‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 22 sur 185 · CHLORURE DE SODIUM · texte numérisé non relu

CHLORURE DE SODIUM

blable se produit aussi daus des solutions étendues, seulement le sublimé formé ne se sépare pas, mais reste en dissolution dans le liquide.

Nous avons vu, en parlant de l'urée, que l'azotate de bioxyde de mercure, produit dans une solution de cette substance, dès que la liqueur est faiblement acide ou neutre, un précipité constitué par une combinaison d'urée et d'oxyde de mercure. Au contraire, dans des solutions acides ou neutres, le sublimé ne produit pas de précipité. — D'après ce qui précède, il sera facile de comprendre la réaction suivante, dont Liebiçj s'est servi pour la détermination quantitative du chlorure de sodium dans l'urine : si on enlève à une urine l'acide phosphorique et l'acide sulfurique qu'elle renferme, en y ajoutant de l'azotate de baryte et de la baryte caustique, et si avec de l'acide azotique on neutralise ou bien on rend très-faiblement acide la liqueur alcaline filtrée, le liquide ainsi obtenu est une solution faiblement acide de sel marin et d'urée. Si maintenant nous mélangeons goutte à goutte cette solution avec une dissolution d'azotate de bioxyde de mercure, il se produira aux surfaces de contact des deux liquides un précipité blanc, qui cependant disparaît lorsqu'on agite la liqueur. Le précipité qui a d'abord pris naissance, est la combinaison d'urée et d'oxyde de mercure. Mais comme il y a du sel marin dans le liquide, l'azotate de mercure ajouté est aussitôt transformé en sublimé, qu^, comme on le sait, ne précipite pas l'urée en solution faiblement acide. C'est pour cela que le précipité qui se forme d'abord disparaît et que le liquide redevient clair comme auparavant. Ces réactions se reproduiront jusqu'à ce que tout le sel marin présent ait été employé à transformer en sublimé l'azotate de bioxyde de mercure ajouté goutte à goutte. Enfin ces réactions cessent, une nouvelle goutte de solution de mercure ne trouvera plus de sel marin qui puisse la transformer en sublimé, et maintenant elle produira un précipité persistant, constitué par une combinaison d'urée et de bioxyde de mercure. Si je connais la richesse de la solution de mercure ajoutée jusqu'à ce point, je puis calculer avec facilité la quantité de sel marin qui se trouvait dans la liqueur, puisque 1 équivalent de chlorure de sodium exige exactement 1 équivalent de bioxyde de mercure.

4. Si l'on mélange une solution neutre de chlorure de sodium, contenant en même temps du phosphate de soude, avec quelques gouttes d'une solution neutre de Chromate de potasse et si ensuite on fait couler goutte à goutte, au moyen d'une pipette, une dissolution d'argent, tout le chlore est d'abord précipité à l'état de chlorure d'argent. Lorsque ce point est atteint, la première goutte de solution d'argent produit une coloration rougeâtre persistante due à la formation de Chromate d'argent. Jusqu'à ce point, l'acide phosphorique tout entier reste en dissolution, parce que le sel d'argent précipite ces trois acides dans l'ordre suivant : acide chlorhydrique, acide chromique, acide phosphorique. (Méthode volumétrique de Möhr.)

D. Recherche qualitative. — La réaction avec l'azotate d'argent indiquée plus haut nous sert toujours pour reconnaître le sel marin dans l'urine. Mais l'urine contient de l'acide phosphorique et celui-ci donne également avec l'oxyde d'argent un précipité de phospliate d'argent, qui cependant est soluble dans l'acide azotique, tanclis que le chlorure d'argent n'est pas dissous par ce dernier acide. Nous

devons donc, lors de l'essai d'une urine, pour savoir si elle renferme du chlore, y ajouter, avant ou après avoir versé la solution d'argent, de l'acide azotique, jusqu'à réaction fortement acide ; dans le premier cas, le phosphate d'argent ne se précipitera pas, mais dans le second il se redissoudra aussitôt, et il ne restera que le chlorure d'argent sous forme de flocons caséeux.

