‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 31 sur 185 · SUCRE DE DIARÈTE, SUCRE DE RAISIN · texte numérisé non relu

SUCRE DE DIARÈTE, SUCRE DE RAISIN

(le la fermentation, que, dans l'appareil décrit n« 8 (caractères cliimiques), on peut effectuer avec nne grande certitude, même s'il s'agit de très-petites quantités de sucre. S'il y a du sucre, la fermentation se déclare rapidement, et pour se convaincre que le gaz ne provient pas de la décomposition de la levure, il est convenable de faire une contre-expérience avec de la levûre et de l'eau pure.

On peut aussi reconnaître facilement l'alcool formé pendant la fermentation. Dans ce but, on distille quelques centimètres cubes du liquide fermenté, on mélange le liquide distillé avec quelques gouttes d'une solution d'iode dans l'iodure de potassium, on ajoute de la lessive de potasse goutte à goutte jusqu'à décoloration, et l'on abandonne le mélange à lui-même pendant quelque temps. S'il y a de l'alcool, le liquide devient trouble et jaunâtre, par suite de la formation d'iodoforme, que l'on soumet à l'examen microscopique après qu'il s'est complètement déposé. L'iodoforme se présente sous forme de tables régulières à six côtés qui ressemblent à s'y méprendre à des cristaux de cystine, ou bien il constitue des étoiles à six rayons d'une trèsgrande beauté. [Liehen^.)

Nous devons cependant faire remarquer que l'urine normale, comme l'a observé Liehen, renferme aussi une substance volatile qui passe à la distillation et fournit de l'iodoforme avec l'iode et la potasse. Si donc on veut mettre l'urine directement en fermentation avec de la levûre et employer le liquide distillé pour produire la réaction de Tiodoforme, il faut, avant l'addition de la levûre, évaporer l'urine à la moitié de son volume, afin d'éliminer toutes les substances volatiles.

Dans beaucoup de cas où l'urine primitive ne donnait la réaction du sucre que d'une manière extrêmement douteuse, j'ai réussi, à l'aide de cette méthode, à découvrir le sucre avec une grande netteté, au moyen de toutes ses réactions.

Leconte traite le précipité potassique de la manière suivante : à sa dissolution, dans aussi peu d'eau que possible, on ajoute de 1' 'cide tartrique en léger excès, ou filtre pour séparer le tartrate de potasse et l'on mélange à froid le liquide filtré avec un excès de craie, jusqu'à ce qu'il ait une réaction complètement neutre. On évapore au bain-marie le liquide filtré et l'on épuise le résidu avec de l'alcool absolu. Cette dissolution, après son évaporation spontanée, laisse, s'il y a du sucre, un sirop qui, au bout d'un temps assez long, souvent même après plusieurs mois, dépose des cristaux; fréquemment la masse cristallise tout entière. Si cependant, au lieu de l'extraction du sucre, on veut se contenter de la fermentation, on mélange simplement, d'après Leconte, jusqu'à saturation, la solution aqueuse du précipité de potasse avec de l'acide sulfurique étendu ; après avoir laissé un peu déposer, on filtre pour séparer le sulfate de potasse précipité, on ajoute un peu d'eau et de levûre de bière, et l'on introduit le mélange dans l'appareil à fermentation décrit précédemment.

Pour rechercher le sucre dans l'urine normale, Brücke s'est servi des méthodes suivantes, qui peuvent également être placées ici.

^ Annal, d. Chem. u. Pharm., \ol. suppléra. VII, p. 218.

