‹ De l'utilisation de l'acide ascorbique et du chlorure d'ammonium dans le traitement des fracturesChapitre 21 sur 22 · RE · texte numérisé non relu

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Sans qu’il soit possible de trouver chez ce jeune soldat de 20 ans la notion d’un traumatisme, d’une poussée furonculeuse ou de pyodermite, il apparaît vers le 20 janvier 1951 une petite

tuméfaction de la face dorsale du pied gauche, tuméfaction accompagnée de rougeur et chaleur des téguments ainsi que de douleur. :

Une adénopathie inguinale est apparue en même temps à gauche.

Fonctionnellement, cela.se traduit par le port impossible de la chaussure, une marche douloureuse, et progressivement le pied devient douloureux même au repos.

Hospitalisé le 9 ianvier 1951. Le pied a repris son aspect normal en dehors d’une petite zone siégeant au niveau, sémble-t-i1, de la tête du 2° métatarsien, infiltrée. La peau ne se laisse pas plisser. La palpation est légèrement douloureuse à ce niveau, les mouvements passifs et actifs sont normaux.

Radiographie le 30 janvier 1951. — Pas de lésion articulaire visible, mais on voit un petit nodule de condensation osseuse au centre d’une zone décalcifiée située dans le corps du deuxiè” me cunéiforme, |

Devañt cette image radiologique, l’histoire clinique, on pense à une ostéite chronique du deuxième cunéiforme.

Intervention Le 15 février 1951. — Après incision à son niveau, curettage du deuxième cunéiforme, qui est évidé. Confection d’un plâtre léger d’immobilisation.

On débute le 16-2-51 une série de 30 cg. de Vitascorbol associée à 3 gr. d’ammonium par jour, et pendant 15 jours.

Les suites opératoires sont simples. Ablation du plâtre 15 jours plus tard. Bonne cicatrisation. s

Il persiste une gêne à la marche deux mois plus tard avec troubles vaso-moteur relativement discrets au niveau du pied et de la cheville.

Radiographie le 9 avril 1951.— On note une décalcification du pied. Au niveau de.la zone curettée que l’on repère grâce à un petit liseré de condensation persistant, réapparition de la trame osseuse normale,

Dans le mois qui suit, amendement complet des troubles fonctionnels.

En résumé : comblement en moins de deux mois d’une cavité ostéitique creusant tout le 2° cunéiforme avec reconstitution de la trame osseuse.

Cette évolution semble avoir été heureusement influencée par le traitement.

OBSERVATION N° 15 Madame RI...

Femme âgée de 33 ans paraissant proche de la cinquantaine, Ayant un très mauvais état général, obèse.

Le 2 mars 1951, une chute dans l’escalier lui occasionne une fracture dit type Dupuytren gauche.

Radiographie le 2 mars 1951 : Fracture bi-malléolaire de Dupuytren, cheville gauche. I,’ astragale et les deux fragments maliéoïaires sont très déportés au dehors, De plus, il y a un diastasis tibio-péronier.

Le 4 mars 1951, pose d’une botte plâtrée après réduction sous écran, On doit le refaire deux jours plus tard, la jambe ayant considérablement diminuée de volume.

On associe, en tant que traitement médical d'appoint, à 30 cg. de Vitamine © par jour, 3 gr. de chlorure d’ammonium, et cela ad libitum.

Le plâtre est enlevé le 26 avril 1951.

Radiographie : le hiatus fracturaire est visible sur le profil. 11 y a une décalcification du squelette avec une très bonne réduction sur la vue de face.

Cliniquement, la consolidation est nette,

On pose un Delbet le 28 avril 1951.

Le 5 mai 1951, on enlève ce plâtre. Cliniquement, la consolidaticn est excellente. La radiographie la vérifie et la malade commence à faire ses premiers pas.

En résumé : Fracture du type Dupuytren survenant chez une femme déficiente, au mauvais état général, obèse, et dont la consolidation qui s’est faite en deux mois et demi, semble avoir été heureusement influencée par l'association d’une thérapeutique vitaminée à l’acidification systématique des humeurs.

