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DÉTERMINATION DU RÉSIDU

1. On pèse 10 ou 15 grammes d'urine (ou bien on en mesure 10 ou 15 c. c.) dans un petit creuset de porcelaine exactement pesé et que l'on peut fermer avec un couvercle (fig. 39), puis on évapore à sec au bain-marie.

A la place du creuset, on peut aussi se servir très-convenablement d'une petite capsule de verre à bords rodés, qui peut être fermée hermétiquement avec une plaque de verre dépolie (tig-. 40). Naturellement on ne peut pas dans ce vase chauffer au ronge le résidu (§ 60).

La figure 41 représente un bain-marie convenable pour toutes les évaporations de ce genre. 11 est en cuivre, et lorsqu'on s'en sert on le remplit à moitié avec de l'eau puis on chauffe celle-ci à l'ébullition au moyen d'une petite lampe à esprit-de-vin Afin de pouvoir sur ce bain-marie évaporer dans des capsules et dans des creusets de différentes grandeurs, on le recouvre avec des anneaux de grandeurs correspondantes; il a de a en b une largeur de 42 à 18 centimètres.

Cependant le résidu ainsi obtenu n'est pas entièrement privé d'eau, et il doit pour cette raison être encore desséché pendant longtemps à 100*^. Dans ce but, nous nous servons du bain d'air représenté par la figure 42. Sur le support en fil métallique, on pose le creuset avec le résidu d'évaporation, et l'on chauffe l'appareil avec une petite lampe à alcool placée au-dessous. A l'aide du thermomètre fixé en c, au moyen d'un bouchon, on détermine la température qu'il est facile de maintenir à peu près constante.

Après avoir ainsi desséché le ^résidu de l'urine pendant une ou deux heures, on pose r- n • •

' ^ Fig-. 42. — Baui d'air.

le couvercle sur le creuset et

on laisse refroidir celui-ci dans un vase en présence jd'acide sulfurique concentré, parce que le résidu attirerait avec une grande avidité

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l'humidité de l'air. La figure 45 représente un appareil de ce genre (un exsiccateur), dans lequel se trouve un support en fil de plomb h, sur lequel on place le creuset ; le vase est hermétiquement fermé au moyen d'une plaque de verre enduite de suif. De cet appareil, on porte le creuset sur la balance et l'on pèse rapidement. Maintenant, on l'expose encore pendant quelque temps à la température de 100°, et on Il -iifli P^^^ seconde fois; s'il n'a pas perdu en

||lf>^^^ poids, l'opération est terminée et en déduisant

' le poids du creuset, on obtient la proportion

du résidu contenu dans la quantité totale de l'urine.

En outre, si on retranche le poids du résidu de celui de la quantité d'urine évaporée, on trouve la proportion de l'eau volatilisée.

Fig. 45.

Exsiccateui

Exemple:

I. Quantité d'urine émise en 24 heures = 4000 c. c. ; poids spécifique 40 c. c. sont évaporés à sec et le résidu est desséché à 400°.

Poids du creuset avec le résidu = '24«'",89!. Poids du creuset seul = 24^^■■50.

Résidu = ÜP%r)44.

Ce résidu de Ce%544 correspond à 10 c. c. d'urine; il esr par conséquent do T^e^t pour 4000 c. c.

II. 4000 c. c. d'urine d'un poids spécifique do 1,024 — 40248'',0. En déduisant le résidu = 546%4 , on

ol)tient pour l'eau évaporée 969«'', 9.

2. La méthode décrite en 1 donne des résultats inexacts, même lorsqu'on opère avec le plus grand soin, parce que pendant l'évaporation et la dessiccation, le phosphate acide de soude de l'urine, exerce une action décomposante sur l'urée et dédouble une partie de cette substance en acide carbonique et ammoniaque. Cette dernière s'unit avec le phosphate acide de soude pour former du phosphate de soude et d'ammoniaque, combinaison qui dès la température de 100° est de nouveau décomposée avec dégagement d'ammoniaque. Par coi séquent, pendant tout le temps que durent l'évaporation et la dessiccation, on remarque un dégagement non interrompu d'ammoniaque provenant de l'urée décomposée, et le résidu conserve toujours une réaction acide. Si cependant on exécute l évaporation e^a dessiccation dans un appareil qui permette de recueillir et de détermine)' l'ammoniaque mise en liberté, les résultats deviennent satisfaisants ; comme l'ammoniaque provient indubitablement de la décompositioiî de Lurée, on peut, en en déterminant la quantité, connaître

§ 59 DÉTERMTNATIO^Î DU RÉSIDU. m

celle de l'urée décomposée et ajouter cette quantité au résidu trouvé par la pesée. On obtient des résultats très-satisfaisants avec l'appareil représenté par la figure 44, que j'ai imaginé et qui permetde recueillir et de doser l'ammoniaque mise en liberté.