a. On précipite l'urine (de 1000 à 5000 c. c.) d'abord avec une solution conceniréo d'acétate neutre de plomb; ou filtre, on ajoute au liquide filtré de l'acétate de plomb basique tant qu'il se produit un précipité ; on filtre de nouveau et enlin ou précipite avec de l'ammoniaque. On rassemble le dernier précipité sur un filtre, on le lave avec de l'eau et enfin on le laisse sécher entre des couches épaisses de papier buvard, que l'on renouvelle de temps en temps. Dans un mortier on triture grossièrement le gâteau réduit en petits fragments, d'abord avec de l'eau distillée, puis on ajoute, en triturant toujours, une solution concentrée d'acide oxalique, jusqu'à ce qu'un échantillon filtré ne soit plus troublé par une nouvelle addition d'acide oxahque. On sature le liquide filtré avec du carbonate de chaux finement pulvérisé, on filtre de nouveau, on acidifie faiblement avec de l'acide acétique, on évapore à sec et l'on dissout le résidu dans un peu d'eau. Avec cette dissolution. Brücke effectue les réactions ordinaires, ainsi que l'expérience de la fermentation. — Bence Jones ne décompose pas le précipité plombique par l'acide oxalique, comme le fait Brücke; il procède plus simplement en le traitant par l'acide sulfhydrique après l'avoir suspendu dans l'eau. Bence Jones trouva, à l'aide de cette méthode, dans plusieurs urines normales (1000-5000 c. c.) des quantités de sucre qui méritent d'être signalées (Os'^lO à O^'lb dans 1000 c. c. d'urine).

b. On mélange l'urine avec une quantité d'alcool concentré telle que le liquide renferme à peu près les 4/5 de son volume d'alcool absolu. 11 est convenable de prendre 200 c. c. d'urine et de les mélanger avec 800 ou 100 C. C. d'alcool à 94 p. 100. Une fois le mélange opéré, on attend quelque temps, afin que le précipité formé ait eu le temps de se déposer, et ensuite on filtre dans un gobelet de verre. Maintenant on ajoute, goutte à goutte, au liquide filtré, en ayant soin d'agiter continuellement, une solution alcoolique de potasse, jusqu'à ce que le mélange ait au papier de tournesol une réaction alcaline faible, mais évidente. On abandonne ensuite à la cave, pendant 24 heures, le gobelet de verre bien couvert. Le lendemain, on décante le liquide avec précaution, on renverse le gobelet de verre sur du papier à filtrer, afin que celui-ci absorbe le reste du liquide, et on laisse au contact de l'air, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune odeur d'alcool. En même temps on remarquera que le fond, et aussi une partie des parois du vase, sont recouverts d'un dépôt cristallin, que l'on dissout dans aussi peu d'eau que possible, et l'on soumet cette dissolution aux réactions indijfuées. — Mais comme dans certaines circonstances de l'acide urique peut passer dans ce précipité cristalUn, il est, dans tous les cas, convenable d'acidifier la solution aqueuse concentrée de ce dernier avec de l'acide chlorhydrique et de laisser reposer pendant 24 heures, afin que l'acide urique, qui peut s'y trouver, puisse se séparer. Ensuite, on se servira du liquide filtré neutralisé pour l'essayer avec la solution de cuivre, le bismuth et la potasse, et, si c'est possible, pour le soumettre à l'épreuve de la fermentation. La recherche de l'alcool formé pendant la fermentation sera effectuée comme il a été dit précédemment (page 101, Formation d'iodoforme).

Bödecker précipite d'abord par l'acide tartrique la potasse de la solution aqueuse concentrée du dépôt cristallin ; dans le liquide filtré il enlève l'excès d'acide avec du carbonate de chaux, avec lequel il laisse le liquide en contact pendant quelque temps ; il filtre pour séparer le tartrate de chaux et le carbonate de la même base ajouté en excès et il essaye la solution ainsi obtenue avec la dissolution de cuivre, le bismuth et la potasse.

A la suite de recherches approfondies, Seegen * a été conduit à admettre que les preuves données par Brücke et par d'autres relativement à l'existence du sucre dans l'urine normale ne sont pas suffisantes, parce que les phénomènes qu'ils indiquent comme décelant la présence du sucre, sont aussi produits avec la même intensité par^d'autres substances que l'on ne peut pas éliminer lorsqu'on procède aux essais.

Suivant Seegen, l'excrétion du sucre par l'urine n'est pas une fonction physiologique, et d'après lui l'urine normale ne contient pas de sucre.

* Seegen, Der Diabetes, 2' édit., p. 224.

INOSITE.

La méthode récemment indiquée par Huîzinga^ pour la recherche du sucre dans l'urine normale m'a toujours donné dans plusieurs expériences des résultats douteux.

