SUCRE DE DIABÈTE, SUCRE DE RAISIN
I Carbone. . . 40,00 f 36,36
Anhydre: ) Hydrogène. . 6,66 Cristallisé: 7,07 I Oxygène. . , 53,54 ( 56,57
100,00 100,00 Formules : G^HF'O''-. C^m^^O^'- + 2aq.
A. État naturel. — Le sucre de raisin, qui est tout à fait identique avec le sucre de diabète, est, comme on le sait, très-répandu dans le règne végétal. Mais dans le règne animal on le rencontre aussi dans différents liquides soit à l'état normal, soit cà l'état pathologique. Ainsi, il se trouve toujours dans le contenu de l'intestin grêle et dans le chyle à la suite de l'ingestion d'aliments sucrés ou amylacés ; on le rencontre aussi dans l'œuf de la poule (dans celui qui est couvé comme dans celui qui ne l'est pas , dans le jaune comme dans le blanc), en outre dans les liquides amniotique et allantoïdien de la vache, de la brebis et de la truie, ainsi que dans le foie. Le sucre existe aussi dans le sang, notamment dans celui de la veine hépatique où Bernard l'a constamment trouvé , tandis que le sang de la veine porte n'en renferme pas, ce qui prouve bien que la formation du sucre doit avoir lieu dans le parenchyme hépatique. Comme, d'après cela, il n'y a pas à douter que du sucre ne soit formé normalement dans l'organisme animal, mais comme à l'état normal on ne trouve pas cette substance ou seulement des traces dans les produits d'excrétion, il ne nous reste plus qu'à admettre qu'il éprouve peu à peu dans l'organisme une transformation ultérieure , que certainement il passe par plusieurs termes intermédiaires, qui , il est vrai, ne sont pas encore suffisamment connus, et qu'enfin, après avoir été oxydé complètement, il est de nouveau séparé sous forme d'acide carbonique et d'eau.
D'après les nombreuses expériences de Brücke^ il est maintenant à peu près certain que l'urine contient fréquemment des traces de sucre. Cependant il n'apparaît en grande quantité que dans le diabète sucré, mais alors il se trouve aussi en plus grande proportion dans le sang, dans les matières vomies, dans la salive, dans la sueur, etc. On a également rencontré quelquefois du sucre
dans l'urine dans d'antres maladies, notamment dans les troubles de la circulation abdominale. — Chez les animaux on y)eut , en lésant certaines parties de la moelle allongée, produire d'une manière passagère une urine sucrée. D'après Lehmann^ l'urine serait aussi fréquemment sucrée chez les femmes vingt-quatre ou quarante-huit heures après le sevrage des nourrissons.
B. Caractères microscopiques. — Le sucre de diabète cristallise en masses confuses, qui se présentent sous l'aspect de conglomérats mamelonnés, et qui consistent en lamelles groupées en forme de choux-fleurs. Ces lamelles ont un aspect rhomboidal. Si sa cristallisation a lieu rapidement, il se présente, même lorsqu'on l'examine au microscope, non en lamelles, mais en masses irrégulières, légèrement arrondies et striées.
C. Caractères chimiques. — 1. Le sucre de raisin pur est blanc, inodore, il a une saveur beaucoup moins sucrée que le sucre de canne, et il est aussi moins soluble dans l'eau que ce dernier. Sa dissolution est sans réaction sur les couleurs végétales et elle dévie à droite la lumière polarisée. 11 est assez soluble dans l'alcool, mais il ne l'est pas du tout dans l'éther. Si l'on expose pendant longtemps à une température de 100" le sucre de raisin cristallisé, il perd son eau de cristallisation (2 équiv.).
2. Le pouvoir rotaloire spécifique d'une solution aqueuse de sucre de raisin s'élève à + 55,5 pour la lumière jaune, si cette solution a été chauffée ou si elle est préparée depuis longtemps. Une solution froide fraîchement préparée produit, lorsqu'on l'essaye immédiatement après la dissolution, une rotation droite du plan de polarisation plus grande, mais qui, par un long repos, et plus rapidement lorsqu'on chauffe, s'abaisse jusqu'à + 55%5^
3. Mis en contact avec des substances azotées, surtout la caséine, il subit la fermentation lactique et plus tard la fermentation butyrique. Dans l'urine diabétique, il se transforme à la température ordinaire, plus rapidement à 27 ou 40°, en un acide qui, suivant les circonstances, peut être de l'acide acétique ou de l'acide butyrique et même de l'acide lactique.
4. Lorsqu'on le traite par l'acide azotique, le sucre de fruit donne de l'acide oxalique et de l'acide saccharique. '
> Iloppc-Seyicr, Mediciniscitc Vntcrsuc hangen, impartie, p. 16-'.
