Brun rouge. — Plus brun que le précédent
9. Noir brun. — Presque noir, mais avec une légère teinte de rouge brun.
Entre ces différentes variétés de couleurs, l'œil exercé peut encore distinguer des nuances intermédiaires; on peut dire, par exemple, la couleur est entre le jaune clair et le jaune ; elle se rapproche plus du jaune rouge que du rouge jaune, etc. Cependant, d'après Fo{/t?/, les neuf nuances indiquées sont suffisantes.
B. Valeur de ces nuances. Les différentes nuances correspondent à certaines variations dans la proportion de la matière colorante. Ainsi, on a trouvé qu'en étendant avec de l'eau un numéro élevé, ' on pouvait produire tous les numéros au-dessous. Les neuf nuances forment par conséquent une série, et les couleurs de l'urine peuvent être considérées connue différents degrés de dilution d'un seul et môme pigment ; mais il faut naturellement mettre à part les colorations accidentelles qui se rencontrent rarement, telles que celles qui sont occasionnées par la bile, par des substances médicamenteuses ou alimentaires, etc. Ces expériences exécutées quantitativement montrent qu'une urine, étendue avec son volume 'c au, donne à peu près la nuance qui, dans l'échelle, se trouve immédiatement au-dessous ; 200 centimètres cubes d'urine de couleur rouge jaune, étendus avec 200 centimètres cubes d'eau, deviennent, par conséquent, jaune rouge, etc. Ceci se passe d'une manière assez uniforme pour toutes les parties de l'échelle, d'où il résulte qu'on peut en faire l'application à la détermination quantitative de la richesse relative de différentes urines en matière colorante.
On se sert de la table suivante pour ces sortes de déterminations quantitatives :
lY
YII
ÎG
Jaune pâle = I
Jaune clair = II
Jaune = III
Jaune rouge = lY
Rouge jaune = Y
Rouge = YI ^
Rouge lirun = YII
Brun rouge = YIII j
Noir brun= IX j
C. Application de la méthode. Cette table sert pour comparer quantitativement la proportion du pigment éliminé avec l'urine ; elle indique la quantité proportionnelle des matières colorantes qui se trouvent contenues dans des parties égales d'urine de couleurs différentes. Si, par conséquent, un certain volume d'urine jaune pâle contient une partie de matière colorante, le même volume d'une urine rouge jaune en renferme 16 parties, de même aussi, dans une égale quantité d'urine rouge, il y aura 52 parties de pigment et 256 parties dans une urine noir-brun , etc. 11 est en outre évident qu'un volume d'urine jaune contient tout autant de matière colorante que 4 volumes d'urine pâle, qu'un volume d'urine rouge en renferme autant que 4 volumes d'urine jaune rouge, que 52 volumes d'urine jaune pâle, etc. Par conséquent, si une personne émet en vingt-quatre heures 1 000 c. c. d'urine jaune, mais si une autre élimine 4000 c. c. d'urine jaune pâle, elles séparent toutes les deux une égale quantité de matière colorante.
Maintenant, afin de rendre possible une comparaison approximative au moyen de nombres, Vogel admet = 1 la quantité de matière colorante qui se trouve contenue dans 1000 c. c. de l'urine jaune pâle.
Mais pour obtenir lors de la comparaison de la couleur de l'urine avec le tableau des couleurs des résultats uniformes, il faut, en premier lieu, que l'urine soit parfaitement claire, il faut par conséquent que, dans la plupart des cas, elle soit préalablement filtrée ; en second lieu elle doit être examinée par réfraction sous une couche épaisse de 12 à 15 centimètres. Dans ce but, on emploie des vases de verre, de 12 à 15 centimètres de diamètre et qui peuvent contenir de 800 à 1000 centimètres cubes, parce que, avec des couches plus minces, la couleur paraîtra comparaiivemeni plus claire que celle du tableau des couleurs.
Exemple ;
1800 c. c. d'urine jaune sont émis en vingt-quntre neures.
1000 c. c. d'urine jaune paie = 1 partie de matière colorante; mais d'après le tableau, l'urine jaune en contient quatre fois plus ; nous avons, par conséquent, la proportion suivante :
if = 7,2 = la quantité de matière colorante contenue dans 1800 c. c. d'urine jaune, en admettante 1 le piquent contenu dans 1000 c. c. d urme jaune paie.
DHS URINES.
§ 58. MÉTHODE VOLUMÉTRIQUE.
