‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 40 sur 158 · DÉTERMINATIONS QUANTITATIVES · texte numérisé non relu

DÉTERMINATIONS QUANTITATIVES

Après avoir décrit dans le chapitre précédent les caractères physiques et chimiques des différents éléments de l'urine, ce qui nous a mis en état de pouvoir rechercher dans cette humeur les substances normales et anormales, je vais maintenant m'occuper des méthodes d'analyse zoochimique dont nous nous servons actuellement pour arriver à connaître la quantité de chacun des corps qui se trouvent dans l'urine.

L'emploi des méthodes dites volumétriques est extrêmement important pour la chimie analytique tout entière, mais il a une valeur toute particulière en ce qui concerne l'analyse de l'urine; car c'est seulement à l'aide de ces méthodes qu'il est possible à un médecin praticien de déterminer en peu de temps la quantité d'un certain nombre d'éléments ; aussi ai-je donné avec un soin tout particulier la description de ces méthodes.

§ 53. DÉTERMINATION DE LA QUANTITÉ D'URINE ÉMISE m UN TEMPS DONNÉ.

Il ne faut pas perdre de vue que la détermination de la quantité d'urine émise en un temps donné est la base de toutes les autres

DÉTERMINATIONS GÉNÉRALES. * l«'

rechcrclics quantitatives, et que, dans aucun cas, elle ne doit être négligée. C'est pourquoi à toute analyse d'urine on doit joindre l'indilation de la quantité de l'urine et du temps dans lequel elle a été émise. On peut faire cette détermination, soit en pesant, soit en mesurant le liquide ; cependant le dernier moyen est maintenant le seul qui soit généralement usité.

Nous nous servons toujours du cenlimùtre cube comme unité de mesure ; 1000 centimètres cubes sont égaux à 1 litre et 1 litre est égal à 1000 grammes d'eau. Si l'on connaît le poids spécifique dune quantité d'urine mesurée, on peut facilement exprimer cette quantité en poids , car on n'a qu'à multiplier le , nombre des centimètres cubes trouvés par le poids spécifique de l'urine ; 1000 centimètres cubes d'urine, d'un poids spécifique de 1,30, pèsent, par conséquent, 1050 grammes.

Pour mesurer l'urine on se sert toujours d'éprouvettes graduées ; il est nécessaire d'en avoir plusieurs de diverses grandeurs :

1. Pour déterminer la quantité de l'urine émise en vingt-quatre heures il faut avoir un vase qui puisse contenir au moins 2000 centimètres cubes (2 litres) et qui soit divisé en 20 parties contenant chacune par conséquent 100 centimètres cubes. On peut préparer soi-même une mesure de ce genre : on pèse exactement 100 grammes d'eau dans un vase cylindrique de verre ayant une grandeur convenable, et l'on marque exactement le niveau du liquide au moyen d'un trait de lime ou d'un diamant; on pèse de nouveau 100 grammes d'eau ; on marque encore le niveau et l'on continue ainsi, jusqu'à çe que le vase soit gradué jusqu'à 2000 ou 5000 centimètres cubes. Ce vase peut servir pour recueillir directement l'urine émise en vingt-quatre heures ; il faut toutefois le fermer avec soin à l'aide d'une plaque de verre, qu'il est convenable de recouvrir d'une mince couche de suif ou mieux de cire ; on doit aussi le tenir dans un lieu frais afin qu'il ne puisse pas s'évaporer d'eau et que la chaleur ne vienne pas hâter la décomposition de l'urine. Avec des vases de ce genre, lorsque le liquide n'atteint pas exactement une division, il est nécessaire d'évaluer approximativement le volume d'urine qui se trouve compris entre le niveau et le trait situé immédiatement au-dessous ; ce qui évidemment peut entraîner une erreur de 10 à 20 centimètres cubes ; mais, si l'on veut éviter cette erreur, il faut recueillir l'urine dans un autre vase, remplir

1Ö8 ■ DES UKINES.

exactement la mesure jusqu'à un trait de lime et mesurer le reste clans une éprouvette dont les divisions sont plus petites.

2. Pour mesurer la quantité d'urine émise dans un temps plus court, mais déterminé, on emploie des éprouvettes à pied, dont les traits de graduation sont très-i'ap])roeliés ; une éprouvette de ce genre doit contenir 200 à 500 centimètres cubes et être divisée en centimètres cubes (Og. 0). Ces vases servent à déterminer avec une grande exactitude la quantité d'urine émise en une heure.