ÉLÉMEiNTS ANORMAUX DE L'URTNE. 85
5. Le sucre de raisin donne, avec plusieurs bases, des combinaisons particulières, désignées sous le nom de saccbarates.
CL Saccharate de potasse. - 2K0 + C'nr0^^ On peut l'obtenir facilement en mélangeant une solution alcoolique de sucre avec une solution de potasse caustique dans l'alcool. La combinaison se précipite immédiatement en flocons blancs, qui s'agglutinent à l'air, tombent en déliquescence et attirent l'acide carbonique.
h. Saccharate de chaux. — Si l'on traite une dissolution de sucre avec un excès de chaux caustique, si l'on filtre la dissolution et si l'on mélange le liquide filtré avec de l'alcool, cette combinaison se précipite sous forme d'une masse blanche.
c. Combinaison du sucre de raisin avec le sel marin. — 2(C"-fP'0'') NaCl H-2H0. Si l'on mélange une solution de sucre de raisin avec une solution de sel marin, et si l'on abandonne le mélange au contact de l'air à l'évaporation spontanée, la combinaison cristallise en doubles pyramides hexagonales volumineuses et incolores ou bien en rhomboèdres. Les cristaux sont durs, faciles à pulvériser, facilement solubles dans l'eau, difficilejnent solubles dans l'alcool. Ils renferment 13,5 p. 100 de chlorure de sodium,
6. Si l'on chauffe une dissolution de sucre de raisin avec une lessive de potasse ou de soude, elle se colore en beau rouge brun ; si l'on ajoute ensuite de l'acide azotique, il se dégage une odeur douceâtre et piquante qui rappelle en partie le caramel, en partie l'acide formique.
7. Si l'on chauffe à l'ébullition une solution de carmin rendue alcaline par du carbonate de soude avec un peu de sucre de raisin, elle se colore, si l'on n'a ajouté qu'une petite quantité de sucre, d'abord en vert, puis en rouge, et, s'il y a une plus grande quantité de sucre, en rouge et enfin en jaune,. Si l'on agite la solution
' jaune encore chaude de manière à ce que l'oxygène de l'air puisse agir, le changement de couleur se produit en sens inverse. Le mélange se colore en rouge pourpre, puis en vert et enfin en bleu ; cependant lorsqu'on abandonne le liquide au repos, la couleur jaune reparaît promptement. {Muhler.) Cette réaction est trèsbrillante et elle permet de découvrir de très-petites quantités do 1 sucre. Lorsqu'on a affaire à des traces de sucre, on doit naturelle- 1 ment employer une solution d'indigo très-faiblcnient colorée.
8. Si l'on mélange une solution de sucre avec un peu de potasse caustique et quelques gouttes d'une solution de sulfate do cuivre, il ne se forme pas de précipité, ou bien s'il s'en forme un, il se redissout en donnant un beau liquide bleu. Si l'on chauffe le mélange, le liquide se colore d'abord en jaune orange, il se trouble promptement et il se sépare un précipité de protoxyde de cuivre ayant une belle couleur rouge. Le sel de cuivre est réduit par "la solution alcaline de sucre, et l'oxygè^ie mis en liberté exerce son action oxydante sur le sucre. Cette réduction a lieu même à froid après un long repos. — L'acide urique, i'hypoxanthine, le mucus, etc., produisent également à chaud la réduction du bioxyde de cuivre avec séparation de protoxyde rouge. Il faut, en outre, bien faire attention que quelques substances, si elles sont présentes, empêchent la séparation du protoxyde de cuivre ; ainsi, par exemple, les substances albumineuses, notamment la peptone, la créatine, la créatinine, la pepsine, la triméthylamine et l'ammoniaque ou les corps qui donnent de l'ammoniaque lorsqu'on les chauffe avec de la potasse.
9. Si l'on introduit dans un petit ballon une solution de sucre avec un peu de levûre, la fermentation ne tarde pas à se manifester, surtout h une température de 50 à 40°. On peut trèsfacilement observer la marche du phénomène dans l'appareil suivant.
A est un petit ballon de verre dans lequel on introduit la solution de sucre avec la levûre ; ce ballon est mis, au moyen du tube c, en communication avec un petit vase de verre B, qui est rempli à " moitié avec de l'eau de chaux ou de baryte. Le tube a est fermé à la partie supérieure au moyen d'une petite boule de cire b. Si l'on chauffe le mélange contenu dans A à la température indiquée, la solution de sucre se trouble au bout de peu de temps; elle commence par produire beaucoup do mousse et il se dégage des bulles de gaz très-régulières. Celles-ci
Fift. 1.
sont constituées par de l'acide carbonique, qui, en passant à travers l'eau de chaux ou de baryte, la trouble "et la précipite promptcment en donnant lieu à un dépôt de carbonate de chaux ou de baryte. Enfin, si le dégagement gazeux cesse, le liquide devient clair en A, il a perdu son goûtsucré qui est remplacé par une saveur vineuse. Le sucre est dédoublé en alcool et en acide carbonique, cependant il se forme toujours, dans cette décomposition,^ une petite quantité de quelques termes homologues de l'alcool étliylique, ainsi que des traces de glycérine et d'acide succinique.
Lorsqu'on a affaire à de petites quantités de sucre, on remplit" un tube d'essai avec du mercure, et on le retourne dans une petite cuvette à mercure. A l'aide d'une pipette munie d'un bec recourbé, on introduit dans le tube, en la laissant s'élever audessus du mercure, une solution de sucre neutre ou faiblement acide et qui a été mélangée avec de la levûre de bière active et biendavée, puis on abandonne le tout au repos à la température 25-50" cent. Si au bout de un ou deux jours le dégagement gazeux a cessé, on fait arriver dans le liquide, au moyen de la pipette, un peu de lessive de potasse concentrée, qui absorbe complètement le gaz mis en liberté.
