‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 37 sur 185 · GRAISSES · texte numérisé non relu

GRAISSES

Eggel ^ rapporte un cas analogue de chylurie. 590 c. c. de cette urine semblable à du lait abandonnèrent à l'éther 2ä^%68 de matière grasse, dans laquelle on réussit à découvrir des graisses neutres, de la cholestérine (?) et de la lécithine ou des produits de leur décomposition, de la neurine et de l'acide phospliorique.

B, Caractères microscopiques. — A l'état libre, la graisse peut être très-facilement reconnue au microscope. D'abord, en ce qui concerne les gouttes de graisse, elles nous apparaissent sous forme de disques aplatis, qui possèdent un pouvoir réfringent extraordinaire; en même temps elles ont des contours obscurs et assez irréguliers. Fréquemment on remarque que les gouttes isolées se confondent sous le microscope, par quoi elle se distinguent des vésicules de graisse, qui sont complètement spliériques. Les cellules adipeuses sont rondes, lisses, quelquefois polyédriques, par suite de la pression qu'elles exercent les unes sur les autres. La surface possède également un pouvoir réfringent énergique ; vus par réfraction, les contours sont bien dessinés et obscurs, mais aussitôt qu'on les regarde par réflexion, les bords paraissent brillants comme de l'argent et le milieu des cellules blanchâtre. On parvient facilement à déchirer ces cellules par pression; alors leur contenu s'écoule et la surface prend un aspect plus ou moins ridé.

Recherche qualitative. — Gomme la graisse se rencontre dans l'urine non-seulement rarement, mais encore en quantités extrêmement petites, il est naturel de ne pas songer à séparer les différentes espèces et à reconnaître chacune d'elles en particulier ; nous devons nous contenter de la rechercher et de la reconnaître telle quelle. Les caractères microscopiques sont tellement remarquables que quiconque a vu seulement une fois une goutte de graisse, la reconnaît au premier coup d'œil. Par conséquent, nous commencerons toujours par chercher à la reconnaître, à l'aide du microscope, aux propriétés indiquées précédemment. Si l'on ne réussit pas, on évapo'^e à sec au bain-marie une portion d'urine, on expose encore quelque temps le résidu à une température de 110° et on l'arrose avec un peu d'éther, tant qu'il absorbe de ce liquide. Maintenant, cette solution éthérée contiendra toute la graisse et elle l'abandonnera par l'évaporation, qui aura lieu de la manière la plus convenable dans un tube de verre. Ensuite, on peut commencer par examiner le résidu au microscope et, si l'on a assez de matière, l'essayer chimiquement. La production de taches de graisse sur du papier fin, la réaction sous l'influence de la chaleur (dégagement d'acroléine), rendent impossible toute confusion avec un autre corps quelconque.

' Gentralblatl f, d. med. Wissenschaft. 1870, p. 121.

A côté de quantités de graisse plus ou moins grandes, lesquelles sont maintenues en émulsion par de l'albumine ([ui se trouve en même temps dans le li(iuide, l'urine chyleuse contient des globules de chyle et de sang. Souvent une couche analogue à de la crème se rassemble à la surface et après un repos plus ou moins long il se produit souvent une coagulation, de laquelle résulte des coagula fibrincux solubles dans l'eau salpêtrée. Ces coagula sont ténus, blancs, et ils remplissent tout le li(iuide, ou bien ils forment des grumeaux rouge clair ou rouge foncé, tantôt compactes, tantôt muqueux, et (lui se dissolvent également dans l'eau salpêtrée. {SchmicWs Jahrbücher 1865, n° 12, p. 278).

§ 34. Hydrogène sulfuré.

