ÉLÉMENTS DE LA BILE
y découvrir en mémo temps des matières colorantes. Dans la dégénération graisseuse des reins, il paraît que de la cholestérine se trouve aussi quelquefois dans l'urine.
Matières colorantes de la bile^
A. État naturel. — Les matières colorantes biliaires se trouvent dans la bile et dans les calculs biliaires sous différentes modifications ; en outre, nous les rencontrons dans le contenu de l'intestin ainsi que dans les excréments. A l'état pathologique, surtout dans l'ictère intense, elles paraissent dans presque tous les liquides du corps et passent même dans les tissus.
B. Préparation. — On débarrasse de cholestérine et de graisse des calculs biliaires pulvérisés en les traitant avec de l'éther. On fait bouillir le résidu d'abord avec de l'eau et ensuite on le traite par de l'acide chlorhydrique étendu. Après avoir lavé et desséché, or fait bouillir la masse vert-brun foncé avec du chloroforme, tant que celui-ci dissout encore du pigment. Après avoir distillé le chloroforme, on traite le résidu par l'alcool absolu, qui enlève un pigment brun, la bilifuscine, tandis que la bilirubine (cholépyrrhine) n'entre pas en dissolution. Pour purifier la bilirubine, on la lave plusieurs fois avec de l'éther et de l'alcool, puis on la dissout dans le chloroforme, on laisse évaporer la dissolution jusqu'à ce qu'un précipité commence à se former et l'on précipite la bilirubine en ajoutant de l'esprit-de-vin. Au résidu des calculs biliaires épuisé par le chloroforme, on enlève ensuite au moyen de l'alcool une matière colorante verte, la biliprasine, qui reste après l'èvaporation de l'alcool et que l'on purifie en la lavant avec de l'éther et du chloroforme et en la dissolvant dans une toute petite quantité d'alcool froid. Enfin, après ces traitements, il reste des calculs biliaires, un corps brun, labilihumine, insoluble dans l'eau, l'esprit-de-vin, l'éther, le chloroforme et les acides étendus.
G. Caractères chimiques.
a. Bilirubine (cholépyrrhine) C^^H^^Az^O^. [C^^H^^Az'^0^] . ~ Outre qu'on trouve la bilirubine dans la bile, on la rencontre encore dans l'urine des ictériques, etc. 11 n'est pas douteux qu'elle soit identique avec les cristaux d'hématoïdine qui se trouvent dans le sang extravasé (Hoppe- Seyler) ^. Si l'on agite, directement avec du chloroforme de la bile faiblement acidifiée, après l'èvaporation du chloroforme, la bilirubine reste sous forme de tables et de prismes microscopiques, rouges et à
1 Annal, cl. Chem. u. Pharm., t. CXXXII, p. 525. Journ. f. pr. Chemie, t. CIV. p. 28, 195 et iOl.
* Handbuch d. physiol. Analyse, 5° édit., p. 20(i.
aspect rhomboidal (fig. 11). On l'extrait des calculs biliaires sous forme d'une poudre de couleur orange en suivant la méthode indiquée. La bilirubine est insoluble dans l'eau, très-difficilement soluble dans l'éther et dans l'alcool, mais facilement soluble dans le chloroforme bouillant, la benzine et le sulfure de carbone. Les solutions, même très-fortement étendues, offrent encore une couleur jaune.
1 . Une solution ammoniacale de bilirubine donne, avec le chlorure de calcium, le chlorure de baryum, l'acétate neutre de plomb, le sous-acétate de plomb et l'azotate d'argent des précipités qui sont insolubles dans le chloroforme.
2. Si l'on mélange une solution alcaline de bilirubine avec son volume d'esprit-de-vin et si, ensuite, on ajoute un peu d'acide azotique concentré du commerce, il se produit
Fig. H. — Bilirubine. changement de couleurs magnifique. La
couleur jaune passe d'abord au vert, ensuite elle devient bleue, violette, rouge rubis et enfin jaune sale. Si l'on a soin de ne pas agiter, toutes ces couleurs se montrent en même temps en couches superposées. — Ce changement de couleurs a également lieu sans addition d'esprit-de-vin ; seulement, il faut ajouter à l'acide azotique quelques gouttes d'acide fumant. — La réaction est encore perceptible, lorsque les liqueurs'sont étendues au 70 ou au 80 millième.
Cette réaction réussit aussi, d'une manière très-élégante et très-sûre, si à une solution de bilirubine dans le chloroforme on ajoute, goutte à goutte, une solution étendue de bromefdans l'alcool, ou simplement de l'eau de brome (Mahj).
Maly a préparé le produit jaune final de cette réaction et l'a nommé
cholétéline. La cholétéline n'est cependant pas identique avec l'uro-
biline et l'iiydrobilirubine, comme l'ont dit différents auteurs (Maly) K
Des changements caractéristi({iies dans le spectre correspondent à cette réaction colorée. Si la couleur de la solution se rapproche de la modification bleue, mie bande noire d'absorption parait entre les raies C et D ; elle commence mi peu plus près de D et s'étend à peu près jusqu'au milieu de l'espace compris entre D et E. Lorsqu'on étend la solution, la bande se résout en deux raies assez mal limitées, a et ß, qui sont séparées par un intervalle étroit, clair et situé plus près de D. A mesure que la réaction continue, ces bandes diminuent peu à peu d'intensité, mais elles restent visibles jusqu'à l'apparition de la modification rouge. A peu près en même temps que a et ^, mais généralement un peu plus tard, on voit apparaître, entre b et F, presque exactement limitée par la dernière ligne, une troisième raie y, qui, à mesure que celles-là pâlissent, devient plus nette et acquiert sa plus grande intensité vers la fin
^ Zeitschrift f. analyt. Chemie., t. XI, p. 355; ibid., t. XII, p. 536.