Par l'emploi de cette méthode de détermination, l'analyse de l'urine est beaucoup simplifiée, et elle peut être effectuée avec une rapidité bien plus grande. Lorsque nous dosons un corps par la méthode volumétrique, nous ne pesons pas la combinaison précipitée au moyen d'un réactif, mais nous déterminons la quantité de réactif qui est nécessaire pour produire d'une manière complète une réaction quelconque, et, à l'aide de cette quantité, nous calculons la proportion de la substance en question. Ces déterminations, que l'on effectue toujours en mesurant le volume de réactif employé, ne réussissent que dans certaines circonstances, lesquelles sont nécessaires à leur exactitude, et qui sont les suivantes :
1 . Il faut connaître très-exactement la valeur de la solution du réactif, et l'on doit pouvoir déterminer avec exactitude la quantité employée de cette solution titrée.
, 2. On doit pouvoir reconnaîtra avec une netteté parfaite la fin de la réaction, c'est-à-dire le moment où l'on a ajouté une quantité exactement suffisante du liquide titré.
3. La décomposition, sur l'accomplissement de laquelle l'analyse repose, doit être la même dans tous les cas.
4. La décomposition doit être conduite de telle sorte qu'il ne se perde rien de la substance agissante ou de celle sur laquelle on agit.
Il est difficile de donner des préceptes généraux pour remplir les conditions qui viennent d'être indiquées, parce que celles-ci se présentent différemment pour chaque corps en particulier, et pour cette raison il n'en sera question d'une manière complète qu'à propos- du dosage de chaque substance. Cependant, avant de passer à l'examen des méthodes en particulier il est nécessaire de parler des appareils qu'elles nécessitent, ainsi que de la marche générale à suivre dans leur exécution.
§ 5'). 1. APPAUEILS.
A cause de la supériorité du système français des poids et des mesures, nous l'employons exclusivement dans toutes les analyses chimiques quantitatives. On sait que dans ce système il y a une relation intime entre le volume et le poids : par exemple, 1000 centimètres cubes d'eau = 1 litre d'eau à son maximum de densité, mesurée par conséquent à -t- 4°, pèsent exactement 1 kilogramme ou 4000 grammes; un centimètre cube correspond donc exactement
à un gramme
13 ce
10 ce?
Les mesures qui nous servent pour exécuter les analyses volumétriques sont toutes divisées en centimètres cubes (c. c.) ; comme telles nous • mentionnerons :
1. Les pipettes graduées. Ce sont des appareils de verre dont la figure 15, a&, montre la forme ; elles nous servent pour mesurer les liquides à essayer; dans ce but leur col est munie d'une marque, et, lorsqu'elles sont remplies jusqu'à cette marque, elles contiennent exactement 50, 20, 15, 10, 4, 5 et 2 centimètres cubes. Lorsqu'on veut s'en servir, on plonge la pointe dans le liquide et l'on aspire jusqu'à ce que celui-ci se soit élevé au-dessus de la marque. Avec le doigt un peu liumide (ni tout à fait sec ni trop humide) on ferme ensuite l'orifice supérieur, on essuie la pipette pour la débarrasser du liquide qui adhère à la surface extérieure; puis, en soulevant doucement le doigt, on laisse descendre le liquide exactement jusqu'à la marque, en ayant soin de maintenir son œil dans le même plan que la surface liquide. Si l'on a atteint ce point, on ferme de nouveau hermétiquement avec le doigt, et l'on peut maintenant laisser couler le contenu dans un vase quelconque. Il faut cependant faire attention à la manière dont la pipette est gra-
Fin. 15, ab.
duéc ; il faul savoir, par conséquent, si l'on doit prendre on laisser la dernière goutte qui, au bout de quelque temps, se rend dans l'orilicc iulerieur et que l'on peut faire sortir en soufflant. Les ■pipettes à r écoulement sont les plus convenables et les plus exactes ; elles sont graduées de manière h ce que la quantité de liquidé mesurée s'écoule tout entière sous forme d'un filet, de telle sorte qu'on n'a pas besoin de faire tomber en soufflant la goutte qui reste suspendue à la pointe. Dans tous les cas, il est convenable d'appuyer sur la paroi humide du vase la pointe de la pipette pendant que celle-ci se vide. , Cette manière de mesurer donne les résultats les plus uniformes ; on comprend de soi-même qu'il faut que les pipettes soient aussi graduées d'après cette méthode. — Pour les analyses d'urine, on emploie des pipettes de 50, 30, 15, dO, 3 et 2 centimètres cubes, afin d'être muni pour tous les cas qui peuvent se présenter. .
