‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 27 sur 158 · C. Caractères chimiques · texte numérisé non relu

C. Caractères chimiques

a. Bilirubine {cholépyrrhine) {Cni^'Av^O'). Outre qu'on trouve la bilirubine dans la bile, on la rencontre encore dans l'urine des ictériques, etc. Il n'est pas douteux qu'elle soit identique avec les cristaux d'hématoidinc qui se trouvent dans le sang extravasé. Si l'on agite directement avec du chloroforme de la bile faiblement acidifiée, après l'évaporation du chloroforme, la bilirubine

' Ainuil. ,1. Chcm. u. Pharm., L CXXXII, p. 525.

reste SOUS forme de tables et de prismes microscopiques, rouges et à aspect rhomboidal. On l'extrait des calculs biliaires, sous forme d'une poudre de couleur orange, en suivant la méthode indiquée. La bilirubine est insoluble dans l'eau, très-difficilement soluble dans l'éther et dans l'alcool, mais facilement soluble dans le chloroforme bouillant, la benzine et le sulfure de carbone.

1 . Une solution ammoniacale de bilirubine donne avec le chlorure de calcium, le chlorure de baryum, l'acétate neutre de plomb, le sous-acétate de plomb et l'azotate d'argent des précipités qui sont insolubles dans le chloroforme.

2. Si l'on mélange une solution alcaline de bilirubine avec son volume d'esprit-de-vin et si ensuite on ajoute un peu d'acide azotique concentré du commerce, il se produit une variation de couleurs magnifique. La couleur jaune passe d'abord au vert, ensuite elle devient bleu violet, rouge rubis et enfin jaune sale. Si l'on a soin de ne pas agiter, toutes ces couleurs se montrent en même temps en couches superposées, — Cette variation de couleurs a également lieu sans addition d'esprit-de-vin , seulement il faut ajouter à l'acide azotique quelques gouttes d'acide fumant. — La réaction est encore perceptible, lorsque les liqueurs sont étendues au 70 ou au 80 millième.

5. Une solution de bilirubine dans une lessive de soude en excès devient verte au contact de l'air. La bilirubine se transforme en biliverdine. — Maly considère la bilirubine comme un amide de la biliverdine.

b. Biliverdine (C^'H^'Az^O^") . Il est probable que la bihverdinc se trouve dans l'urine ictérique, qui est devenue verte après avoir été longtemps abandonnée à elle-même. La biliverdine se dissout dans l'alcool avec une couleur verte magnifique ; elle est insoluble dans l'eau, l'éther et le chloroforme.

1. La biliverdine se dissout dans les alcalis avec une couleur verte, ce qui la distingue de la biliprasine, que les alcalis dissolvent avec une coloration brune. Lorsque la solution alcaline est abandonnée pendant longtemps à elle-même, la biliverdine se transforme finalement en biliprasine par absorption de 2 équivalents d'eau.

2. Une solution alcaline de biliverdine donne avec 1 acide azo-

tique les mêmes réactions que la bilirubine. La couleur devient d'abord bleue, puis violette, rouge et enfin jaune sale.

c. Biliprasine (C'^tPWO^*) . La biliprasine se trouve en petite quantité dans les calculs biliaires. 11 est probable qu'elle se rencontre également dans la bile du bœuf et fréquemment aussi dans l'urine ictérique.

■ 1. La biliprasine est insoluble dans l'eau, l'éther et le chloroforme. L'alcool la dissout avec une belle couleur verte, qui passe au brun, lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque (ce qui la distingue de la biliverdine).

2, La biUprasine se dissout facilement dans les alcalis. Les solutions étendues ont la même couleur que l'urine ictérique fortement pigmentée. (Lorsqu'on ajoute un acide la couleur brune passe au vert, ce qui la distingue de la bilifuscine.) Comme l'urine ictérique , brune , lorsqu'elle s'acidifie spontanément, de même que lorsqu'on y ajoute un acide, offre le même changement de coloration, on doit conclure que la biliprasine s'y trouve en quantité prédominante. [Städeler.)

