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Chioriiydrale el azotate d'hypoxanlliine

HYPOXANTHINE.

L'liypoxantliine se combine avec l'acide clilorhydrique et Facide azotique, en donnant avec ces acides des sels très-facilement cristalli sables [üg. 6).

Les principaux points par lesquels la sarkine se distingue de la xanthine; sont les suivants :

1° L'azotate d'argent et d'hypoxanthine se sépare immédiatement et complètement par le refroidissement de sa solution azotique bouillante. La combinaison se présente au microscope sous forme de longues aiguilles incolores, qui ne noircissent pas à l'air. La combinaison correspondante de xanthine ne se sépare qu'au bout d'un long temps, sous forme de pellicules*.

2" Évaporée avec précaution avec de l'acide azotique, l'hypoxanthine pure ne donne pas de résidu jaune foncé, mais un résidu presque incolore ou tout au plus coloré en jaune clair, qui, au contact de la lessive de soude, devient bien un peu plus foncé, mais non jaune rouge, coiTime cela a lieu avec la xanthine et la guanine.

3" L'hypoxanthine ne donne pas de coloration verte avec la lessive de soude et le chlorure de chaux.

4" L'hypoxanthine dissoute dans l'eau bouillante se sépare sous forme de cristaux, tandis que la xanthine donne lieu à un dépôt amorphe. (Yoy. § 5, B.)

Weidel a trouvé dans l'extrait de viande de Liebig une nouvelle base, la carnhie G^H^Az*4^-}-H^0, qui, chauffée avec de l'acide azotique, fournit de l'azotate d'hypoxanthine avec un peu d'acide oxalique. La carnine contient par conséquent les éléments de l'hypoxanthine et de l'acide acétique :

Carnine = G^^Âz^a"'

Ilypoxanthine. . . ^G^IFAz^ô

Différ. =: e^HH'j^ .= Acide acétique,

mais comme elle résiste à l'action de l'eau de baryte, elle ne doit pas être considérée comme de l'acétate d'hypoxanthine.

Si I on chauffe la carnine ou l'hypoxanthine avec de l'eau de chlore récemment préparée et une trace d'acide azotique, jusqu'à ce que le dégagement gazeux ait cessé, si l'on évapore ensuite à sec au bain-marie et si l'on expose le résidu blanc sous une cloche, dans une atmosphère d'ammoniaque, on voit apparaître, au bout de peu de temps, une coloration rouge rose foncée.

La formule de la carnine ne diffère de celle de la théobromine que par un atome 0 en plus.

F. Baumstark' a découvert dans l'urine d'un chien nourri avec de l'acide ben-= zoique, puis dans l'urine ictérique, ainsi que dans l'urine humaine normale, un nouveau corps cristallisable, qu'il a obtenu d'après le procédé suivant :

Après avoir concentré l'urine avec précaution, à consistance sirupeuse, au bainmarie ou sur un fourneau à gaz, on la mélange encore chaude avec de grandes quantités d'alcool, on sépare l'alcool par distillation de la solution filtrée, du résidu acidifié avec de l'acide chlorhydrique on enlève l'acide hippurique par agitation avec de l'étlier et l'on précipite complètement par l'acétate de plomb basique le liquide dépouillé de cet acide et préalablement sursaturé par l'ammoniaque. Le liquide séparé par filtration du précipité plombique est dépouillé du plomb en excès par l'hydrogène sulfuré et évaporé à consistance de sirop. Au bout d'un long temps, le nouveau corps se sépare de ce résidu avec de l'urée et en traitant la masse cristalline par l'alcool il reste non dissous. Ce nouveau corps, qui jusqu'à présent n a pas encore reçu de nom, cristallise dans l'eau bouillante en prismes blancs analogues à l'acide hippurique et qui ne fondent qu'au-dessus de 250». Chauffé sur une lame de platine, il dégage des vapeurs blanches épaisses en répandant une odeur particulière. Chauffé dans un petit tube, il fournit un gaz combustible, ayant une

^ Bericht der deutsch, ehem. Gesellsck., t. VI, p. 885; Ann. d. Chem., t. CLXXÎII, p. 392. Zeüschr. f. anal. Chemie, t. VI, p. 33.

odeur d etliylamiiie et bleuissant le tournesol. Les cristaux se dissolvent assez lacilenieiit dans l'eau et l'alcool bouillants, mais difficilement dans ces mêmes liquides froids. Ils sont insolubles dans l'éther et dans l'alcool absolus.

