‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 49 sur 185 · CHAMPIGNONS. INFUSOIRES · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS. INFUSOIRES

sal a encore observé d'autres formations de champignons dans l'urine alcaline et albumineuse.

Disons enfin que Letzcrich^ a découvert que dans l'urine des personnes atteintes de diphthérie on rencontre des quantités pins ou moins considérables de spores de champignons ou de champignons en voie de développement. Ces derniers se trouvaient sur des masses exsudatives finement granuleuses, un peu colorées en jaunâtre, qui, unies avec eux, flottaient dans l'urine et la rendaient légèrement trouble.

La sarcine a été récemment trouvée par Ph. Münk dans l'urine d'un homme de 43 ans. Ce liquide fraîchement émis avait toujours une réaction alcaline, il était trouble et contenait un peu d'albumine.

Au microscope on trouvait, avec de l'épithélium, quelques globules de sang et de pus, des vibrions et du triple phosphate de cubes transparents de sarcine à anglei (fig. 55). Si l'urine restait un peu en repos, il se formait promptement un dépôt blanchâtre extrêmement abondant qui, généralement était formé de sarcine et des autres corps nommés plus haut, et qui, notamment dans les mois de mai et de juin, occupait dans le vase la cinquième ou la vingtième partie de la hauteur totale de l'urine émise en vingt-quatre heures. Dans les mois d'automne, la sarcine diminuait beaucoup et elle était presque nulle à la fin d'octobre

Fil'-. 52.

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Fig. 53. — Sarcine.

Münk trouva des éléments de sarcine isolés et des cubes formés de 8, 64 et éléments. Indépendamment de ces formes, on trouvait aussi des masses provenant du fractionnement de cubes plus gros, notamment de ceux de 512 éléments. Les éléments isolés avaient de 0°"",0008 à O^'^OOlô de diamètre ; le diamètre des cubes composés de 8 éléments variait de O^^jOOlG à 0'"'",003i ; celui des cubes de 64 éléments, de ü'"'",0032 à 0"°"",006; enfin, celui des cubes de 512 éléments de O^^jOOS à ()mm^012. Par conséquent, dans ce cas aussi la sarcine de l'urine était beaucoup plus petite que celle de l'estomac. La forme particulière décrite par Virchow pouvait être reconnue distinctement dans les groupes de cubes si on faisait rouler la préparation sous le microscope. La réaction de l'urine paraît être sans influence sur le développement de la sarcine; dans ce cas elle était toujours alcaline; dans celui observé par Welker, elle était acide; dans d'autres elle était neutre de temps en temps. (Archiv, f. path. Anat. u. Physiol., t. XXII, p. 570.)

* Virchow's Archiv., t. LU, p. 253.

Nous nous occuperons dans ce paragraphe des changements qu'éprouvent les substances médicamenteuses ou autres , lorsqu'elles passent dans l'urine. On comprend immédiatement combien est importante l'étude de ces changements, car elle nous renseigne sur les diverses métamorphoses auxquelles est soumise la ma- . tière dans l'intérieur de l'organisme animal. Cependant, pour arriver par cette voie à des résultats d'une application générale, il est naturellement nécessaire d'effectuer de très-nombreuses recherches poursuivies jusque dans les plus petits détails. La marche la plus convenable à suivre, c'est d'observer le résultat auquel donne lieu l'introduction dans le corps de substances organiques dont la constitution chimique est parfaitement connue et dont les produits de décomposition ont été l'objet d'investigations complètes ; en se basant sur les modifications que ces substances éprouvent dans le corps animal, on peut arriver à des conclusions concernant les forces chimiques, qui, dans l'organisme et notamment dans le sang, président à la métamorphose de la matière.

