ACIDE ACÉTIQUE
( Carbone. . . . 40,00 formule : CWO^ + HO Hydrogène, . . C,C7 ( Oxygène. , . . 53,35
• A. État naturel. — L'acide acétique apparaît dans l'urine dès que celle-ci n'est plus fraîche et qu'elle a commencé à fermenter. De même il s'en forme une certaine quantité lors de la fermentation de l'urine diabétique. En outre, on l'a trouvé dans le suc des muscles et de la rate, dans le sang leucémique, dans la sueur et d;ms le suc gastrique sécrété pendant des troubles digestifs. C'est un produit de décomposition d'un grand nombre de matières animales ; ainsi il prend naissance lorsqu'on traite des substances protéiques, de la gélatine, etc., par des oxydants énergiques.
B. Caractères chimiques. — A l'état concentré, l'acide acétique est un liquide incolore , d'une odeur acide pénétrante et d'une saveur piquante et caustique ; il bout à 119°, il cristallise à 5°, mais il est liquide au-dessus de 16".
1 . Le perchlorure de fer produit dans la dissolution d'un acétate une coloration rouge de sang due à la formation d'acétate de peroxyde de fer.
2. L'azotate d'argent donne, dans les solutions neutres des acétates, un précipité blanc cristallin d'acétate d'argent, qui se dissout sans réduction dans l'eau bouillante et par le refroidissement reprend la forme cristalline. Ce sel contient 69,4 p. 100 d'oxyde d'argent.
5. Lorsqu'on chauffe un acétate avec de l'alcool et de l'acide sulfurique, il se dégage l'odeur caractéristique de l'éther acétique ; avec l'acide sulfurique il développe l'odeur pénétrante de l'acide acétique.
C. Recherche qualitative. — Si l'urine (2 ou 5 litres) n'a pas déjà une réaction alcaline, on la neutralise avec une lessive de soude et l'on évapore à feu nu jusqu'au 1/4 ou au 1/6. Après avoir ajouté au résidu de l'acide tarlrique ou de l'acide phosphorique, on le distille jusqu'à ce que le liquide qui passe à la distillation n'ait plus de réaction acide. On sature ce liquide avec du carbonate de soude ; on évapore à sec et l'on distille encore une fois avec de l'acide sulfurique. Le liquide acide obtenu est saturé avec du carbonate de soude et évaporé k cristallisation, et de l'acétate de soude se dépose en cristaux blancs prismatiques et spiculaires. De l'i^cide butyrique peut encore être contenu dans l'eaümèrc.
L'analyse du sel d'argent et du sel de baryte fournit une preuve décisive de la présence de l'acide acétique.
L'acétate de soude cristallisé contient 22,9 p. 100 de soude, le sel de baryte 00 p. 100 do baryte, le sel d'argent 09,4 p. 100 d'oxyde d'argent et 04,7 p. 100 d'afgent.
DES UUINES.
§ 30. ACIDE BUTYRIQUE.
I Carbone. . . . 54,545
Hydrogène. . , 7,955
Oxygène. . . . 27,273
Eau 10,277
A. Étal naturel. — L'acide butyrique se trouve tout formé dans le beurre. Il se rencontre , en outre , dans plusieurs liquides animaux et dans quelques sécrétions, ainsi dans la sueur, dans les sécrétions des organes extérieurs de la génération, dans le liquide musculaire et quelquefois aussi dans le suc gastrique. D'après Berzelius, de l'acide butyrique libre se rencontrerait constamment dans Turine, cependant il n'y a pas encore été découvert d'une manière certaine. Quelquefois cependant, quoique rarement , il se trouve aussi bien dans l'urine pathologique que dans l'urine normale, de telle sorte que son apparition ne paraît pas dépendre d'une forme déterminée de maladie. Lehmann l'a quelquefois trouvé dans l'urine de femmes enceintes, ainsi que do femmes qui ne l'étaient pas, et il a aussi rencontré fréquemment l'acide butyrique chez des hommes. ^
Si l'on mélange de l'urine diabétique avec de la craie pulvérisée et si l'on abandonne le mélange à la fermentation à la température de 35-40% il se forme beaucoup d'acide butyrique [Scherer], tandis qu'à une température plus basse et sans addition de craie on n'obtient souvent que de l'acide acétique.
B. Caractères chimiques. — L'acide butyrique anhydre est un liquide incolore très-mobile , réfractant fortement la lumière et d'une odeur forte. A l'état d'hydrate, il constitue un liquide oléagineux, extrêmement repoussant, ayant l'odeur du beurre rance et un goût acide et caustique. L'acide butyrique se dissout en toutes proportions dans l'eau, l'alcool et l'éther. La plupart de ces sels sont également solubles dans l'eau et dans l'alcool, et, lorsqu'on y ajoute des acides minéraux, ils dégagent l'odeur repoussante de l'acide butyrique.
L'acide butyrique se combine avec les alcalis , les terres alcalines et les oxydes des métaux proprement dits. Les combinaisons avec les alcalis sont déliquescentes et incristallisables, au contraire, les autres sels peuvent être obtenus facilement à l'état cristallisé.
a. Butyrate de baryte. — Il peut être préparé en saturant l'acide butyrique avec de l'eau de baryte. Si l'on évapore rapidement à cristallisation une solution de ce genre, la combinaison se sépare à la surface du liquide sous forme de pellicules brillantes et, examinée au microscope, elle ne se présente le plus souvent qu'en amas épais de lamelles cristallines difficiles à bien distinguer. Mais, si on laisse la solution du butyrate de baryte s'évaporer spontanément, il se forme de longs prismes aplatis complètement transparents, qui, le plus ordinairement, se réunissent en amas ctoilés. Le sel se dissout facilement dans l'eau ; la dissolution bleuit le papier de tournesol rougi. Le butyrate de baryte renferme 49,25 p. 100 de baryte.
b. Les butyrates métalliques se forment lorsqu'on précipite une solution
ÉLÉMENTS ANORMAUX DE I/UlilNI':
concentrée d'un biilynilc alcalin avec les solutions des sels nictalliqucs. Ainsi l'azotate d'argent produit un précipité cristallin blanc jaunâtre de butyrate d'argent, qui est presque insoluble dans l'eau froide et qui contient 55,38 p. 100 d'argent métallique = 59,55 p. 100 d'oxyde d'argent.