L'hydrogène sulfuré se trouve quelquefois dans l'urine; cependant l'apparition de ce gaz ne se produit que dans des cas rares. Sa présence peut être très- facilement reconnue, parce qu'il noircit un morceau de papier humecté avec une solution d'acétate neutre de plomh. L'expérience se fait avec toute la certitude possible, de la manière suivante : avec l'urine, dans laquelle on veut rechercher l'hydrogène sulfuré, on remplit à moitié un petit gobelet de verre que l'on couvre avec un verre de montre, à la face supérieur duquel est fixé avec une goutte d'eau un pelit morceau de papier de plomb. Suivant la quantité d'acide sulfhydrique présent, le papier brunira ou noircira promptement, surtout si l'on chauffe doucement l'urine. En outre, l'hydrogène sulfuré se reconnaît facilement à son odeur fétide d'œufs pourris. J'ai eu l'occasion d'observer pendant longtemps une urine contenant de l'hydrogène sulfuré, qui était éliminée périodiquement par un homme atteint d'une paraplégie causée par la goutte. Aussitôt qne l'urine contenait de l'hydrogène sulfuré, elle était faiblement acide; elle avait une couleur jaune clair, le plus souvent elle donnait un sédiment et noircissait fortement un papier de plomb qu'on maintenait au-dessus.

Betz admet que, dans certaines circonstances, du sulfure d'ammonium peut de l'intestin passer dans le sang et alors causer des phénomènes d'intoxication qui sont analogues à ceux occasionnés par l'inspiration du gaz des égouts. Belz donne à la maladie ainsi causée le nom d'hydrothion-ammonémie ; dans les cas décrits par lui, l'urine fraîchement éliminée donna pendant longtemps les réactions de l'ammoniaque et de I hydrogène sulfuré. [Betz, Memorabilien, 1864, p. 146.)

A propos de l'acide sulfurique {§ 15, B.5), il a été déjà dit précédemment que les sulfates mis en contact avec des matières organiques, à une température modérément élevée, peuvent facilement donner lieu à la formation d'hydrogène sulfuré et que par conséquent ils constituaient une source de l'acide sulfhydinque que l'on trouvait dans l'urine. Cependant, en l'absence de sulfates, de Thydrogène sulfuré peut aussi se produire aux dépens des matières animales sulfurées, par simple putréfaction, et alors il peut arriver, par exemple, que dans une urine qui contient de l'albumine on puisse souvent , au bout de peu de temps, reconnaître à l'odeur l'hydrogène sulfuré, comme j'ai eu fréquenmient occasion de l'observer.

ALLANTOÏNE.

E. Sertoli * tait mention d'un corps qui a été trouve par lui dans l'urine des chevaux, des chiens et de l'homme; ce corps est précipité par l'acétate neutre de plomb, il est soluble dans l'ammoniaque, l'alcool et l'éther, et chauffé à 100° avec des acides étendus, il se décompose en dégageant de l'hydrogène sulfuré. En traitant par le zinc et l'acide chlorhydrique l'urine de l'homme, du cheval et du chien, on peut facilement reconnaître la présence d'un corps sulfuré dans ces liquides à l'hydrogène sulfuré qui se dégage, lequel noircit une bande de papier imbiliée avec une solution d'acétate neutre de plomb. Pour déterminer la ([uuntité de soufre qui ne se trouve pas sous forme de sulfate, par conséquent celle (jui correspond au corps qui fournit de l'hydrogène sulfuré, on peut procéder de la manière suivante : on précipite l'acide uri(jue de l'urine d'un homme en état de santé et l'on divise le liquide fdtré en deux parties égales. Dans une moitié, on détermine directement l'acide sulfurique, dans l'autre, après avoir chauffé avec de l'acide chlorhydrique et du clilorate de potasse, jus({u'à dégagement de chlore. La différence entre les quan| lités d'acide sulfurique trouvées dans les deux déterminations indique la proportion de soufre qui ne se trouvait pas primitivement sous forme de sulfate. Pour 1500 centimètres cubes d'urine émis en vingt-quatre heures, on trouva ainsi O^^ISG d'acide sulfurique, comme produit d'oxydation du soufre contenu dans la combinaison sulfurée. {W. Löbisck-.) Enfm, nous ferons aussi remarquer (jne SJimiedeberg ^ et Meissner * ont trouvé de l'acide hyposulfureux presque constamment dans l'urine du chat et très-fré(iuemment dans l'urine du chien .

§ 35. JiUantoïne.

