PUS
Dans ce but, on dépose un peu de précipité sur le porte-objet, on ajoute une trace de sel marin, puis de l'acide acétique cristallisable. En chauffant doucement les substances se dissolvent et, après le refroidissement, on trouve sous le microscope les cristaux caractéristiques d'hémine (Struve M.
La réaction est d'une sensibilité extraordinaire. En procédant comme il vient d'être dity Berg^ est parvenu à découvrir d'une manière positive, à l'aide des cristaux d'hémine les plus beaux, une goutte de sang dans 450 ce. d'urine.
e. Une autre méthode pour la recherche du sang dans l'urine a été indiquée par Almén'\ On mélange quelques centimètres cubes de teinture de gaïac avec un égal volume d'essence de térébenthine, on agite jusqu'à ce qu'il se soit formé une émulsion,et ensuite on ajoute celleci avec précaution à l'urine à essayer. Lors du contact de l'émulsion avec l'urine, la résine de gaïac est séparée rapidement sous forme d'un précipité blanc, qui plus tard devient jaune sale ou vert. Mais si l'urine contient du sang, même seulement des traces , la résine se colore en bleu plus ou moins intense, souvent presque en bleu-indigo. AvecJ'urine normale ou une urine contenant de l'albumine ou du pus, cette coloration ne se produit pas.
§ 53. Pus.
Il n'y a que le microscope qui permette de reconnaître avec certitude la présence du pus dans l'urine.
A. Caractères microscopiques. — Les corpuscules normaux du pus paraissent au microscope sous forme de vésicules rondes pâles, nettement granulées et de grosseur variable. Ce qu'il y a de particulièrement important à observer dans ces corpuscules, c'est un noyau parfaitement visible qu'ils renferment le pHis souvent, et qui dans un grand nombre de ces petits corps est simple, mais qui dans d'autres offre des formes différentes et est segmenté de diverses manières (pl. I, fig. 6; pl. III, fig, 5). Tous les corpuscules du pus n'ont pas des contours nets, mais dans un grand nombre ceux-ci sont peu distincts et paraissent comme effacés.
1. Action de Veau sur les corpuscules du pus. — Si l'on étend du pus frais avec une grande quantité d'eau distillée, on voit aussitôt les corpuscules se gonfler beaucoup, et devenir extrêmement pâles, et leurs bords s'amincir ; généralement, leur surface granulée disparaît, tandis que les noyaux deviennent plus évidents, et indé-
' Zeitschrift, f. analyt. Chem., t. XI, p. 29.
2 Hyiea, t. 54, p. 2. Stockholm, 1875.
^ Zeitschrift f. analyt. Chem., t. XIII, p. 104.
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pendammcnl de ceux-ci on aperçoit encore de petits granules, sombres et semblables ] ;i des points. ;
2. Action de V acide acétique sur les corpuscules du pus. — Si nous faisons agir sur
du pus de l'acide acétique étendu, ou bien un autre acide organique, ainsi que des j acides minéraux fortement étendus, les corpuscules se gonflent de manière à acquérir i quelquefois le double de leur volume primitif; leur surface perd son aspect gra- ; nulé, les parois elles-mêmes deviennent extrêmement transparentes, et souvent elles crèvent de telle sorte qu'avec un bon éclairage on peut encore distinguer çà et là j leurs débris dentelés et fendus de diverses manières. Les noyaux dont il a déjà été ] question plus haut apparaissent d'une manière très-évidente, avec des formes diffé- j rentes et en nombre variable ; tantôt ils sont simples, et alors ronds, ovales, lenticulaires ou en fer à cheval ; tantôt ils sont doubles ou triples, ou quadruples, et groupés différemment, suivant la manière dont ils se produisent par suite de la segmentation des noyaux simples (pl. III, lig. 3, moitié inférieure).
3. Les alcalis caustiques détruisent rapidement les corpuscules du pus; cependant ils ne les dissolvent pas complètement. Fréquemment les corpuscules restent visibles pendant un peu de temps, mais on est sûr de les faire disparaître en ajoutant de l'eau, et alors ils ne laissent qu'un résidu gélatineux, dans lequel on peut reconnaître quelques petits points plus ou moins clairs.
B. Recherche qualitative. — Par le repos, le pus descend trèspromptement au fond du vase dans une urine acide, et l'on peut alors, après avoir décanté l'urine surnageante à l'aide d'un siphon, le soumettre facilement à un examen microscopique (pl. I, fig. 6; pl. Il, fig. 3; pl. III, flg. 3). Les sédiments purulents sont fréquemment accompagnés de globules sanguins, que l'on peut reconnaître à leur couleur rougeâtre, ou encore plus sûrement à l'aide du microscope. Dans les deux cas l'urine claire renferme de l'albumine (g 23, G). — Dans l'urine alcaline, le pus éprouve une modification essentielle, qui est d'autant plus importante, que précisément, dans les catarrhes de la vessie, etc., des quantités de pus souvent considérables sont fréquemment éliminées avec des urines alcalines. Les alcalis transforment le pus en une masse muco-gélatineuse, qui adhère fortement aux parois des vases, dans laquelle le microscope ne montre plus aucun corpuscule de pus, et que l'on peut facilement prendre pour du mucus. Cependant dans la plupart des cas on réussit à trouver, outre cette masse visqueuse et gélatineuse, un assez grand nombre de cellules de pus en suspension dans l'urine ; il suffit pour cela de soumettre ce liquide à un examen microscopique, le plus près possible du moment où il a été éliminé. — L'action exercée sur le pus par les alcalis, dont il a été question précédemment, peut servir pour le distinguer du mucus. On arrose avec une lessive de potasse concentrée le sédiment en question ; alors le pus se coagule en donnant la masse gélatineuse indiquée précédemment, tandis que le mucus se dissout en formant un liquide peu consistant et tenant des flocons en suspension. (Procédé de Donné.)