Pour mesurer les liqueurs titrées, nous nous servons des appareils suivants :
2. Pipettes de Möhr. Ces pipettes sont graduées suivant leur longueur, et elles contiennent 50 à 40 centimètres cubes, qui sont chacun divisés en 10 parties (par conséquent en 1/10 c. c.) (fîg. 16). Elles ne sont pas étirées en pointe à la partie supérieure, de telle sorte qu'on peut y verser commodément les liquides, et ensuite fermer l'ouverture avec un bouchon. Maintenant, afin de pouvoir faire couler goutte à goutte les solutions titrées contenues dans ces pipettes, nous nous servons de là disposition suivante, extrêmement simple, et répondant en même temps, à toutes les exigences ; on fixe un petit tube de verre étiré en une pointe fine à l'extrémité d'un petit morceau de tube de caoutchouc vulcanisé (fig. 17, aa), qui est pressé et fermé hermétiquement par une pince en fil métallique (fig. 17), mais qui, par une pression plus ou moins forte, exercée sur les plaques ce, peut être ouvert plus ou moins. On adapte ce tube de caoutchouc à l'extrémité rétrécie b de la figure 16 ; puis on fixe la pipette à un support en bois, de manière à ce qu'elle se trouve suspendue dans une position tout à fait verticale. La figure 19 représente l'appareil complet. Lorsqu'on veut se servir de la pipette, on la remplit avec la liqueur titrée jusqu'au point 0 ; on mesure l'urine à essayer, et en ouvrant la pince (le robinet à pince) , on laisse couler la solution
titrée jusqu'à ce que l'ou nit exactement njoulé la quantité voulue ; toutelbis, vers la fin de l'opération, il Faut que l'écoulement se fasse goutte k goutte. Ûn peut, à l'aide de cette dis|)osition ingénieuse, non-seulement vider plus rapidement la pipette, mais
FiK. 17.
Fig. 18.
encore obtenir d'une manière tout à fait sûre l'écoulement du li- •quide en gouttes séparées. Pour une série de recherches de longue durée, il est convenable d'avoir sur un support deu.x ou plusieurs pipettes de ce genre, que l'on peut abandonner au repos entièrement, ou à moitié pleines, en ayant soin de fermer avec un bouchon l'ouverture supérieure, afin de s'opposer h l'évaporation. Un appareil disposé comme il vient d'être dit, et qui serait très-
couvcnablo, pour les médecins, est représenté par la figure 20 ; on peut facilement le comprendre sans description, ab, sur lequel
sont fixés les huit bras, est un cylindre de laiton, soutenu par une vis, et que l'on peut facilement faire tourner autour de son axe. A la partie supérieure, les pipettes sont maintenues par une pince à vis, tandis que, inférieurement, elles sont simplement reçues dans un anneau conique muni d'une charnière, afin que l'on puisse enlever facilement les pipettes, ccc, sont des petits morceaux de carton fin, qui sont fixés sur chaque bras du support, au moyen d'une petite pince ; ils servent à inscrire la nature des liquides qui se trouvent dans les pipettes. Enfin, d est une plateforme reposant sur quatre vis qui servent à placer perpendiculairement l'appareil tout entier. — Il est facile de comprendre qu'en donnant à l'appareil des dimensions un peu plus grandes, on peut y fixer six ou huit pipettes.
Dans le même but, on se sert aussi des burettes graduées. ~ 5. Burettes graduées. La forme la plus ordinaire de ces ingénieux instruments, est représentée figure 21. Le tube étroit sert pour vider le liquide : il doit, pour cette raison, se trouver un peu plus bas que l'orifice du tube large, afin que l'on puisse verser le liquide commodément. Ces burettes contiennent, soit 30 centimètres cubes, et alors elles sont comme la pipette figure 16, divisées en d/10 c. c, ou bien elles ont une capacité de 50 centimètres cubes, et', dans ce cas, elles sont partagées en 100 degrés, représentant chacun 1/2 c. c. Pour s'en servir, on les remplit avec la solution titrée jusqu'au-dessus du point o, et ensuite, par le tube étroit, on verse exactement ce qui se trouve au-dessus de ce point. L'appareil de Möhr, décrit précédemment, rend superflus ces in-
DÉTERMINATION DE CHAQUE CORPS. 187 struments qui se brisent avec facilite. La pipette de Möhr, ainsi que sa burette, doivent être graduées à récotilement.
