FER
contient du sang, on réussit plus facilement à trouver le fer dans la cendre.
D'après les recherches de Magnier S la teneur enfer chez un homme sain de poids moyen varie entre 0°s00o et Os%011 par litre d'urine. La moyenne de 14 expériences fut de 0^,007 de fer par litre d'urine.
B. Caractères chimiques.
1. Le sulfure d'ammonium produit dans les solutions de protoxyde et de peroxyde de fer un précipité noir de sulfure de fer facilement soluble dans les acides chlorliydrique et azotique.
2. Le ferrocyanure de potassium donne dans les solutions du peroxyde de fer un précipité bleu foncé de cyanure ferrosoferrique (bleu de Berlin). Dans les solutions de protoxyde de fer le précipité est blanc bleuâtre et consiste en ferrocyanure double de potassium et de fer.
0. Le sulfocyanure de potassium n'altère pas les solutions de protoxyde de fer, mais il produit dans les solutions de peroxyde une coloration rouge intense par suite de la formation de sulfocyanure de fer.
4. Si à une solution acide d'un sel de protoxyde de fer on ajoute du permanganate de potasse, le protoxyde de fer se transforme entièrement en peroxyde ; et lorsque le changement est opéré, la première goutte de solution de permanganate de potasse donne au liquide une belle coloration rouge.
C. Recherche qualitative. — Pour rechercher et reconnaître le fer on choisit toujours la cendre du résidu de l'urine. On dissout cette cendre dans un peu d'acide chlorliydrique et ensuite on fait bien de partager la solution en deux parties. On fait bouillir la première portion avec une goutte d'acide azotique, puis on la mélange avec du sulfocyanure de potassium; en présence de la moindre quantité de fer le liquide prendra une couleur rougeâtre, qui devient rouge foncé lorsqu'on a affaire à des proportions de fer plus grandes. S'il n'y a que des traces de peroxyde de fer, on voit la coloration de la manière la plus nette en plaçant le tube sur une base blanche et en regardant de haut en bas. Sij au lieu de sulfocyanure de potassium, on ajoute du cyanoferrure de potassium au deuxième liquide étendu et bouilli avec de Tacide azotique , il se sépare , après quelques heures de repos, des flocons bleus de bleu de Berlin. Si la quantité du fer est considérable, le bleu de Berhn se précipite immédiatement avec une belle couleur.
* Berichte d. deutsche ehem. Geselisch., t. VU, p. 1196.
§ 10. Sel!$ ammoniacaux.
On sait que la recherche et le dosage des , sels ammoniacaux dans l'urine normale présentent de nombreuses difficultés. En effet, on n'ignore pas avec quelle facilité se décomposent les matières colorantes et extractives, et combien l'urée se transforme facilement en carbonate d'ammoniaque, dés que surtout les substances précédentes se trouvent à côté d'elle. On doit certainement attribuer à ces causes les différences que l'on trouve encore dans les indications relatives à la présence des sels ammoniacaux dans l'urine normale, ainsi qu'aux proportions dans lesquelles ces combinaisons se rencontrent dans l'urine. Si dans une cornue t)n concentre à une température aussi basse que possible une urine normale ayant une réaction acide, on trouve toujours de l'ammoniaque dans le produit qui passe à la distillation, tandis que l'urine concentrée qui reste rougit le tournesol souvent plus fortement. Ce phénomène étonnant peut être expliqué de la manière suivante : le phosphate acide de soude qui se trouve dans l'urine exerce, sous l'influence de la chaleur, une action décomposante sur l'urée, et il se forme du phosphate de soude et d'ammoniaque. Mais ce sel a la propriété de dégager de l'ammoniaque dès la température de 100 degrés et de repasser à l'état de phosphate acide de soude; par conséquent, tant que dure l'évaporation, le phosphate acide de soude exerce son action décomposante sur l'urée, et l'urine peut toujours conserver sa réaction acide, tandis que le produit de la distillation renferme beaucoup d'ammoniaque.