Suivant le but que l'on a en vue, lorsqu'on exécute une recherche, on fait, soit la première, soit la deuxième détermination, mais il est à remarquer que, en recueillant l'urine de vingt-quatre heures, on est bien plus à même d'apprécier les altérations profondes et chroniques dans la sécrétion du liquide urinaire ; et c'est pour cela que, dans les recherches pathologiques, on emploie généralement le premier moyen. La détermination de la quantité d'urine émise en un temps plus court fait cependant mieux ressortir les altérations passagères de la sécrétion, et elle est, par conséquent, plus convenable si l'on veut étudier l'action d'influences passagères sur la sécrétion urinaire.

Enfin nous devons encore faire remarquer que, dans toutes les analyses d'urine où il s'agit d'obtenir une valeur moyenne, il faut recueillir et analyser l'urine pendant plusieurs jours consécutifs et prendre la moyenne des résultats ainsi obtenus.

Fis. G.

§ 34. POIDS SPI'CIFIQUE.

1 . Détermination du poids spécifique à Vaide de l' aréomètre (uromètre). — Bien qu'à l'aide d'un aréomètre on n'obtienne jamais qu'une expression approximative du poids spécifique véritable d'une urine, l'emploi de cet instrument est pour l'usage médical complètement suffisant. Un aréomètre de ce genre doit permettre de déterminer exactement à 1/2 degré près le poids spécifique de l'urine entre 1,000, densité de l'eau, et au moins 1,040, qui est le poids spécifique le plus élevé que puisse avoir l'urine humaine ; en outre, il ne doit pas être trop grand, afin qu'il puisse

DÉTEliMlNATIONS llÉiSÉliAI KS. lü»

si-nir pour de petites (luantités- d'urine. Maintenant, pour atteindre avec cet instrument la plus grande exactitude |)ossil)lo, il est convenable de distribuer sur deux aréomètres les poids spécifirpies de 1 ,000 à 1 ,040, de telle sorte que l'un indique de i ,000 à envi- • ron i,020 et l'autre de i ,020 à 1,040 ; par ce moyen, il est possible d'apprécier les fractions à 1/4 ou à 1/2 degré près.

Cependant tous ces instruments ne donnent des résultats exacts qu'.à la température pour laquelle ils sont construits; par conséquent, s'il s'agit d'obtenir une grande exactitude, il est nécessaire, lorsqu'on emploie un aréomètre, de porter à cette température l'urine à essayer. D'après les recberches de Siemon^ le poids spécillquc d'une urine, qui à H- 12° C. s'élevait à 1,021 , -s descendit cà 4- 15" G. h '1,020, età-f-18"C. à 1,019, I de telle sorte qu'une différence de température, de . | o^C. correspond à environ un degré de l'uromètre. ' \ i.o?.-,

Beneke arriva aussi au mêmes résultats.

Suivant mon désir, M. iVimfl»m, d'Alfeld, construit maintenant des uromètrcs dont la partie immergée porte un thermomètre, sur lequel la température normale, à laquelle a été gradué l'instrument, est indiquée par un trait rouge. L'échelle de cet uromètre est beaucoup plus longue que celle de l'instrument construit par Greiner (de Berlin); les degrés sont grands, parfaitement nets et marqués avec des traits noirs, tandis que les demi-degrés encore très-évidents sont indiqués par des lignes rouges ; cette disposition rend singulièrement facile une lecture exacte. Je me sers depuis longtemps de deux urinomètres de ce genre ; j'en suis satisfait sous tous les rapports et je les recom- ( mande à tous ceux qui s'occupent d'analyse d'urine (fig- 7).

Pour déterminer le poids spécifique à l'aide de l'a- y réomètre, on remplit aux 4/5 avec l'urine une éprou- ^ vctte à pied convenable ; ensuite, au moyen d'une baguette de verre, ou mieux et plus facilement avec du papier buvard, on enlève toute la mousse et maintenant on plonge doucement dans le liquide l'aréomètre parfaitcuieiit propre. L'éprouvcttc doit avoir une largeur suffisante pour que l'instrument