L'analyse a conduit à la formule : ^^A^Az^O, (C^lfSAz'^O'^). Avec les acides, il donne des sels facilement soiubles, mais il ne forme pas de combinaisons avec les bases. La solution est précipitée par l'azotate de bioxyde de mercure. Traité par l'acide azoteux, il donne naissance à de l'acide lactique et à de l'acide sarkolactique; lorsqu'on le fait bouillir avec de l'eau de baryte, la moitié de son azote se dégage sous forme d'ammoniaque et le reste sous forme d'éthylamine, et en même temps il se sépare du carbonate de baryte.

g 6. Acide urique.

Formule : G^^Xz^ù^ ^^^te

[GiofMz^Oe] Oxygène. . . . ^^8,57

Carbone 55,72

Hydrogène. , . . 2,38 53,35

A. État naturel. — L'acide uriqiic se trouve dans rurine de toutes les classes du règne animal et on le rencontre même chez des animaux très-inférieurs. Les excréments des oiseaux (guano), des reptiles, des gastéropodes et des insectes, sont riches en acide urique. L'urine n'est pas le seul liquide qui en renferme, il a été aussi découvert dans le sang normal des poulets par Meissner, après l'extirpation des reins par Strahl et Lieberkühn S et plus récemment par Garrod ^. D'après ce dernier, la richesse du sang en acide urique augmenterait toujours dans la goutte. En outre, il a été déjà trouvé dans la rate, dans le tissu des poumons, dans le suc du muscle cardiaque dans le pancréas, dans le cerveau et dans le foie, ainsi que dans les concrétions goutteuses. R. Bender ^ a trouvé sur le visage, sur les parois de l'estomac et à la surface du foie d'un cadavre déterré deux mois après l'inhumation, de petites taches blanches qui étaient constituées par des cristaux d'acide urique.

La quantité d'acide urique qui se rencontre dans l'urine humaine dépend moins des aliments ingérés, comme c'est le cas pour l'urée, que de l'état particulier dans lequel se trouve l'organisme. A l'état normal, un homme sain élimine en 24 heures, d'après Becquerel, de 0s%495 à 08%557 d'acide urique. D'après les expériences que j'ai faites sur un jeune homme de 25 ans, vigoureux et en bonne santé , une moyenne de 0»%827 d'acide urique fut séparée avec 2,000 centimètres cubes d'urine et Sô^S^ d'urée. Mais d'autres expériences m'ont fait voir que , même à l'état normal , la

' strahl und Lieberkühn. Harnsäure im Bilde. Berlin, 1848. - Prager Yierteljahresschrift, t. V, p. 4; Ablh. II, p. 12. =5 Journ. f. pr. Chem., 4866, HI, p.254.

§ 6 ACIDE URTQUE. 57

proportion do l'acicle urique éprouve de très-grandes variations , et peut , dans l'espace de 24 heures , osciller entre 0g%2 et 1 gramme. D'après Ranke, la proportion de l'acide urique, comparée avec celle de l'urée, diffère en 24 heures de \ : 50 à 1 : 80. Les troubles de la digestion, ainsi que l'alimentation insuffisante, ont pour conséquence une augmentation dans la proportion de l'acide urique. En outre, il a été trouvé en plus grande quantité dans tous les états fébriles, de même que dans les affections des organes respiratoires et dans les troubles de la circulation. Dans un cas de leucémie, Salkoivski ^ a trouvé, pendant une série d'observations de trente jours, une augmentation continue, non-seulement relative, mais encore absolue, de la quantité d'acide urique excrétée, comparée à celle de l'urée. Il obtint comme moyenne de 50 déterminations pour la proportion de l'acide urique par rapport à l'urée 1 : 16,5, par conséquent une augmentation de plus du triple.

Si nous introduisons de l'acide urique dans le corps des animaux, à l'étcit normal, il est décomposé en acide carbonique et en urée, mais il donne aussi de l'acide oxalique aussitôt que le phénomène d'oxydation a, par une cause quelconque, éprouvé du retard.

B. Préparation. — 1. Avec Vurine humaine. — On mélange de l'urine du matin fraîche et filtrée avec de l'acide chlorhydrique (20 centimètres cubes par litre d'urine), et on laisse reposer 48 heures. On trouvera l'acide urique séparé sous forme de cristaux plus ou moins colorés, qui conviennent surtout pour l'étude microscopique.