Cependant, en prenant quelques précautions, il est possible de découvrir avec une très-grande certitude de petites quantités de sels annnoniacaux dans l'urine normale, et les travaux de Heintz, de Boussingault et les miens détruisent toute espèce de doute à cet égard.
0. Schulzen et L Riess ont aussi trouvé de la triméthylamine dans l'urine de malades atteints d'atrophie aiguë du foie.
C. M. Sidy et W. B. Woodmmin ^ ont fait des recherches très-complètes sur la teneur de l'urine en ammoniaque à l'état normal et à l'état pathologique. Ces auteurs indiquent comme moyenne normale de 24 heures 0e%162 AziP. Ils ont observé une diminution de moitié dans le rhumatisme articulaire aigu, dans l'albuminurie, la phthisie et les maladies nerveuses. Lai quantité normale de l'ammoniaque a diminué des 5/4 dans l'érysipèle, la variole, le typhus et la fièvre typhoïde. L'ammoniaque s'est trouvée en proportion normale dans le cancer, les afiéctions du cœur et Talcoolismc chronique, et en proportion plus grande dans le diabète et la goutte. Peu de tem})s avant la mort elle disparaîtrait presque complètement de l'urine. Dans 200 cas examinés, l'ammoniaque n'a manqué que deux fois dans l'urine.
A la suite de l'usage des asperges continué pendant longtemps, Hilcjcr- a trouvé
^ Proo. of Royal Soc. XX, p. 562.
' Erlangen Sitzungsberichte, 187o.
§ 49 SELS AMMONIACAUX. 81
une augmentation très-considérable de l'ammoniaque; dans ce cas il est évident que celle-ci a pris naissance par décomposition de l'asparagine.
Recherche qualitative. — Pour découvrir des sels ammoniacaux: dans une urine acide, on précipite une urine normale fraîchement émise avec un mélange d'une solution d'acétate neutre et de sousacétate de plomb, on filtre et dans un ballon on mélange à froid avec un lait de chaux le liquide filtré. Si l'on ferme le ballon avec un bouchon sur lequel est fixé un morceau de papier de curcuma humide, on se convaincra que ce papier est bruni en très-peu de temps. Maintenant d'où vient l'ammoniaque déplacée à froid par le lait de chaux? L'urée n'est pas décomposée à froid par un lait de chaux, et les matières colorantes et extractives sont éliminées par l'oxyde de plomb. Par conséquent, toutes les fois que dans une urine normale précipitée avec de V acétate neutre et du sous-acétate de plomb on découvre un corps, qui, en quelques secondes, est décomposé à froid par un lait de chaux avec dégagement d' ammoniaque, on doit tenir pour certaine la présence de sels ammoniacaux dans cette urine normale fraîchement émise.
Je me suis servi pour mes déterminations quantitatives d'une méthode indiquée par Schlösing, qui repose sur ce fait, qu'une solution aqueuse contenant de l'ammoniaque libre laisse au contact de l'air son ammoniaque se volatiliser môme à la température ordinaire et dans un temps relativement court, si cette solution se trouve dans un vase aussi plat que possible en une couche pas trop épaisse. L'ammoniaque qui se dégage est combinée à un acide sulfurique titré et dosé par la méthode des volumes. (Pour la manière d'opérer, voyez Gliap. IL)
Après m'être assuré que la méthode était convenable et sûre [Journ. f. pract. Chemie, t. LXIV, p. 177), je me suis occupé de déterminer la quantité d'ammoniaque qu'un homme sain peut éliminer en vingtquatre !ieures. Il est résulté de mes expériences que dans vingt-quatre heures une moyenne de Osi',7245 d'ammoniaque, correspondant à 2^1", 2783 de chlorure d'ammonium, est éliminée par une homme de 20 à 56 ans. Dans vingt-quatre expériences, la quantité de l'ammoniaque varia entre 0s%5125et ls%2096, ce qui correspond à ls%4272 et à os%8058 de chlorure d'ammonium. Je fis mes expériences avec deux hommes sains de 20 et 56 ans et je trouvai que le dernier éliminait en moyenne dans l'espace de vingt-quatre heures une quantité d'ammoniaque un peu plus grande que le premier. Le tableau suivant montrera les différences.
