‹ De L'urticaire: Produite par les chenilles processionnaries du pin maritimeChapitre 21 sur 25 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

POoURQUIER.

Urticaire produite sur un cheval par les poils du Bombyx processionnaire.

Le 12 mars 1876, M. O. B..., un des grands amateurs de chevaux de Montpellier, s’apercut que les deux carrossiers utilisés à son service étaient dans un état d’agilation insolite. Un de ses employés vint me prier de vouloir bien aller en reconnaître la cause.

Au moment de notre visite le prurit, d'après le cocher, a beaucoup diminué. Sur les parties du corps non recouvertes par la couverture et sur les côtés de l’encolure, se montrait une éruption de boutons circulaires, saillants, da diamètre de 4 à 7 millimètres, disséminés en certains points et confluents en d'autres. En frottant légèrement avec la main les points où siège l’éruption, l'animal témoigne un certain plaisir. En dehors de ces symptômes, rien d'anormal dans l’état général des sujets. Le cocher raconte que, quelques heures avant notre visite, les deux chevaux avaient été pris subitement et au même moment d'une violente démangeaison, qu'ils se frottaient l’encolure sur les bords de la mangeoire, les épaules et la croupe

contre les stalles de l'écurie. Celte agitation était suivie de quelques rares

ébrouements, Presqu'e en même temps, le cocher avait ma du: prurit aux poignets et sur la peau fine du cou. Je remarquai, dans ces régions, des boutons circulaires d’une teinte rosée. : € c'e

Quelle pouvait être la cause d’une pareille affection ?

Interrogé snr les moindres incidents de la j journée, le cocher affirme que

depuis la veille les chevaux n'étaient point sortis de l'écurie. Parmi les mille détails insignifiants qui me furent communiqués, un seul attira mon attention : dans le voisinage de l'écurie se trouvaient quelques pins d'Alep (pinus Alepensis). Le palefrenier s ‘étant apercu qu’ un grand nombre de chenilles descendaient du tronc d’un de ces arbres et traversaient une des allées du jardin, avait, à l’aide d'un balai de l'écurie, aggloméré toutes ces che-

nilles pour les enfouir dans le sol. Peu après, le même outil servit à balayer

le sol de l'écurie où se trouvaient les deux carrossiers, et c’est alors que

l'agitation et le prurit s’élaient manifestés. Désireux de savoir si les chenilles étaient la cause unique de cet urticaire,

je fis l'expérience suivante : dans une écurie assez vaste se trouvaient deux

chevaux; le premier de race Tarbes, plein d’ardeur; le deuxième, modeste

cheval breton de labour, de naturel fort tranquille, Rien à la surface de la peau, tranquillité parfaite. Je roulai septou huit chenilles dans un morceau de toile, sans écraser le corps. Examiné à la loupe, ce morceau de toile montra une multitude de poils adhérents au linge. Je fis des frictions sur le côté gauche de l'encolure du cheval de labour, et fis faire par un jeune garçon de 14 à 15 ans, une nouvelle friclion sur l'épaule du même animal.

Dix minutes après, le cheval ainsi frictionné lève la têle par saccades, sécoue l’encolure, dans l'intention évidente de se débarrasser de ce qui le piquait. Puis il en vint à faire des mouvements plus énergiques, et à frotter les parties atteintes contre le mur et les bords de la mangeoire.

- Un peu plus tard, les démangeaisons parurent se produire aux lèvres, car le cheval frottait vivement ces parties dans la mangeoire, il s’'ébrouait aussi de temps en temps. {5 Cette agitation persista cependant une demi-heure environ avec toute son

intensité. Peu à peu les symplômes se calmèrent et finirent par disparaître.

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