[Enfm tout récemment, F. Paviß, opérant d'après la méthode suivante a été conduit à admettre qu'à l'état normal l'urine renferme une petite quantité de sucre.

L'urine (dont il faut prendre de très-grandes quantités) ayant été préalablement reconnue normale au moyen de la solution alcaline de cuivi'e, on y ajoute de l'acétate de plomb neutre, afin de séparer l'urée et l'acide urique. Après avoir laissé reposer le mélange, on recueille l'urine claire et on la traite par l'ammoniaque et l'acétate de plomb, jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de précipité. Le précipité ainsi obtenu consiste en une combinaison de 2 atomes de sucre et de 3 d'oxyde de plomb ; on le lave plusieurs fois à l'eau chaude, on y ajoute de l'acide sulfurique ou de l'acide oxalique ou chlorhydrique; on peut aussi, ce qui est préférable, faire passer un courant d'hydrogène sulfuré : le sulfure de plomb se sépare et le sucre est mis en liberté. On constate alors les réactions caractéristiques de ce dernier : coloration brune par la potasse, réduction de la solution alcaline de cuivre ou de la solution de bismuth. La fermentation est plus dilficile à obtenir ; elle se déclare cependant lorsqu'on a soin de neutraliser la liqueur sucrée.]

§ 36. ülcaptone.

Dans l'urine d'un homme de 44 ans, qui, à la suite d'une affection typho'ide, fut pris d'une toux intense avec expectoration, Bodecker"^ a trouvé une substance particulière qui, en présence d'un alcali, avait la propriété d'absorber une grande quantité d'oxygène en prenant une coloration brune. Bödecker donne à ce corps le nom d'alcaptone. A ce moment, le malade souffrait d'une douleur vive, qui, partant des reins, s'étendait jusqu'aux vertèbres dorsales inférieures et de là rayonnait comme une névralgie lombo-abdominale. La quantité d'urine émise en 24 heures s'élevait à environ 1500 c. c. (densité 1,020 à 1,025) avec une richesse en sucre ne dépassant pas 1 p. 100. — La couleur jaune-rougeâtre de l'urine se transforma de haut en bas en un brun foncé, lorsqu'on y ajouta de la potasse caustique, changement dù à l'absorption d'une grande quantité d'oxygène, comme Bödecker s'en est assuré par une expérience particulière. La solution de cuivre fut fortement réduite par cette urine. Dans ces derniers temps, Fürbringer^ trouvé l'alcaptone avec toutes les réactions indiquées par Bödecker dans l'urine d'un homme de 29 ans, atteint d'une affection de poitrine. Cette urine ne contenait pas de sucre.

§ S 9. Inosite.

Carbone 40,00

Formule : e^Hi^ae. [C^^l^O''-^] Hydrogène 6,66

Cnstaliiséc: €6Hi^ô6 -|-2IPa Oxygène 55,34

[C-niH)-+4H0]

A. État naturel, — Jusqu'à une époque encore récente, l'inosite n'avait été trouvée que dans la chair musculaire ; mais, dans ces derniers temps, Cloetta découvrit aussi ce remarquable hydrate de carbone dans les poumons (avec de l'acide urique, de la taurine et de la leucine), dans les reins oîi il existe en trés-grande quantité (avec de

* Archiv d. Physiologie, t III, p. 496.

- Gui/s Hosp. Reports, t. XXI, p. 415. Revue des sciences médicales, 15 janvier 1877, p. 64. ^ Annal, d. Chem. u. Pharm., t.GXVII, p. 98.

* Berliner Klinische Wochenschrift, 1875, n» 24.

la cystine et de l'hypoxanthine), dans la rate (avec de l'acide urique, de l'hypoxanthine et de la leucine), dans le foie (avec de l'acide urique). Cloetta et Neukomm sont parvenus à constater avec une certitude complète la présence de l'inosite dans l'urine de personnes atteintes de maladie de Bright, mais elle ne put être trouvée dans l'urine normale ^ W. Müller et Neukomm ont trouvé l'inosite dans le cerveau, Neukomm^ en a quelquefois rencontré dans les reins des proportions considérables, ainsi que dans l'urine diabétique, à côté de grandes quantités de sucre, tandis que Vöhl vit, dans une urine diabétique, le sucre être remplacé peu à peu par l'inosite. Valentiner a pu extraire une grande quanntité d'inosite des muscles du mouvement volontaire des ivrognes. — L'inosite se rencontre assez fréquemment dans le règne végétal : ainsi Vöhl l'a trouvée dans les haricots non mûrs (Phaseolus vulgaris); W. Gm^/^ dans les feuilles de frêne, et il/arme dit l'avoir rencontrée dans différents sucs végétaux. Je l'ai trouvée moi-même en grande quantité dans la sève et dans les feuilles de la vigne, dans le moût et dans le vin.