2. Avec les excréments des serpents. — On fait bouillir les excréments des serpents avec une solution de 1 partie de potasse caustique dans 20 parties d'eau, jusqu'à ce que l'odeur ammoniacale ait disparu. Dans la solution filtrée on fait passer un courant d'acide carbonique, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus qu'une réaction alcaline faible; on rassemble l'urate acide de potasse qui s'est séparé et on le lave avec de l'eau. Après le lavage, on dissout le sel de potasse dans une lessive de potasse et l'on filtre la dissolution dans l'acide chlorhydrique étendu, mais on a soin que ce dernier soit toujours en excès; le précipité est de l'acide urique pur qui, après avoir été lavé et desséché, se présente sous forme d'une poudre ténue et légère.

C. Caractères microscopiques. — Au microscope, l'acide urique s'offre à nous sous des formes très-différentes ; cependant il est le plus souvent en tables lisses rhomboidales. Quelquefois celles-ci sont colorées, elles sont toujours d'une transparence très-grande et de dimensions variables, souvent assez considérables. Ces tables sont fré-

^ Virchow's Archiv, t. L.

38 ÉLÉMENTS NORMAUX DE L'URINE. § g

qiiemment modifiées : par suite de l'aiTondissement des angles obtus, des cristaux fusiformes prennent naissance, et à ceux-ci se trouvent mélangés de courts cylindres en forme de tonneaux. Cependant on rencontre aussi fréquemment des lames hexagonales, des tables rectangulaires ou des prismes à quatre côtés exactement rectangulaires et avec des faces terminales droites ; ceux-ci se trouvent souvent en amas caractéristiques ayant la forme de rosaces. Indépendamment de ces modifications, on en rencontre encore d'autres : ainsi on trouve des cristaux dentés, en forme de scie et en forme d'éventail, etc. (Planche 1, fig. 2 et 3. Pl. II, fig. 4. Pl. III, fig. 1.)

En mélangeant avec une urine normale des quantités différentes d'acide chlorhydrique, j'ai réussi à produire des formes très-diverses d'acide urique, dont on reconnaît facilement les caractères en les comparant avec les gravures de Funke. Cependant si l'on a quelque doute sur la forme trouvée, il est très-facile de la changer en la forme ordinaire : on dissout les cristaux sur l'objectif dans une petite quantité de lessive de potasse, on ajoute une goutte d'acide chlorliydriqae et l'on voit se produire promptement les formes ordinaires, c'est-à-dire les tables et les fuseaux.

D. Caractères chimiques. — L'acide urique pur, préparé avec les excréments des serpents, constitue des écailles cristallines blanches, extrêmement légères, douces au toucher, qui, vues au microscope, présentent les formes indiquées précédemment. Il n'a ni odeur, ni saveur ; il se dissout très-difficilement dans l'eau (1 partie d'acide urique exige 14-15,000 parties d'eau froide et 18-1,900 parties d'eau bouillante), et les solutions obtenues ne rougissent pas le tournesol. Il est tout aussi insoluble dans l'acide chlorhydrique étendu, et il ne se dissout pas du tout dans l'alcool et dans l'éther. Il entre facilement en dissolution sans se décomposer dans l'acide sulfurique concentré, cependant l'eau le précipite de cette dissolution.

1. L'acide urique est assez facilement soluble dans une dissolution de phosphate de soude, de même que dans un grand nombre d'autres sels alcalins. Il enlève à ces sels une partie de leur base, avec laquelle il se combine, et il donne alors lieu à la formation de sels acides. Dans cette combinaison, il est contenu dans l'urine à côté de phosphate acide de soude, qui est la cause principale de la réaction acide de ce liquide. On réussit facilement, en dissolvant de l'acide urique dans une dissolution chauffée de phosphate de soude, à préparer un liquide analogue à l'urine, ayant une réaction acide et dans lequel se déposent après une concentration suffisante des cristaux d'urate de soude. (Pour la séparation de ce sel dans l'urine, voyez Sédiments.)

Si l'on abandonne à elle-même, pendant longtemps, à 20 ou 30°, la solution acide que l'on obtient en dissolvant de l'acide urique dans du phosphate de soude, au bout de quelques jours il se forme des bactéries, la réaction acide diminue et devient peu à peu alcaline. Au bout de 8 à 14 jours, tout l'acide urique est décomposé, et le

liquide contient de l'urée et du carbonate d'ammoniaque. Il ne paraît pas se former d"au(res produits, comme de rallantoïne, de l'acide oxalique, etc. (Lex.)

