‹ De l'usage et de l'abus de l'esprit philosophique durant le dix-huitième siècle; précedé d'une notice sur la vie de l'auteur et d'un discours préliminaireChapitre 22 sur 40 · G DE L'USAGE ET DE L'ABUS · texte numérisé non relu

G DE L'USAGE ET DE L'ABUS

plus la langue dans laquelle ces ouvrages étoient écrits ; le latin , banni du commerce habituel de la société , s'étoit réfugié dans les chants de l'église et dans les livres de la religion. Je dois même faire observer que les traductions des livres saints , quoique l'ouvrage des premiers siècles du christianisme, manquoient de correction et d'élégance , et que le latin qu'on psa modioit dans les temples étoit extrêmement corrompu. Pétrarque, si célèbre par ses poésies et par ses amours , et si digne de l'être par les soins qu'il prit pour la recherche des connoissances utiles, n'avoit excité qu'une émulation qui ne put lui survivre. Avant le quinzième siècle, on ne comptoit encore que quelques universités dans les immenses contrées que nous habitons. En général , depuis que les nations barbares, dont nous étions devenus la conquête , avoient formé leurs établissemens , toutes les traces de notre ancienne civilisation avoient presque disparu ; d'épaisses ténèbres couvroient l'Europe : elle étoit retombée dans le chaos ; il eût fallu un nouveau Prométhée pour faire descendre du ciel le feu sacré qui donna la vie et la lumière au monde.

C'est dans cet état de choses qu'une multitude innombrable de Grecs fugitifs se répandit partout, et fit refluer dans nos climats le peu de connoissances qui restoient aux hommes.

La langue grecque, publiquement enseignée, devint comme la clef d'or qui nous ouvrit tous les riches, et précieux dépôts de l'antiquité. On vit subitement sortir de la poussière une foule de chefs- d'oeuvres en

DE L'ESPRIT PHILOSOPHIQUE. j tout genre. Leur découverte fut une espèce de révélation : elle remua les esprits. L'émulation fut encouragée par la protection des Médicis , du pontife Nicolas V , et de François Ier. Le mouvement devint général : les sciences , les lettres et les beaux arts naquirent.

Je sais que le goût pour les langues savantes nous détourna d'abord du soin de perfectionner les langues vulgaires, il devint difficile d'avoir une littérature nationale. De plus , comme dans les choses de pur agrément , il est naturel de goûter le plaisir de la jouissance avant de sentir le besoin de la perfection et du raffinement, il arriva que l'imagination, saisie des beautés qui s'offroient à elle , s'astreignit longtemps à une trop servile imitation.

Les mêmes inconvéniens n'étoient point à redouter dans les sciences.

Les sciences appartiennent à toutes les langues ; mais toutes les langues ont besoin d'être perfectionnées pour pouvoir convenir aux sciences. La grossièreté et l'indigence de nos idiomes n'eussent pu que retarder nos progrès. Il étoit heureux , pour nos pères , d'avoir eu à étudier les pensées des autres, et à exprimer leurs propres pensées dans des langues qui avoient été épurées et enrichies par les peuples les plus polis et les plus éclairés, et qui étoient parvenues au point où la parole donne une âme aux objets des sens, et un corps aux abstrac tions de la philosophie.

On a demandé si les philosophes et les savans ne dévoient pas avoir une langue universelle , et s'ils ne

devroient pas choisir celte langue parmi celles qu'on appelle langues mortes , et qui ne sont plus susceptibles de variation; car ce n'est que quand elles, sont mortes y que les langues deviennent immortelles (1). L'usage d'un idiome qu'on ne parle plus dans la société , peut empêcher les lumières de s'étendre , mais non de se perfectionner. Peut-être gagneroit-on en élévation ce qu'on perdroit en surface. Les connoissances seroient moins communes , mais plus sûres. On banniroit le demi-savoir, presque toujours plus dangereux que l'ignorance même.

Mais quoi qu'il en soit delà question prise trop gé~ néralement , il est du moins certain que , dans le premier moment de la renaissance des lettres et des sciences , et dans l'état où étaient nos idiomes vulgaires , ce fut un grand avantage , en découvrant ce que les anciens avoient écrit , d'hériter à la fois de leurs connoissances et de leurs langues.

Ceux qui soutiennent que la masse de ces connoissances , jointe à la difficulté d'étudier des langues étrangères , nous accabla sans nous éclairer , n'ont pas assez réfléchi sur la marche de l'esprit humain.

