SANG
les bandes d'absorption précédemment décrites et caractéristiques de l'hémoglobine (pl. IV). (Pour la manière de procéder, voy. plus loin 2 a.)
2. Lesglobules sanguins sont détruits, l'urine contient de la méthémoglobine.
L'urine qui renferme de la méthémoglobine peut être colorée en brun-rouge et même en noir. On essaye de la manière suivante :
a. On verse une certaine quantité de l'urine filtrée dans un vase B (fig. 30), muni de deux parois en cristal planes et parallèles ; on place ce vase près de la fente du spectroscope, on éclaire avec la lumière solaire ou bien avec une lampe à gaz, ou à huile donnant une flamme bien claire, et l'on observe le spectre par la lunette F. Si la quantité de méthémoglobine n'est pas trop considérable, si par conséquent l'urine n'est pas trop fortement colorée, la raie caractéristique entre les raies spectrales G et D apparaît immédiatement et placée de telle sorte qu'elle se trouve plus près de G que de D (pl. IV). Dans le cas contraire, c'est-à-dire si la proportion de méthémoglobine est trèsconsidérable, une partie plus ou moins grande du spectre sera effacée et elle ne reparaîtra que lorqu'on aura étendu avec de l'eau l'urine à essayer, jusqu'à ce qu'on aperçoive la raie d'absorption caractéristique de la méthémoglobine.
h. On chauffe à l'ébullition un deuxième échantillon de l'urine filtrée. S'il y a de la méthémoglobine, il se produit un coagulum constitué par de l'hématine et une matière albuminoïde, et qui le plus souvent a une couleur rouge-brun et presque noire après la dessiccation. Si nous traitons à une douce chaleur avec de l'alcool sulfurique ce coagulum préalablement lavé, il prendra une couleur plus ou moins rouge ou brun rouge, et après une concentration suffisante il montrera au spectroscope les raies d'absorption décrites en A et caractéristiques de l'hématine et de la méthémoglobine (pl. IV).
c. On mélange avec un peu de lessive de soude un troisième échantillon de l'urine à essayer, on chauffe à l'ébullition et on laisse reposer quelque temps. Les phosphates terreux en se précipitant entraînent l'hématine formée par la décomposition de l'hémoglobine ou de la méthémoglobine, et ils paraissent tantôt rouge brun, tantôt d'un beau rouge de sang, et souvent avec un reflet vert à la lumière réfléchie. 'Cette réaction ne permet pas de distinguer entre elles l'hémoglobine, la méthémoglobine et l'hématine.
Si le coagulum phosphaté est coloré par de la rhubarbe, du séné, de la santonine, etc., et non par de l'hématine, il se distingue parce qu'il ne devient pas dichroïque par l'action de la potasse, comme cela a lieu pour celui qui renferme de l'hématine, mais parce que, avec le temps, surtout a l'air, il se colore en violet.
d. Le tannin est un excellent réactif pour séparer de faibles traces de sang. On mélange le liquide à essayer avec un peu d'ammoniaque ou de lessive de soude, puis avec une solution de tannin et enfin avec
de l'acide acétique jusqu'à réaction nettement acide. S'il y a du sang, il se forme un précipité coloré, qui se sépare rapidement du liquide. Le précipité est du tannate d'hématine. Après lavage et dessiccation, il est tout à feit convenable pour la préparation des cristaux d'hémine.