2. Si nous chauffons l'acide urique dans un tube de verre, il se décompose, sans cependant commencer par fondre. Il se dédouble alors en urée et en acide cyanurique qui se subliment sous forme d'un anneau, en acide cyanhydrique et un peu de carbonate d'ammoniaque que l'on peut reconnaître à l'odeur. En outre, on remarque des produits huileux particuliers, et il reste un résidu constitué par un charbon poreux azoté.

5. Si l'on fait bouillir avec du peroxyde de plomb de l'acide urique que l'on a mélangé avec de l'eau, de manière à faire une bouillie, il se décompose en quatre corps : acide carbonique, allantoïne, urée et acide oxalique. L'allantoïne, qui se trouve naturellement dans l'urine des veaux, ainsi que l'urée, peuvent être facilement obtenues et reconnues par cristallisation; l'acide oxalique reste combiné ave" l'oxyde de plomb, tandis que l'acide carbonique se dégage avec effervescence. D'après Pelouze, il se forme aussi un peu d'acide allanturique. — 11 est probable que l'urée, qui prend naissance dans cette décomposition, est un produit de l'oxydation ultérieure de l'allantoïne, et qu'il en est de même pour l'acide carbonique et relativement à l'acide oxalique, de telle sorte que la décomposition la plus simple de l'acide urique par le peroxyde de plomb ne donne que de l'allantoïne, (Cmz^a^), [mi'Az'O'l et de l'acide oxalique.

4. Si l'on fait agir sur l'acide urique de l'acide iodhydrique ou de l'acide chlorhydrique, en chauffant dans des tubes scellés à 160-170'', l'acide urique se décompose en glycocolle, acide carbonique et ammoniaque (Strecke?'). — En chauffant pendant longtemps de l'acide urique avec le double de son poids d'acide sulfurique concentré il se produit, outre le glycocolle, un corps analogue à la xanthine (pseudoxanthine) et de l'acide hydurilique. (0, Schnitzen et Filehne.)

La formation du glycocolle aux dépens de l'acide urique indique qu'il existe un rapport chimique intime entre l'acide urique et l'acide hippurique, les éléments caractéristiques de l'urine des carnivores et des herbivores ^

5. Le permanganate de potasse et l'ozone agissant très-énergiquement sur l'acide urique, il se produit de l'allantoïne, de l'acide carbonique, de l'acide oxalique et de l'urée, ou par l'action de l'ozone, dans une solution alcaline, de l'urée, de l'ammoniaque, de l'acide oxalique et de l'acide carbonique.

0. Si l'on introduit peu à peu 1 partie d'acide urique dans 4 par-

' Anna!, d. Qiem. u. Pharm. y t. GXLVI, p. 142; Chew. Centralbl., 18C8, p. 499.

40 ÉLÉMEISTS NORMAUX DE L'URIÎSE. § 0

lies d'acide azotique concentré (densité 1,42), celui-là se dissout avec effervescence et tout le liquide finit par se prendre en une bouillie cristalline. L'acide urique se dédouble alors en alloxane (G4PAz-ô'') [OT^Az^H^l et en urée; la première se sépare sous forme de cristaux, tandis que la dernière, par la formation simultanée de l'acide azoteux, se décompose immédiatement en acide carbonique et en azote qui se dégagent et occasionnent l'effervescence du liquide.

7. Si nous faisons agir sur la solution de l'alloxane des corps réducteurs, par exemple l'hydrogène sulfuré, l'hydrogène, etc., des cristaux d'un nouveau corps, l'alloxantine (G»H^<^Az*ô^*') [G^^H^Az^H^^'], ne tardent pas à se séparer. Ce corps est beaucoup plus difficilement soluble que l'alloxane ; il cristallise en prismes obliques à quatre pans et il est coloré en rouge par les vapeurs ammoniacales.

L'alloxane et l'alloxantine terminent les réactions les plus importantes de l'acide urique ; si l'on mélange une dissolu l ion d'alloxane et d'alloxantine avec de l'ammoniaque, elle se colore en rouge pourpre, et, après quelque temps de repos, il se dépose des cristaux de murexide. Celle-ci forme des prismes à quatre pans qui réfléchissent les rayons lumineux avec une couleur vert-cantharide ; lorsqu'on les écrase, ces cristaux donnent une poudre brune, et ils se dissolvent dans l'eau en colorant ce liquide en pourpre foncé. La murexide nous sert toujours pour reconnaître l'acide urique.

