DISSOUTES
Dans la détermination du résidu de l'urine, nous rencontrons plusieurs difficultés, qui proviennent en premier lieu de la facilité avec laquelle se décompose l'urine, et en second lieu de la propriété extrêmement hygroscopique du résidu laissé par ce liquide. Suivant le degré d'exactitude auquel on veut arriver, on choisit la première ou la seconde méthode.
1. On pèse 10 ou 15 grammes d'urine (oubien on en mesure 10 ou 1 5 centimètres cubes) dans un petit creuset de porcelaine exactement pesé et que l'on peut fermer avec une couvercle (fig. 9), puis on évap'ore à sec au bain-marie.
A la place du creuset, on peut aussi se servir très-convenablement d'une petite capsule de verre à bords rodés, qui peut être fermée hermétiquement avec une plaque de verre dépolie (fig 10). Naturellement on ne peut pas, dans ce vase, chauffer au rouge le résidu (§ 56).
DES Ü!llM';s.
La ligure H représnnlc un JKun-mnrin convenable pour.touli s les évaporai ions de ce genre. 11 est fiiil avec une forle lame de cuivre et, lorsqu'on s'en sert, on
Fi:;, Kl.
le remplit à moitié avecdeTeau, puis on chaul'fe celle-ci à l'ébuUilion, au moyen d'une petite lampe à esprit-de-vin. Afin de pouvoir, sur ce bain-marie, évaporer
dans des capsules et dans des creusets de différentes grandeurs, on le recouvre avec des anneaux de grandeurs correspondantes. Il a de a en b une largeur de 12 à 18 centimètres.
Fi". 11.
Cependant le résidu ainsi obtenu n'est pas entièrement privé d'eau, et il doit, pour cette raison, être encore desséché pendant longtemps à 100°. Dans ce but, nous nous servons du bain d'air représenté (lig. 12). Sur
FiiT. 12.
Fi". 13.
le support en 111 métallique, on pose le creuset avec le résidu d'évaporation, et l'on chauffe l'appareil avec Une petite lampe à alcool
DliTEnMIlNATlONS GÉNÉÛALES. 17Ö
placée au-dessous. A l'aide du tliermoniètre suspendu eu c an moyen d'un bouchon, on déleniiine la tempéralure, qu'il est l'acilc de maintenir à peu près constante.
Après avoir ainsi desséché le résidu de l'urine pendant une ou deux heures, on pose le couvercle sur le creuset et on laisse refroidir celui-ci dans un vase en présence d'acide sull'urique concentré, parce que le résidu attirerait avec une grande avidité l'humidité de l'air. La figure 13 représente un appareil de ce genre, dans lequel se trouve un support en fil de plomb h, sur lequel on place le creuset ; le vase est hermétiquement fermé au moyen d'une plaque de verre enduite de suif. De cet appareil, on porte le creuset sur la balance et l'on pèse rapidement. Maintenant, on l'expose encore pendant quelque temps à la température de 1 00° et on le pèse une seconde fois ;. s'il n'a pas perdu en poids, l'opération est terminée, et, en déduisant le poids du creuset, on obtient la proportion du résidu contenu dans la quantité totale de l'urine.
En outre, si on retranche le poids du résidu de celui de la quantité d'urine évaporée, on trouve la proportion de l'eau volatilisée.
Exemple :
1. Quantité d'urine émise en vingt-quatre heures = 1,000 centimètres cubes ; poids spécifique = 1,025. 10 centimètres cubes sont évaporés à sec et le résidu est desséché à 100°.
Poids du creuset, avec le résidu = '24s'',891 Poids du creuset seul = ii6'',550
Résidu = Os^S'tl
Ce résidu de 0,541 grammes correspond à 10 centimètres cubes d'urine ; il est, paç conséquent, de 54,1 grammes pour 1,000 centimètres cubes.