Si l'on évapore l'urine jusqu'à consistance sirupeuse, au bout de quelque temps le sel marin cristallise en cubes ou en octaèdres, qui alors peuvent être facilement reconnus. On peut reconnaître directement la soude en examinant au spectroscope la flamme colorée en jaune par le sodium.

§ 14. Chlorure de potassium.

A côté du chlorure de sodium, l'urine contient aussi du chlorure de potassium qui, par sa forme cristalline, est tout à fait semblable au chlorure de sodium. Pour rechercher la potasse dans l'urine, on mélange celle-ci avec un peu d'acide chlorhydrique, on ajoute un égal volume d'un mélange d'alcool et d'éther, puis une solution de chlorure de platine. Au bout de quelques heures, le chlorure de potassium et de platine, mélangé avec du chlorure d'ammonium et de platine, se sera séparé en beaux octaèdres, qui sont faciles à reconnaître notamment au microscope.

On peut aussi se servir avec avantage de l'acide tartrique. On évapore au huitième de leur volume primitif 100-150 c. c. d'urine, on laisse refroidir, on filtre et l'on mélange le liquide filtré avec un excès d'une solution concentrée d'acide tartrique. Après un repos de 10 heures dans un lieu frais, la séparation du bitartrate de potasse est complète. Salkowski ^ a obtenu en suivant ce procédé 2«%? — 5^"^ de bitartrate de potasse avec 500 c. c. d'urine.

Weidner^ a trouvé en moyenne dans son urine 3«^91 de potasse en 24 heures. Le maximum était de 5f%9, le minimum de 2 grammes. La proportion relative entre la potasse et la soude était 1 : 1,55 \

§ 15. fSnIfafes.

A. État naturel. — De nombreuses expériences sur la richesse de l'urine en sulfates ont été faites sous la direction de Vogel. Il est résulté de ces déterminations qu'un adulte élimine en moyenne 28%094 d'acide sulfurique en 24 heures, ce qui s'accorde avec les nouvelles recherches de Weidner, qui a trouvé en moyenne 2?%1.

* Archiv d. Physiologie, t. II, p. 351. - Loc. cit.

^ E. Salkowski , Untersuchungen über die Ausscheidung der Alkalisalze. (Virchow's Archiv, t. LUI).

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Pendant le temps que dure la digestion la quantité de l'acide sulfurique éliminé s'élève, elle s'abaisse un peu dans la nuit et elle atteint son minimum dans les heures de la matinée. L'élimination est augmentée en peu de temps par une ingestion abondante d'eaii; mais plus tard elle s'abaisse avec d'autant plus de rapidité {Grimer). Des sulfates pris à l'intérieur sont complètement éliminés par l'urine dans les 18 ou 24 heures qui suivent. Le soufre pur augmente aussi la richesse de l'urine en acide sulfurique. Il n'est pas douteux que le soufre des substances protéiques prises avec les aliments s'oxyde peu à peu dans Iq, sang en se transformant en acide sulfurique qui, combiné avec des alcalis, est ensuite éliminé avec l'urine. C'est pourquoi, après un copieux usage de viande, on trouve dans l'urine une plus grande quantité, nonseulement d'urée, mais encore d'acide sulfurique. Fréquemment aussi les états pathologiques exercent sur l'excrétion de l'acide sulfurique une influence déterminée : souvent l'excrétion est augmentée, souvent aussi elle est diminuée.

B. Caractères chimiques. — Parmi les sulfates, les uns sont solubles dans l'eau, les autres sont insolubles. Chauffés au rouge seuls, les sulfates alcalins et les sulfates alcalino-terreuxne sont pas décomposés, mais si on les calcine avec du charbon ou des matières organiques, qui donnent du charbon par la calcination, ils sont réduits en sulfures métalliques, que l'on reconnaît à l'odeur d'hydrogène sulfuré qui se dégage lorsqu'on humecte la masse chauffée au rouge avec un acide. Si l'on fait cet essai sur une lame d'argent bien propre, il se produit une tache noire.

1. Le chloriu^e de baryum occasionne dans les dissolutions des sulfates un précipité blanc finement pulvérulent de sulfate de baryte insoluble dans les acides chlorhydrique et azotique.

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