Avant de passer à l'examen de chacune des substances en particulier, les faits suivants doivent d'abord être indiqués ;

Il est évident que les seules substances qui puissent passer dans l'urine sans avoir éprouvé d'altérations sont, en premier lieu, celles qui sont solubles dans l'eau et n'ont aucune tendance à former des composés insolubles avec les matières organiques ou inorganiques du corps animal. C'est pour ces raisons que l'on réussit facilement à trouver inaltérés dans l'urine la plupart des sels alcalins solubles. Si cependant nous introduisons dans le corps une substance non oxydée, mais qui ait de la tendance à absorber l'oxygène, nous la retrouvons oxydée dans l'urine ; tel est, par exemple, le sulfure de sodium qui passe toujours dans l'urine à l'état de sulfate de soude. Mais toutes les substances qui forment avec les matériaux du corps des combinaisons insolubles ou difficilement solubles, comme, par exemple, la plupart des métaux avec les substances protéiques, n'apparaissent dans l'urine, comme Ta découvert Orfila^ que si elles sont introduites dans le corps en très-grande quantité;

En outre, beaucoup de corps organiques subissent dans l'organisme des métamorphoses analogues ou semblables à celles qu'elles

sont susceptibles d'éprouver artificiellement dans des solutions neutres ou alcalines par l'action du permanganate de potasse et de l'ozone. D'autres substances sont si complètement oxydées que l'on ne réussit pas à retrouver dans l'urine elles ou leurs produits de décomposition ; au contraire, il y en a plusieurs qui abandonnent de l'oxygène et qui apparaissent dans l'urine à leur dernier degré d'oxydation.

Enfin, il faut encore faire attention au temps qu'emploie une substance pour passer dans l'urine. On peut admettre qu'en général les substances facilement solubles sont rapidement éliminées du corps avec l'urine; cependant l'individu lui-même paraît aussi avoir quelque influence ; ainsi Lehmann a observé que chez plusieurs personnes on ne pouvait plus trouver aucune trace d'iode dans l'urine, vingt-quatre heures après l'administration d'une dose de 0s%50 d'iodure de potassium, mais que souvent chez d'autres il était encore possible d'en découvrir trois jours après.

Nous allons maintenant examiner la manière dont se comporte dans le corps animal chacune des substances en particulier.

A. Sels des métaux lourds. — Gomme les sels des métaux lourds forment avec un grand nombre de substances animales, notamment avec les corps protéiques des combinaisons difficilement solubles, ils n'apparaissent dans l'urine que lorsqu'ils ont été introduits à haute dose dans l'organisme. Orfila retrouva dans l'urine de l'antimoine, de l'arsenic, du zinc, de l'or, de l'argent, de l'étain, du plomb et du bismuth après l'administration de fortes doses des sels de ces métaux, tandis qu'il ne put en découvrir que dans le foie et la bile, par conséquent aussi dans les excréments solides, lorsque les doses administrées étaient petites et fréquemment répétées.

Après l'usage interne du fer, on peut souvent découvrir immédiatement ce métal dans l'urine fraîche avec les réactifs ordinaires. [Lehmann.)

D'après Roussin, l'arsenic passerait dans l'urine à l'état d'arséniate ammoniaco*magnésien. Après l'administration d'une dose de 40 à 45 centigr.^ du plomb put être découvert par Moos dans l'urine directement avec l'hydrogène sulfuré.

Pour trouver les métaux lourds dans l'urine, on doit suivre les méthodes que Ton emploie dans les recherches judiciaires pour découvrir ces corps en présence de matières organiques, c'est pourquoi je me contente de renvoyer au Traite d'analyse chimique qualitative de Fresenius (traduit de Tallcmand par C. Forthomme).

Mercure. Dans ces derniers temps on a fréquemment employé avec avantage l'électrolyse pour découvrir le mercure dans l'urine; et à cause de l'importance du sujet la méthode dont s'est servi Schneider peut être placée ici. Dans chaque litre de l'urine à essayer on dissout 5 grammes de chlorate de potasse, on mélange avec de l'acide chlorhydrique jusqu'à réaction fortement alcaline^ et l'on chauffe au bain-