En 24 heures . . . .
Dans 100Ü ce. d'urine.
Homme de 20 an.s.
AzH'^ AzH*Cl 0,0137 1,950j 0,3959 1,2590
Homme de S6 ans.
AzlP AzlFCl 0,8351 2,6561 0,^)245 1 ,05G0
Différence.
AzIP AzlliCl 0,2214 0,7065 0,1300 0,4170
NEUBAUER ET VOGEL. DE l'i'KINE. 2^' ÉUn'.
Le thlorure d'animoniiim ingéré passe en partie dans l'urine sans avoir été modifié.
§ ÄO. Acide siliciqne.
L'acide silicique ne se trouve qu'en très-petite quantité dans l'urine. Pour le découvrir, on procède comme il suit : dans une capsule de platine ou d'argent on évapore et on incinère une quantité d'urine pas trop petite ; on mélange la cendre obtenue avec un excès de carbonate de soude et dépotasse chimiquement pur et l'on maintient en fusion pendant quelque temps dans un creuset de platine. On dissout la masse dans l'eau, on acidifie avec de l'acide chlorliydrique et l'on évapore à sec au bainrnarie dans une capsule de platine. On épuise le résidu sec avec de l'acide chlorliydrique et de l'eau, et il reste l'acide silicique pur.
L'acide silicique ain»5i obtenu est blanc, pulvérulent, sans odeur ni saveur, et il craque entre les dents. Il ne se dissout ni dans l'eau, ni dans les acides; au contraire, lorsqu'on le fait bouillir avec une solution de carbonate de soude, il se dissout complètement sans résidu. (C'est un signe de sa pureté.)
§ !St. Azotates et azotites.
D'après les recherches de Scliönbein, toute urine normale renferme de faibles (|uantités d'azotates, qui indubitablement proviennent des aliments ingérés, parce ([ue toutes les eaux de sources et de rivières, ainsi que plusieurs légumes, les choux, les épinards, la salade, etc , contiennent de petites quantités d'azotates. Lorsque l'urine est abandonnée à elle-même, la fermentation ne tarde pas à s'y manifester, et les azotates sont peu à peu transformés en azotites, qui dans les phases ultérieures de la fermentation paraissent éprouver une nouvelle décomposition. — Comme réactifs sensibles de l'acide azoteux, nous devons nommer les suivants :
1. De l'empois d'amidon contenant de l'iodure de potassium et acidifié faiblement avec de l'acide sulfurique étendu est coloré en bleu foncé par la moindre quantité d'azotites.
2. Une solution acidifiée d'acide pyrogallique est colorée en bi'un foncé par des azotites, et en même temps il se dégage du gaz protoxyde d'azote. Si l'on produit la réaction dans un ballon, le protoxyde d'azote se transforme au contact de l'air en acide hypoazotique, qui bleuit une bande de papier enduit d'empois d'amidon ioduré et suspendue dans le ballon, et en outre décolore un papier d'indigo.
Tant que l'urine est complètement claire, elle ne donne jamais les réactions de l'acide azotique que nous venons d'indiquer ; si cependant un trouble apparaît avec le commencement de la fermentation, la formation des nitrites le suit immédiatement, et l'urine donne maintenant à un degré marqué la réaction avec l'acide sulfurique et l'empois d'amidon ioduré. De même une solution d'indigo acidifiée avec de l'acide chlürhydri(iuc, et ensuite complètement décolorée en y ajoutant goutte à goutte une solution de polysulfure de potassium, est immédiatement ramenée au bleu par uue urine de ce genre. (Voyez pour la préparation de ce réactif § 22, 2.) Après un long repos (8 à 10 jours) elle donne lieu à cette réaction et à un degré encore beaucoup plus élevé, mais pour perdre de nouveau peu à peu complètement cette faculté. Si l'urine est dans la phase où elle bleuit le plus fortement l'empois d'amidon ioduré et acidifié, elle donne aussi avec l'acide pyrogallique la réaction indiquée plus haut.