Carbone 50,38

Hydrogène. . . . 3,80

Formule : G^H^Az^O^ Azote 35.44

[C8H6Az406] Oxygène 30,48

A. État naturel. — L'allantoïne se trouve dans le liquide allantoïque de la vache et dans l'ui-ine des jeunes veaux, tant que ceux-ci tètent, ou, d'une manière générale, tant qu'ils sont nourris avec du lait. On l'a en outre rencontrée dans l'eau de l'amnios et dans l'urine des enfants nouveau-nés pendant les 8 premiers joui 3 après la naissance. Städeler a découvert de l'allantoïne dans l'urine de chiens atteints de troubles respiratoires; Meissner et Jolly l'ont aussi trouvée dans l'urine du chien, à côté de succinate de soude, à la suite d'une alimentation riche en graisse longtemps continuée ; Köhler l'a rencontrée dans l'urine des lapins, dans les poumons desquels de l'huile avait été injectée. Enfm, Schottin l'a trouvée dans l'urine humaine, après ingestion de grandes quantités d'acide tannique. L'allantoïne prend naissance aux dépens de l'acide urique, lorsqu'on traite celui-ci avec du per-

^ Dali' Instiiuio fisiol. cH Pavia. 1869-

' Silziingsberichi d. Wien. Akad., t. LXIII, '1,

5 Archiv, d: Heilk. 1867, ].. 422.

* Zeitschrift, f. rai. Med. 1868, t. XXXI, p. 522.

NELUALLU ET VOGEL. DE l'üXUNE. 2" ÉÛIT.

oxyde de plomb, du ferricyanide de potassium ou du permanganate de potasse.

B. Préparation. — On triture de l'acide urique avec de l'eau de manière à faire une bouillie claire, on chauffe à l'ébuUition et l'on ajoute par petites portions du peroxyde de plomb, jusqu'à ce que la couleur brune de ce dernier ne disparaisse plus. Par le refroidissement l'allantoïne se sépare du liquide filtré en beaux cristaux, tandis que l'urée reste en dissolution dans l'eau-mère.

C. Caractères microscopiques. — Examinée au microscope l'allantoïne parait sous forme de cristaux prismatiques,

\\ A / / parfaitement transparents, brillants, in- ^^^^) \4 colores, dont la forme primitive est le

^ r\ prisme rhomboidal et qui dans des solu-

tions concentrées se réunissent en groupes étoilés (fig\ 18).

D. Caractères chimiques. — L'allantoïne est sans saveur et sans réaction sur les couleurs végétales ; elle est soluble dans IGO parties d'eau froide, elle se dissout plus facilement dans l'eau bouillante. L'alcool bouillant la dissout également, mais la plus grande partie se sépare par le refroidissement. Elle est insoluble dans l'éther.

1 . L'allantoïne traitée par les alcalis absorbe de l'eau et se dédouble en acide oxalique et en ammoniaque.

2. L'acide azotique bouillant la décompose en urée et en acide allantoïque.

3. Si l'on ajoute à une dissolution saturée d'allantoïne de l'azotate d'argent et de l'ammoniaque, une combinaison d'allantoïne et d'oxyde d'argent se précipite sous forme de flocons blancs, qui, examinés au microscope, consistent en globules transparents parfaitements sphériques. La combinaison sèche contient 40,75 p. 100 d'argent.

4. Le sublimé ne précipite pas une dissolution d'allantoïne, mais celle-ci est comme Turée précipitée par une dissolution d'azotate de bioxyde de mercure.

5. Mise en contact avec de la levûre à une température de 50 degrés, l'allantoïne se décompose en urée, Oxalate et carbonate d'am^ moniaque. En même temps il se produit un nouvel acide sirupeux, qui est peut-être identique avec un acide également sirupeux, que j'ai vu se former à coté de l'allantoïne et de l'urée dans le traitement de l'acide urique par le permanganate de potasse.

Fj<!. 18. — Allantoïne.