3. Une solution alcoolique de biliprasine donne avec l'acide azotique la même réaction que la bilirubine et la biliverdine, seulement le bleu est très-peu apparent ou non distinct.

d. Bilifuscine (C^^ff "Az'O^) . Jusqu'à présent le brun de la bile n'a été trouvé qu'en petite quantité dans les calculs biliaires de l'homme. Il se dissout dans l'alcool et dans la lessive de potasse avec une couleur brune ; l'acide chlorhydrique le précipite en flocons bruns de sa dissolution alcaline. La bilifuscine se comporte en présence de l'acide azotique de la même manière que les autres pigments.

D. Recherche qualitative. — Une urine qui contient une grande quantité de pigment biliaire est toujours fortement colorée en brun foncé, brun rouge, brun vert, vert foncé ou vert d'herbe. Lorsqu'on l'agite elle mousse fortement, et lorsqu'on y plonge un morceau de papier à filtrer, elle le colore en jaune ou en vcit dàtre.

Dans un tube d'essai terminé en pointe à la partie inférieure, on verse, une petite quantité d'urine et, en ayant soin d'éviter toute agitation, on y fait goutter de l'acide a/otiquc concentré pur, contenant un peu d'acide azoteux , (ju'on laisse s'y former en

l'exposant à la lumière, et on s'arrange de manière à ce que chaque goutte d acide coule le long de la paroi du tuhe. Si l'urine renlermc des pigments biliaires, il se formera dans la pointe du tube principalement aux surfaces de contact des deux liquides, une zone verte qui passe successivement au bleu, au violet, au rouge et enfin au jaune.

Si, lorsqu'on n'a affaire qu'à des traces de matière colorante, la réaction n'a pas lieu avec l'acide azotique seul, elle se produit encore d'une manière évidente, si à la place de ce réactif, on emploie un mélange à parties égales d'acide azotique et d'acide sulfurique, et, d'après Brücke, on sera encore plus certain d'obtenir un résultat, si l'on mélange l'urine seulement avec quelques gouttes d'acide azotique, de manière à ce qu'elle prenne une couleur verte, et si ensuite on laisse couler dans le liquide sur la paroi interne du vase vingt à trente gouttes d'acide sulfurique concentré, qui descendent au fond du liquide, sans se mêler avec lui.

Cependant on parvient à produire de la manière la plus facile la réaction, même en présence de très-petites quantités de pigment biliaire, en procédant de la manière suivante : dans un tube d'essai, haut d'environ 1 pouce, et étiré en pointe à sa partie inférieure, on verse de l'acide azotique un peu décomposé par exposition h la lumière et, à l'aide d'une pipette, on recouvre avec précaution ce liquide avec l'urine à essayer et en ayant soin de faire couler celle-ci le long de la paroi du tube. Si l'urine renferme du pigment biliaire, le changement de couleur commence aux points de contact des deux liquides : il se produit d'abord un anneau d'un beau vert, qui devient de plus en plus haut et qui, à sa limite inférieure, se colore peu à peu en bleu, en rouge violet et enfin en jaune. {Kiihie.) Cependant il est à remarquer que, dans ce cas, ces couleurs ne se produisent pas toutes constamment ; ordinairement, le violet et le vert sont les couleurs qui durent le plus longtemps, et le vert qui prend tout d'abord naissance, permet seul de conclure à la présence de pigments biliaires, parce que des anneaux rouge et violet sont aussi produits par l'uroxanthine (indican) et ses produits de décomposition (voyez cette matière). La présence de l'albumine n'empêche pas du tout la réaction, parce que l'albumine coagulée par l'acide azotique et avec laquelle le plus souvent une partie du pigment se précipite, donne la réaction d'une

manière encore plus belle. Mais dans tous les cas l'acide azotique ne doit pas contenir trop d'acide azoteux, parce que la réaction a lieu très-irrégulièrement et les couleurs sont rapidement décomposées.