D'après Scliönbein, on peut facilement s'assurer de la présence des azotates dans l'urine fraîche en mélangeant ce liquide avec de la potasse et en l'évaporant. L'acide sulfurique dégage du résidu des vapeurs qui colorent en bleu foncé l'empois d'amidon ioduré et ])lanchissent le papier d'iudigo. Ici l'acide sulfurique, en présence de chlorures métalliques alcalins, dégage des azotates du chlore libre et de l'acide hypoazotique, qui domientlieu aux réactions mentionnées.
ALBUMINE
§ 22. l'eroxyde d'hydrogène
Ce cüi'|)s reiiijirqunble a également été découvert pour la première l'ois dans l'urine par Sclwnhein. Les réactions suivantes servent pour le reconnaître :
1. Le peroxyde d'hydrogène ne blanchit qu'extrêmement lentement une tehiture d'indigo étendue ; mais si l'on ajoute seulement quelques gouttes d'une solution étendue de sulfate de protoxyde de fer, le mélange est complètement décoloré en peu de temps.
2. Si avec de la teinture d'indigo on bleuit de l'eau jusqu'à la rendre opaque, si on la mélange avec un peu d'acide chlorhydrique, et si maintenant on y ajoute goutte à goutte, et en ayant soin d'agiter, une solution de polysulfure de potassium, le mélange est complètement décoloré. Si pour la préparation de ce réactif on n'a pas ajouté plus de sulfure de potassium qu'il est exactement nécessaire pour la décoloration de la teinture d'indigo, le liquide filtré incolore et clair est bleui nettement et instantanément par de Veau qui ne renferme que des traces de peroxyde d'hydrogène, dès qu'on ajoute au mélange quelques gouttes de solution étendue de sulfate de protoxyde de fer. Cependant, en présence d'un excès de peroxyde d'hydrogène, la coloration bleue disparaît de nouveau. (Réaction 1.)
3. Le peroxyde d'hydrogène bleuit immédiatement l'empois d'amidon io 'uré en présence du sulfate de protoxyde de fer. Cependant on ne peut pas se servir de cette réaction extrêmement sensible, parce qu'il y a dans toutes les urines des corps capables de s'unir à une quantité d'iode libre assez importante, et dans ce cas, par conséquent, la coloration bleue ne peut pas se produire.
Recherche qualitative dans Vi&ine. — A 200 ce. d'urine fraîchement émise on ajoute goutte à goutte d'une solution d'indigo une quantité telle, que le mélange ait une couleur verte évidente, et l'on divise en deux moitiés égales. Maintenant, si on ajoute à l'une des moitiés 15 ou 20 gouttes d'une solution étendue de sulfate de protoxyde de fer, la couleur paraîtra promptement vert clair ou jaune brunâtre, lequel changement de couleur provient, on le comprend facilement, de la décomposition partielle ou totale de la teinture d'indigo, tandis que la moitié exempte de fer offre encore sa couleur verte primitive. — En outre, si on laisse tomber dans 30 ou 40 c. c. d'urine fraîche 8 à 12 gouttes de teinture d'indigo exactement décolorée par l'hydrogène sulfuré (réactif 2), le mélange ne bleuira pas tout d'abord, mais dès qu'on y ajoutera quelques gouttes d'une solution de sulfate de fer. — L'acide sulfureux qui rédui immédiatement le peroxyde d'hydrogène empêche les deux réactions, lorsqu'on l'ajoute à l'urine en petite quantité.