10. Si l'on mélange une solution de sucre de raisin avec une solution d'azotate d'argent faiblement ammoniacale, il se précipite de l'argent métallique, sous forme d'un beau miroir métallique brillant, dès qu'on chauffe à l'ébullition et qu'on maintient quelque temps à cette température. Cette réduction peut être utile dans certaines circonstances, parce que la présence de t'ammoniaque ne l'empêche pas. Cependant il ne faut pas oublier que plusieurs autres substances, comme, par exemple, l'acide tartriquc, etc., réduisent de la même manière le nitrate d'argent.
11. Pour essayer si une urine renferme du sucre, on la verse, d'après Bottger, dans un tube d'essai, on y ajoute un égal volume d'une solution de carbonate de soude (5 parties d'eau, 1 partie NaO,CO* cristallisé), puis une pincée d'azotate de bismuth basique, et l'on chauffe le tout à l'ébullition. La moindre coloration en noir ou en gris, qui se produit sur le sel de bismuth blanc de neige, indique de la manière la plus certaine la présence du sucre de diabète, parce que, d'a^très Buttger, aucun autre élément de l'u-
rine n'exerce une action réductrice sur ce sel de bismuth. L'urine doit cependant être aljsolumcnt dépourvue d'albumine, parce que sans cela il se forme facilement du sulfure de bismuth noir, qui peut donner lieu à des erreurs grossières,
La réaction réussit aussi très-bien avec une solution alcalmc d'oxyde de bismuth que l'on obtient en précipitant une solution azotique de bismuth avec un grand excès de lessive de soude, et ajoutant, en ayant soin de chauffer doucement, une solution d'acide tartrique, jusqu'à ce que le précipité formé se redissolve.
D. Recherche qualitative. — Les méthodes pour découvrir le sucre dans l'urine diffèrent suivant les quantités de sucre que l'on suppose devoir exister dans ce liquide. Si la quantité de l'urine de 24 heures est considérable (de 4 à 6 litres), si la couleur est jaune verdâtre, et si en même temps le poids spécifique est élevé, en tout cas au-dessus de 1,02, il est probable que l'urine à essayer est une urine diabétique. Dans ce cas, la recherche du sucre est simple, parce que l'urine diabétique se comporte avec presque tous les réactifs comme une dissolution de sucre pur. Si, en outre, l'urine en question est exempte d'albumine, ce dont il faut préalablement s'assurer d'après le paragraphe 21 , on peut employer directement les différentes réactions du sucre de raisin ; dans le cas contraire, on doit, avec les précautions indiquées, paragraphe 21 , débarrasser le liquide d'albumine. Ensuite on procède ainsi à la recherche du sucre :
1 . Avec 4 ou 5 centimètres cubes d'eau on étend 1 5 à 20 gouttes de l'uriile en question, on ajoute 1/2 centimètre cube de lessive de soude ou de potasse et ensuite on verse goutte à goutte une solution très-étendue de sulfate de cuivre. S'il y a du sucre, le précipité qui prend d'abord naissance se dissout après agitation en donnant un liquide bleu et clair. Il faut, si l'on présume n'avoir affaire qu'à de petites quantités de sucre, éviter une proportion trop grande de solution de cuivre, parce que sans cela, il se forme également à l'ébullition du bioxyde noir de cuivre. Si ensuite, sans agiter, On chauffe la solution limpide bleue jusqu'à ce qu'elle soit sur le point de bouillir, il se forme à la surface un flocon jaune, auquel, sans que l'on ait besoin de chauffer plus fortement, succède bientôt un précipité de protoxyde de cuivre jaune ou rouge. Il faut se garder de chauffer le mélange d'urine et de lessive do
potasse avant d'avoir ajouté la solution de cuivre, parce que sans cela, notamment lorsqu'il n'y a qu'une petite quantité de sucre, celui-ci peut être modifié de telle sorte qu'il n'exerce plus d'action réductrice sur le bioxyde de cuivre.
On abandonnera au repos pendant vingt-quatre heures un deuxième mélange préparé de la même manière. Dans ce cas également il se produira, si du sucre est présent , un précipité de protoxyde de cuivre. Cette contre-épreuve est d'une grande importance et elle ne doit jamais être négligée, parce que la plupart des substances , qui , comme le sucre , réduisent la solution de cuivre, ne donnent lieu à cette réaction que sous l'influence de la chaleur ou après une longue ébuUition, et non à froid , comme le fait le sucre de diabète.
2. On étendra un deuxième échantillon d'urine avec son volume d'une solution de carbonate de soude, puis on ajoutera une petite quantité de magistère de bismuth et l'on chauffera pendant longtemps à l'ébullition. Suivant la quantité du sucre présent, il y aura une réduction partielle ou totale de l'oxyde de bismuth , et par conséquent le réactif se colorera en gris ou en noir. Lorsqu'on aura affaire h de petites quantités de sucre, on prendra aussi peu que.possible du sel de bismuth, afin qu'une faible réduction ne soit pas masquée par un grand excès du sel blanc. Si ensuite on laisse le mélange en repos, l'oxyde de bismuth non décomposé se dépose d'abord au fond du vase et le bismuth réduit vient constituer par-dessus une couche parfaitement évidente et ayant la forme d'un anneau entièrement noir.