Enfin, si la réaction précédente manque, les traces les plus le- "ères de bilirubine peuvent encore être découvertes dans l'urine, en agitant successivement avec du chloroforme de grandes quantités d^'urine, et en ayant soin de décanter à chaque fois la portion épuisée. Les plus petites quantités de bilirubine passent dans le chloroforme qui, à cause de sa grande densité, descend assez rapidement au fond du vase et prend une couleur jaunâtre. Ensuite on enlevé l'urine qui surnage et l'on recouvre la solution chloroformique avec de l'acide azotique, contenant un peu d'acide azoteux. Maintenant la réaction se produit de haut en bas et, même en présence des traces les plus légères de bilirubine, elle se manifeste de la manière la plus brillante. On laisse s'évaporer à l'air une autre partie de la solution chloroformique et l'on examine le résidu au microscope. S'il y a de la bilirubine, on découvrira facilement des cristaux isolés d'un jaune rouge, qui, humectés sous le microscope avec de l'acide azotique, donneront d'une manière très-belle ces changements de couleurs. Ces cristaux se dissolvent facilement dans les alcalis ; exposée à l'air, la solution devient verte.

Il n'est pas convenable d'essayer avec l'acide azotique une solution alcoolique pour savoir si elle renferme des pigments biliaires, parce que l'esprit-de-vin, même en l'absence de pigments biliaires, donne facilement une série de couleurs analogue, par suite de formation d'acide hypoazotique, etc. — Enfin si, outre la matière colorante de la bile, l'urine renferme aussi de l'hémoglobine, on précipite le pigment biliaire par le sous-acétate de plomb, on décompose le précipité lavé avec du carbonate de soude, et on se sert du liquide filtré pour l'essayer avec de l'acide azotique.

§ r.. ACIDES BILIAIRES.

L'aoide cholique, substance non azotée (C*''1P°0^ H- IIO), est le point de départ de tous les acides qui se rencontrent dans la bile.

A l'état de pureté, il cristallise en tétraèdres incolores et brillants, et plus rarement en octaèdres à base carrée. Jl n'existe pas dans la bile à l'état isolé, mais on l'y trouve sous forme d'acide taurocholiquc et d'acide glycocholique, c'est-à-dire associé dans le premier cas avec la taurine et dans le second avec le glycocolle.

Si l'on chauffe l'acide choliqiie à 190 ou à 200% ou si on le fait bouillir pendant longtemps avec des acides, il se dédouble en dyslysine (Ü*sil360c) et en eau. La dyslysine est insoluble dans l'eau et l'alcool, Irès-peu soluble dans l'éther. Boudlie avec une solution alcoolique de potasse , elle repasse à l'état d'acide chohque. Le sel de baryte de l'acide cholique se dissout très-difficilement dans l'eau froide, plus facilement dans l'eau bouillante, très-facilement dans l'alcool.

1. Acide iauroclwlique (C«ni«AzO«*S2). Cet acide, qui se rencontre dans la bile combiné à la soude, n'a pas jusqu'à présent été préparé sous forme cristalline. Dans son état incomplet de pureté, il constitue une poudre blanche, amorphe, fortement hygroscopique, d'une saveur amère intense et qui est facilement soluble dans l'alcool et l'eau, mais insoluble dans l'éther. Le sel de baryte de l'acide taurocholique est facilement soluble dans l'eau. Si l'on traite pendant longtemps à l'cbullition l'acide taurocholique avec de la potasse cuustique, il se dédouble en acide cholique, qui se combine avec la potasse , et en taurine, qui devient libre; si à la place de la potasse on prend de l'acide chlorhydrique, il subit le même dédoublement, mais l'acide cholique ne se sépare pas tel quel, il est en partie transformé par l'action de l'acide chlorhydrique bouillant en dyslysine.

La taurine séparée (C4H''SäAzO'') cristallise en prismes réguliers incolores à six côtés, terminés par des pyramides à 4 ou à 6 pans. Ce corps est azoté et il se distingue, parce qu'il renferme 25 p. 100 de soufre. La taurine est facilement soluble dans l'eau, plus difficilement dans l'alcool ; les solutions sont complètement neutres aux couleurs végétales.