Dans le cours ordinaire des choses, les sciences ex la philosophie n'avancent que très-lentement à la suite des lettres et des beaux-arts. Une lumière soudaine ne pouvoit que hâter nos succès en favorisant nos efforts. Si , dans les arts de pur agrément , on jouit ? quand on conserve et quand on imite , dans

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DE L'ESPRIT PHILOSOPHIQUE. 9 les sciences on ne jouit que quand on acquiert. Lorsqu'on a commencé à penser, on pense toujours. Dès le premier pas que l'on fait dans la carrière, l'horizon recule et s'étend. Plus on connoît , plus on veut connoître , plus on cherche à découvrir. Il est donc vraisemblable que les connoissances qui nous furent apportées auroient produit l'heureux effet de nous faire sortir de notre léthargie , si , par un certain concours de circonstances , cette léthargie n'eût été prolongée par la servitude.

Les Grecs , qui devinrent nos instituteurs , étoient grands controversistes;ils avoieut poursuivi avec ardeur les ombres flottantes de la métaphysique des anciens: ils firent un monstrueux mélange de celte métaphysique et des dogmes du christianisme. Les subtilités d'une philosophie obscure, incomplète et mutilée, défigurèrent l'auguste simplicité de la religion , et l'abus que l'on fit de l'autorité naturellement attachée aux choses de la religion , comprima les efforts de la véritable philosophie.

Il s'étoit élevé en Europe , depuis Charlemagne , une espèce de docteurs connus sous le nom de scolastiques , qui voulurent régner dans l'Eglise comme dans les sciences. Ces docteurs, qui n'avoient besoin, pour leur gloire, que d'un peu de lecture et de loisir, se roulèrent servilement sur les connoissances imparfaites qui leur avoient été transmises par les commentateurs arabes.

Ils se divisèrent d'abord entre Platon et Aristote ; mais Aristote condamné , dans le treizième siècle , par des semences ccck'sias tiques ? et ensuite réhabi-

ïo DE L'USAGE ET DE L'ABUS

litc par d'autres sentences ecclésiastiques , finit par dominer souverainement dans les écoles chrétiennes (1). Un légat , réformant l'Université de Paris vers le milieu du quinzième siècle, ordonna, par un décret , que l'on enseigneroit la doctrine de ce philosophe : ainsi s'établit l'empire des faux savans, qui

(1) Le Concile tenu à Paris, en 1210, pour la condamnation d'Amaury et de ses sectateurs, ordonna de brûler tous les livres de la métaphysique d'Aristote , avec défense , sous peine d'excommunication, de les transcrire , de les lire, de les garder. Quant aux livres de la physique générale de ce philosophe , que l'on lisoit aussi à Paris , depuis quelques années, on en défendit seulement la lecture pendant trois ans. On apporta ensuite quelque modération et quelque tempérament à la rigueur de cette disposition ; enfin , par un décret de deux cardinaux , Jean de Blandiac et Gilles Hiscelin de Montague, que le pape Urbain V envoya à Paris, l'an i566, pour réformer l'Université, les écoliers, avant d'être reçus à déterminer aux. arts, à être licenciés es arts, ou promus au grade de maître ès arts, dévoient être examinés sur divers livres d'Aris-, tote, tels que les Topiques , le livre de l'Ame , les Morales, les Météores, la Physique , les Traités de la Génération et de la Corruption , celui du Ciel , la Méchanique , etc. Ce décret fut confirmé et renouvelé , en i452 , par le cardinal d'Estouteville. Depuis ce temps-là , la doctrine d'Aristote a toujours prévalu dans l'Université de Paris, jusqu'à ce que les heureuses découvertes du dernier siècle aient ouvert les yeux aux savans , et leur aient fait embrasser un système de philosophie bien différent des anciennes opinions de l'école.

Fleury, Hist. Eccl., jtz-4°. Avignon, 1777, /. 76, n° 69, t. XI , p. 201 , h 96 , n° 56 , t. XIII, p. 549.

PiOllin, Hist. Ane. Paris, in- 12, 170^, t. XII , p. 5 7 8.

Duboulai , Hist. Univers. Paris, in-folio, t. IV, p. 383 et t, V, p. 574,

DE L'ESPRIT PHILOSOPHIQUE. i , est le plus dur de tous les empires. 11 ne comporte ni examen ni contradiction. On peut craindre de se tromper, quand on sait faire usage de sa propre raison i on est imperturbable quand on ne se dirige que par celle des autres. Alors on devient tyran , précisément parce qu'on est esclave.

En même temps qu'on accordoit au philosophe Àristote la même autorité qu'à l'Ecriture sainte , on invoquoit les textes de l'Ecriture , pour établir ou pour combattre des systèmes de physique et d'astronomie. Un tribunal redoutable (1) , malheureusement trop connu dans le midi de l'Europe, fut chargé de poursuivre toute opinion contraire aux opinions régnantes, et de punir quand il ne falloit qu'instruire. *

On perdoit de vue que la religion n'a point été donnée aux hommes pour former des physiciens, des astronomes , des géomètres , mais pour former des fidèles ; que son objet est de propager , non les sciences , mais la vertu , et que , si elle propose des mystères et des dogmes à notre foi , elle abandonne les divers systèmes du monde à nos disputes et à notre raison.

