‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 54 sur 185 · L'aniline n'a pas été retrouvée par Wähler · texte numérisé non relu

L'aniline n'a pas été retrouvée par Wähler

A. Suivant Wähler , l'alloxantine se décomposerait en urée et autres substances.

5. L'allantoïne ne passe pas dans l'urine, elle n'augmente pas les proportions de l'oxalate de chaux, mais il est probable qu'elle se décompose en acide carbonique et urée.

^ Journ. f. pr. Chem-, t. XCVI, p. 87.

- Zeitschr. f. ùnalyt. Chem., t. IX, p. ri5S.

6. L'urée passe dans l'urine sans avoir éprouvé d'altération.

7. La g'uanine produit une aug-mentation importante de l'urée, mais, prise à très-haute dose, elle passe en partie avec les fèces.

8. Le glycocolle et la leucine, même s'ils sont pris en une seule fois en très-grande quantité, sont éliminés sous forme d'urée (0. Schnitzen et Nencki^).

9. Lorsque la sarkosine est introduite dans l'organisme, une partie se transforme en acide méthylhydantoïque, ime autre absorbe le groupe acide sulfamique et passe dans l'urine sous forme d'un corps sulfuré. On trouve donc dans l'urine, après l'ingestion de quantités suffisantes de sarkosine, deux corps bien caractérisés qui, chauffés avec de l'hydrate de baryte, se décomposent, d'une part, en acide carbonique, ammoniaque et sarkosine, et, d'autre part, en acide sulfurique, ammoniaque et sarkosine (Schultzen)^.

Schuitzen a extrait ces combinaisons de l'urine, d'après le procédé suivant: 1' irine éliminée pendant les deux heures qui suivent immédiatement le repas est précipitée complètement par l'acétate de plomb basique, le liquide filtré est agité avec de l'oxyde d'argent, puis filtré pour enlever l'oxyde d'argent en excès et le chlorure d'argent, et enfin traité par l'hydrogène sulfuré. Après tiltration du liquide, pour le débarrasser des sulfures métalliques, onl'évapore à consistance sirupeuse, onle mélange avec un excès d'acide sulfurique étendu et l'on agite souvent avec de grandes quantités d'éther. Ij'éther laisse un sirop incolore, qui contient les deux corps. En faisant bouillir avec du carbonate de baryte et traitant la solution concentrée par l'alcool absolu, on précipite le sel de baryte de la combinaison de la sarkosine avec l'acide sulfamique, tandis que la solution alcoolique laisse après évaporation le dérivé carbamique sous forme de magnifiques tables cristallines transparentes.

D'après les recherches récentes de Baumann, de de Méring'^ et de Salkowski'\ la majeure partie de la sarkosine traverse l'organisme sans éprouver d'altération, et se retrouve telle quelle dans l'urine. Mais comme l'acide méthylhydantoïque se transforme facilement avec perte d'eau en mèthylhydantoïne, Saikowski pense que ce corps peut aussi se trouver dans l'urine après ingestion de sarkosine. Enfin, une partie de la sarkosine (méthylglycocolle) peut aussi se transformer en méthylurée, absolument comme le glycocoUe se retrouve dans l'urine sous forme d'urée.

Mentionnons en outre que, d'après les recherches de Hoppe-Seyler et Baumann, l'acide méthylhydantoïque se forme facilement lorsqu'on chauffe pendant longtemps de la sarkosine avec de l'urée et un excès de baryte.

On peut découvrir la sarkosine dans l'urine de la manière suivante : on traite le liquide par l'acétate basique de plomb, on élimine le plomb, on évapore et on lait

^ Berichte der deutsch, ehem. Ge.sc//scft., 1869. p, 566. - Berliner Berichte, t. V, p. 578.

Berichte d. deulsche Chem. Gesellsch., t. VllI, p.584 * Ibid., p. 638.

des précipilalions fractionnées avec de l'éther alcoolique. Par traitement a^cc l'hydrate d'oxyde de cuivre on obtient ensuite une combinaison de cuivre et de sarkosine cristallisant bien. Si l'on dissout cette combinaison dans l'eau en ajoutant une goutte d'acide chlorhydrique, si l'on précipite le cuivre par l'hydrogène sulfuré et l'acide chloriiydrique par l oxyde d'argent, le li({uide liltré donne après évaporation des cristaux de sarkosine (Salkowski).

10. La taurine, introduite dans l'organisme, se comporte d'une manière analogue. Une petite portion passe inaltérée dans l'urine; la majeure partie absorbe le groupe acide carbamique, et reparaît dans l'urine sous forme d'acide taurocarbamique, qui cristallise en lamelles carrées, brillantes, et qui, traité par l'eau de baryte à 150-140'^, se décompose en acide carbonique, ammoniaque et taurine. Cet acide peut être préparé artificiellement en chauffant, à une douce température, de la taurine et du cyanate de potassium {Salkowski)^ .