La manière la plus facile d'obtenir la taurine est la suivante : On évapore avec de l'acide chlorhydrique concentré de la bile de bœuf fraîche préalablement débarrassée de mucus ; pendant l'évaporation la dyslysine, etc., se sépare; dans le liquide fortement concentré on laisse cristalliser le sel marin, on évapore encore un peu l'eau-mère et l'on précipite la taurine en mélangeant le liquide avec le double de son volume d'alcool. En faisant cristalliser la taurine plusieurs fois dans l'eau on l'obtient à l'état de pujreté en beaux cristaux volumineux.

2. Acide glycocholique (C^'-^lHsAzO'! + HO). Uni à la soude il se rencontre également dans l'urine normale. L'acide glycocholique cristallise en aiguilles extrêmement fines, ce qui le distingue essentiellement de l'acide taurocholique. 11 se dissout assez facilement dans l'eau et l'alcool, mais il est peu soluble dans l'éther, il ne cristallise pas dans sa solution alcoolique, mais lors \le l'évaporation de celle-ci il se sépare sous forme d'une masse résinoïde ; cependant si l'on mélange la solution avec de l'eau, il se dépose peu à peu en cristaux, lorsqu'on évapore le liquide. Le sel de baryte de l'acide glycocholique est facilement soluble dans l'eau. Par l'ébuUition avec de la potasse caustique, de l'eau de baryte ou de l'acide chlorhydrique , il éprouve une décomposition analogue à celle de

l'acide taurocholiquo, de l'acide cholique ou de la dyslysine devient libre et, en même temps, il se sépare du glycocoUc.

Le glycocollc (CMPAzO*. — Glycine, sucre de gélatine) peut être préparé artificiellement en traitant la gélatine avec des acides minéraux , ainsi qu'en faisant agir l'acide chlorhydrique sur l'acide hippurique, qui, ainsi que nous l'avons vu, peut être considéré comme de l'acide benzoïque associé avec du glycocoUe. La Tlycine forme des prismes rhomboïdaux incolores, qui sont durs, inaltérables à l'air et possèdent une saveur presque aussi sucrée que le sucre de canne. Ce corps contient de l'azote, mais pas de soufre.

Tous les acides biliaires, aussi bien les acides composés que l'acide cholique, donnent avec l'acide sulfurique et le sucre une réaction particulière tout à fait caractéristique qui diffère de celle fournie par les matières colorantes, de même que par la taurine et le glycocoUe. Si l'on mélange la solution aqueuse d'un acide biliaire quelconque avec quelques gouttes d'une solution de sucre, puis avec de l'acide sulfurique concentré, jusqu'à ce que le mélange ait acquis la température de 50-70° C, le liquide se colore en beau violet pourpre (Petlenkofer). — L'acide oléique et l'albumine donnent une réaction analogue.

Une deuxième réaction très-sensible, est la suivante : avec une petite quantité d'acide sulfurique concentré, on arrose l'acide biliaire ou un sel de cet acide, on chauffe modérément et ensuite on ajoute de l'eau. On sépare de l'acide les flocons résineu.x qui se forment; on les lave plusieurs fois avec de l'eau, sans enlever complètement l'acide sulfurique, et l'on chauffe doucement dans une capsule de porcelaine, jusqu'à ce que la coloration apparaisse. Si ensuite on reprend le résidu avec une toute petite quantité d'esprit-de-vin, et si l'on évapore la solution verte en ayant soin d'agiter, la face interne de la capsule se recouvre maintenant d'un enduit indigo foncé, môme si l'on n'a employé qu'une toute petite quantité d'acide. Si des substances étrangères sont mélangées aux acides biliaires, ou bien si on laisse l'acide sulfurique agir longtemps, ou la température s'élever trop haut, l'enduit de pigment paraît vert.