3. On versera une autre portion d'urine dans un tube d'essai assez long mais étroit, on ajoutera un peu de lessive de potasse caustique et maintenant on chauffera k l'ébullition la partie supérieure de la colonne liquide. S'il y a du sucre, cette portion se colorera en jaune, puis en rouge-brun, tandis que la partie inférieure conservera sa couleur primitive. Les moindres changements de couleur peuvent ainsi être très-nettement observés. On doit beaucoup recommander cette réaction comme expérience confirmalive.
Les réactions n'" 7 et 1 0 donnent les moyens d'exécuter d'autres essais confirmatifs, mais c'est surtout l'expérience de la fermentation (pii |)cut être employée dans ce but et que l'on peut
effectuer avec une urine diabétique dans l'appareil représenté ligure 1.
Le sucre peut aussi être préparé facilement à l'état pur et cristallisé au moyen de l'urine diabétique. On se sert pour cela des méthodes suivantes :
I. On évapore au bain-marie une portion d'urine jusqu'à consistance sirupeuse, et dans le résidu abandonné au repos pendant longtemps le sucre cristallise en masses jaunâtres mamelonnées. Par un traitement avec de l'alcool absolu on enlève l'urée et les matières extractives , avec de Tesprit-de-vin bouillant on extrait le sucre du résidu et on laisse évaporer cette solution. Le sucre restera dans un état de pureté assez grand, et l'on peut facilement se débarrasser de l'alcool qui y adhère en le faisant cristalliser dans l'eau à plusieurs reprises.
IL Méthode de Lehmann. On prépare d'abord une solution alcoolique en évaporant l'urine et en épuisant le résidu par l'alcool. On évapore cette solution à sec, on dissout le résidu dans l'eau et l'on sature la solution avec du sel marin. Après l'évaporation, la combinaison de chlorure de sodium et de sucre cristallisera, et en la faisant cristalliser plusieurs fois on l'obtient en cristaux limpides. On dissout ceux-ci dans l'eau et l'on précipite avec précaution avec de l'azotate d'argent. On sépare par filtration le chlorure d'argent et l'on évapore à sec le liquide filtré ; par extraction avec de l'alcool, on obtient le sucre chimiquement pur.
Abstraction faite de ce que ces préparations ne réussissent. que si l'urine renferme des quantités relativement considérables de sucre, il y a cependant aussi des cas dans lesquels le sucre est tout à fait incrislallisable et se distingue nettement du sucre de raisin par la propriété qu'il possède de dévier à gauche la lumière polarisée. Dans les cas de ce genre le résidu de l'urine reste toujours sirupeux et l'on n'y remarque aucune trace de cristallisation.
H. Si l'urine ne possède pas les propriétés indiquées précédemment, mais si lorsqu'on la chauffe avec une solution de cuivre elle réduit celle-ci, sans toutefois qu'il se sépare du protoxyde de cuivre, si, par conséquent, il y a tout au plus coloration jaune du mélange, il est nécessaire, afin de pouvoir s'assurer avec certitude de la présence du sucre, de séparer celui-ci sous une forme aussi pure que possible , avant que Ton puisse employer les réactions citées plus haut, avec l'assurance d'obtenir des résultats certains. Ainsi, par exemple, une faible réduction de la solution de cuivre peut être occasionnée par l'acide urique, etc., môme en l'absence totale du sucre. Mais si, m outre, la réduction était en réalité causée par du sucre, des traces de protoxyde de cuivre peuvent cire maintenues en dissolution par l'ammoniaque formée aux dépens de l'urée lors du chauffage avec la lessive de potasse , ce qui fait que cette réaction perd toute sa certitude. Dans ce cas le mélange se colore tout au plus en jaune, sans que le protoxyde de
cuivre caractéristique se sépare. Le plus ordinairement une solution de ce c^enre abandonnée à l'air reprend à sa surface par oxydation la coloration bleue primitive. - Pour éviter toutes ces incertitudes, on débarrasse d'abord, d'après le paragraphe 21 , une grande quantité d'urine (500 à 800 centimètres cubes) de l'albumme qui peut s'y trouver , puis on évapore au bam-marie jusqu'à consistance d'un extrait épais le liquide filtré, ou, si elle ne renferme pas d'albumine, l'urine primitive préalablement filtrée, et l'on abandonne ce résidu pendant quatre ou six heures ; après l'avoir divisé autant que possible avec de la poudre de pierre ponce, on l'épuise avec de l'alcool à 90 p. 100 : on laisse une quantité assez grande de ce liquide en contact avec l'extrait au moins pendant quelques heures et en ayant soin d'agiter fréquemment. Au liquide filtré on ajoute ensuite une solution alcoolique de potasse caustique pure, jusqu'à ce qu'une nouvelle addition ne produise plus de précipité, sans cependant en employer un grand excès. S'il y a du sucre , du saccharate de potasse se précipite en une masse gluante analogue à un vernis , mais accompagnée d'autres combinaisons de potasse à forme cristalline ou floconneuse. Si le saccharate de potasse s'est déposé, on décante l' esprit-de-vin pour le séparer du précipité , avec de l'alcool absolu on lave celui-ci à plusieurs reprises, qu'il soit