4. Eprouvette graduée. Elle sert pour préparer les solutions titrées, et elle est représentée dans la figure 22. Une éprouvctte de
Fig. 20. Fig. 21.
ce genre doit contenir 500 à 600 centimètres cubes et être graduée par 5 centimètres cubes. Dans le même but, on se sert aussi de ballons jaugés (fig. 25), qui, étant remplis jusqu'à une marque tracée sur le col, contiennent exactement i, 1/2 ou 1/4 de litre. — Pour la préparation des liqueurs titrées, ces ballons doivent être préférés aux éprouvettes.
§ GO. II. MANIfinE DE PROCÉDER.
Dans l'exécution d'une mctliode volumétriquc , nous devons, comme il a clé déjà dit plus haut, donner la plus grande attention à la préparation des solutions titrées que ces méthodes exigent, parce que, de l'exactitude de celles-là, dépend uniquement la jus-
tesse des résultats obtenus. Une indication spéciale sera donnée à ce sujet à propos de chaqûe méthode en particulier. Nous ferons aussi remarquer que les solutions normales ne doivent jamais être préparées et employées qu'à une température déterminée, parce que leur volume éprouve des variations considérables, • sous l'influence de la chaleur. En outre, lorsqu'on lit le niveau du liquide dans les vases graduées, il est nécessaire d'observer exactement quelques précautions :
1. 11 faut faire attention à ce qu'aucune bulle d'air ne vienne troubler l'exactitude du niveau du liquide ; on doit attendre que les bulles crèvent d'elles-mêmes ou bien les détruire avec une baguette de verre.
Fig. 24.
DÈTERMIN.\TIUN DE CHAQUE CORPS. 189 '2. La surface du liquide doit être horizontale ; pour les pipettes on y arrive en les laissant pendre librement; pour les burettes, ce qu'il y a de mieux, c'est de les appliquer à plat sur le carreau d'une fenêtre.
5. Si l'on verse dans un tube étroit un liquide quelconque, on remarque que la surface de celui-ci forme une courbe, par suite de la capillarité ; si on examine cette courbe avec attention, principalement à la lumière réfractée, on peut facilement y distinguer plusieurs zones (lig. 24) . Lorsqu'on fait la lecture, il n'est pas indifférent que ce soit le bord supérieur ou l'inférieur, ou bien le milieu de la courbe qui coïncide avec la marque du tube. Mais les mesures se font trèsexactement, de la manière suivante : après avoir placé perpendiculairement la pipette ou la burette, on amène son œil dans le même plan que le bord inférieur de la zone sombre (fig. 24), et on lit la marque du tube correspondant à ce bord ; celui-ci peut être observé avec une grande netteté, principalement à la lumière réfractée.
Lorsqu'on a mesuré, comme il vient d'être dit, l'urine à essayer, et que l'on a de la même manière rempli la pipette ou la burette avec la liqueur titrée, on laisse couler celle-ci d'abord doucement, et ensuite goutte à goutte jusqu'à ce que la fin de l'expérience soit devenue bien évidente. Si celle-ci se manifeste dans toutes les parties du liquide par quelque réaction distincte, on est sûr que la méthode suivie est bonne; si cela n'est pas, on doit, vers la fin de l'expérience, essayer fréquemment le mélange, jusqu'à ce qu'enfin, on ait atteint le point exact. Chaque méthode a sa réaction propre, et on ne peut parler de celle-ci qu'en s'occupant de celle-là. lorsqu'on a ajouté jusqu'à ce point la solution titrée, on lit, avec les précautions indiquées, le volume employé, et ensuite on calcule la quantité du corps à doser.
Si, par exemple, pour le dosage de l'urée nous avons employé avec 10 c. c. d'urine 20 c. c. d'une solution de mercure, dont chaque centimètre cube représente exactement 10 milligrammes d'urée, il y a dans ces 10 c. c. d'urine {^0 X 10) 200 milligrammes d'urée, par conséquent 20 grammes dans 1000 c. c.
lÛO DES UIUiNES.
Enfin, il est encore à remarquer que, lorsqu'on se sert d'une burette, il laut faire attention à ne pas faire tomber de liquide par le tube large, en penchant trop fortement l'instrument. Cela arrive facilement, lorsque dans le tube de déversement, il est resté suspendu une goutte qui empêche la colonne liquide d'avancer ; mais en soufflant dans le tube, il est facile dé prévenir cet accident.
On peut doser dans l'urine, par la méthode des volumes, le chlore, l'urée, le phosphore, l'acide libre, l'acide sulfurique, la chaux, l'ammoniaque et le sucre.