‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 55 sur 158 · Dosage du sucre par la polarisation circulaire · texte numérisé non relu

Dosage du sucre par la polarisation circulaire

A. Polarimètre. — La figure 26 représente le saccharimètre A de Soleil modifié par Venlzke, ainsi que la lampe B qui l'accompagne. Nous nous occuperons d'abord de la disposition optique, et ensuite de l'usage de cet ingénieu.v appareil. La lumière émise par la lampe B passe d'abord à travers un grand prisme de ISicol /,

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lequel, au moyen des roues dentées m et/) et delà tige de fer nm, peut, avec celui qui se trouve en /c, être tourné autour de l'axe visuel perpendiculairement à l'axe de plaques de quartz taillé. En i se trouve fixé un deuxième prisme de iVico/, au-devant duquel, en /i, est placée la double plaque de Soleil, formée de deux quartz, l'un dextrogyre et l'autre lévogyre. Dans la partie antérieure de l'appareil, il y a d'abord en g une plaque de quartz lévogyre taillée perpendiculairement cà son axe, et, en avant, un com-

pensateur formé de deux prismes de quartz dextrogyres, qui, à l'aide du bouton o, peuvent être déplacés de manière à ce que la lumière polarisée, en passant à travers l'appareil, ait à traverser une épaisseur plus ou moins grande de quartz dextrogyre. En d se trouve un autre prisme de Nicol, qui, au moyen d'une petite clef e, peut être tourné autour de l'axe visuel, et, en tête de l'appareil, en c, il y a une petite lunette, afin que chaque œil puisse voir d'une manière distincte la plaque double placée en /( . Enfin, entre p et p est placé le tube de verre rempli avec l'urine à essayer et fermé aux deux extrémités avec des plaques de verre. Les prismes compensateurs qui se trouvent en /"portent à la partie supérieure une échelle et un vernier qu'il est convenable de graduer de telle sorte que les divisions de récliellc indi(jucnt directement à droite du point o la proportion de sucre de raisin

contenue dans 100 c. c. d'urine, si celle-ci est observée à la tennpératurc de 17" dans un tube de 200 millimètres de long. A gauclio du point o, une deuxième échelle donne la richesse en albumine de 100 c. c. d'urine examinée dans les mêmes conditions. Si, à l'aide de la vis o, nous plaçons le compensateur f d'abord de telle sorte que le trait o du vernier correspoiide exactement avec celui de l'échelle, les deux prismes de quartz dextrogyres ont maintenant ensemble la même épaisseur que la plaque de quartz lévogyre (j, de sorte que ces deux systèmes se neutralisent mutuellement, et l'œil qui regarde en a voit colorée tout à fait de la même manière la double plaque h, si les deux prismes de Nicol, qui se trouvent en d et en i, sont disposés convenablement. La même chose a lieu si le tube de verre rempli avec de l'eau distillée est placé entre p et p. Mais maintenant si, à l'aide de la vis o, on pousse à droite ou à gauche les deux prismes de quartz, aussitôt les deux moitiés de la double plaque paraissent inégalement colorées, tout comme lorsque, le compensateur étant exactement placé sur le zéro, le tube de verre renferme un liquide dextrogyre ou lévogyre. Si, par exemple, le tube est plein d'urine diabétique, il faudra maintenant tourner à droite le compensateur pour faire disparaître l'inégalité de coloration delà double plaque. Enfin, il est très-important de pouvoir donner à la double plaque la coloration que l'on désire, parce que chaque œil ne possède pas pour toutes les couleurs la même sensibilité. C'est dans ce but que sert la partie postérieure de l'appareil qui se trouve près de la lampe. A l'aide de la tige nm et des roues dentées m et p, la plaque de quartz /r et le prisme de Nicol l peuvent être tournés autour de l'axe visuel ; comme la plaque se trouve entre un prisme de Nicol fixe i et un autre prisme / mobile, elle laissera passer toutes les colorations et ne laissera, par conséquent, entrer dans l'appareil que de la lumière colorée, et l'on peut, par ce moyen, modifier à volonté la couleur primitive de la double plaque.

Installation de Vappareil. — On dispose d'abord le saccharittiètre, comme le montre la figure 26, de manière à ce que la jiartie la plus claire de la lampe B envoie la lumière juste dans l'axe de l'appareil à travers le tube r que porte le cylindre d'argile noirci s ; ensuite on pose entre p et p le tube de verre exactement rempli avec de l'eau distillée et l'on place le compensateur de

teile sorte que le point o du vcrnier coïncide avec le point o de réchcUe supérieure. Si, maintenant, on regarde en a, en raccourcissant ou en allongeant la lunette i;c, on placera celle-ci de telle sorte que l'image paraisse claire et bien limitée et que la ligne qui sépare en deux moitiés la plaque double soit nettement visible. Si la double plaque paraît bien également colorée et si cet état persiste avec toutes les autres colorations, que maintenant on peut produire en tournant la tige n m, l'appareil est bien disposé ; dans le cas contraire, le point o doit être rectifié. Dans ce but, on laisse tout en place, et , à l'aide de la clef e, on tourne seulement un peu d'un côté ou de l'autre le prisme de Nicol d, jusqu'à ce que l'on soit arrivé à l'égalité de coloration des deux moitiés de la plaque double. Maintenant, pour contrôler, on pousse un peu l'échelle à droite et à gauche à l'aide de la vis o, jusqu'à ce que l'image paraisse bien également colorée. Si, alors, on regarde l'échelle etlevernier, les deux points o doivent exactement coïncider; dans le cas contraire, il faut procéder à une nouvelle rectification sur le prisme de Nicol d. Cependant cette correction n'est que rarement nécessaire ; si l'instrument est bien tenu, le point o demeure invariable pendant des années.

