PHOSPHATE DE CHAUX ET PHOSPHATE DE MAGNÉSIE
par suite de la décomposition de l'urée; mais aussitôt que ce corps s'est lormé, la réaction acide de l'urine disparaît, et les phosphates terreux ne peuvent plus être maintenus en dissolution. Alors le phosphate de chaux se sépare le plus souvent à l'état amorphe ; mais le phosphate de magnésie se dépose en beaux cristaux sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.
4. Leperclîlorure de fer donne dans les solutions des phosphates acidifiées par de l'acide acétique libre un précipité blanc-jaunâtre gélatineux de phosphate de peroxyde de fer. Cette combinaison est soluble dans tous les acides^ excepté dans l'acide acétique, c'est pourquoi une dissolution, de laquelle nous voulons précipiter l'acide phosphorique à l'aide du perchlorure de fer, ne doit contenir aucun acide libre, si ce n'est l'acide acétique. Cependant si quelque autre acide libre est présent, on ajoute au liquide avant la précipitation avec leperclîlorure de fer de l'acétate de soude et de l'acide acétique libre, et de cette façon la liqueur est transformée en une solution acétique dans laquelle le phosphate de fer est insoluble.
5. Si l'on mélange avec de l'acétate ou de l'azotate d'uranium une solution (il est mieux qu'elle soit bouillante) d'un phosphate soluble dans l'eau ou dans l'acide acétique, il se forme immédiatement un précipité jaune de phosphate d'uranium. Le précipité ne se dissout ni dans l'eau ni dans l'acide acétique; mais il est soluble dans les acides minéraux, et lorsqu'on le chauffe avec un excès suffisant d'acétates il se précipite de nouveau complètement. Nous nous servons de celte réaction pour le dosage volumétrique de l'acide phosphorique.
D. Recherche qualitative. (Voyez § 17.)
§ fV. Phosphate de chaux et phosphate de ma^siésic.
Gomme nous l'avons déjà dit plus haut, ces deux phosphates terreux se trouvent en dissolution dans l'urine acide, mais ils se séparent aussitôt que nous rendons ce liquide alcalin. Une série de nombreuses expériences que j'ai faites avec quatre hommes jeunes et en bonne santé, sur l'élimination des phosphates terreux, m'a donné les résultats suivants :
1*» A l'état normal un homme adulte de 20 à 25 ans, prenant une nourriture mixte, éhmine en moyenne par 24 heures do 0s%9441 à 1&'",012 de phosphates terreux (moyenne de 52 observations) .
Le maximum fut en moyenne de Is^lSS à 1?'',263; une fois seulement il l'ut éliminé en 24 heures 1^%554.
Le minimum atteignit en moyenne O^^S et une fois seulement il fut éhminé 0^'",328.
2° La moyenne de 52 déterminations fut pour le phosphate de chaux de 0?'-,51 à O^sS?. Le maximum fut en moyenne de 0s%59 à 0e%52; une seule fois il fut éliminé 0s%616.
Le minimum 0»'%25 fut assez constant, une seule fois il s'abaissa à
3" La moyenne de 52 observations s'éleva pour le phosphate de magnésie à 0»'",64. Le maximum fut en moyenne de 0«',11 ; une fois seulement il fut éliminé 0«%438. Le minimum fut en moyenne do O^sS, cependant il s'abaissa une fois jusqu'à Oe%178.
4- A l'état normal 3 équiv. 2MgO,PliO^ sont éliminés en moyenne pour 1 équiv.. 5Caü,PliO». DaiK 100 parties des phosphates éliminés en totalité, il y a en moyenne 67 parties de phosphate de magnésie et 33 parties de phosphate de chaux.
5" Les sels de chaux ingérés ne passent pas, ou seulement en très-petite quantité, dans l'urine; la proportion totale des phosphates séparés normalement n'éprouve par ce fait aucune augmentation importante.
6° Dans les maladies la quantité absolue des phosphates terreux paraît s'éloigner beaucoup de l'élimination normale, et le rapport entre la proportion du phosphate de chaux et celle du phosphate de magnésie diffère aussi beaucoup de celui qui existe à l'état normal.
Recherche qualitative. — Il n'y a aucune difficulté pour reconnaître l'acide phosphorique daris une urine acide; le précipité de phosphates terreux que produit instantanément l'ammoniaque ne laisse aucun doute sur la présence de cet acide. Mais on découvre facilement si l'urine, indépendamment de l'acide phosphorique précipité avec la chaux et la magnésie, n'en contient pas encore d'autre ; il suffit pour cela de séparer par filtration le précipité produit par l'ammoniaque et d'essayer avec une petite quantité de perchlorure de fer le liquide filtré acidifié avec de l'acide acétique : un précipité blanc-jaunâtre occasionné par ce réactif nous indiquera qu'il existe de l'acide phosphorique sous une autre forme. Dans une urine alcaline, nous trouvons les phosphates terreux dans les sédiments, et ce fait sera examiné lorsqu'il sera question de ceux-ci. Si dans le précipité produit par l'ammoniaque, qui, par conséquent, consiste en phosphate de chaux et en phosphate ammoniaco-magnésien, on veut séparer la chaux de la magnésie, on dissout le mélange des deux sels dans l'acide acétique, on y ajoute un peu de chlorure d'ammonium, et ensuite une solution d'oxalate d'ammoniaque, qui précipite la chaux à l'état d'oxalate, tandis que la magnésie reste en dissolution, et en ajoutant de l'ammoniaque dans le liquide filtré on peut de nouveau la précipiter sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.
[Pour précipiter à la fois les phosphates terreux et les phosphates ulcalins contenus dans une urine, J. Tcissier * emploie une solution contenant pour 8 parties d'eau distillée 1 partie de sel ammoniac pur, 1 partie de sulfate de magnésie cristallisé et 44 parties d'ammoniaque. Les phosphates sont séparés par ce réactil sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.]
g 18. rer.
A. État naturel — Le plus ordinairement le fer ne se trouve dans les cendres de l'urine qu'en quantité extrêmement petite. Si une urine
• Du diabète phosj>hntiqUe, p. 115.