‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 6 sur 158 · CARACTÈRES PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L'URINE NORMALE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L'URINE NORMALE

On sait généralement que l'urine, considérée au point de vue physiologique, est une sécrétion spéciale de l'organisme et que des organes, les reins, sont particulièrement destinés à la formation de cette humeur. Nous y trouvons avant tout les éléments devenus impropres à la nutrition du corps animal, par suite de la métamorphose des produits, et ces éléments y existent à l'état de combinaisons solubles, azotée^ et salines.

D'après cela, si nous jetons un coup d'œil général sur les éléments de l'urine normale, nous voyons que les principaux sont ceux qui doivent être regardés comme des produits de la métamorphose de la matière des tissus animaux, etc. A ces éléments appartiennent tout d'abord les corps organiques azotés de l'urine : l'urée, l'acide urique, l'acide hippurique, la créatine, la xanthine, ainsi que les matières colorante et extractive. — Parmi ces substances, c'est l'urée qui, dans l'urine humaine, occupe la première place; elle est le produit le plus important de la. métamorphose régressive des éléments azotés du corps, desquels eHe dérive certainement sous l'influence de l'action oxydante de l'organisme, mais par un procédé qui, il est vrai, est encore mystérieux ; en effet, jusqu'à présent, malgré de nombreuses tentatives, on n'a malheureusement pas encore réussi à produire artificiellement de l'urée, en faisant agir des moyens oxydants énergiques sur les ma-

^ DI« URINKS.

tièrcs protéiques^ — Indépendamment dos corps nommés plus haut, les éléments minéraux du sang, qui sont devenus inqiropres aux fonctions vitales, sont aussi éliminés avec l'urine; celle-ci entraîne encore plusieurs autres substances qui, après leur introduction dans l'organisme, ne servent pas à la métamorphose de la matière ou bien exercent une action nuisible, et qui sortent de l'organisme, soit sans avoir été modifiées, soit après avoir subi une transformation chimique préalable. Enfin, nous devons encore nommer l'eau, dont la séparation par les reins régularise la quantité de ce liquide, que doit renfermer le sang, et l'y maintient dans une proportion assez constante.

L'urine s'offre donc déjà à nous comme un liquide très-complexe, dont la constitution varie avec les diverses classes d'animaux.

L'alimentation exerce sur la constitution de l'urine une influence de laquelle il est impossible de douter : c'est ce que l'on voit d'une manière évidente, notamment chez les carnivores et les herbivores. — L'urine des mammifères carnivores ne diffère pas essentiellement de celle de l'homme. A l'état frais, elle est limpide, d'un jaune clair, elle a une odeur désagréable, un goût amer et une réaction acide. La quantité d'urée qu'elle renferme est considérable; au contraire, la proportion de l'acide urique se réduit souvent jusqu'à disparaître comjjlétement, mais elle augmente promptement dès qu'on prive les animaux de leur liberté, par exemple, lorsqu'on les tient enfermés dans une cage. — L'urine des herbivores est tout à fait différente : on peut, en effet, la reconnaître tout de suite avec facilité au trouble constant qu'elle présente, à sa réaction alcaline, ainsi qu'à la grande proportion de carbonates alcalins et de terres alcalines qu'elle renferme. Souvent elle contient une assez grande quantité d'urée, mais, la plupart du temps, elle est également riche en acide hippurique ; fréquemment l'acide urique y manque totalement et la proportion des phosphates s'abaisse aussi beaucoup. L'oxalate de chaux se trouve toujours à côté du carbonate de chaux cristallisé dans les sédiments de cette urine.

* I/asserlion de Bécliamp, que l'urée prendrait naissance par l'aclion du permangaiiale de potasse sur les matières protéiques, n'a été conlirméc ni par Sliidelcr ni par moi.

Page 1