B. Caractères microscopiques. — Le plus ordinairement l'inosite forme des cristaux groupés en forme de choux-fleurs, mais qui, quelquefois

aussi, cristallisent isolément, et alors sont longs de 9 à 12 millimètres. Les cristaux appartiennent au système clino-rhomboïdal (fig. 10).

G. Caractères chimiques. — L'inosite perd à l'air son eau de cristallisation et elle fond à 210^ Sa saveur est nettement sucrée; elle est facilement soluble dans l'eau, insoluble dans l'éther et l'alcool.

1 . L'inosite fondue se prend en aiguilles quand elle se refroidit rapidement, et en une masse cor-

Fig. 10. — inosite. née si le refroidissement est lent.

2. Avec la levure, l'inosite ne donne pas d'alcool; mais, avec le fromage en putréfaction, elle fournit de l'acide lactique et de l'acide butyrique. L'acide lactique formé est, d'après Hilger'', de l'acide sarkolactique ^, qui, par oxydation avec du

[* Suivant Strauss (Cenlralblatl, 1872, p. 108), et E. Kultz {Rev.des scienc. méd., 15 janv. 1877, p. 65), l'ingestion de grandes quantités d'eau ferait apparaître de l'inosite^lans l'urine.] 2 Canstatt's Jahresber., 2' partie, p. 91 et 98. ' Chem. Centralbl., 1869. p. 250.

* Annal, d. Chem.., t. GLX, p. 353.

p D'après les récentes expériences de U. Vöhl {Berichte der deutsch, chem. Gesellsch., t. IX, p. D84, 1876), l'acide lactique résultant du dédoublement de l'inosite serait au contraire de l'acide lactique ordinaire.]

§ 27 INOSITE. , 105

Chromate dépotasse et de l'acide siilfurique, donne de l'acide malonique.

o. Si sur une lame de platine on évapore presque à sec une solution d'inosite avec de l'acide azotique, puis si l'on humecte le résidu avec un peu d'ammoniaque et de solution de chlorure de calcium, et si l'on évapore de nouveau à sec avec précaution, il se produit une coloration rouge-rose vif, qui est perceptible même avec 1 milligramme d'inosite (Scherer). — Les sucres véritables ne donnent pas cette réaction.

4. Si l'on chauffe de l'inosite avec une solution de tartrate de cuivre dans une lessive de potasse, il ne se produit pas de réduction, comme cela a lieu pour le sucre de raisin, mais il se forme une solution verte, dans laquelle se dépose au bout de quelque temps un précipité verdâtre peu cohérent, tandis que le liquide supérieur redevient bleu. Si l'on filtre et si l'on fait bouillir de nouveau le liquide filtré, on remarque le même changement de couleur. [Cloetta.)

5. L'acétate neutre de plomb ne précipite pas une solution l'inosite, mais lorsqu'on y ajoute du sous-acétate de plomb, il se produit, plus facilement si l'on chauffe, une gelée transparente qui, en quelques instants, devient blanche et prend tout à fait l'aspect de l'empois. (Excellent moyen pour séparer l'inosite des liquides animaux.)