§ 55 CYLINDRES URINIFÈRES. 169
Ainsi qu'on l'a déjà remarqué précédemment, lorsque l'urine renferme du pus, elle contient aussi toujours de l'albumine provenant du sérum du pus ; par conséquent, on peut, d'après la quantité d'albumine renfermée dans l'urine préalablement filtrée, déterminer approximativement la proportion du pus, en supposant toutefois que l'on ait des raisons suffisantes pour exclure l'existence simultanée d'une albuminurie véritable. En outre, lorsque du sang existe en même temps dans l'urine, il doit être également compté comme la source d'une partie de l'albumine.
§ 53. Cylindres iirinifères K
Dans plusieurs maladies, et surtout dans la maladie de Bright, on remarque dans le sédiment de l'urine des corps particuliers on forme de tubes ou de cylindres. Il y a déjà longtemps que ces corps ont été observés, et ils différent un peu par leur structure ; c'est ce qui fait que Lehmann les a divisés en trois espèces différentes :
1. Tubes qui paraissent être constitués par la couche épithéliale elle-même des tubes de Bellini; ils se rencontrent dans presque toutes les irritations inflammatoires des reins, et forment des tubes réguliers, sur lesquels se trouvent groupés à peu près en forme de rayons de miel de petites cellules avec leur noyau (pl. I, fig. 4).
2. Tubes qui paraissent être formés par les produits de l'exsudation des tubes de Bellini et qui ont conservé la forme de ceux-ci. Ces cylindres constituent des fragments granulés, qui fréquemment sont recouverts de corpuscules de sang et de pus. Ils semblent être formés par de la fibrine; c'est du moins ce que paraît indiquer leur facile solubilité dans les alcalis ; et lorsqu'on les met en contact avec ces . corps, parmi les globules sanguins et ;^urulents qu'ils renferment, les uns sont décomposés et les autres restent en suspension dans le liquide (Pl. I, fig. 6). On les rencontre toujours dans la maladie de Bright. {Frerichs, Die Bright'sche Krankheit.)
3. Enfin, on remarque aussi quelquefois des tubes qui consistent en cylindres creux munis de parois si transparentes, que ce n'est qu'avec peine que l'on peut au microscope les distinguer du liquide qui les entoure. Ils sont fréquemment aplatis, ils forment des plis, et il semble qu'ils sont enroulés autour d'un axe. Dans la forme chronique
^ Voyez: G. L. Rovida. Ueber das Wesen der Harncylinder. Jahresbericht ü. d. Fortschritte d. Thierchemie von K. Malij, 187'2, p. 184 et 187. H. Senator. Ueber die im Harn vorkommenden Eiweisskürper und die Bedingungen ihres Auftretens, über Harncylinder und Fibrinamschwiizung. Virchow's Archiv, t. LX, p. 476.
de la maladie de Brigth,onne les rencontre ordinairement qu'à l'état isolé (Lehmann), (Pl. I, fig. 5.)
Recherche. — Pour reconnaître avec certitude ces produits extrêment importants, on laisse reposer pendant plusieurs heures, dans un tube étiré en pointe à sa partie inférieure, l'urine, qui presque toujours est fortement albumineuse. Le sédiment formé est généralement blanc et floconneux ; ou s'il y a d'autres susbtances, il constitue une masse plus dense. Dans ce sédiment, examiné à un grossissement de i80 à 200 diamètres, on constate facilement la présence des tubes uriniféres. Les cylindres, souvent très-transparents, indiqués au n° 3 peuvent quelquefois se soustraire à l'observation, mais ils deviennent visibles dès qu'on colore le sédiment examiné en jaunâtre à l'aide d'une solution d'iode dans l'iodure de potassium, ou en rougeâtre avec une solution pas trop concentrée de fuchsine. — Gomme fréquemment on ne rencontre que de petites quantités de ces cylindres, on doit, afin d'être plus sûr, préparer différents spécimens et les examiner avec soin. Ces sédiments sont souvent accompagnés de gouttes graisseuses, de pus, d'èpitliélium, de sang, etc.
On fera attention à ne pas prendre pour des cylindres granulés le coagiilum muqueux indiqué § 50, à propos du mucus, et qui se trouve fréquemment dans l'urine acide à côté des urates (pl. Il, fig. 2). (Yoy. Mucus, § 50.)
Matières tuberculeuses et cancéreuses : voy. § 115, 2*^ partie.