floconneux, cristallin ou analogue à un vernis, et ensuite on le dissout dans l'eau, ce qui en toutes circonstances se fait avec facilité. Dans la plupart des cas cette dissolution donne dès maintenant les réactions indiquées ; mais comme cependant dans certaines circonstances il passe dans le précipité de potasse des substances qui exercent une action réductrice sur le bioxyde de cuivre, la présence du sucre n'est pas encore tout à fait certaine. C'est pourquoi, d'après Lehmann, on précipite avec un léger excès de dissolution d'acétate neutre de plomb la solution aqueuse du précipité de potasse exactement neutralisée avec de l'acide acétique. On filtre, on enlève l'excès d'oxyde de plomb par l'hydrogène sulfuré, on filtre de nouveau et l'on évapore presqii'à sec au bain-marie le liquide, qui maintenant est parfaitement clair dans la plupart des cas, de telle sorte que, quoi qu'il en soit, tout l'hydrogène sulfuré est expulsé. On dissout le résidu dans l'eau et l'on procède aux réactions indiquées en I. Si ces réactions donnent des résultats parfaitement nets , on peut être certain de
la présence du sucre , parce qu'il est bien difficile que, dans le liquide obtenu en dernier lieu, il puisse se trouver une substance qui donne, comme le sucre , les réactions mentionnées. Lors de l'essai avec la solution de cuivre , on abandonnera aussi au repos sans la chauffer une portion du mélange, et s'il y a du sucre il se séparera du protoxyde de cuivre ; en outre, on n'emploiera qu'une petite quantité de solution de cuivre, de manière à ce que le mélange ait seulement une couleur bleue peu intense. Enfin , la dernière preuve décisive est donnée par l'expérience de la fermentation que, dans l'appareil décrit n" 9 (Caractères chimiques), on peut effectuer avec une grande certitude, même s'il s'agit de très-petites quantités de sucre. S'il y a du sucre, la fermentation se déchre rapidement, et, pour se convaincre que le gaz ne provient pas de la décomposition de la levure, il est convenable de faire une contre-expérience avec de la levure et de l'eau pure.
Dans beaucoup de cas , où l'urine primitive ne donnait la réaction du sucre que d'une manière extrêmement douteuse , j'ai réussi, à l'aide de cette méthode, à découvrir le sucre avec une grande netteté au moyen de toutes ses réactions.
Leconte traite le précipité de potasse de la manière suivante : A sa dissolution dans aussi peu d'eau que possible on ajoute de l'acide tartrique en léger excès, on agite, on filti'e pour séparer le tartrate de potasse et Ton mélange à froid le liquide filtré avec un excès de craie, jusqu'à ce qu'il ait une réaction complètement neutre. On évapore au bain-marie le liquide filtré et l'on épuise le résidu avec de l'alcool absolu. Cette dissolution, api'èsson évaporation spontanée, laisse, s'il y a du sucre, un sirop qui, au bout d'un temps assez long, souvent même après plusieurs mois, dépose des cristaux ; fréquemment la masse cristallise tout entière. Si cependant au lieu de l'extraction du sucre on veut se contenter de la fermentation, on mélange simplement , d'après LeconLe, jusqu'à saturation la solution aqueuse du précipité de potasse avec de l'acide sulfurique étendu ; après avoir laissé un peu reposer, on filtre pour séparer le sulfate de potasse précipité, on ajoute un peu d'eau et de levure de bière et l'on introduit le mélange dans l'appareil à fermentation décrit précédemment.
Pour rechercher le sucre dans l'urine normale, Brücke s'est servi des méthodes suivantes, qui peuvent également être placées ici :
a. On précipite l'urine (de 1,000 à 5,000 centimètres cubes) d'abord avec une solution concentrée d'acétate neutre de plomb, on filtre, on ajoute au liquide filtré de Tacétate de plomb basique tant qu'il se produit un précipité , on filtre de nouveau et enfin on précipite avec de r.nmmoniaque. On rassemble le dernier précipité sur un filtre, on le lave avec de l'eau et enfin on le laisse sécher entre des couches épaisses de papier buvard , que l'on renouvelle de temps en temps.
Dans un mortier on triture grossièrement le gâteau réduit en petits fragmenis.
crabord avec de Teau distillée, puis on ajoute, en triturant toujours, une solution concentrée d'acide oxalique, jusqu'à ce qu'un écbantillon (iltrc ne soit plus troublé par une nouvelle addition d'acide oxalique. On sature le liquide fdLré avec du carbonate de chaux finement pulvérisé , on filtre de nouveau, on acidifie faiblement avec de l'acide acétique, on évapore à sec et l'on dissout le résidu dans un peu d'eau. Avec cette dissolution Brücke effectue les réactions ordinaires, amsi que l'expérience de la fermentation. — Bence Jones ne décompose pas le précipité de plomb par l'acide oxalique, comme le fait ßrwc/fß, il procède plus smiplement en le traitant par l'acide sufhydrique, après l'avoir suspendu dans l'eau. Bence Jones trouva, à l'aide de cette méthode, dans plusieurs urmes normales (1,000-5,000 centimètres cubes) des quantités de sucre qui méritent d'être signalées (10 à 15 centigr. dans 1,000 centimètres cubes d'urine).
