CHAMPIGNONS. INFUSOIRES
dans un verre terminé en pointe à sa partie inférieure (verre à Champagne), parce qu'alors les animalcules descendent au fond du vase avec les flocons de mucus. En décantant avec précaution, on enlève la plus grande partie du liquide qui surnage, et l'on porte sur le microscope une goutte du sédiment qui se trouve dans la pointe du verre. S'il y a des spermatozoïdes, ils se montrent avec leur forme de larve de grenouille décrite précédemment. On doit faire l'observation avec un grossissement de 500 à 500 diamètres. Dans l'eau pure, de même que dans l'urine, notamment dans l'urine fortement acide ou alcaline, le mouvement se perd promptement ; souvent alors les spermatozoïdes subissent un changement de forme particulier : la partie postérieure de l'animalcule est recourbée en avant en forme de lacs, et souvent elle est enroulée autour de la portion antérieure. En outre, l'observation de Lehmann mérite d'être remarquée : il a vu que l'urine renfermant du sperme devient facilement alciline, et que dans son sédiment muqueux, même s'il n'y a que peu de spermatozoïdes, on trouve des flocons particuliers, légers, semblables à des lamelles et très-transparents.
Clemens a observé fréquemment du sperme imparfaitement formé éliminé avec l'urine ; les spermatozoïdes se trouvent encore dans leurs cellules et ils adhèrent à l'enveloppe par leur tête et par leur queue ; rarement ils étaient doués du mouvement, que l'on observe seulement chez ceux qui sont complètement développés. En même temps que ces cellules spermatiqucs. Clemens a souvent vu dans l'urino de personnes atteintes de spermatorrhée des cellules globuleuses ayant 0"°™,0099 à (^"""lo de diamètre, remplis de fms granules qui le plus souvent se trouvaient presque tous placés d'un seul côté de la cellule Ces cellules ne sont autre chose que les cellules mères des spermatozoïdes. Généralement, on trouve ces éléments dans les dernières gouttes de l'urine qui est émise par les personnes déjà très-affaiblies par une spermatorrhée, ainsi que par les malades atteùits de typhus. [Cansla/t's Ja/iresbcriclU, 1860, p. 285.)
g 55. Champignons. Infusoires.
Au microscope, on observe des champignons et des infusoires dans toute urine qui a été abandonnée pendant longtemps à elle-même ; mais on peut aussi en observer dans l'urine tout à fait fraîche, si celle-ci a déjà commencé à se décomposer dans l'intérieur de la vessie, comme cela a lieu assez fréquemment, par exemple dans le catarrhe des parois vésicales.
Les infusoires sont généralement très-petits. Le plus fréquemment on trouve des monades punctiformes, ou bien des vibrions sous forme de chapelets ou de ramifications. Ils se forment surtout abondamment dans les urines riches en mucus et en albumine, lorsque ces liquides sont abandonnés à eux-mêmes. D'après les recherches de H. Baille^, on rencontre très-fréquemment dans certaines urines patho-
^ Journ. de Pharm, et de Chim. 1863, t. II, p. 45
logiques fraîclioment éliminées des vibrions vivants, dont, on peut reconnaître six espèces diiférontes, se distinguant par leur forme, leur grosseur et leurs mouvements. Les plus petits de ces vibrions ont 1/1000 de millimètre, et les plus gros 1/500. Toutes les urines de malades n'en contiennent pas. Mais Daille a remarqué que chez les personnes atteintes d'affections des voies aériennes, les urines présentaient presque toujours des infasoires immédiatement ou très -peu de temps après leur émission. Cependant nous ne devons pas omettre de dire que, d'après Hallier^, des formes très-dilTérentes de champignons, des vibrions et des leptothrix ont été décrits fréquemment, et par Pasteur notamment, comme des bactéries et des Monas crepusculimi. Hassal a remarqué dans l'urine une deuxième espèce d'infusoire, le Bodo urinarius; les individus qui sont vivants et se meuvent sont ovales ou ronds, et ont un diamètre égal à IjOO à HlOO de millimètre ; ils sont granulés et semblables à des cellules de mucus. Souvent ils sont plus larges à une extrémité, et en différentes parties ils sont pourvus d'un ou, plus généralement, de deux ou de trois fdaments ou cils. Ils se multiplient par division. D'après Hassal, ils ont la plus grande analogie avec le Bodo intestinalis d'Ehrenberg. On les rencontre surtout fréquemment dans l'urine albumineuse, à côté de vibrions.
Parmi les champignons, on rencontre très-fréquemment le champignon de la fermentation urinaire; ce produit se présente sous forme de cellules à noyaux rondes ou ovales qui se forment aux dépens du mucus décomposé. Les champignons de la fermentation sont tantôt isolés, tantôt réunis plusieurs ensemble, de manière à constituer des séries et des groupes (pl. II, fig. 2 et 4). Lorsque la fermentation est plus avancée, ils accompagnent fréquemment les sédiments d'urates, d'acide urique libre et d'oxalate de chaux.
D'après VanTicyhem-, la fermentation alcaline de l'urine serait sous la dépendance du développement d'une torulacée constituée par des cellules globuleuses réunies sous forme de chapelets; ces cellules ont 0,0015 millim. de diamètre, elles ne sont pas granulées, et l'on ne trouve aucune différence entre leur enveloppe et leur contenu. Ce ferment paraît se multiplier par bourgeonnement, et il ne se développe jamais à la surface du Hquide, mais soit à l'intérieur de celui-ci, soit au fond du vase, où il finit par se former un dépôt blanc mélangé avec les sels qui se sont séparés (voy. p. 11). Suivant Hallier^, dans la fermentation ammoniacale, il n'y a que des cellules à noyau qui soient actives, car lorsqu'il déposait dans de l'urine bouillie d'hommes sains des spores de Penicillum, il ne se développait que de la levûre à noyau, dont la quantité était incalculable.
Les champignons ovales et transparents qui se forment dans la fermentation de l'urine diabétique sont beaucoup plus gros que ceux indiqués précédemment, et par leur forme et leur développement ils ressemblent aux cellules de la levure ordinaire. Leur forme est généralement un peu oblongue, quelquefois aussi ronde, leur grosseur est variable ; tous ont un noyau parfaitement évident, qui souvent paraît sous forme de trou. D'après Hallier, on rencontre aussi dans la vessie des champignons aux dépens desquels peuvent se former dans l'urine diabétique, même à l'intérieur de cet organe, des cellules de levure. A la surface de l'urine diabétique ancienne il se développe aussi souvent des filaments confervoïdes renfermant des spores ; ces produits sont ramifiés dichotomiquement, et après un long repos de l'urine ilsfor- ■ ment des enchevêtrements tellement serrés qu'ils couvrent entièrement le champ delà vision (fig. 32). Hallier et d'autres pensent que ces champignons d'une organisation plus élevée peuvent, dans des circonstances favorables, se former aux dépens des cellules de levûre,mais ce fait est contredit par de Bary et Reess^. Has-
* Hallier, Gährungserscheinungen, Leipzig, 1867, p. 66, etc.
^ Recherches sur la fermentation de Vurée et de l'acide hippurique. (Thèses de la Faculté des sciences de Paris, n" 2o6, 1864.) ^ Loc. cit., p. 64.
* M. Rees, Z)ïe Alkoholgährungspihe. Leipzig, 1870.