A est un bain-marie de 12 centimètres de haut sur 11 de large, qui est traversé à peu prés en son milieu par un tube de fer-blanc de 2 centimètres et demi à o centimètres de diamètre. Dans ce tube métallique, on peut introduire avec facilité le tube de verre BB, ayant la forme représentée dans la figure et dans lequel se trouve, pour

Fig. Ai. — Appareil de Neubauer pour l'évaporation de l'urine.

recevoir l'urine, une nacelle de porcelaine de 7 à 8 centimètres de long sur 14 millimètres de large. Le tube BB est à une extrémité uni à l'aide d'un bouchon au tube à chlorure de calcium F, tandis que la partie rétrécie et recourbée est mise en communication, au moyen d'un bouchon percé de deux trous, avec un petit ballon D, contenant de l'acide sulfurique titré. La branche recourbée du tube BB descend presque jusqu'au fond du ballon. Au moyen du deuxième trou que porte le bouchon, le ballon D est mis en communication avec l'aspirateur E.

Il est maintenant facile de comprendre comment on procède à la détermination. On remplit d'abord aux deux tiers environ la nacelle

de porcelaine avec des fragments de verre pas trop petits, on dessèche à 100^ et ensuite on pèse exactement dans un petit tube de verre qui peut être fermé avec un bouchon recouvert d'une feuille d'étain. A l'aide d'une pipette contenant exactement 2 c. c. on verse ce volume d'urine dans la nacelle sur les fragments de verre, on introduit avec précaution celle-ci dans le tube BB, que l'on a auparavant uni avec le ballon D contenant 10 c. c. d'acide sulfurique titré et l'on met le ballon en communication avec l'aspirateur. Ensuite on introduit avec précaution le tube de verre dans le tube de fer-blanc du bain-marie et l'on ferme la deuxième ouverture avec le tube à chlorure de calcium F, en maintenant le tube de verre de la main gauche et fixant solidement le bouchon avec la droite. Lorsque l'eau de A a été chauffée à l'ébuUition, on ouvre le robinet de l'aspirateur, on s'assure d'abord si l'appareil ferme hermétiquement et ensuite on laisse couler l'eau en quantité telle, que l'air desséché en F, passe en D à travers l'acide sulfurique par bulles qui se succèdent de seconde en seconde. De cette manière, l'urine est évaporée à 100°, dans un courant d'air tout à fait sec. En trois quarts d'heure, cette opération est terminée, mais le résidu de l'urine retient opiniâtrément l'eau, et, pour cette raison, il doit encore être maintenu pendant longtemps à cette température. Si l'on a du gaz d'éclairage à sa disposition, on peut avec avantage remplacer le courant d'air par un courant de gaz desséché, qui est ensuite dirigé dans la lampe placée au-dessous de A et brûlé. L'aspirateur est alors inutile. Les fragments de verre facilitent beaucoup la dessiccation complète, de telle sorte, qu'au bout de trois heures environ, on peut regarder l'opération comme achevée. Alors on interrompt le courant d'air ou de gaz; on enlève le tube à chlorure de calcium, on retire le tube de verre du bain-marie et l'on fait glisser la nacelle dans le petit tube où on l'avait pesée avant l'opération, et l'on a soin de fermer bien hermétiquement ce dernier avec le bouchon. Lorsque le petit tube s'est complètement refroidi dans l'exsiccateur, on le pèse ; l'augmentation de poids donne directement la proportion du résidu des 2 c. c. d'urine. Maintenant on procède au dosage de l'ammoniaque dégagée. Par des lavages, on pousse d'abord dans le ballon le carbonate d'ammoniaque, qui généralement s'est sublimé dans le tube de verre, ensuite on enlève le bouchon, on lave également avec la fiole à jet la branche qui était plongée dans le liquide, on ajoute une ou deux gouttes de teinture de tournesol et avec une solution de soude on titre l'acide non saturé. Il est convenable de déterminer à l'avance quelle quantité d'urée correspond à 1 c. c. de solution de soude; alors les centimètres cubes employés en moins grand nombre donnent directement la quantité d'urée décomposée, et celle-

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