La politique sembloit avoir fait une alliance avec l'école pour étouffer la raison. Les gouvcrneniens se meloient des questions les plus indifférentes el les plus contentieuses de la métaphysique. Chaque opinion clevcnoit l'objet d'une ordonnance , et chaque

(y) L'Inquisition

il DE L'USAGE ET DE L'ABUS

controverse éloit traitée comme une affaire d'Etat (1).

A cette époque, la philosophie n'avoit point d'asile sur la terre. Quand son temps fut venu ( 2) , elle eut un précurseur dans l'immortel chancelier Bacon, qui développa . avec autant d'étendue que de clarté , la filiation de toutes nos connoissances.

Descartes parut ensuite : il donna un nouvel essor à la pensée , et on vit poindre l'esprit philosophique.

Ce grand homme substitua la méthode à l'autorité. Il secoua le joug de la scolastique, et il commença l'empire de la raison (3). Tandis que Gassendi

(1) On sait que les Péripatéticîens s'étaient divisés en deux sectes : celle des Nominaux et celle des Réalistes. Ceux-ci soutenoient que les notions générales, que l'école avoit mystérieusement appelées nature universelle, relations > formalités, sont des réalités distinctes des choses ; ceux-là pensoient, au contraire , que ce ne sont que des noms par lesquels on exprime différentes manières de concevoir les objets. Louis XI défendit la lecture des livres des Nominaux; ainsi l'autorité, qu'il est toujours si facile de surprendre , et avec laquelle on ne raisonne pas , se déclara contre ceux qui avoient raison.

(2) J'expliquerai, dans le chapitre suivant, les événemens et les causes générales qui ont préparé les succès de la philosophie.

(3) Cependant l'autorité lutta encore long-temps contre les efforts et les progn * de l'esprit humain. Nous en avons une preuve dans l'extrait d'une lettre de l'abbé Pirot à Pélisson -y elle est du 24 août 1691. Voici ce que nous lisons dans cet extrait : a Depuis peu le Roi a fait dire , par l'archevêque, à « trois professeurs de Paris, qui paroissoient donner un peu « dans le système de Descartes , de se conformer à la philo- « sophie d'Aristote , comme les censures de l'Université et les « arrêts du Parlement les y obligeoient. » ( Leibmtz ; édit+ de DiUenSj inA°% Genève, 1768, t. I}p. 729.)

DE L'ESPRIT PHILOSOPHIQUE. i5 remuoit laborieusement les matériaux de la philosophie des anciens, Descartes jeta les fondemens d'une philosophie toute nouvelle. On peut lui reprocher de n'avoir souvent remplacé des erreurs surannées que par des erreurs ingénieuses et brillantes : son imagination domina dans sa philosophie , et cela devoit être : les élans de l'esprit précèdent toujours les combinaisons mesurées de la science. Dans l'histoire générale de la raison humaine ? comme dans celle de la raison individuelle de chaque homme , on ne fut jamais , avant l'observation et l'expérience ? ce qu'on ne peut devenir que par elles.

Mais Descartes , par ses conceptions hardies , ne nous fit-il pas sortir de la servitude ?

En créant l'art de douter, ne posa-t-il pas la première base de l'art de s'instruire? Selon Condillac, le doute méthodique est à la fois inutile et impraticable. Il est impraticable , dit-il , parce qu'il est impossible de douter des choses que l'on regarde ? bien ou mal à propos , comme certaines ; il est inutile , parce que le simple doute peut tout au plus suspendre nos erreurs , sans nous fournir par lui-même aucun moyen de les prévenir.

Il me paroit que Condillac va trop loin.

Il faut savoir se placer au temps où Descartes a parlé. Il s'agissoit moins alors de bien diriger nos pensées que de nous rendre la faculté de penser. L'esprit humain languissoit depuis long-temps dans une triste et honteuse minorité; il importoit de le rétablir dans ses droits pour qu'il pût devenir capable de discerner ensuite la meilleure manière d'en user.

Les hommes n'eussent point appris à faire usage de leur raison , tant que l'habitude et l'autorité auroient tenu la place de la raison elle-même : c'étoit donc leur être infiniment utile que de les avertir de revenir sur leurs pas, et de refondre toutes leurs connoissances acquises. La meilleure manière de les défendre contre les préjugés qui ne sont que des opinions sans jugement , étoit de les inviter à ne plus rien admettre désormais sans examen.