marie. Si pendant l'évaporation le liquide prend une couleur i'oncée, il faut ajouter une nouvelle quantité du corps oxydant, mais dans tous les cas chauffer jusqu'à ce qu'un échantillon, après addition d'acide clilorhydrique, n'exerce plus d'action décolorante sur les substances colorées. Il n'y a aucun avantage à pousser l'évaporation de l'urine jusqu'à cristallisation des sels, car, s'il est concentré à ce point, le liquide prend une coloration foncée. En outre, Schneider s'est assuré par un grand nombre d'expériences que les dissolutions si fortement concentrées ne sont pas convenables pour l'électrolyse. On a besoin, dans la plupart des cas, de très-grandes quantités d'urine. Schneider se servait poui' ses recherches de la quantité totale de l'urine de trois ou six jours (7 à 15 litres), qui était ensuite évaporée au bain-marie au 1/7 ou 1/8, après addition de chlorate de potasse et d'acide clilorhydrique. Pour l'électrolyse de ce liquide ainsi préparé, Schneider se sert d'une pile de Smee de six éléments (toute autre pile à courant constant peut, naturellement, tout aussi bien servir) ; le pôle positif de cette pile consiste en une lame de platine large de 4 centimètres, et le pôle négatif est un fil d'or de 1 millim. de diamètre, dont l'extrémité élargie est ovalaire et a 2 millim. de large. Afin de limiter la séparation du mercure sur une surface aussi petite que possible, l'électrolyse fut effectuée dans un vase plus large que haut. L'opération dura de 18 à 14 heures. Pour l'essai ultérieur du fil d'or, qui à la fin de l'expérience paraît amalgamé, s'il y a du mercure, on procède de la manière suivante : on introduit le fil d'or dans un tube de verre nettoyé avec soin ; ce tube est étiré à une extrémité en un prolongement capillaire et ensuite fermé à la lampe à l'autre extrémité. On chauffe au rouge dans toute sa longueur la partie du tube la plus large et contenant le métal; si au bout de cinq minutes environ un dépôt s'est produit sur la partie la plus froide du tube on le chasse en chauffant dans la partie capillaire, et l'on chauffe encore le métal afin de s'assurer s'il ne se forme pas un nouveau sublimé. Maintenant on sépare par fusion la portion du tube contenant le métal de l'extrémité capillaire, de telle sorte qu'il reste sur celle-ci une courte portion du tube large sous forme d'un renflement analogue à un ballon. Après le refroidissement on ouvre le renflement en pinçant l'extrémité étirée en pointe; ensuite avec un fil de verre on y introduit un peu d'iode et l'on ferme de nouveau. La vapeur d'iode monte dans la partie capillaire du tube et elle disparait dans les parties où il y a du mercure ; en outre, suivant la quantité de l'iode introduit, on voit apparaître des anneaux bruns, rouges ou jaunes. Si l'on chauffe avec beaucoup de précaution les anneaux bruns, l'iode qu'ils renferment se volatilise, et il reste des anneaux rouges d'iodure de mercure. Les anneaux rouges, ainsi que les jaunes, se volatilisent lorsqu'on chauffe plus fortement, mais ils se déposent immédiatement sur les parties plus froides, et ils prennent alors une couleur rouge qui toutefois, suivant les circonstances, peut passer au jaune. I es anneaux jaunes sont formés par une combinaison de protoiodure et de biiodure de mercure ; ils prennent naissance si l'iode a été ajouté en quantité insuffisante pour former du biiodure de mercure; si alors on introduit dans le tube capillaire un autre petit cristal d'iode et si l'on chauffe, les anneaux jaunes se transforment facilement en anneaux rouges. Au microscope les cristaux rouges paraissent sous forme d'octaèdres carrés, qui souvent sont placés les uns sur les autres par leurs faces, de telle sorte qu'ils représentent des fibres dentées analogues au chlorure d'ammonium.

En soumettant à l'électrolyse des urines riches en iodure de potassium, préalablement évaporées au dixième, après addition de chlorate de potasse et d'acide clilorhydrique, il ne fut pas possible, dans trois cas, de découvrir de mercure. Cependant, après que ces urines eurent été mélangées avec de l'acide sulfurique renfermant de l'acide azoteux, puis évaporées au bain-marie jusqu'à élimination complète de l'iode, le pôle négatif présenta des traces évidentes d'amalgamation, et avec les autres essais on obtint la réaction du mercure de la manière la plus nette. Conséquemment, il serait convenable de commencer par dépouiller de leur iode les urines qui contiennent des iodures métalliques; et c'est ce que l'on peut faire facilement en chauffant

le liquide au bain-niarie pendant que l'on y ajoute peu à peu de l'acide sulfurique saturé d'acide azoteux.