II. 1000 ce. d'urine d'un poids .spécifique de 1,024 = 1024e'-,0 En déduisant le résidu = Siif,!
On obtient, pour l'eau évaporée 9ü9i''"',9
2. La méthode décrite en 1 donne des résultats inexacts, même lorsqu'on opère avec le plus grand soin, parce que, pendant l'évaporation et la dessiccation, le phosphate acide de soude de l'urine exerce son action décomposante sur l'urée et dédouble une partie de cette substance en acide carbonique et en ammoniaque. Cette dernière s'unit avec le phosphate acide de soude ])our former du phos-
DtS UlUNES.
phatc de soude et d'ammoniaque, combinaison qui, dès la température de 100", est de nouveau décomposée avec dégagement d'ammoniaque. Par conséquent, pondant tout le temps que durent l'évaporation et la dessiccation, on remarque un dégagement non interrompu d'ammoniaque provenant de l'urée décomposée, et le résidu conserve toujours une réaction acide. Si cependant on exé-
Fig. 14.
cute l*évaporation et la dessiccation dans un appareil qui permette de recueillir et de déterminer l'ammoniaque mise en liberté, les résultats deviennent alors satisfaisants; comme l'ammoniaque résulte indubitablement de la décomposition de l'urée, on peut, en déterminant cette base, connaître la quantité d'urée décomposée et ajouter cette quantité au résidu trouvé par pesée. On obtient des résultats très-satisfaisants, avec l'appareil (fi g. 14), que j'ai imaginé et qui permet de recueillir et de déterminer l'ammoniaque mise en liberté.
A est un bain-marie de 12 centimètres de haut sur 11 de large, qui est traversé à peu près en sou milieu par un tube de fer-blanc de 2,5 - 3 centimètres de. diamètre. Dans ce tube métallique on
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peut introduire avec facilité le tube de verre BB, ayant la forme représentée dans la gravure, et dans lequel se trouve, pour recevoir l'urine, une nacelle de porcelaine de 7-8 centimètres de long sur 1 ,4 centimètres de large. Le tube BB est, à une extrémité, uni à l'aide d'un bouchon au tube à chlorure de calcium F, tandis que la partie étirée et recourbée est mise en communication, au moyen d'un bouchon percé de deux trous, avec un petit ballon D, contenant de l'acide sulfurique titré. La branche recourbée du tube BB s'étend presque jusqu'au fond du ballon. Au moyen du deuxième trou que porte le bouchon, le ballon D est mis en communication avec l'aspirateur E.
Il est maintenant facile de comprendre comment on procède à la détermination. — On remplit d'abord aux 2/3 environ la nacelle de porcelaine avec des fragments de verre pas trop petits, on dessèche à 100°, et ensuite on pèse exactement dans un petit tube de verre, qui peut être fermé avec un bouchon recouvert d'une feuille d'étain. A l'aide d'utie pipette contenant exactement 2 centimètres cubes, on verse ce volume d'urine dans la nacelle sur les fragments de verre, on^introduit avec précaution celle-ci dans le tube BB, que Ton a auparavant uni avec le ballon D, contenant 10 centimètres cubes d'acide sulfurique titré et l'on met le ballon en communication avec l'aspirateur. Ensuite on introduit avec précaution le tube de verre dans le tube de fer-blanc du bain-marie, et l'on ferme la deuxième ouverture avec le tube à chlorure de calcium F, en maintenant le tube de verre de la main gauche et en fixant solidement le bouchon avec la droite. Lorsque l'eau de A a été chauffée à l'ébuUition, on ouvre le robinet de l'aspirateur; on s'assure d'abord si l'appareil ferme hermétiquement, et ensuite on laisse couler l'eau en*quantité telle que l'air desséché en F passe en D à travers l'acide sulfurique par bulles qui se succèdent de seconde en seconde. De cette manière, l'urine est évaporée, à 100° C, dans un courant d'air tout à fait sec. En trois quarts d'heure, cette opération est terminée, mais le résidu de l'urine retient opiniàtrénient leau, et, pour cette raison, il doit encore être maintenu pendant longtemps à cette température. Les fragments de verre facilitent beaucoup la dessiccation complète, de telle sorte que, au bout de trois heures environ, on peut regarder l'opération comme terminée. Alors on interrompt le courant d'air; on enlève le tube
l'o ItES URINES.