b. On" mélange l'urine avec une quantité d'alcool concentré telle, que le liquide renferme à peu près les Ajb de son volume d'alcool absolu. Il est convenable de prendre 200 centimètres cubes d'urine et de les mélanger avec 800 ou 1,000 centimètres cubes d'alcool à 94 p. 100. Une fois le mélange opéré, on attend quelque temps afin que le précipité formé ait eu le temps de se déposer, et ensuite on filtre dans un gobelet de verre. Maintenant on ajoute goutte à goutte au liquide filtré en ayant soin d'agiter continuellement une solution alcoolique de potasse, jusqu'à ce que le mélange ait au papier de tournesol une réaction alcaline faible mais évidente. On abandonne ensuite à la cave pendant vingtquatre heures le gobelet de verre bien couvert. Le lendemain on décante le liquide avec précaution, on renverse le gobelet de verre sur du papier à filtrer, afin que celui-ci absorbe le reste du liquide, et on laisse au contact de l'air jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune odeur d'alcool. En même temps on remarque que le fond et aussi une partie des parois du vase sont recouverts d'un dépôt cristallin, que l'on dissout dans aussi peu d'eau que possible , et l'on soumet cette dissolution aux réactions indiquées. — Mais comme dans certaines circonstances de l'acide urique peut passer dans ce précipité cristallin, il est dans tous les cas convenable d'acidifier la solution aqueuse concentrée de ce dernier avec de l'acide chlorhydrique et de laisser reposer pendant vingt-quatre heures , afin flue l'acide urique qui peut s'y trouver puisse se séparer. Ensuite on se .servira du liquide filtré neutralisé pour l'essayer avec la solution de cuivre, le bismuth et la potasse , et , si c'est possible , pour le soumettre à l'épreuve de la fermentation.
Bödecker précipite d'abord par l'acide tartriquc la potasse de la solution aqueuse concentrée du dépôt cristallin, dans le liquide filtré il enlève l'excès d'acide avec du carbonate de chaux avec lequel il laisse le liquide en contact pendant quelque temps, il filtre pour séparer le tartrate de chaux et le carbonate de la même base ajouté en excès, et il essaye la solution ainsi obtenue avec la dissolution de cuivre, le bismuth et la potasse.
APPENDICE § U. ALCAPTON
Dans l'urine d'un homme de quarante-quatre ans, (jui, à la suite d'une affecion typhoïque, fut pris d'un(! toux intense avec expectoration, Bödecker trouva
9i DES URINES.
une substance parliciilicrc qui en présence d'un alcali avait la propriété d'absorber une grande quantité d'oxygène en prenant une coloration brune. Bödecker désigne ce corps sous le nom d'alcapton. A ce moment le malade souffrait d'une douleur vive qui partant des reins s'étendait jusqu'aux vertèbres dorsales inférieures et de là l'ayonnait comme une névralgie lombo-abdominale. La quantité d'urine émise eu vingt-quatre heures s'élevait à environ 1,500 centimètres cubes (densité de 1,020 à 1,025) avec une richesse en sucre ne dépassant pas 1 p. 100. — La couleur jaune rougeàlre de l'uriue se transforma en un brun foncé lorsqu'on y ajouta de la potasse caustique , changement dû à l'absorption d'une grande quantité d'oxygène, comme Bödecker s'en est assuré à l'aide d'une expérience particulière. La solution de cuivre fut fortement réduite par cette urine.
Préparation. L'urine de dix jours (15 litres) fut précipitée avec une solution d'acétate neutre de plomb, et le liquide filtré fut mélange avec du sous-acétate de plomb tant qu'il se formait un précipité. Le liquide filtré ne brunissait plus avec la potasse caustique , mais il réduisait encore faiblement la solution de cuivre. Comme le sucre n'est pas précipité par l'acétate neutre de plomb, il resta en dissolution, tandis que l'alcapton fut précipité par le réactif. Le précipité produit par le sel de plomb fut décomposé par l'hydrogène sulfuré et le bquide filtré obtenu évaporé à sec au bain-marie pour éliminer l'acide chlorhydrique ; le résidu fut ensuite trituré avec de la poudre de spath pesant et épuisé avec de l'éther. Après l'évaporation de l'étber il resta une masse brun foncé dans laquelle, au bout de plusieurs jours, des cristaux d'acide hippurique se formèrent. En traitant cette masse par un peu d'eau froide les cristaux et une substance brune n'entrèrent pas en dissolution. La solution aqueuse filtrée possédait à un haut degré la propriété de réduire l'oxyde de cuivre et l'oxyde d'argent en présence de la potasse caustique, mais elle était encore ti'ès-foncée ; aussi elle fut mélangée encore une fois avec une solution d'acétate neutre de pionib, le liquide filtré fut précipité avec du sous-acétate de plomb et le précipité lavé fut de nouveau décomposé par l'hydrogène sulfuré. Le liquide filtré laissa après évaporalion l'alcapton sous forme d'une masse transparente, jaune d'or , analogue à un vernis et sans trace de cristallisation. Chauffé avec de la chaux sodée, l'alcapton dégageait beaucoup d'ammoniaque. Il se dissolvait dans l'eau et dans l'alcool en toutes proportions, peu dans l'éther anhydre et en plus grande quantité dans l'éther hydraté.
