C. Pratique de l'analyse
Pour déterminer la quantité d'iode qui se trouve dans une urine, il faut d'abord commencer par séparer ce corps par distillation avec de l'acide sulfurique. Nous nous servons dans ce but de l'appareil distillatoire représenté par la figure 66 ; a est un petit ballon d'environ 500 c. c. de capacité ; à l'aide d'un tube recourbé on le met en communication avec un réfrigérant de Liebig c c, dans lequel se condense le liquide réduit en vapeur et qui ensuite est recueilli dans le petit ballon d servant de récipient. Si la richesse de l'urine en iode est un peu considérable, à l'aide d'une pipette on mesure de ce liquide 50 c. c. ou 100 c. c, que l'on introduit dans le petit ballon a; on place celui-ci dans de l'eau froide, et on y ajoute goutte à goutte avec précaution et en évitant que le mélange ne s'échauffe trop fortement, de l'acide sulfurique concentré chimiquement pur et surtout exempt d'iode. On adapte ensuite le ballon a au réfrigérant, et maintenant on distille le liquide jusqu'à ce qu'on aperçoive dans le col du ballon des vapeurs blanches d'acide sulfurique. Si cependant l'urine est trés-pauvre en iode, on en sursature une quantité mesurée, environ 200ou!250c. c, avec une lessive de potasse, et l'on distille jusqu'à ce qu'il ne r^jste plus que 20 ou 40 c. c. ; le produit de cette distillation ne contient pas du tout d'iode. Au résidu refroidi contenu dans le ballon on ajoute, avec les précautions indiquées plus haut, 20 c. c. d'acide sulfurique concentré, et comme précédemment on continue la distillation jusqu'à ce que l'acide sulfurique coirmience à se volatiliser.
Fig. 66. — Distillation de l'iode.
272 DÉTERMlNATlOiN I)E CHAQUE CORPS EN PARTICULIER. § 71
Le liquide distillé obtenu dans les deux cas contient de l'acide iodhydrique, tous les acides volatils de l'urine, de l'acide carbonique, de l'acide sulfureux et de l'acide sulfurique. Avant qu'il puisse être employé pour le dosage de l'iode, l'acide sulfureux doit être oxydé et éliminé, ce qu'il est facile de faire de la manière suivante ; on mélange le liquide distillé avec une ou deux gouttes d'empois d'amidon (1 d'amidon, 1/10 d'acide sulfurique et 24 d'eau), on ajoute ensuite goutte à goutte une solution saturée de chlorure de chaux, jusqu'à ce que le liquide commence à devenir bleu, et l'on détruit la coloration bleue en ajoutant 1 ou 2 gouttes d'eau faiblement chargée d'acide sulfureux. Le liquide distillé est alors prêt pour le dosage de l'iode : après en avoir déterminé le volume total, qui correspond par conséquent à la quantité d'urine prise pour l'essai, on le verse dans une pipette de Möhr, on mesure exactement 10 c. c. de la solution titrée de palladium, on introduit celle-ci dans un verre, on chauffe au bainmarie, on ajoute ensuite le produit .de la distillation de l'urine, et Ton termine l'analyse exactement comme il est dit plus haut enB. 2 b.
Si nous avons, par exemple, obtenu 96 c. c. de liquide comme produit de la distillation de 100 c. c. d'urine, et si nous avons employé 12 c. c. de ce liquide pour la précipitation complète des 10 c. c. de la solution de palladium contenant 4'"''^'8%998 de ce métal, ces 96 c. c. renferment ll'"iiiig%9 d'iode (55,31 : 127 4,998 : x) (voyez B. 2. b).
Dans 96 c. c. de liquide distillé, correspondant à 100 c. c, d'urine, il y a par conséquent 8x 11,9 = 95«>«"is%2 d'iode (0ss0952). 2. Méthode de Hilger.
Tandis que Kersting dit avoir toujours obtenu d'excellents résultats en suivant la méthode qui vient d'être décrite, Hilger * avance que d'après ses expériences le procédé de Kersting donne constamment des résultats trop faibles. C'est pourquoi Hilger recommande comme très-simple la méthode suivante :
Dans un vase de verre muni d'un bouchon usé à l'émeri on chauffe au bain-marie de la solution de chlorure de palladium 10 ou 20 ce, suivant la quantité d'iode contenue dans l'urine à essayer, quantité qu'il est facile de déterminer approximativement par un essai qualitatif, et de l'urine iodée, préalablement acidifiée avec de l'acide chlorhydrique et porté à un volume déterminée, on ajoute ensuite une quantité suffisante pour précipiter tout le palladium à l'état d'iodure. En agitant vivement le mélange on facilite beaucoup la séparation. De petits échantillons prélevés de temps en temps et mélangés avec quelques gouttes d'urine, puis chauffés, se troublent ou restent clairs,
' ZeiLschr. f. anal. Chcin., l. XII, p. 542 el l. Xlll, i». 475.
suivant que la réaction est ou n'est pas terminée. D'après les observations d'Hilger, la fin de la réaction coïncide avec le moment où la séparation de l'iodure de palladium a lien en flocons bien visibles, le liquide étant maintenu , en ébullition constante.
D'après les nombreuses expériences effectuées par Hilger, l'urine peut donc être employée directement pour le dosage de l'iode, après acidification préalable avec de l'acide chlorhydrique. Suivant Hilger, l'élimination de l'acide phosphorique, de l'acide sulfuriquc, ainsi que d'autres éléments, avant l'essai, n'est pas nécessaire.