericht, considère comme des concrétions fibrineuses aplaties, seront traités à propos des sédiments.

On a encore observé quelques cas où Purine laissait déposer de la fibrine, soit sous forme d'une masse gélatineuse , soit en pelotons grumeleux ou filamenteux.

La caséine n'a pas encore été découverte avec certitude dans l'urine. En outre, il passe quelquefois dans l'urine, des matières protéiques qui, par lem-s propriétés diffèrent des corps protéiques ordinaires. Ainsi Bence Jones àécrit{inn. d. Chim.u. Pharm., t.LXVII, p. 97-105) un cas dans lequel l'urine d'un homme atteint d'un ramollissement des os renfermait .à côté des cylindres urinifères une substance albumineuse particulière, qui se distinguait par les caractères suivants : elle était soluble dans l'eau bouillante et, après avoir été précipitée par l'acide azotique, elle se dissolvait lorsqu'on cbauffait, mais se séparait de nouveau par le refroidissement. Par la manière dont elle se comportait avec les réactifs dont il a été question au sujet de l'albumine, comme Pacide acétique, le prussiate de potasse et Pacide cblorhydrique concentré, on reconnaît en elle avec certitude une matière protéique; cependant, à cause de sa réaction avec Peau et Pacide azotique, nous ne pouvons pas la regarder comme de l'albumme ou de a caséine, du moins tant qu'on n'aura pas réussi à transformer artificiellement 1 albumine ou la caséine en cette modification particulière.

Sous le nom d'albuminose, Baylon décrit une matière albuminoïde qm doit aussi se rencontrer dans l'urine normale. D'après Mialhe, cette substance serait vis-à-vis de Palbumine ce qu'est le glycose vis-à-vis de Pamidon(?).L'albummose n'est précipitée ni par la chaleur, ni par les acides, ni par les alcalis, mais elle l'est par le tannin et un grand nombre de sels métalliques. Elle doit, comme on l'a déjà dit, se trouver dans toute urine normale, mais on peut aussi la rencontrer dans des cas pathologi(iues. Cependant, dans l'urine des personnes alleiutes de maladie de Bright, on pourrait à côté d une grande quantité d'albumine ne pas trouver d'albuminose. Baylon indique le tartrate de cuivre comme étant un reactif très-sensible de Palbuminose. Après avoir additionné l'urine de quelques gouttes de lessive de potasse, on filtre, et ensuite on ajoute une solution de tartrate de cuivre jusqu'à ce que le mélange ait acquis une couleur bleue peu intense. Au bout de une ou deux heures il se précipite du tartrate dalbuminose ), qui se dissout par la chaleur, mais qui se sépare de nouveau lorsquon chauile. (tesiaiZ's Jahresbericht, 1800, p. '270.) , -r-

Enfin, d'après Béchamp, on peut en traitant toute urine normale avec trois tois son volume d'alcool à 88 ou 90 p. 100, puis lavant le précipité, obtenir une substance protéique soluble dans Peau qui, à la température de 00-70% a a propriété de transformer l'amidon en sucre et à laquelle Béchamp a donne le nom de néphrozymasc.

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