Maycnçon et Bergère/ ^ ont indiqué, pour la rocliorclie du mercure, un procédé simple, qui cependant ne conduit pas sûrement au but dans tous les cas. Dans l'urine à essayer on suspend un clou de fer auquel est fixé un fil de platine, et l'on ajoute ensuite de l'acide sulfurique pur, jusqu'à ce qu'il se produise un dégagement d'hydrogène. Le mercure se précipite à l'état métallique sur le fil de platine. Au bout d'une demi-heure environ on retire celui-ci, on le lave, puis on l'expose à des vapeurs de chlore, afin de transformer le mercure en sublimé. Si maintenant avec le fil de platine on frotte légèrement un petit morceau de papier à filtrer imbibé d'une solution d'iodure de potassium au centième, on obtient une trace rouge de biiodure de mercure, qui se dissout dans un excès d'iodure de potassium.

Kldzinshj évapore à sec l'urine traitée par le chlorate de potasse et l'acide chlorhydrique el, pour enlever le sublimé, il épuise le résidu avec de l'éther. D'après Schneider, ce procédé est tout à fait incertain, parce que du bichlorure de mercure uni aux chlorures alcalins sous forme de sels doubles peut être contenu dans le résidu. Ces Combinaisons sont presque insolubles dans l'éther, et pour cette raison on ne peut pas enlever de sublimé avec l'éther dans des résidus d'urines, si ceux-ci sont complètement desséchés. A cause de l'importance du sujet, je vais donner les résultats obtenus par Schneider :

1. Dans l'urine de syphilitiques qui n'avaient jamais été soumis à un traitement mercuriel on ne trouva pas de mercure à l'aide de l'électrolyse.

2. Le même résultat négatif fut obtenu en essayant l'urine d'individus qui avaient été soumis aul refois à un traitement mercuriel. Les recherches furent effectuées sur différentes personnes 14 jours, 5 mois et G mois après l'administration du mercure.

5. Pendant que l'on fait usage à l'intérieur de préparations mercurielles, l'urine contient constamment du mercure.

4. Les expériences de Schneider ne sont pas du tout favorables à l'opinion maintenant assez généralement répandue au sujet du mode d'action de l'iodure de potassium sur les métaux qui sont retenus dans l'organisme. Dans trois cas où immédiatement après un traitement par le sublimé de l'iodure de potassium fut administré, ce moyen ne favorisa pas d'une manière évidente l'élimination du mercure par l'urine.

5. Dans un cas d'hydrargyrose. qui se termina par la mort, l'urine fut trouvée très-riche en mercure, bien qu'on ne pût en soumettre à l'essai que 1200 centimètres cubes. Il en fut de même avec le cerveau et surtout avec le foie-.

Thallium. Suivant W. Marnié, on réussit facilement à découvrir le thallium dans l'urine en soumettant ce liquide à l'électrolyse, après l'avoir traité par le cldorate de potasse et l'acide chlorhydrique et ensuite concentré par évaporation. On porte directement dans la flamme du spectroscope le métal ainsi fixé sur un fil de platine et lavé avec soin à l'eau distillée; il est convenable de soumettre à l'essai aussi bien l'anode que le cathode^.

Cadmium. On recherche également ce métal en soumettant à l'électrolyse l'urine traitée par le chlorate de potasse et l'acide chlorhydrique*.

B. Acides minéraux libres. — D'après les recherches de C. Gaethgens^, 4'acide sulfurique étendu passe en partie à l'état lihre dans l'urine à la suite d'un long usage.

* Revue des sciences médicales, t. I, p. 539.

- Schneider, Veber das ehemische und electroly tische Verhallen des Qucchsilbem in thierischen Substanzen. Vienne, 1860.

^ Zeitschrift f. anal. Chemie, t. VI, p. 504.

* Ibid., t. VI, p. 298.

° Centralb. f. d. med. Wissenschaft, 1872, n° 55.

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