La solution aqueuse de couleur jaune d'or et ayant une réaction faiblement acide possédait les caractères suivants :
1. Les alcalis caustiques, potasse, soude, ammoniaque, ne produisent ni coloration, ni précipité en dehors de la présence de l'air; mais si l'on donne un libre accès à l'oxygène, il se produit une coloration brun jaune ou noir brun suivant la concentration.
2. Une solution d'acétate neutre de plomb ne produit rien ; mais le sous-acétate de plomb donne un abondant précipité blanc qui à l'air se colore en violet un peu brunâtre.
5. La réaction que l'on obtient par l'ébulUtion avec la Uqucur de Fehling varie suivant la proportion de la substance réductrice que l'on ajoute à la solution de cuivre ; si l'on a pris de cette dernière une quantité telle que le liquide, après l'ébuUilion, ne paraisse pas plus bleu qu'auparavant, ou bien bien grisfitre, tout le proloxyde de cuivre réduit peut rester en dissolution, et alors la liqueur paraît
plus ou moius jaune. Mais si l'on l'ail bouillir avec un excès de solution de cuivre, il se sépare immcdiatemcnl du prolo.Kyde de cuivre d'abord jaune et ensuite d'un beau rouge.
A. Avec la levure, la solution d'alcapton ne produit pas de fermentation, 5. Si l'on mélange une goutte de solution d'azotate de bismuth avec un excès de soude et si Ton répartit ce mélange dans deux vases, puis si l'on ajoute à l'un seulement de Talcapton , à l'autre la même quantité d'alcapton et une trace de sucre de diabète , le liquide du premier vase ne prend à l'ébuUition qu'une coloration brune ; l'oxyde de bismuth précipite bien à sa surface une petite quantité de la masse brune formée par oxydation à l'air , mais ce n'est pas à comparer avec la réduction du bismuth dans le deuxième vase où l'on a ajouté un peu de sucre. — Par conséquent, l'alcapton se comporte avec la solution de cuivre et l'oxyde de bismuth en présence d'un excès de soude d'une manière analogue à celle de l'acide urique, en tant qu'il est capable, comme ce dernier, de transformer le bioxyde de cuivre en protoxydc, mais qu'il ne peut pas réduire l'oxyde de bismuth. En outre, dans cette réaction de l'alcapton réside un nioyen (indépendamment de celui qui est fourni par sa réaction en présence de l'oxygène lorsqu'il est en solution alcaline) pour le distinguer du sucre et pour découvrir le sucre 'a côté de l'alcapton. [Ann. de Chem. u Pharm, t. CXVII, p. 98. Zeitschrift f. ration. Med.; von Pfeuffer und Henle, IIP série, t. VII, p. 150.)
§ 2S. IiNüSlTE
Formule: i Hydco^iinc. . 6 66
Cristallisée :C»ni^^0^^ + 4H0 TZt^ 7a
Carbone. . . . 40,00 Hydrogène. . . 6,66 Oxygène. . . . 55,34
A. État naturel. — Jusqu'cà une époque récente l'inosite n'avait été trouvée que dans la chair musculaire, mais dans ces derniers temps Cloetla découvrit aussi ce remarquable hydrate de carbone dans les poumons (avec de l'acide urique , de la taurine et de la leucine) , dans les reins où il existe en très-grande quantité (avec de la cystine et de l'hypoxanthine), dans la rate (avec de l'acide urique, de l'hypoxanthine et de la leucine), dans le foie (avec de l'acide urique). Cloetta et JSeukomm sont parvenus à constater avec une certitude complète la présence de l'inosite dans l'urine dos personnes atteintes de maladie de Bright, mais elle ne put être trouvée dans l'urine normale. C'est dans le cerveau que Neukomm a découvert le plus d'inosite; il en a quelquefois trouvé dans les reins des proportions considérables , ainsi que dans l'urine diabétique, à côté de grandes quantités de sucre, tandis que Vöhl vit, dans une urine diabétique, le sucre être remplacé peu à peu par
de l'inosite. Valenliner a pu extraire une grande quantité d'inosite des muscles du mouvement volontaire des ivrognes. — D'après Vohi l'inosite serait identique avec la phaséomannite découverte par lui dans les pois non encore mûrs.
B. Caractères microscopiques. — Le plus ordinairement l'inosite forme des cristaux groupés en forme de choux-fleurs, mais qui quelquefois aussi cristallisent isolément et alors sont longs de 9 à 12 millimètres. Les cristaux appartiennent au système clino-rliomboïdal.
G. Caractères chimiques. — L'inosite perd à l'air son eau de cristallisation et elle fond à 210°. Sa saveur est nettement sucrée ; elle est facilement soluble daps l'eau, insoluble dans l'étlier et l'alcool.
1 . L'inosite fondue se prend en aiguilles quand elle se refroidit rapidement, et en masse cornée siie refroidissement est lent.
2. Avec la levure, l'inosite ne donne pas d'esprit-de-vin, mais, avec le fromage en putréfaction, elle fournit de l'acide lactique et de l'acide butyrique.