8. Si l'on traite l'acide urique avec de l'acide azotique modérément étendu, il se dissout, et dans le liquide on trouve principalement de l'alloxantine. Si nous évaporons cette solution avec précaution, presque à sec, il se forme, aux dépens de l'alloxantine, par suite de l'action ultérieure de l'acide azotique, une certaine quantité d'alloxane. Si maintenant nous faisons agir de l'ammoniaque sur le mélange, la magnifique couleur de murexide prend naissance. Par l'action de la potasse caustique, la couleur de la murexide passe au bleu pourpre. A l'aide de cette réaction on peut découvrir facilement les plus faibles traces d'acide urique. — Si, au lieu de traiter le résidu par l'ammoniaque, on y ajoute immédiatement de la lessive de potasse ou de soude, on obtient une magnifique dissolution d'un violet pourpre, qui cependant, lorsqu'on chauffe, devient plus pâle, et qui enfin, avant que le liquide soit entièrement évaporé, perd tout à fait sa belle couleur. (Pour la distinction d'avec la xanthine, v^oyez celle-ci.)

D'après Hardy, lors de i'évaporation de l'acide urique avec de l'acide azotique, il se forme d'abord de l'alloxane modifiée de couleur rouge, qui, sous l'influence de l'ammoniaque, se convertit en isoalloxanate d'ammoniaque coloré en rouge.

9. L'acide urique forme avec les bases des sels qui se dissolvent plus ou moins facilement dans l'eau ; le plus soluble est le sel de

lithine. L'acide iiriqiie est séparé à l'état cristallin de ces dissolutions, lorsqu'on vient à ajouter à celles-ci de l'acide chlorhydrique, de l'acide acétique, etc. Lorsque les liqueurs sont concentrées, la séparation a lieu immédiatement ; lorsqu'elles sont étendues, comme par exemple l'urine, elle ne se produit qu'après un long repos (24- 06 heures). Les cristaux sont faciles à reconnaître au microscope. Pour chaque sel en particulier, voyez Sédiments.

10. Une solution alcaline d'acide urique réduit immédiatement, même à froid, le nitrate d'argent. Si l'on dissout une trace d'acide urique dans une solution de carbonate de soude, et si avec ce liquide on touche légèrement un papier sur lequel on a laissé s'étaler une goutte de solution de nitrate d'argent, il se produit immédiatement une tache de couleur foncée, même si la liqueur ne renferme que 1/1000 d'acide urique ; mais des quantités encore plus faibles pouvant aller jusqu'à 1/500,000 de gramme produisent après quelques secondes, sans que l'on ait besoin de chauffer, une réaction jaunâtre, parfaitement visible, (Schiff.)

11. Si à une dissolution alcaline de cuivre on ajoute une solution d'acide urique dans la potasse, il se produit un précipité bleu d'urate de protoxyde de cuivre. Si l'on chauffe ce dernier à l'ébullition avec un excès de solution de cuivre, l'acide urique est oxydé, il se sépare du protoxyde rouge de cuivre, tandis que les produits de l'oxydation de l'acide urique, l'allantoïne, l'urée et l'acide oxalique, restent en dissolution.

12. Si l'on fait agir sur l'acide urique une solution alcaline bromée d'hypochlorite de soude, il se produit un liquide rouge rose intense. La coloration disparaît au bout de quelque temps, et sa disparition est plus rapide si l'on ajoute plus de lessive bromée (Dietrich) K

E. Recherche qualitative. — D'abord il ne faut pas oublier qu'une urine en fermentation acide laisse fréquemment déposer son acide urique à l'état de cristaux plus ou moL^s colorés. Dans les urines diabétiques, notamment, on trouve souvent au bout de peu de temps, au fond du vase, tout l'acide urique sous forme d'une poudre cristalline sablonneuse rouge.

