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CHAPITRE DEUXIÈME

^ 59. Déterminatioii de la quantité d'urine émise en un tenipj«

donné.

11 ne faut pas perdre de vue que la détermination de la quantité d'urine émise en un temps donné est la base de toutes les autres recherches quantitatives, et que dans aucun cas elle ne doit être négligée. C'est pourquoi à toute analyse d'urine on doit joindre l'indication de la quantité de l'urine et du temps dans lequel elle a été émise. On peut faire cette détermination soit en pesant, soit en mesurant le liquide ; cependant le dernier moyen est maintenant le seul qui soit généralement usité.

Nous nous servons toujours du centimètre cube comme unité de mesure; 1000 centimètres cubes sont égaux à un litre, et un litre est égal à 1000 grammes d'eau. Si l'on connaît le poids spécifique d'une quantité d'urine mesurée, on peut lacilement ex])rimer cette quantité en poids, car on n'a qu'à multiplier le nombre des centimètres cubes trouvés par le poids spécifique de l'urine; 1000 centimètres cubes d'urine d'un poids spécifique de 1,50 pèsent par conséquent 1030 grammes.

Pour mesurer l'urine on se sert toujours d'éprouvettes graduées ; il est nécessaire d'en avoir plusieurs de diverses grandeurs.

J . Pour déterminer la quantité de l'urine émise en vingt-quatre heures, il faut avoir un vase qui puisse contenir au moins 2000- c. c. (2 litres), et qui soit divisé en vingt parties contenant chacune par conséquent 100 c. c. On peut préparer soi-même une mesure de ce genre; on pèse exactement 100 grammes d'eau dans un vase cylindrique de verre ayant une grandeur convenable, et l'on marque exactement le niveau du liquide au moyen d'un trait de lime

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Oll d'un diamant ; on pèse de nouveau 100 grammes d'eau; on marque encore le niveau, et l'on continue ainsi jusqu'à ce que le vase soit gradué jusqu'à 2000 ou oOOO c. c. Ce vase peut servir pour recueillir directement l'urine émise en vingt-quatre heures; il faut toutefois le fermer avec soin à l'aide d'une plaque de verre, qu'il est convenable de recouvrir d'une mince couche de suif, ou, mieux, de cire. On doit aussi le tenir dans un lieu frais, afin qu'il ne puisse pas s'évaporer d'eau, et que la chaleur ne vienne pa$ hâter la décomposition de l'urine. Avec des vases de ce genre, lorsque le liquide n'atteint pas exactement une division, il est nécessaire d'évaluer approximativement le volume d'urine qui se trouve compris entre le niveau et le trait situé immédiatement au-dessous, ce qui évidemment peut entraîner une erreur de iO à 20 c. c; mais, si l'on veut éviter cette erreur, il faut recueillir l'urine dans un autre vase, remplir exactement la mesure jusqu'à un trait de lime, et mesurer le reste dans une éprouvette dont les divisions sont plus petites.

2. Pour mesurer la quantité d'urine émise dans un temps plus court, mais déterminé, on emploie des éprouvettes à pied dont les traits de graduation sont trés-rapprochés ; une éprouvette de ce genre doit contenir 200 à oOO centilitres, et être divisée en centimètres cubes (fig. 55). Ces vases servent à déterminer avec une grande exactitude la quantité d'urine émise par heure.

Suivant le but que l'on a en vue, lorsqu'on exécute une recherche, on fait soit la première, soit la deuxième détermination ; mais il est à remarquer qu'en recueillan' l'urine de vingt-quatre heures on est bien plus à même d'apprécier des altérations profondes et chroniques dans la sécrétion du liquide urinaire, et c'est pour cela que, Fig, 55. — Éprouveiic dans les recherclies pathologiques, on emploie graduée, généralement le premier moyen. La détermination de la quantité d'urine émise en un temps plus court fait cependant mieux ressortir les altérations passagères de la sécrétion, et elle est par conséquent plus convenable si l'on veut étudier l'action d'influences passagères sur la sécrétion urinaire.

Enfin, nous devons encore faire remarquer que, dans toutes les analyses d'urine où il s'agit d'obtenir une valeur moyenne, il faut recueillir et analyser l'urine pendant plusieurs jours consécutifs et prendre la moyemie des résultats ainsi obtenus^

§ 58. Poids spécifique.

1. Détermination du poids spécifique à l'aide de V aréomètre [uromètre). — Bien qu'à Taide d'un aréomètre on n'obtienne jamais qu'une expression approximative du poids spécifique véritable d'une urine, cet instrument est tout à fait suffisant pour l'usage médical. Un aréomètre de ce genre doit permettre de déterminer exactement, à un 1/2 degré près, le poids spécifique de l'urine entre 1000, densité de l'eau, et au moins 1040, qui est le poids spécifique le plus élevé que puisse avoir l'urine humaine; en outre, il ne doit pas être trop grand, afin qu'il puisse servir pour de petites quantités d'urine. Maintenant, pour atteindre avec cet instrument la plus grande exactitude possible, il est convenable de distribuer sur deux aréomètres les poids spécifiques de 1000 à 1040, de telle sorte que l'un indique de 1000 à environ 1020, et l'autre de 1020 à 1040; par ce inoy.en, il est plus facile d'apprécier les fractions, à 1/4 ou à 1/2 degré près.

Cependant tous ces instruments ne donnent des résultats exacts qu'à la température pour laquelle ils sont construits, et qui est ordinairement de 15" C; par conséquent, s'il s'agit d'obtenir une grande exactitude, il est nécessaire, lorsqu'on emploie un aréomètre, de porter à cette température l'urine à essayer ^ D'après les recherches de Siemon, le poids spécifique d'une urine, qui, à H- 12" C, s'élevait à 1021, descendit, à+ 15« G., à 1020, et à 18° G., à + 1019, de telle sorte qu'une différence de température de 5° G. correspond à environ un degré de l'uromètre.

' Sans chauffer ou refroidir l'urine pour l'amener à 45", on peul y plonger directement l'uromètre eu ayant soin d'observer, en même temps que le degré aréométrique, la température que possède le liquide urinaire au moment de l'expérience; on corrige ensuite le degré lu sur Turomètre en se servant des tables suivantes, construites par 4. fio«cA<arri«f De la glycosurie, p. xix, Paris, 1875 )

/. Table pour une urine non sucrée.

BETRANCHEIl W DEGRÉ OBTENU

Température.

température.

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