Hotte tout à lait librement dans l'urine et qu'il ne touche la paroi du vase en aucun endroit. La manière la plus exacte de faire la lecture est la suivante : on place l'œil dans le même plan que le bord inférieur du liquide, ce à quoi on est arrivé dès qu'on ne voit plus le bord postérieur de la surface liquide, et ensuite on remarque le point où ce plan coupe la tige graduée. Lorsque l'œil n'est pas exactemenl placé, c'est-à-dire lorsque cet organe est trop bas ou trop haut, la surface de l'urine apparaît sous forme d'une ellipse. — Avec le doigt, on appuie ensuite sur l'aréomètre afin de l'enfoncer de quelques degrés dans l'urine ; on le laisse osciller et, pour contrôler, on fait une seconde lecture. En procédant, ainsi on obtient des résultats très-exacts avec un bon aréomètre, comme ceux que livre Niemann, par exemple. Les aréomètres de Greiner (de Berlin) ont une échelle trop courte.

2. Détermination du poids spécifique par les pesées. — Ce procédé est basé sur la proposition suivante : On obtient le poids spécifique d'un liquide en divisant le poids absolu d'un volume déterminé du liquide par le poids absolu d'un volume exactement égal d'eau distillée. Dans ce but, on a un petit flacon à parois aussi minces que possible , d'une capacité de 40 à 50 centimètres cubes, et que l'on peut fermer avec un bouchon de verre usé à l'émeri; après avoir nettoyé et desséché avec soin ce vase , on le pèse d'abord vide sur une bonne balance d'analyse et l'on note son poids ; on le remplit ensuite avec de l'eau distillée, on enlève avec le plus grand soin toutes les bulles d'air qui ont pu rester adhérentes au verre et l'on ferme hermétiquement le flacon avec le bouchon ; si maintenant on ne voit plus aucune bulle d'air , on sèche avec soin l'extérieur du flacon, d'abord avec un linge, ensuite avec du papier à filtrer , et, ainsi l'erapli, on détermine le poids du vase pour la seconde fois ; si de ce poids on retranche celui du flacon vide déjà connu, on obtient le poids absolu exact du volume d'eau distillée que peut contenir le flacon. On note, une fois pour toutes, le poids de cette quantité d'eau, ainsi que la température à laquelle il a été trouvé.

Maintenant, si l'on veut trouver le poids spécifique d'une urine, on commence par laver à plusieurs reprises, avec celle-ci , le flacon vidé, puis, en prenant les précautions indiquées plus haut, on remplit ce dernier avec l'urine ; on bouche, on dessèche avec soin , comme précédemment, et l'on pèse. Si du poids brut trouvé on retranche celui du flacon vide , on obtient le poids absolu de l'urine, qui correspond exactement au volume de la quantité d eau distillée trouvée dans la première expérience. A l'aide de ces données, il est maintenant facile de calculer le poids spécifique de l'urine : on n'a qu'à diviser le poids absolu trouvé en dernier lieu par le poids déjà connu de l'eau distillée et l'on obtient pour quotient le poids spécifique de l'urine en question.

Un exemple fera comprendre ce qui précède :

Le flacon plein d'eau distillée pèse 80 grammes.

Le flaeûn vide pèse 50 —

Il conlient par conséquont 50 grammes d'eau.

Le flacon plein d'urine pèse.

Le flacon vide pèse

81^^'2 âOP',0

Il contient par conséquciil 51»', '2 d'urine. Le poids spécifique de l'eau = 1,000.

On a. par conséquent, maintenant la proportion :

50 • 51,2 = 1,000 (poids spécifique de l'eau) :

' .1. • ^ ,-5,2 X 1,000 X (poids spécifique de 1 urine), d ou ^ =

A la place d'un flacon ordinaire, il est plus convenable de se servir d'un picnomètre (ou flacon à densité) disposé pour cet usage et qui offre plusieurs avantages (fig. 8). Ce flacon est trèsTfacile à peser ; il contient une assez grande quantité de liquide et, lorsqu'on le bouche, on ne peut pas y renfermer des bulles d'air, parce que celles-ci peuvent s'échapper par le canal capillaire a du tube ■servant à boucher le flacon. Les picnomètres bien complets portent dans ce tube un petit thermomètre, à l'aide duquel on peut en même temps déterminer la température. On opère de la même manière que précédemment; on détermine, une fois pour toutes, le poids de l'eau distillée qui peut être contenue dans le picnomètre.

§ 55. DÉTERMINATION- DE L'EAU ET DE LA PROPORTION TOTALE DES SUBSTANCES

Page 1