‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 36 sur 185 · ACIDES GRAS VOLATILS · texte numérisé non relu

ACIDES GRAS VOLATILS

L'acétate de soude cristallisé contient 22,9 p. 100 de soude ; le sel de baryte 55,8 p. 100 de baryum, le sel d'argent 64,67 p. 100 d'argent.

III. Acide propionique ^^H^ô^, [G^H^O'^]. — L'acide propioni(iue paraît exister dans certains sucs glandulaires, dans la sueur, dans le suc gastrique, dans les vomissements des cholériques, dans l'urine diabétique en fermentation, ainsi que dans la bile. Salkowski^ dit l'avoir aussi trouvé dans l'urine normale.

Caractères chimiques. L'acide concentré est un li({uide incolore, huileux, qui bout à 138°; il offre une odeur spéciale et est facilement soluble dans l'eau. Lorsqu'on ajoute beaucoup de chlorure de calcium à sa solution aqueuse, il se sépare sous forme d'un liquide huileux.

1. L'azotate d'argent produit, dans les solutions concentrées des propionates, un précipité blanc qui se dissout dans l'eau bouillante en éprouvant une réduction partielle. Par le refroidissement de la solution, le propionate d'argent cristallise en groupes d'aiguilles microscopiques blanches et brillantes.

2. Le propionate de baryte est facilement soluble dans l'eau, et il cristallise en octaèdres ou en prismes droits avec faces terminales obliques.

Le propionate d'argent conlient56,67 p. 100 d'argent; le sel de baryte 48,41 p. 100 dû baryum.

IV. Acide butyrique G^H^O^, [G^H^O^] . — L'acide butyrique se trouve dans la sueur, dans le contenu de l'estomac et les matières vomies à la suite de troubles digestifs, dans le contenu de l'intestin grêle, les excréments solides et l'urine. Il a en outre été trouvé dans le sang, dans le suc de la rate et le liquide musculaire. Lehmann l'a quelquefois trouvé dans l'urine de femmes enceintes, ainsi que de femmes qui ne l'étaient pas, et il a aussi rencontré fréquemment l'acide butyrique chez des hommes.

Si l'on mélange de l'urine diabétique avec de la craie pulvérisée et si l'on abandonne le mélange à la fermentation, à la température de 55-40° il se forme beaucoup d'acide butyrique [Scherer], tandis qu'à une température plus basse et sans addition de craie on n'obtient souvent que de l'acide acétique.

Caractères chimiques. L'acide butyrique pur est un liquide huileux, incolore, ayant une odeur de beurre rance extrêmement repoussante et entrant en ébullition à 157°. Il se dissout en toutes proportions dans l'eau, l'alcool et l'éther. Le chlorure de calcium le sépare de ces solutions aqueuses concentrées, sous forme d'une couche limpide oléagineuse.

La plupart des sels de l'acide butyrique sont également solubles dans Veau et dans l'alcool, et lorsqu'on y ajoute des acides minéraux ils dégagent l'odeur repoussante de l'acide butyrique.

1. L'acide butyrique se combine avec les alcalis, les terres alcalines et les oxydes des métaux proprement dits. Les combinaisons a .ec les alcalis sont délifiuescentes et incristallisables ; au contraire, les autres sels peuvent être obtenus facilement à l'état cristallisé.

a. Butyrate de baryte. Il peut être préparé en saturant l'acide butyrique avec de l'eau de baryte. Si l'on évapore rapidement à cristallisation une pareille solution, la combinaison se sépare à la surface du liquide, sous forme de pellicules brillantes, et, examinée au microscope, elle ne se présente le plus souvent qu'en amas épais de lamelles cristallines difficiles à bien distinguer. Mais si on laisse la solution du butyrate de baryte s'évaporer spontanément, il se forme de longs prismes aplatis, complètement transparents, qui, le plus ordinairement, se réunissent en amas étoilés. Le sel se dissout facilement dans l'eau; la dissolution bleuit le papier de tournesol rougi. Le butyrate de baryte renferme 44,05 p. 100 de baryum.

b. Les bufyrates métalliques se forment lorsqu'on précipite une solution concentrée d'un butyrate alcalin avec les solutions des sels métalliques. Ainsi l'azotate

^ Archiv, d. Physiologie, t. II, p. 561.

ÉLÉMENTS ANORMAUX DE L'URINt.

d'argent produit un précipité cristallin blanc jaunâtre de butyrate d'argent qui est presque insoluble dans l'eau froide et contient 55,38 p. 100 d'argent métallique.

Y. Acide ralcrian'ujne G^IF^O-, [C*<M1'^''0'*]. — L'acide valérianique a été trouvé dans l'urine dans le typhus, la variole et l'atrophie aiguë du foie. 11 s'en forme de grandes quantités, avec de l'ammoniaque, dans la putréfaction de la leucine impure.