à clilorurc de calcium; on lelirc.ki liihe do verre du bain-maric et l'on l'ait glisser la nacelle dans le petit tube où on l'avait pesée avant l'évaporation, et l'on a soin de Icrmer bien hermétiquement ce dernier avec le bouchon. Lorsque le petit tube s'est complètement refroidi dans i'exsiccateur, on le pèse ; l'augmentation de poids doime directement la pi oportion du résidu de 2 centimètres cubes d'urine. Maintenant on procède au dosage de l'ammoniaque dégagée. Fardes lavages, on pousse d'abord dans le ballon le carbonate d'ammoniaque, qui généralement s'est sublimé dans le tube de verre ; ensuite on enlève le bouchon ; on lave également avec la fiole à jet la branche qui était plongée dans le liquide; on ajoute i ou 2 gouttes de teinture de tournesol, et, avec une solution de soude, on titre l'acide non saturé. Il est convenable de déterminer à l'avance quelle quantité d'urée correspond à 1 centimètre cube de solution de soude ; alors les centimètres cubes employés en moins donnent directement la quantité d'urée décomposée, et celle-ci, ajoutée au résidu pesé, fournit la ricbesse totale de l'urine en éléments solides.
L'acide sulfurique litre, convenable pour ce dosage, contient 2,067 grammes de cet acide par litre ; de telle sorte que t centimètre cube est saturé par 0,0011555 grammes d'ammoniaque, correspondant à 0,002 grammes d'urée. Si, ensuite, on prépare une lessive de soude, de telle manière, que 1 centimètre cube d'acide sulfurique exige 2 centimètres cubes de la solution alcaline pour être exactement saturé, à chaque centimètre cube de la solution de soude, qui, après l'expérience de la saturation des 10 centimètres cubes d'acide sulfurique, est employé de moins que 20, correspond exactement 1 milligramme d'urée.
Exemple :
2 centimètres cubes d'urine ont donné, dans la nacelle, un résidu solide de 0,10 gramnies. Les 10 centimètres cubes d'acide sulfurique ont exige encore, après la fin de l'expérience, 16 centimètres cubes de lessive de soude, par conséquent  centimètres cubes ont été neutralisés par rammoniaquc mise en liberté et ils correspondent à 0,004 grammes d'urée. — 2 cenlin^ètres cubes d'urine contenaient, par conséquent, 0,104 grannnes de résidu ; il y a, par conséquent, dans 1,000 parties un résidu de 52 grammes.
La quantité totale des éléments solides de l'urine peut aussi èti'e calculée approximativement à l'aide du poids spécihque exactement déterminé, en tenant rigoureusement compte de la température ; c'est ce dont je me suis assuré par une série de déterminations. (Voy. Documents analytiques.) Si l'on multiplie par 0,255 les* trois derniers chiffres du poids spécifique déterminé avec 4
DÉTERMINATIONS GÈNÉliALES. il!
décimales, le produit donne la quarililé approximative des matières solides contenues dans 1,000 centimètres cubes d'urine.
Exemple :
Ouimlité d'urine émise en vingt-qualre heures 1,500 centimètres cubes ; poids spécilique = l,0i5i. Hicliesse en matières solides de 1,000 centimètres cubes = (0,255 X 154) = 51,22 grammes; par conséquent, dans 1,51)0 centimètres cubes, il y en a 46,85 grammes, tandis que, par la pesée, d'après la méthode 2, on aurait trouvé 46,59 grammes.
. La table qui se trouve dans les documents analytiques, montre combien peut être grande l'erreur que l'on commet d'après cette méthode.