C. Recherche qualitalive. — Reconnaître avec certitude l'acide butyrique dans l'urine n'est pas un problème facile, parce que nous manquons de réactions caractéristiques de cet acide. L'odeur, la cristallisation du sel de baryte senties seules réactions, quand il s'agit de petites quantités, et dans l'urine on n'a jamais affaire qu'à des quantités de ce genre.
Berzelius distillait l'urine mélangée avec de l'acide sulfurique ; il saturait avec de l'eau de baryte le liquide acide passé à la distillation , il filtrait et évaporait à sec. La masse saline restée comme résidu, traitée par l'acide sulfurique, dégageait beaucoup d'acide butyrique,
A l'aide de cette méthode , Lehmann n'obtint jamais que des traces d'acide butyrique , même en opérant sur des quantités assez importantes d'urine. Lehmann a décrit un cas dans lequel il put , par simjjle extraction avec de l'élher, retirer du résidu de l'urine d'une femme en couches qui ne nourrissait pas une graisse acide qui avait une forte odeur d'acide butyrique et possédait aussi les autres propriétés de cet acide. Le résidu laissé par l'élher donnait, lorsqu'on le distillait avec de l'acide sulfurique, une nouvelle quantité d'acide butyrique.
§ 31. ACIDE BENZOÏQUE.
( Carbone. . . . 68,85
Formule : C»H503-t- HO Hydrogène. . . 4,92
( Oxygène. . . , 26,23
^ A. État naturel. — Il est probable que l'acide benzoïque se trouve dans l'urine des herbivores après des travaux exagérés ou lorsqu'ils font usage d'une mauvaise nourriture. 11 apparaît constamment dans l'urine putréfiée de ces animaux ainsi que dans celle de l'homme , où il se forme par suite de la décomposition de l'acide hippurique. L'acide benzoïque est l'élément non azoté de l'acide hippurique, car nous avons déjà vu précédemment que, dans l'intérieur de l'organisme, l'acide benzoïque absorbe les éléments du glycocoUe pour reparaître dans l'urine sous forme d'acide hippurique. Mais réciproquement l'acide hippurique, au contact des matières en putréfaction, se dédouble immédiatement en acide benzoïque et en glycocolle. En outre, l'acide benzoïque apparaît comme produit de la décomposition de plusieurs substances animales , notamment des corps protciques, de la gélatine, etc.
B. Caraclères microscopiques. - L'acide benzoïque sublime se présente sous lorme d aiguilles fines et de lamelles incolores et brillantes ; celui qui est prépare par voie humide constitue des écailles , des prismes ou des aiguilles à six cotes, dont la forme primitive est un prisme rhomboïque droit. Lorsque les cristaux se déposent dans des .solutions aqueuses qui se refroidissent, ils paraissent au microscope sous forme de tables carrées placées les unes à côtés des autres ot même aus-si les unes sur les autres; dans des cas rares un angle se trouve
tronqué, mais alors il Test de telle sorte que les deux angles [soient exactement de 155'.
G. Caractères chimiques. — L'acide benzoïque se suldime à 240° sans se décomposer; ses vapeurs prennent à la gorge et excitent la toux. Il est difficilement soluble dans l'eau froide, plus facilement dans l'eau bouillante ; l'alcool et l'éther le dissolvent assez facilement. Ses dissolutions rougissent le tournesol.
1. Les benzoates sont le plus souvent solubles dans l'eau, seulement la plupart des benzoates des métaux lourds se dissolvent difficilement. Les benzoates alcalins se dissolvent dans l'alcool.
2. Les acides forts décomposent les solutions des benzoates et l'acide benzoïque se sépare en écailles blanches brillantes.
5. Le perchlorure de fer donne, dans les solutions des benzoates alcalins, un précipité jaune brunâtre de benzoate de fer, que l'ammoniaque décompose en oxyde de fer , qui se dépose, et en acide benzoïque, qui se combine avec l'ammoniaque. Traité par un peu d'acide cblorhydrique , le benzoate de fer se dissout, et il se dépose de l'acide benzoïque.
D. Recherche qualitative. — L'urine neutralisée est évaporée jusqu'à consistance d'extrait, et celui-ci est épuisé par l'alcool ; après Févaporation de l'alcool, l'acide benzoïque se sépare en cristaux lorsqu'on ajoute un acide fort. Si la quantité est très-petite, de telle sorte que de cette manière on ne puisse pas obtenir de cristaux, on épuise la masse avec de l'éther et l'on abandonne celui-ci à Févaporation spontanée ; l'acide benzoïcpie se sépare sous forme de cristaux lorsqu'on ajoute de l'eau à l'extrait éthéré. On examine les cristaux au microscope et on les essaye chimiquement.
En outre, si on traite de l'urine putréfiée comme il a été indiqué pour la recherche de l'acide acétique (§ 2Ü ), on observe à la fm de la deuxième distillation, notamment si l'on pousse celle-ci un peu loin , des écailles et des lamelles blanchâtres, dont la plus grande partie reste dans le réfrigérant et qu'il est facile de reconnaître pour de l'acide benzoïque.