3. Si sur une lame de platine on évapore presque à sec une solution d'inosite avec de l'acide azotique, puis si l'on humecte le résidu avec un peu d'ammoniaque et de solution de chlorure de calcium, et si l'on évapore de nouveau à sec avec précaution, il se produit une coloration rouge rose vif, qui est perceptible même avec 1/50 de grain d'inosite. — Les sucres véritables ne donnent pas cette réaction.
4. Si l'on chauffe de l'inosite avec une solution de tartrate de cuivre dans une lessive de potasse, il ne se produit pas de réduction comme cela a lieu pour le sucre de raisin, mais il se forme une solution verte, dans laquelle se dépose, au bout de quelque temps, un précipité verdâtre peu cohérent, tandis que le liquide supérieur redevient bleu. Si l'on filtre, et si l'on fait bouillir de nouveau le liquide filtré, on remarque le même changement de couleur. [Cloetta.)
5. L'acétate neutre de plomb ne précipite pas une solution d'inosite, mais lorsqu'on y ajoute du sous-acétate de plomb, il se produit, plus facilement si l'on chauffe, une gelée. transparente qui, en quelques instants, devient blanche et prend tout à fait
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l'aspect de l'empois. (Excellent moyen pour séparer l'inosite des liquides animaux.)
6. Si dans une capsule de porcelaine on évapore un liquide contenant de l'inosite, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que quelques gouttes, et si ensuite on ajoute une petite goutte d'azotate de bioxyde de mercure, il se produit tout d'abord un précipité jaunâtre. Si l'on étend celui-ci le mieux possible sur les parois de la caj suie et si l'on chauffe de nouveau avec précaution, il reste, dès que tout le liquide est évaporé et si l'on n'a pas ajouté trop de réactif, d'abord un résidu jaune blanchâtre, qui devient promptement rouge plus ou moins foncé, suivant la quantité d'inosite à laquelle on a affaire. La couleur disparaît par le refroidissement, cependant elle reparaît a firès que l'on a chauffé doucement. L'acide urique , l'urée, l'amidon, le sucre de lait, la mannite, la glycine, la taurine, la cystine et le glycogène ne donnent pas cette réaction. L'albumine se colore en rose, le sucre en noir, par conséquent ces deux corps ne doivent pas être présents. {Gallois.)
Pour préparer la solution de mercure on dissout 1 partie de mercure dans 2 parties d'acide azotique ordinaire, on évapore à la moitié et l'on mélange avec 1 partie 1/2 d'eau. Au bout de vingt-quatre heures on décante la solution claire pour la séparer du sel basique.
D. Recherche qualitative. — Comme on l'a dit plus haut, l'inosite a été trouvée, non-seulement dans l'urine des personnes atteintes de maladie de Bright, mais aussi dans l'urine diabétique. L'urine que l'on veut essayer pour savoir si elle renferme de l'inosite, après avoir été débarrassée de l'albumine qu'elle pouvait contenir, est précipitée complètement par une solution d'acétate neutre de plomb, puis filtrée; le liquide filtré est mélangé à chaud avec du sous-acétate de plomb tant qu'il se forme un précipité. Il est convenable, avant de précipiter l'urine, de l'évaporer au quart au bain-marie. Le précipité produit par le sous-acétate de plomb, qui renferme l'inosite combinée avec l'oxyde de plomb, est rassemblé au bout de vingt-quatre heures, alors après l'avoir lave on le suspend dans l'eau et on le décompose par l'iiydrogène sulfuré. Après quelque temps de repos il se sépare d'abord dans le liquide filtré un peu d'acide urique ; on filtre le liquide pour le séparer de ce dernier, puis on le concentre le plus possible et
on le mélange bouillant avec 3 ou 4 fois son volume d'alcool. Si alors il se produit un abondant précipité adhérent au fond du vase, on décante simplement la solution alcoolique bouillante, mais si le précipité est floconneux, non adhérent, on fdtre la solution bouillante dans un entonnoir chauffé et on laisse refroidir. Si au bout de vingt-quatre heures des groupes de cristaux d'inositc se sont déposés, on filtre et on lave les cristaux avec un peu d'alcool froid. Dans ce cas, il est convenable de dissoudre encore une fois dans une quantité d'eau bouillante aussi petite que possible le dépôt obtenu par addition d'alcool bouillant, de précipiter une deuxième fois avec 3 ou 4 volumes d'alcool, etc., afin de n'éprouver aucune perte d'inositc. Mais s'il ne s'est pas déposé de cristaux d'inosite, on mélange peu à peu avec de l'éther le liquide alcoolique filtré et froid, jusqu'à ce que, par une forte agitation, la liqueur se trouble en devenant laiteuse, et on laisse reposer dans un lieu froid pendant vingt-quatre heures. Si l'on a employé une quantité suf usante d'éther (un excès ne nuit pas), toute l'inosite qui peut se trouver dans l'urine s'est déposée en lamelles nacrées. [Cooper-Lane.)
Cependant l'inosite ne paraît se rencontrer que très-rarement dans l'urine. Gallois a essayé l'urine de 102 malades, mais il n'a trouvé l'inosite que sept fois : cinq fois seulement en proportions très-variables à côté du sucre chez 30 diabétiques, et deux fois dans 25 cas d'albuminurie.