6. Si dans une capsule de porcelaine on évapore un liquide contenant de l'inosite, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que quelques gouttes, et si ensuite on ajoute une petite goutte d'azotate de bioxyde de mercure, il se produit tout d'abord un précipité jaunâtre. Si l'on étend celui-ci le mieux possible sur les parois de la capsule et si l'on chauffe de nouveau avec précaution, il reste, dés que tout le liquide est évaporé et si l'on n'a pas ajouté trop de réactif, d'abord un résidu jaune blanchâtre, qui devient promptement rouge plus ou moins foncé, suivant la quantité d'inosite à laquelle on a affaire. La couleur disparaît par le refroidissement, cependant elle reparaît après que l'on a chauffé doucement. L'acide urique, l'urée, l'amidon, le sucre de lait, la mannite, le glycocolle, la taurine, la cystine et le glycogène ne donnent pas cette réaction. L'albumine se colore en rose, le sucre en noir, par conséquent ces deux corps ne doivent pas être présents. (Gallois ^) Je me suis souvent servi de cette réaction avec beaucoup de succès. -

Pour préparer la solution de mercure, on dissout 1 partie de mercure dans 2 parties d'acide azotique ordinaire, on évapore à la moitié et l'on mélange avec 1 partie 1/2 d'eau. Au bout de 24 heures, on décante la solution clause pour la séparer du sel basique.

D. Recherche qualitative. — Comme on l'a dit plus haut, l'inosite a été trouvée non-seulement dans l'urine de personnes atteintes de la

^ Zeitschrift, f. aiialyt. Chem., t. IV, p 264.

lOG ÉLÉMENTS ANORMAUX DE L'UKTNE. g 28

maladie de Bright, mais encore dans l'urine diabétique. L'urine que Ton veut essayer pour savoir si elle renferme de l'inosite, après avoir été débarrassée de l'albumine qu'elle pouvait contenir, est précipitée complètement par une solution d'acétate neutre de plomb, puis fillrée; le liquide filtré est mélangé à chaud avec du sous-acétate de plomb tant qu'il se forme un précipité. Il est convenable, avant de précipiter l'urine, de l'évaporer au quart au bain-marie. Le précipité produit par le sous-acétate de plomb, qui renferme l'inosite combinée avec l'oxyde de plomb, s'est rassemblé au bout de vingt-quatre heures: alors, après l'avoir lavé on le suspend dans l'eau et on le décompose par l'hydrogène sulfuré. Après quelque temps de repos il se sépare d'abord dans le liquide filtré un peu d'acide urique ; on filtre le liquide pour le séparer de ce dernier, puis on le concentre le plus possible, et on le mélange bouillant avec trois ou quatre fois son volume d'alcool. Si alors il se produit un abondant précipité adhérent au fond du vase, on décante simplement la solution alcoolique bouillante ; mais si le précipité est floconneux, non adhérent, on filtre la solution bouillante dans un entonnoir chauffé et on laisse refroidir. Si, au bout de vingt-quatre heures, des groupes de cristaux d'inosite se sont déposés, on filtre et on lave les cristaux avec un peu d'alcool froid. Dans ce cas, il est convenable de dissoudre encore une fois dans une quantité d'eau bouillante aussi petite que possible le dépôt obtenu par addition d'alcool bouillant, de précipiter une deuxième fois avec trois ou quatre volumes d'alcool, etc., afin de n'éprouver aucune perte d'inosite. Mais s'il ne s'est pas déposé de cristaux d'inosite, on mélange peu à peu avec de l'éther le liquide alcoolique filtré et froid, jusqu'à ce que, par une forte agitation, la liqueur se trouble en devenant laiteuse, et on laisse reposer dans un lieu froid pendant vingt-quatre heures. Si l'on a employé une quantité suffisante d'éther (un excès ne nuit pas), toute l'inosite qui peut se trouver dans l'urine s'est déposée en lamelles nacrées. (Cooper-Lane.) ^

Cependant l'inosite ne paraît se rencontrer que très-rarement dans l'urine. Gallois a essayé l'urine de 102 malades, mais il n'a trouvé l'inosite que 7 fois : 5 fois seulement en proportions très-variables, à côté du sucre chez 30 diabétiques, et 2 fois dans 25 cas d'albuminurie.

§ 28. Éléments de la bile.

Parmi les éléments de la bile on rencontre dans l'urine, à l'état pathologique, notamment dans l'ictère, aussi bien les pigments que les acides biliaires. En outre, dans la pneumonie on prétend avoir trouvé quelquefois dans l'urine des acides biliaires, sans qu'on ait pu

' Annal, d. Chem, u. Pharm., t. CXVII, p. 118.

Page 1