Recherche qualitative. — On évapore au bain-maric, presque à sec, une certaine quantité d'urine (de 500 à 500 ccntim. cub.), et l'on épuise le résidu avec de l'alcool ordinaire; la solution alcoolique est de nouveau évaporée et le résidu est épuisé avec de l'alcool absolu. — La solution ainsi obtenue, maintenant assez

pauvre on sels, est débarrassée do l'osprit-dc-vin et le résidu est repris avec un pou d'eau ; on mélange la solution qui résulte de ce dernier traitement avec du sous-acétate de plomb, en ayant soin d'éviter un excès de réactif, après un repos de vingt-quatre beurcs environ, on rassemble le précipité, on le lave et on le dessèche légèrement entre des feuilles de papier buvard. — Afin d'éliminer le plus possible les autres substances qui se trouvent mélangées avec le précipité plombique, on enlève avec de l'esprit-de-vin bouillant la combinaison de plomb avec les acides biliaires; on évapore à sec la dissolution, après y avoir ajouté du carbonate de soude, et, pour obtenir la combinaison des acides biliaires avec la soude on traite le résidu par l'alcool absolu. Le sel de soude ainsi obtenu, contient toujours, outre les acides biliaires, une petite quantité d'un élément résineux, qui, avec l'acide sulfurique, se colore en brun rougeâtre, quelquefois aussi en bleu clair ou en violet, et qui, lorsqu'on le chauffe, en y ajoutant du sucre, prend une coloration brun rouge ou brun jaune. Cette coloration est rarement assez intense pour masquer la réaction de labile ; mais si, par un premier essai, on s'aperçoit que la réaction est troublée, on précipite encore une fois avec du sous-acétate de plomb l'acide biliaire de la solution aqueuse ; après quelques heures on rassemble le précipité et on le décompose, comme précédemment, avec du carbonate de soude. A la solution aqueuse aussi concentrée que possible de la combinaison de soude, on ajoute 2 ou 3 gouttes d'une solution de sucre (1 partie de sucre pour 4 parties d'eau), et ensuite de l'acide sulfurique concentré pur, exempt notamment d'acide sulfureux, et l'on fait attention à ce que la température ne s'élève pas au-dessus de 70°. S'il y a des acides biliaires, le liquide se troublera d'abord, ensuite il deviendra clair et en même temps jaune, puis se colorera promptement en rouge cerise pâle, en rouge carmin foncé et enfin en beau violet pourpre.

La réaction est incomparablement plus sensible, si, dans une capsule en porcelaine, on évapore la solution de soude jusqu'à ce qu'il n'en reste que quelques gouttes, si ensuite on ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique étendu (4 parties HO + 1 partie SO''IIO) et une trace de dissolution de sucre, et si enfin au-dessus d'une petite lampe on évapore avec précaution à une douce chaleur. La réaction se produit encore de la manière la plus belle avec 6/100

de milligramme d'un acide biliaire. {Neukomm.) Celte modification est de beaucoup préférable au procédé primitif de Petlenkofer. Du reste, la présence d'un acide biliaire ne peut être regardée comme démontrée, que lorsque le liquide se colore, non-seulement en rouge , mais encore en violet pourpre parfaitement net.

D'après Hoppe, on précipite l'urine directement avec du sousacétate de plomb et un peu d'ammoniaque ; on lave un peu le précipité avec de l'eau, puis on le fait bouillir avec de l'alcool et l'on filtre bouillant. On mélange le liquide alcoolique filtré avec quelques gouttes de carbonate de soude ; on évapore à sec et, en faisant bouillir le résidu avec de l'alcool absolu, on lui enlève la combinaison des acides biliaires avec la soude. On évapore la solution alcoolique à un petit volume et l'on mélange avec do l'éther dans un flacon que l'on peut fermer : les sels à acides biliaires sont précipités, et souvent, après un long repos, ils cristallisent. Cependant, pour produire la réaction avec le sucre et l'acide sulfurique, on n'a pas besoin d'attendre que le précipité occasionné par l'éther soit devenu cristallin, mais on peut se servir immédiatement pour cet usage du précipité résineux dissous dans un peu d'eau. Toutefois, si l'on veut décider si, à côté des acides glycocholique et taurocholique, il y a aussi de l'acide cholique, on laisse cristalliser sous l'éther le précipité résineux; on décante ensuite l'éther; on dissout dans un peu d'eau et l'on mélange avec une goutte de solution de chlorure de baryum. L'apparition d'un précipité indique la présence de l'acide cholique, dont le sel de baryte est très-difficilement soluble dans l'eau. {Hoppe.)