Caractères chimiques. L'acide pur est un liquide incolore, huileux, d'une odeur pénétrante, qui bout à 175°, et est facilement soluble dans l'alcool et dansl'éther. Il exige pour se dissoudre dans l'eau 30 parties de ce liquide.

1. Les valérianates alcalins sont facilement solubles et incristallisables ; les autres sels cristallisent en écailles brillantes.

a. Le valérianate de baryte cristallise en prismes transparents, s'effleurissant à 20 ou 25°, ou plus fréquemment en lamelles semblables à celles de la cholestérine ; les cristaux sont facilement solubles dans l'alcool. Le sel contient 40,41 p. 100 de baryum.

b. Le valérianate d'argent cristallise en lamelles minces, brillantes comme de l'argent. Il contient 51,07 p. 100 d'argent.

Recherche des acides gras. — Pour séparer les acides gras volatils, on emploie des quantités d'urine aussi grandes que possible. On acidifie l'urine avec de l'acide phosphorique, et on distille tant que le liquide qui passe à la distillation offre des traces de réaction acide. Si le résidu contenu dans la cornue est trop concentré, on laisse refroidir, on ajoute de l'eau et on recommence la distillation. On réunit ensuite tous les produits' distillés, on sature avec du carbonate de soude et l'on évapore à sec. On épuise le résidu par l'alcool absolu, on liltre, on évapore à sec le liquide fdtré, et, après avoir ajouté de l'acide phosphorique à la masse saline obtenue, on la distille tant qu'il passe un liquide à réaction acide. Dans le liquide distillé, on recherche d'abord l'acide formique avec l'azotate d'argent ou le bichlorure de mercure. Si cet acide est présent, on le détruit par ébullilion avec du bioxyde de mercure, on sature le liquide par le carbonate de soude, on filtre, on évapore et on abandonne à cristallisation pendant un certain temps. S'il y a de l'acide acétique, il se produit bientôt une cristallisation d'acétate de soude, qui, par exemple, avec des urines diabétiques anciennes est très-abondante et facile à reconnaître. Lorsque l'acétate de soude s'est séparé, on acidifie de nouveau l'eau-mère avec de l'acide phosphorique, et on la soumet à la distillation. Maintenant, on mélange le produit de la distillation avec de l'eau de baryte en excès : on fait passer un courant d'acide carbonique jusqu'à réaction neutre, on chauffe à l'ébullition, on filtre et l'on évapore à cristallisation. Des sels barytiques qui ont pris naissance, le Propionate de baryte est le plus soluble, le butyrate l'est le moins. L'analyse du sel de baryte obtenu fera connaître la nature de l'acide présent, s'il n'y a qu'un terme de la série supérieure; mais s'il y en a plusieurs en même temps, on doit préparer plusieurs sels barytiques par cristallisation fractionnée et déterminer la teneur en baryum de chacun d'eux, parce que la quantité de matière dont on dispose, ne permettra jamais de préparer à l'état pur les différents acides.

Lorsqu'on opère sur de grandes quantités d'urine, on obtient presque toujours, dans le produit distillé, de l'acide benzoïque, qui a pris naissance par décomposition de l'acide hippurique. Cet acide se sépare, lors de la deuxième distillation, en lamelles cristallines, dont une partie reste adhérente dans le réfrigérant, tandis que l'autre Hotte à la surface du liquide distillé, et qu'il est facile de reconnaître.

ACIDE BENZÛÏQUE.

§ SIS. Acide benxoiqiie.

Formule . QHm-

[C14iI604l

Carbone . , .

Hydrogène . .

Oxygène. , .

A. État naturel. — Il est probable que l'acide benzoïque se trouve dans l'urine des herbivores après des travaux excessifs, ou lorsqu'ils l'ont usage d'une mauvaise nourriture. Il apparaît conslamment dans l'urine putréfiée de ces animaux, ainsi que dans celle de l'iiomme, où il se forme par suite de la décomposition de l'acide hippurique. L'acide benzoïque est l'élément non azoté de l'acide hippurique, car nous avons déjà vu précédemment que dans l'intérieur de l'organisme l'acide benzoïque absorbe les éléments du glycocoUe, pour reparaître dans l'urine sous forme d'acide hippurique. Mais réciproquement, l'acide hippurique au contact des matières en putréfaction se dédouble immédiatement en acide benzoïque et en glycocoUe. En outre, l'acide benzoïque apparaît comme produit de la décomposition de plusieurs substances animales, notamment des corps protéiques, de la gélatine, etc. Dans l'urine qui a été éliminée à la suite de l'ingestion d'asperges, Hllger a trouvé de l'acide benzoïque, avec de l'acide hippurique, de l'acide succinique et une quantité plus grande de sels ammoniacaux.

B. Caractères microscopiques. — L'acide benzoï(iue sublimé se présente sous forme d'aiguilles fines et de lamelles incolores et brillantas; celui qui est préparé par voie humide constitue des écailles, des prismes ou des aiguilles à six côtés, dont la forme primitive est un prisme rhombique droit (fig. 17). Lorsque des cristaux se déposent dans des solutions aqueuses qui se refroidissent, ils paraissent au microscope sous forme de tables carrées placées les unes à côté des autres et même aussi les unes sur les autres ; dans des cas rares, un angle se trouve tronqué, mais alors il l'eist de telle sorte que les deux angles soient exactement de 135°.