§ 35 ALLANTOÏNt'. 151

E. Recherche qualitative. — Pour rechercher l'allantoïne dans l'urine, on précipite celle-ci avec de l'acétate neutre de plomb, on filtre et avec de l'hydrogène sulfuré on débarrasse le liquide filtré du plomb en excès. On évapore à sec au bain-marie la solution filtrée et l'on épuise le résidu avec de l'alcool étendu bouillant. Après le refroidissement du liquide filtré, concentré par évaporation si c'est nécessaire, et s'il y a de l'allantoïne, et il se dépose des cristaux, que l'on essaye après une nouvelle cristallisation dans l'eau bouillante. Indépendamment de la forme microscopique de l'allantoïne pure sur laquelle on pourra se baser, la combinaison d'allantoïne et d'oxyde d'argent (D, 5) notamment est par ses globales transparents tout à fait caractéristique. — D'après Meissner, on procède de la manière suivante : on précipite l'urine par l'eau de baryte, on élimine l'excès de baryte par l'acide sulfuiique, qu'il faut avoir bien soin de ne pas employer en excès, et l'on mélange le liquide filtré alcalin avec une solution concentrée de sublimé tant qu'il se produit un précipité. On neutralise le mélange devenu maintenant acide avec de la potasse caustique et l'on ajoute encore du sublimé. Les précipités rassemblés sont suspendus dans l'eau et décomposés par l'hydrogène sulfuré. Du liquide filtré évaporé, l'allantoïne se sépare en cristaux. Avant l'examen microscopique et la préparation de la combinaison d'argent caractéristique, il est convenable de faire recristalliser l'allantoïne obtenue dans l'eau bouillante.

L'urine des jeunes veaux est évaporée au bain-marie à consistance de sirop et abandonnée plusieurs jours au repos. Le^ cristaux séparés sont lavés avec de l'eau et chauffés à l'ébullition avec une petite quantité de ce même liquide. On décolore la solution avec du charbon animal, on filtre bouillant, on ajoute quelques gouttes d'acide chiorhydrique pour empêcher la séparation du phosphate de magnésie, on laisse refroidir, et l'allantoïne se dépose en cristaux ténus soudés en faisceaux.

L'urine des veaux est fortement acide par opposition à celle du taureau adulte, qui ne se nourrit plus de lait. Elle contient autant d'urée et d'acide urique que l'urine humaine, mais pas d'acide hippurique, tandis que l'urine delà vache, riche eu acide hippurique, ne renferme pas d'allantoïne.

Alloxane. — Cet intéressant produit d'oxydation de l'acide urique (§ 6, 6 et 7) n'a été jusqu'à présent trouvé qu'une fois par Liehig^ dans le mucus de l'intestin atteint de catarrhe, et dans ces derniers temps G. Lang ^ a signalé sa présence dans l'urine d'un malade atteint d'une affection du cœur.

' Annalen d. Chemie u. Pharm., t. CXXI, p. 80.

- Centralbl. f. med. Wiesenschaft, 1867, p. 63. Zeitschrift für aiialyt. Chemie, L. VI, p. 294.

§ 36. Lencine.

Carbone 54,90

Hydrogène. . . . 7,92

Formule : G^Hi^AzO- Azote 10,68

[Ci'^ll»'^AzO*J Oxygène 24,44

A. État naturel. — La leucine a d'abord été obtenue comme produit (le déconiposition de substances animales riches en azote, aussi bien lors de la putréfaction de ces matières qm par l'action des acides forts et des alcalis, mais dans ces derniers temps on a reconnu qu'elle faisait partie constituante, à l'état normal comme à l'état pathologique, de différents organes et de tumeurs de l'homme et des animaux, où elle existe souvent en même temps que de la tyrosine. D aprés les recherches récentes de Radziejewsky • la leucine se trouve à l'état normal dans le pancréas, dans la rate, dans les ganglions lymphatiques, les glandes salivaires, dans le corps tliyroide et le thymus, dans le foie, et peut-être aussi dans les reins ; elle manque dans les testicules, les poumons, le cœur et les autres muscles, dans le cerveau, le sang, Turine, la salive et la bile. A l'état pathologique, la leucine apparaît dans l'urine dans plusieurs maladies, le typhus, la variole, les affections hépatiques, mais surtout, et avec delà tyrosine, dans l'atrophie aiguë du foie. — V. Gorui)-Besa7iez a trouvé de la leucine avec de l'asparagine dans le germe de la vesce.