Il est toujours convenable d'opérer sur de grandes quantités d'urine, parce que, même dans l'ictère très-intense, toujours, il ne passe dans l'urine que de très-petites quantités d'acide biliaire.

Dans la dégcnéralion graisseuse des reins , de la cholestérine a été quclquo- Ibis trouvée dans l'urine mélangée avec d'autres graisses. Le sédiment rassemble et desséché au bain-marie, qui consistait principalement en cellules adipeuses, fut mis en digestion avec un mélange d'alcool et d'éther. L'extrait liltré et concentré déposa une certaine quantité de cholestérine cristallisée, que, par sa forme microscopique, il est difficile de confondre avec une autre substance. (Bobin et Verdeil, pl. XXXIV et XXXV.)

§ 28. ACIDE LACTIQUE.

„ . , ( Carbone. . . . 40,000

Poids atomique de l'acide anhydre = 81. Hydromnc 5 555

Formule: COIPO»-!- 110 Oxygène. .' 44,445

l Eau lo|oOO

A. État naturel. L'acide lactique se rencontre dans un trèsgrand nombre de liquides animaux, à l'état normal; il se trouve surtout dans le suc des muscles, le suc gastrique et le contenu du canal intestinal. En outre il se rencontre quelquefois dans le sang, la salive, dans le lait acide ou modifié par une njaladie, etc. Il ne paraît pas exister normalement dans l'urine; cependant il s'y montre dans tous les cas où de très-grandes quantités de lactates sont introduites dans le sang : cela a lieu surtout après l'usage d'aliments qui peuvent donner naissance à de l'acide lactique. En outre, on a trouvé l'acide lactique dans l'urine, lorsque l'oxydation se faisait d'une manière incomplète, dans les troubles de la respiration, de la digestion, de la nutrition, par conséquent aussi fréquemment dans les états fébriles. Il résulte de là que l'apparition de l'acide lactique dans l'urine est très-variable, de sorte que chez un seul et même individu, on peut un jour rencontrer de l'acide lactique, l'autre jour, au contraire, n'en pas trouver du tout. '

Lehmann a trouvé que, lorsque l'élimination de l'oxalate de chaux et de l'acide urique est augmentée, l'urine renferme toujours de l'acide lactique. Pendant la fermentation acide, il se forme aux dépens d'une substance inconnue, peut-être la matière extractive ; c'est pourquoi on doit seulement se servir d'urine fraîche pour la recherche de l'acide lactique.

B. Caractères chimiques. A l'état pur et concentré, l'acide lactique constitue un liquide sirupeux inodore et incolore, qui, jusqu'à présent, n'a pas été obtenu à l'état cristallisé et qui possède une saveur fortement acide. 11 est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, et il attire l'humidité de l'air. A 140", il devient anhydre; mais à une plus haute température il se décompose en laclide, acide carbonique et autres combinaisons.

ÉLÉMENTS ANOHMiVUX DE L'UUINE.

Des réactions caractéristiques nous font complètement défaut pour l'acide lactique, mais les caractères microscopiques de quelques-uns de ses sels, sont remarquables et très-importants pour reconnaître ceux-ci.

1. Lactate de chaux. Il se forme, lorsqu'on dissout du carbonate de chaux dans l'acide lactique. Sous le microscope il cristallise en fines aiguilles groupées sous forme de touffes. Deux de ces touffes sont toujours réunies par leur court pédicule, de telle sorte, qu'elles ressemblent à des pinceaux introduits l'un dans l'autre.