C. Caractères chimiques. — L'acide benzoïque se subhme à 240°, sans se décomposer ; ses va peurs prennent à la gorge et excitent la toux. Il est difficilement soluble dans l'eau froide, plus facilement dans l'eau bouillante ; l'alcool et l'étherle dissolvent assez facilement. Ses dissolutions rougissent le tournesol. L'acide benzoïque se volatilise avec les vapeurs aqueuses, aussi ne doit-on concentrer par évaporation que des solutions neutres.

1. Les benzoates sont le plus souvent solubles dans l'eau ; seulement la plupart des benzoates des métaux lourds se dissohent difficilement. Les benzoates alcalins se dissolvent dans 1 alcool.

2. Les acides forts décomposent les solutions des benzoates, et l'acide benzoïque se sépare en écailles blanches brillantes.

3. Le perchlorure de fer donne dans les solutions des benzoates alcalins un précipité jaune brunâtre de benzoate de fer, que l'ammoniaque décompose en oxyde de 1èr, qui se dépose, et en acide benzoïque, qui se combine avec l'ammoniaque. Traité par un peu d'acide chlorhydrique, le benzoate de fer se dissout, et il se 'dépose de l'acide benzoïque.

Fig. 17.

Acide benzoïque.

4. L'acide bcnzoïque libre de même que les henzoates alcalins donnent un précipité dans un mélange d'alcool, d'ammoniaque et de chlorure de baryum. (Distinction d'avec l'acide succinique.)

5. Si l'on évapore dans une petite capsule de porcelaine, en faisant bouillir, de l'acide benzoïque avec un peu d'acide azotique, il se dégage, aussitôt que l'on chaulfe le résidu un peu fortement, l'odeur d'essence d'amandes amères ou de nitrobenzine.

D. Recherche qualitative. — L'urine neutralisée est évaporée jusqu'à consistance d'extrait, et celui-ci est épuisé par l'alcool ; après l'évaporation de l'alcool, l'acide benzoïque se sépare en cristaux lorsqu'on ajoute un acide fort. Si la quantité est très-petite, de telle sorte que de cette manière on ne puisse pas obtenir de cristaux, on épuise la masse avec de l'éther et l'on abandonne la solution à l'évaporation spontanée ; l'acide benzoïque se sépare sous forme de cristaux, lorsî^u'on ajoute de l'eau à l'extrait étbéré. On examine les cristaux au microscope et on les essaye chimiquement. S'il y a en même temps de l'acide succinique, on transforme les acides en sels de baryte et on les traite par l'alcool bouillant. Le succinate de baryte reste comme résidu, tandis que le benzoate et l'hippurate de baryte, si ce dernier est présent, entrent en dissolution. Après l'évaporation de la solution alcoolique filtrée bouillante, il reste le benzoate de baryte, duquel on peut facilement séparer l'acide Ijenzoïque par l'acide chlorhydrique. S'il y a de l'acide liippuri({ue, il peut être facilement isolé par traitement avec de l'éther, qui dissout très- facilement l'acide benzoï({ue.

En outre, si on traite de l'urine putréfiée, comme il a été indiqué à propos de la recherche des acides gras volatils, § 31, on observe à la lin de la deuxième distillation, notamment si l'on pousse celle-ci un peu loin, des écailles et des lamelles blanchâtres, dont la plus grande partie reste dans le réfrigérant et qu'il est facile de reconnaître pour de l'acide benzoïf[ue.

§ 33. Graisses.

A. État naturel. — La présence de la graisse dans nne urine n'est pas du tout un phénomène fréquent. L'urine laiteuse (urine chyleuse) que l'on rencontre quelquefois doit souvent son trouble et sa coloration non pas à de la graisse qui s'y trouverait suspendue, mais, comme Va\mce Lehmann, à un grand nombre de globules de pus; cependant, Beale rapporte qu'une urine laiteuse, riche en graisse, fut éliminée le matin, pendant des mois, par une femme de 50 ans. Cette urine devenait complètement claire lorsqu'on y ajoutait de Véther. La détermination quantitative indiqua 158%9 dégraisse dans 1000 parties. Beale pense que le caractère chyleux était dû à une séparation de chyle par les reins. Dans les cellules adipeuses éliminées avec l'urine dans la dégénération graisseuse des reins, Beale découvrit aussi de la cholestérine, qui, dissoute dans d'autres graisses, ne put être trouvée que par extraction avec de l'alcool et cristallisation. — La galacturie se rencontrerait fréquemment dans quelques régions tropicales. Une série de cas de cette maladie sont décrits dans Schmidt' s Jahrbücher 1865, n« 1^2, p. 274.

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