B. Caractères microscopiques. — La leucine impure, telle qu'on vient de la séparer des liquides animaux, cristallise en masses granuleuses, qui se présentent sous forme de sphères, le plus souvent colorées en jaunâtre, en partie striées concentriquement et munies çà et là de pointes fines; ces sphères, examinées au microscope, n'offrent aucune forme cristalline déterminée, mais fréquemment elles rappellent les cellules adipeuses sphériques (fig.iO). A l'état pur la leucine cristal-

< Archiv, f.pathul. Anal-, l. XXXVl, p. 1. Zeilsclirift. f'.anulijl. Clicmic, l. V, ]». 4(iG.

Fig. 19. — Leucine.

§ 5G LEUCINE. 133

lise en groupes constitués par des lamelles ou des écailles, dont les contours sont souvent difficiles à distinguer. Fréquemment on voit des angles isolés sous forme de lignes noires parfaitement nettes, de telle sorte qu'au premier coup d'œil plusieurs cristaux paraissent seulement comme des aiguilles capillaires se terminant par deux pointes.

G. Caractères chimiques. — i. La leucine pure forme des houppes cristallines blanches, elle est grasse au toucher et n'a ni odeur, ni saveur. L'eau la mouille difficilement, mais elle la dissout assez facilement ; elle est plus difficilement soluble dans l'alcool, et tout à fait insoluble dans l'éther. Les acides et les alcalis la dissolvent avec facilité.

2. Chauffée avec précaution à environ 170 degrés dans un tube de verre ouvert à ses deux extrémités, la leucine sublime, sans commencer par fondre, en masses floconneuses qui, entraînées par le courant d'air, voltigent la plupart dans l'air comme l'oxyde de z'nc. — Lorsqu'on chauffe plus fortement, à 180 degrés, la leucine fond et se dédouble en acide carbonique et en amylamine.

5. Si l'on ajoute de l'ammoniaque à un mélange bouillant de leucine et de solution d'acétate neutre de plomb, il se sépare une com binaison de leucine et d'oxyde de plomb sous forme de belles lamelles brillantes.

4. Une dissolution d'azotate de bioxyde de mercure ne précipite pas une dissolution de leucine absolument pure. Si ce réactif produit un précipité, cela indique un mélange de tyrosine, notamment si le liquide qui surnage se colore en rougeâtre ou en rouge rose.

5. Lorsqu'on met la leucine en contact avec les matières animales en putréfaction, ainsi que lorsqu'on la fond avec de l'hydrate de potasse, elle se transforme en acide valérianique et en même temps il se forme de l'acide carbonique, de l'ammoniaque et de l'hydrogène.

6. Si l'on évapore avec précaution de la leucine pure sur une lame de platine avec de l'acide azotique, il reste un résidu incolore presque invisible. Si l'on verse sur ce résidu une goutte de lessive de soude et si l'on chauffe, la leucine ainsi traitée se dissout en donnant, suivant sa pureté, un liquide parfaitement transparent ou bien plus ou moins coloré. Si l'on concentre avec précaution sur une lame de platine ce liquide en le chauffant sur la lampe, au bout de peu de temps il se réunit en une goutte oléagineuse, ne mouillant pas la lame de platine, mais dépourvue d'adhésion et roulant sur le métal. Ce phénomène est très-caractéristique pour la leucine, même incomplètement pure. {Scher er.)

7. La leucine en solution alcaline est décomposée par le perman-

gaiiate de potasse en ammoniaque, acide carbonique, acide oxalique et acide valérianique.

8. Si l'on chauffe la leucine dans un petit tube avec du peroxyde de manganèse et de l'acide sulfurique étendu, il se dégage promptement l'odeur caractéristique du valéronitrile et celle de l'acide valérianique, si l'on pousse l'oxydation plus loin, en enployant par exemple de l'acide sulfurique concentré.

D. Préparation et recherche qualitative. — (Voy. Tyrosine.)

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