Dire que la force des préjugés rendoit le doute impossible, c'est dire, en d'autres termes, qu'il faut désespérer du perfectionnement des hommes, quand ils sont une fois tyrannisés par les préjugés. Mais ignore-t-on qu'il suffit souvent de leur donner l'éveil? Dans l'universalité des hommes, n'y en a-t-il pas toujours qui sont plus disposés à recevoir le mouvement, et plus aptes à le communiquer aux autres?

Condillac a eu le mérite de perfectionner l'art de penser. Mais la liberté de la pensée a été conquise par Descartes. Cette liberté n'est pas même le seul bienfait dont nous soyons redevables à ce philosophe célèbre. Après avoir rendu le mouvement et la vie à l'esprit humain, il a su lui donner de nouvelles forces par l'application de l'algèbre à la géométrie, et de la géométrie à la physique : car il faut des méthodes dans les sciences, comme il faut des leviers dans la mécanique.

On sait que le calcul perfectionné et sagement appliqué est devenu l'instrument le plus actif de nos connoissances. L'action de nos sens et celle de notre entendement ont des bornes 3 le calcul n'en a poiut. A

DE L'ESPRIT PHILOSOPHIQUE. îS bon aide toutes les distances sont mesurées et franchies, toutes les forces sont comparées, tous les temps sont rapprochés. C'est par le calcul que le passé, facilement conservé dans notre mémoire , continue d'exister pour nous. C'est par le calcul que nous enchaînons le présent qui, sans lui , ne seroit déjà plus; c'est encore par le calcul que l'avenir se trouve soumis à notre prescience (i). En un mot, c'est par le calcul que le domaine de la pensée est devenu plus vaste , et son essor plus rapide.

Mais le calcul qui conserve, qui rapproche, qui étend , qui réduit , qui compose et qui décompose , ne crée pas. Les tourbillons de Descartes prouvent que l'on peut calculer des chimères comme l'on peut rassembler des vérités. 11 faut de bons matériaux pour construire l'édifice des sciences; et du temps de Descartes on n'avoit point encore les matériaux suffisans.

Heureusement le hasard remplissoit par intervalles l'office de la raison, en semant quelques découvertes. Ces découvertes furent recueillies par des hommes attentifs qui surent étudier les indications fugitives de la nature, et qui ne tardèrent pas à s'apercevoir que tout se réduit, pour nous, à observer des faits cl à

(i) Avec le calcul, on a prédit les éclipses, l'apparition des eoni< 'es , et toutes les révolutions célestes ; avec le calcul , on l'ait l'analyse des probabilités dans les jeux de hasard. Tout le monde connoît l'application qui a été faite ensuite de celte méthode d'analyser les probabilités , a différentes questions relatives à la durée de la vie des hommes, au taux des rentes viagères, à celui des usures maritimes, à l'utilité et au danger de l'inoculation cl à plusieurs attires semblables objets.

îG DE L'USAGE ET Ï)E L'ABUS réformer nos idées d'après nos observations. Newton, le plus remarquable entre ces hommes , s'ouvrit une nouvelle route dans la révolution que Descartes avoit commencée. Il proscrivit la physique de pur raisonnement; il bannit le goût dangereux des hypothèses, et, avec le grand art de l'observation, aidé de l'expérience et de l'esprit de méthode, il perça les ténèbres , posa les règles de l'optique , et découvrit l'origine de la lumière. Il s'élanca vers les cieux pour pénétrer les plus hauts secrets de la nature, il révéla à la terre étonnée la marche régulière de ces milliers de globes qui avoient jusque-là si mystérieusement roulé sur nos têtes; il nous conduisit dans l'immensité des êtres; il nous mit, pour ainsi dire , en relation avec l'univers.

A cette époque Bayle fixoit les règles de la critique dont on doit lui reprocher d'avoir souvent outré l'application, même lorsqu'il ne s'en servoit pas de mauvaise foi. Locke nous donnoit la génération de nos idées et la théorie de l'entendement; Leibnitz rccrdoit les bornes de nos connoissances.

De la culture des sciences exactes, de l'habitude de bien observer, de la pratique continuelle d'une saine dialectique fondée sur les principes solides d'une métaphysique éclairée, naquit l'esprit philosophique (1) qui est à la fois le principe et le but de

(i) Dans les chapitres IV et V, je développerai dans Je plus grand détail , ce que je ne présente ici que sous un point de yue rapide et général ; on verra la distance que Newton a mise entre lui et Descartes, et les raisons, déduites de la

DE L'ESPRIT PHILOSOPHIQUE. i7 toutes les méthodes , qui est utile à tout ee qui intéresse les hommes, qui a été porté si loin de nos jours, et dans lequel l'art d'analiser les objets avec soin et de les classer avec ordre , domine et se montre éminemment.

marche ordinaire de l'esprit humain , qui ont empêché pendant long -temps les contemporains de Newton, et même ceux qui sont venus après lui , d'adopter les principes de sa philosophie.

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