B. Dosage du sucre dans Viirine. — Dans la plupart des cas, dès que l'urine a été filtrée de manière à la rendre tout à fait claire, elle peut être essayée directement au polarimètre. Lorsqu'on a disposé l'appareil comme l'indique la figure, on commence par remplir avec l'urine le tube de verre long de 200 millimètres, en ayant soin d'éviter d'y renfermer des bulles d'air, et on le place dans l'appareil entre j) et p. Après avoir donné à la lunette une position convenable, on tourne le compensateur jusqu'à ce que les deux moitiés de la double plaque paraissent presque uniformément colorées, et maintenant, en tournant de droite à gauche le prisme de Nicol l à l'aide de la tringle mn, on cherche la teinte qui fait paraître de la manière la plus nette la plus petite différence dans la coloration des deux moitiés de la plaque double. Le plus souvent, un rose clair est ce qui convient le mieux pour cela; dans tous les cas, on s'assure prompteinent que toutes les couleurs foncées et vives que la double plaque prend successivement, lorsqu'on fait tourner la tige nm, ne sont pas du tout convenables. En exerçant souvent son œil, on arrive

prûinplenuMit à disposer exactciueiit l'appareil. Maintenant, on peut produire l'iniage telle qu'elle doit être, c'est-à-dire produire réfralitc de coloration des deux moitiés. Dans ce but, on saisit la vis 0 et on tourne le compensateur de côté et d'autre jusqu'à ce que l'on ait atteint l'égalité complète de coloration des deux moitiés de la plaque. 11 est de règle générale de ne jamais observer pondant plus de dix secondes, parce que l'œil s'habitue rapidement à de faibles différences de couleur, et en opérant un seul, changement dans l'appareil et en regardant trop longtemps on ne peut jamais oljtcnir un résultat exact. Si, enfin, après plusieurs observations on pense avoir les deux moitiés de l'image bien également colorées, avec la tige n m, on tourne de nouveau le prisme / ,si les deux moitiés de la plaque restent uniformément colorées à toutes les nuances par lesquelles passe la double plaque, l'expérience est terminée ; dans le cas contraire, le compensateur doit être disposé plus exactement, jusqu'à ce qu'enfin le but désiré ' soit atteint. Maintenant on lit sur l'échelle et le vernier. Le point o de cedernier s'est éloigné notablement à droite du o de l'échelle ; s'il coïncide avec une division de celle-ci, le nombre des divisions que l'on compte du o de l'échelle au o du vernier indique combien il y a de sucre dans 100 c. c. d'urine, le tube renfermant ce liquide ayant une longueur de 200 millimètres ; chaque division de l'échelle correspond, en effet, à 1 p. 100 de sucre. Mais si le o du vernier se trouve entre deux divisions de l'échelle, il faut, sur la graduation du vernier, chercher à droite un trait qui coïncide avec quelque trait de l'échelle. Chaque trait du vernier indique 7^ p. 100 de sucre. Par conséquent, on lit sur l'échelle les entiers, et les dixièmes sur le vernier ; pour cette opération, il est convenable de se servir d'une loupe. Si l'urine a une couleur trop foncée, on procède à la détermination dans un tube n'ayant que 100 millimètres de long; si l'on réussit, on n'a qu'à se rappeler que chaque division de l'échelle représente 2 p. 100 de sucre, et chaque division du vernier:^ p. 100 de la même substance. Mais SI, à l'aide de ce moyen, on n'obtient pas un bon résultat, on cherche à décolorer l'urine avec du charbon animal, ou bien on précipite un volume mesuré de ce liquide avec un volume de solution d'acétate neutre de plomb également connu ; on filtre et IDu essaye le liipiidc clair et décoloré. Il est évident qu'il faut tels

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nir compte dans le calcul tic la dilulion produite par l'addition de la solution de plomb.

C. L'urine contient en même temps de V albumine. — Si, en même temps que le sucre, il y a de l'albumine, il faut commencer par éliminer celle-ci, parce que, contrairement au sucre, elle dévie à gaucbe le plan de polarisation. Dans 100 c. c. d'urine contenus dans un ballon, on coagule l'albumine en ajoutant avec précaution un peu d'acide acétique et en Taisant bouillir le mélange ; on filtre dans une éprouvette graduée et on lave avec de l'eau jusqu'à ce que le liquide iiltré occupe de nouveau exactement le volume de 100 c. c. Après le refroidissement on procède à l'examen au polarimètre.

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