OBSERVATION VI
Tirée du journal El siglo medico.
Un jeune homme de 14 ans donnait la chasse à un oiseau dans un bois, faisant partie d’une maison de campagne, que possède l'auteur de ces lignes dans le quartier de Saint-Isidore, dans la ville de Bolivar. La chose se passait pendant l'après-midi.
Le jeune homme pénétra dans la partie du bois où existent réunis des exemplaires variés de l'arbre connu sous le nom de Icaco (chrysobalanus Icaco-rosacées). Sur cet arbre se développe une chenille de couleur brune foncée, de 3 centimètres de long, velue et à mouvements paresseux. Au moment où le jeune homme traversait le bois, une de ces chenilles s'attrapa sans qu'il s’en apereût après son vêtement. Le lendemain, au moment de s'habiller, la chenille le frôla à la région correspondante au bord inférieur de l'omoplate gauche ; elle s'était introduile pendant la nuit dans la flanelle,. Il la rejela au même moment.
Au début, le jeune homme ressentit dans la région affectée une légère chaleur, qui alla en quelques minutes jusqu’à la brûlure. Il ressentit presque tout de suite une sensation de douleur dans la même partie, Cette douleur s’irradia jusqu'au cœur, s'étendant au bras, à l'avant-bras, et à la main du même côté. Elle alla croissant d'intensité, jusqu'à devenir matériellement insupportable. Il y avait en même temps de la dyspnée, de la torpeur des
extrémités, de la parésie de la langue, allant jusqu'à une certaine difficulté
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d'émission de la parole. Il avait, en un mot, les prodromes d'une paralysie générale. Il présentait aussi une salivation très abondante et spumeurse, tout à fait semblable à ce que l’on voit dans les attaques d'épilepsie.
Comme il occupait une chambre dans la même maison qüe moi, il me fut très facile d'observer et de suivre l’évolution dé ce cas. Cela me permit ‘aussi d'appliquer sans relard une médication appropriée. S'il n’en avait été ainsi, la terminaison en aurait pu être fatale, à en juger par l'intensité, la gravité et la rapidité qu’affecte cette forme de processus toxique.
J'avais, dans la même maison, ma boîte à médicaments, je pus lui appliquer tout de suite des compresses imbibées de chloroforme sur la région postérieure et malade du thorax. Dans la région précordiale, je lui fis une injection de sulfate de morphine au cinquième; je lui administrai à l’inté-
rieur une décoction extemporanée de café très forte, dans laquelle je mis une moitié de cuillerée de brandy et 4 gouttes d'ammoniaque liquide. Ces substances furent administrées en deux fois dans l'espace de deux heures, Aussitôt après je commencai à lui administrer de la caféine en pilules, et de l'extrait de stigmates de maïs et de convallaria majalis, jusqu'au lendemain,
Le maximum de durée de la souffrance fut environ de deux heures. Le malade finit cependant par s'endormir. Après une heure et demie de sommeil, le malade s’éveilla, ne ressentant plus la douleur et l'angoisse extrémes du début. Toutefois, il persista encore jusqu’au lendemain une certaine difficulté dans l'émission de la parole et dans les mouvements. Je puis encore citer dans cette même ville trois cas analogues, Celui d’une dame, d'un homme. el d’un petit garçon qui touchèrent par hasard une chenille de la même espèce. Cependant, le cas observé par nous fut le plus grave de tous, parce que, sans doute, l'animal avait frôlé une plus grande étendue de peau. Dans tous.les cas, cependant, la symptomatologie de celte intoxication revêtit les mêmes caractères. Il est la manifestation de la présence d’un poison dans les poils de la larve. Ce poison est très actif et n’a pas encore été décrit. S'il n’a pas déterminé la mort dans les cas observés, cela tient à la faible absorption de la peau et à la petite quantité qu'il.en passe
dans le torrent circulatoire.
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DRE os OBSERVATION VII
Tirée d'un article de M. PourQUIER.
Il y a quelques années, on lisait dans Le Courrier du Nord l'article suivant : On écrit de Beurry : « Le fils d’un cultivateur de notre commune, le sieur D..., après avoir séjourné quelque temps dans le bois de Marchiennes qui est actuellement désolé par une quantité considérable de chenilles
‘appartenant au genre Bombyx, est rentré chez ses parents éprouvant des démangeaisons intolérables. Plusieurs parties de son corps se sont enflées rapidement et se sont couvertes de vésicules très épaisses.
» Ce jeune homme est mort le lendemain au milieu d'atroces souffrances ».