2. Lactate de zinc. Il prend naissance lorsqu'on fait bouillir du zinc pur avec de l'acide lactique. Lorsque la séparation se fait rapidement, lès cristaux paraissent au microscope sous fornïe d'aiguilles groupées en amas globuleux, qu'il est facile d'obtenir d'une beauté extraordinaire. Cependant, si nous laissons une goutte de solution de lactate de zinc s'évaporer doucement, les premiers cristaux nous apparaissent sous forme de massues tronquées à leurs deux extrémités. Ces cristaux s'accroissent peu à peu ; les deux extrémités s'amincissent, tandis que le milieu se renfle et devient proéminent. Ce mode particulier de cristallisation en forme de tonneau ou même en forme de massue est pour l'acide lactique trèsremarquable et caractéristique.

C. Recherche qualitative. — Pour reconnaître avec certitude la présence de l'acide lactique dans l'urine, il faut d'abord préparer cet acide à l'état de pureté. Mais, même sous cette forme, il ne présente aucune propriété remarquable, de telle sorte que l'analyse élémentaire, une détermination de poids atomique, et enfin l'étude de ses sels conduisent seules à la certitude. Très-rarement la matière sera suffisante pour l'exécution des deux premières expériences, c'est pourquoi nous nous servons toujours, pour reconnaître l'acide lactique de son sel de zinc, qui cristallise facilement et avec une forme caractéristique. Pour sa préparation, on opère comme il suit : l'urine, qui ne doit être employée qu'à l'état frais, est évaporée presque à sec au bain-marie, et le résidu est traité avec une solution alcoolique d'acide oxalique. Les Oxalates formés, ainsi que l'oxalate d'urée se précipitent, tandis que l'acide lactique reste en dissolution à côté des acides phosphorique et chlorhydrique. On met le liquide en digestion avec de l'hydrate d'oxyde de plomb; on l'évaporé à sec avec celui-ci et l'on épuise

le résidu avec de l'alcool absolu, qui dissout le lactate de plomb ün traite le liquide filtré avec de l'hydrorrène sulfuré, après avoir liltrc, on évapore au bain-maric jusqu'à consistance de sirop et on agite le résidu avec del'éther qui, après l'évaporation, laisse l'acide lactique plus ou moins pur. On dissout celui-ci dans un peu d'eau; on fait bouillir avec de l'oxyde de zinc et on laisse cristalliser sur le porte-objet. L'acide lactique est facile à reconnaître aux formes en massue et en tonneau, et surtout aux cristaux qui sont en train de s'accroître.

Scherer se sert, pour la recherche de l'acide lactique, de la méthode suivante, qui est excellente sous tous les rapports : L extrait dans lequel on doit rechercher l'acide lactique est dissous dans l'eau, précipité avec de l'eau de baryte et filtré. En distillant le liquide filtré avec un peu d'acide sulfurique, on le débarrasse des acides volatils qui peuvent s'y trouver et l'on abandonne le résidu pendant quelques jours avec de l'alcool concentré. On évapore à sec le liquide acide avec un peu de lait de chaux; on dissout le résidu dans l'eau bouillante; on filtre encore chaud pour séparer l'excès de chaux et le sulfate de chaux ; on fait passer dans le liquide filtré un courant d'acide carbonique; on chauffe encore une fois à l'ébullition; on filtre pour séparer le carbonate de chaux ; on évapore le liquide à sec, on chauffe le résidu avec de 1 alcool fort; on filtre, si c'est nécessaire, et l'on met de côté pendant plusieurs jours le liquide neutre afin que le lactate de chaux se dépose. Si l'acide lactique est en si faible quantité qu'aucun cristal ne se sépare, on évapore à consistance sirupeuse; on mêle avec de l'alcool fort et on laisse reposer : alors, le plus souvent, il se forme un dépôt foncé de matière extractive et de chaux. Ensuite on décante le liquide dans un vase fermé, et de temps en temps on ajoute une petite quantité d'éther. Maintenant il se sépare même des traces de lactate de chaux que l'on peut facilement reconnaître au microscope.

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