GRAISSES
A. Ètal naturel. — La présence de la graisse dans une urine n*est pas du tout un phénomène fréquent. L'urine laiteuse (urine chyleuse) que l'on rencontre quelquefois doit souvent son trouble et sa coloration non pas à de la graisse qui s'y trouverait suspendue, mais, comme l'avance Lehmann, à un grand nombre de globules de pus ; cependant Beale rapporte quVme urine laiteuse, riche en graisse, fut éliminée le matin pendant des mois par une femme de öOans.Cßi^ß urine devenait complètement clair e, lorsqu'on y ajoutait de l'éther. La détermination quantitative indiqua 15, 9 gram, de graisse dans 1000 parties. Beale jjcnse que le Caractère chyleux était dù à une séparation de chyle par les reins. Dans les cellules
ÉLÉMENTS ANORMAUX DE L'URINE. Ub
adipeuses éliminées avec l'urine, dans la dégénération graisseuse des reins, Beale découvrit aussi de la Cholesterine, qui, dissoute dans d'autres graisses, ne put être trouvée que par extraction avec de l'alcool et cristallisation. — La galacturie se rencontrerait fréquemment dans quelques régions tropicales. Une série de cas de cette maladie sont décrits dans Schmidfs Jahrbücher 1863, n° 12, p.. 274.
B. Caractères microscopiques. — A l'état libre, la graisse peut être très-facilement reconnue au microscope. D'abord en ce qui concerne les gouttes de graisse, elles nous apparaissent sous forme de disques aplatis, qui possèdent un pouvoir réfringent extraordinaire; en même temps, elles ont des contours obscurs et assez irréguliers. Fréquemment on remarque que les gouttes isolées se confondent sous le microscope, par quoi elles se distinguent des vésicules de graisse, qui sont complètement sphériques. Les cellules adipeuses sont rondes, lisses, quelquefois polyédriques par suite de la pression qu'elles exercent les unes sur les autres. La surface possède également un pouvoir réfringent énergique ; vus par réfraction, les contours sont bien distincts et obscurs, mais, aussitôt qu'on les regarde par réflexion, les bords paraissent brillants comme de l'argent et le milieu des cellules blanchâtre. On parvient facilement à déchirer ces cellules par pression, alors leUr contenu s'écoule et la surface prend un aspect plus ou moins ridé. {Robin etVerdeil, pl. XLV.)
C. Recherche qualitative. — Comme la graisse se rencontre dans l'urine, non-seulement rarement, mais encore en quantités extrêmement petites, il est naturel de ne pas songer à séparer les différentes espèces et à reconnaître chacune d'elles en particulier ; nous devons nous contenter de la rechercher et de la reconnaître telle quelle. Les caractères microscopiques sont tellement remarquables que quiconque a vu seulement une fois une goutte de graisse, il la reconnaît au premier coup d'œil. Par conséquent, nous commencerons toujours par chercher à la reconnaître au microscope d'après les propriétés indiquées précédemment. Si l'on ne réussit pas, on évapore à sec au bain-marie, une portion d'urine, on expose encore quelque temps le résidu à une température de 110 et on l'arrose avec un peu d'éthcr tant qu'il absorbe de ce liquide. Maintenant, cette solution élhéréc contiendra toute la graisse et
elle l'abandonnera par l'évaporation, qui aura lieu de la manière la plus convenable dans un tube de verre. Ensuite on peut commencer par examiner le résidu au microscope et, si l'un a assez de matière, l'essayer chimiquement. La production de taches de graisse sur du papier fin, la réaction sous l'influence de la chaleur (dégagement d'acroléine) rendent impossible toute confusion avec un autre corps quelconque.
A. côté de quantités de graisse plus ou moins grandes, lesquelles sont maintenues en émulsion par de Talbumine , qui se trouve en même temps dans le liquide, Furine chyleuse contient des globules de chyle et de sang. Souvent une couche analogue à de la crème se rassemble à la surface, et, après un repos plus ou moins long, il se produit souvent une coagulation, de laquelle résulte des coagula fibrineux solubles dans l'eau salpètrée. Ces coagula sont ténus, blancs, et ils remplissent tout le liquide, ou bien ils forment des grumeaux rouge clair ou rouge foncé , tantôt compacts tantôt muqueux, et qui se dissolvent également dans l'eau salpètrée. (Schmidfs Jahrbücher, 1863, n° 12, p 278.)