1. On évapore au bain-marie dans une capsule de porcelaine 100 à 200 centimètres cubes d'urine. Si l'urine contient de l'albumine, il faut d'abord coaguler celle-ci en faisant bouillir la liqueur préalablement additionnée d'une goutte d'acide acétique; on filtre et l'on évapore le liquide filtré à consistance sirupeuse. Par un traitement répété avec de l'alcool on débarrasse le résidu de l'urée, des matières extrac-

^ ZeiUchr. f. anahjt. Chem., t. IV, p. 176.

tivos et des sels solubles dans l'alcool, au contraire l'acide nrique reste avec les sels insolubles et le mucus qui peut s'y trouver. En arrosant avec une petite quantité d'acide chlorhydrique étendu, les sels peuvent être enlevés, et l'on a maintenant l'acide urique seul avec un peu de mucus. Pour le reconnaître avec certitude, on produit les réactions suivantes :

a. Dans un verre de montre, on arrose un petit fragment avec quelques gouttes d'acide azotique. En chauffant, l'échantillon se dissoudra plus ou moins complètement, et, après l'évaporation au bain-marie, il laissera un résidu de couleur rougeâtre. Si l'on humecte ce résidu avec de l'ammoniaque étendue (une partie et dix d'eau), on verra apparaître instantanément la coloration rouge pourpre de murexide, qui, par l'addition d'une goutte de potasse caustique, passe au bleu pourpre. Si l'acide urique est en très-petite quantité, un excès d'ammoniaque peut facilement empêcher la réaction ; aussi est-il plus sûr d'approcher du résidu une baguette de verre humectée avec de l'ammoniaque, et de souffler les vapeurs ammoniacales sur le résidu. De cette manière on sera certain, avec des traces d'acide urique, d'obtenir une belle réaction.

h. On dissout le reste dans quelques gouttes de lessive de potasse, où le mucus restera comme résidu. Maintenant, on peut, en ajoutant de l'acide chlorhydrique, séparer de cette dissolution d'urate de potasse l'acide urique, que l'on reconnaît ensuite au microscope.

2. La méthode suivante est plus simple : dans un gobelet de verre on mélange environ 200 centimètres cubes d'urine avec 5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, et on laisse reposer vingt-quatre à quarante-huit heures. Au bout de ce temps, on trouvera l'acide urique déposé sous forme de cristaux colorés, dont les uns flottent à la surface du liquide, mais dont les autres se sont déposés sur les parois et au fond du vase. Par un examen microscopique, ainsi que par un essai des cristaux séparés par fdtration, on reconnaîtra facilement l'acide urique.

o. Si l'on ne dispose que d'une petite quantité d'un liquide dans lequel on veut rechercher l'acide urique, on en verse de 4 à 8 grammes environ sur un verre de montre plat, on ajoute 6 à 12 gouttes d'acide acétique concentré, et après avoir placé dans le liquide un fil de lin long d'un pouce, on abandonne le tout pendant 18-24 heures à une température de IG à 20" au plus. Au bout de ce temps, l'acide urique s'est déposé en cristaux sur le fil, que maintenant il faut examiner au microscope. Cette méthode convient notamment pour rechercher si le sérum du sang des goutteux renferme de l'acide urique. (Garrod.)

ÂCTDE OXALURTOÏ'E.

§ 9. Acide oxalurique.

Carbone 27,27

Hydrogène .... 5,05

Formule ; G^H^Az^a^ Azote ...... 21,21

[CeH^Az^Os] Oxygène. . .' 45,49

A. Ëtat naturel. — Schunk ^ a découvert le premier, dans l'urine normale, la présence de l'acide oxalurique combiné à l'ammoniaque. D'après cette découverte, il est plus que probable que d'autres termes de la g^rande série des dérivés de l'acide urique se trouvent aussi dans l'urine, soit à l'état normal, soit à l'état pathologique, fait qui offre de l'importance pour la physiologie et la pathologie.

L'acide oxalurique est en rapport intime avec l'acide urique, la xanthine et la guanine, ainsi qu'avec l'urée. Traité par l'acide azotique, l'acide urique d mnc d'abord de l'urée et de l'alloxane: celle-ci, par une nouvelle oxydation, fournit, avec dégagement d'acide carbonique, de l'acide parabanique, que l'on obtient aussi en traitant la guanine et la xanthine par le chlorate de potasse et l'acide chlorhydrique. L'acide parabanique se transforme, en absorbant de l'eau, en acide oxalurique et celui se dédouble, par ébuUition avec de l'eau, en urée et acide oxalique.

Les équations suivantes montrent comment s'effectuent ces différentes transformations :

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