Pour découvrir la taurine dans l'urine on précipite celle-ci par l'acétate basique de plomb, on filtre après plusieurs heures, on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans le liquide filtré, on évapore et l'on précipite par l'alcool absolu. On décante rapidement l'alcool et on le laisse reposer : au bout de 12 à 24 heures, la taurine se sépare en cristaux {Salkowski-) .

H. L'acétamide traverse rapidement le corps sans éprouver d'altération (0. Schnitzen et Nencki) ^.

12. L'amygdaline ne peut être retrouvée avec certitude; mais, d'après Lehmann et Ranke, l'urine contient des quantités considérables d'acide prussique.

15. La salicine est décomposée comme par des agents oxydants; l'urine contient de l'hydrure de salicyle, de la saligénine, mais ni sucre, ni acide phénique.

14. Santonine. Après l'emploi de la santonine, le liquide urinaire ressemble à une urine qui contient des pigments biliaires. L'urine, jaune ou verdâtre, passe au rouge cerise ou au rouge pourpre lorsqu'on y ajoute de la potasse caustique; cette réaction est caractéristique. La couleur n'est pas détruite par l'ébuUition, mais par l'addition d'un acide, et elle est régénérée par un alcali. D'après Mialhe, cette matière colorante serait un produit d'oxydation, puisque la santonine, bouillie avec de l'acide azotique, donne une solution qui, après dilution avec de l'eau, offre une coloration verdâtre, laquelle passe au rouge orange par une addition de potasse (Natta et Smith) *.

io. La strychnine, suivant 0. Schnitzen, et la morphine, d'après les expériences de Boiichardat et deDragendorff^, passent dans l'urine en grande quantité.

^ Berichte d. deutsch, ehem. Gesellsch., t. VI, p. 1191, - mrchov/'s Archiv., t. LVlll, p. 460-509. ^ Loc. cit.

* Zeitschrift f. analijt. Chemie, t. IV, p. 494 et t. X, p. 254. Pharm. Zeitschr. f. Russland, iSGS, 4.

IG. D'après Masing\ la vératrine passe en grande quantité dans l'urine.

17. L'asparagine (acide amidosuccinamique ) ne passe pas dans l'urine sans éprouver d'altération. Elle se dédouble dans l'organisme en acide succinique et ammoniaque, qui tous les deux se retrouvent dans l'urine (Hilger).

L'usage de l'asparagine, ainsi que de l'acide aspartique, produit dans l'urine une augmentation de l'urée (F. Knieriem).

18. L'indol, injecté sous la peau, se transforme en indicau et apparaît sous cette forme dans l'urine (Jaffé, JSencki et Masson).

L'oxindol et le dioxindol se convertissent en matières colorantes rouges, qui offrent de l'analogie avec celles que l'on obtient par oxydation à l'air des solutions aqueuses d'oxindol et de dioxindol {Nencki et Masson.) (Voy. page 56.)

19. Après l'ingestion d'isatine, l'urine contient une matière colorante qui, par toutes ses propriétés, se rapproche beaucoup de l'in ligo rouge (urrhodine) (R. ISiggeler).

Pour découvrir les alcaloïdes dans l'urine on doit ejnployer les méthodes dont on se sert pour séparer ces corps dans les recherches légales. [Fresenius, Analyse giia- /i^a/ive, traduction de C. Fort/iomme ; Di agendorff, Manuel de loxicoloyie, traduction de E. Bitter.)

E. Matières colorantes et odorantes.

La plupart des matièi^es colorantes et odorantes passent dans l'urine inaltérées ou peu modifiées. Wohler a retrouvé les pigments de l'indigo, de la garance, de la gomme-gutte, de la rhubarbe, du bois de Campêche, de la carotte et des mûres ; la matière odorante de la valériane, de l'ail, de l'asa-fœtida, du castoréum, du safran et de la térébenthine. Mais il n'a pas retrouvé le camphre, les résines, les huiles empyreumatiques, le musc, l'éther, le rouge de cochenille, le tournesol, la chlorophylle et le principe colorant de l'alkaima.

D'après les recherches de R. JSiggeler-, l'indi^'o bleu travei'se l'intestin sans éprouver d'altération et n'auyraente pas la (juantité do l'indican dans 1" urine.

1 Zeitschrift f. anahjt. Cheni., t. VIII, p. 240. * Jahresbericht f. Thierchemie, t. IV, p. 220.

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