Soldat ayant fait une chute sur le coude droit le 13 mars 1951, chute suivie d’impoténce fonctionnelle de douleurs et de troubles parétiques de l’avant-bras et de la main.

Hospitalisé le 13 mars 1951.

Pas de diminution sensible des mouvements de la main,

Au coude, existe une grosse limitation de la flexion-extension et de la prosupination.

Localement, le coude est chaud, ocdématié, et la palpation et très doulcureuse surtout au niveau de lépitrochlée. I n’y a pas d’ecchymose.

Radiographie le 14 mars 1951. Aspect fissuraire de la base de l’olécrâne, sans aucun déplacement.

Pose d’un plâtre brachio-anti-brachial en extension.

On donne à ce malade le traitement médicamenteux suivant : Par jour 3 gr. de Chlorure d’ammonium et 30 cg. de Vitamine € pendant 16 jours, du 20 mars 1951 au 4 avril 1951.

Le 16 Avril 1951, ablation du plâtre.

Radiographie : La ligne de fracture est encore très légèrement visible.

TR

Cliniquement, la mobilisation n’est pas douloureuse, mais limitée dans la flexion et dans l’extension. Au vue de la radio, on commence la mécanothérapie.

Le ? Mai 1951, il part en convalescence, la mobilisation étant redevenue normale.

En résumé, fracture du type fissuraire de la base de l’olécrâne consolidée en un mois. Résultat sensiblement normal. Sans traitement, on pouvait escompter un résultat semblable,

Si nous récapitulons l'ensemble des observations que nous venons de lire, que voit-on ?

Treize cas semblent avoir été heureusement influencés par le traitement médical; tout particulièrement les observations N° 3, 5, 10 et 13 dont deux portent sur des fractures banales et les deux autres sur des résections osseuses relativement importantes. Les trois correspondant aux N° 7, 12 et 16 sont très douteuses et peuvent être considérées comme négatives. Elles viennent s'ajouter à quatre observations portant sur l'utilisation associée de la Vitamine C et du Chlorure d'ammonium nettement sans résultat tangible et que nous n'avons pas reproduites. Vouloir établir un pourcentage avec un total de vingt observations est sans doute osé. Il correspondrait en gros à 65 % de résultats positifs. Mais avant de lancer définitivement un tel chiffre il nous paraît bon de poursuivre cette expérimentation, de l’approfondir d'autant plus qu'elle semble amener des résultats intéressants.

Conclusions À

La réparation osseuse d’une fracture, en admettant la façon de voir de Policard et de Roche, peut se résumer de la manière suivante

1°) — L'organisation de la matrice conjonctive, régie par l'acide ascorbique.

2°) — La transformation de celle-ci en substance préosseuse, étape préparatoire à la calcification dans laquelle la phosphatase jouant un rôle capital est un

enzyme riche en acide ascorbique.

3°) — La prise du cal traduisant la précipitation

de phosphates tricalciques.

Dans ces différentes phases, nous avons vu l'importance de cet acide ascorbique reconnue actuellement par l'ensemble des auteurs et dont le rôle favorisant au cours de la consolidation des fractures est communément admis. De plus, la constatation que nombre phénomènes se passaient en acidose, tel l’action de la catheptase (pH 4), la libération de calcium au niveau de l’ensemble du squelette, en transformant les phosphates tricalciques en phosphates di ou mono calciques, l'augmentation dans les humeurs du phosphate et du calcium dyalisable aux dépens de celui qui ne l’est pas et qui de ce fait ne peut parvenir au niveau du foyer de fracture, nous a poussé à rechercher cette acidose malgré la décalcification générale, classiquement admise, qu'elle produit. En effet, nous nous sommes deman-

rie

dé si les bénéfices de cette acidose ne compenseraient pas cet inconvénient, à savoir, si cette déminéralisation du squelette, crainte par certains, dans la mesure où il n'y aurait pas de contre indication due à l'état général, telle la tuberculose, ne fournirait pas un calcium en plus grande quantité, plus facilement utilisable par l'organisme au niveau du foyer de fracture, de par son origine biologiquement plus naturelle, bref, si cette décalcification générale, passagère, ne valait pas la peine d'être produite au bénéfice local de la réparation osseuse.

La création d’un pH optimum pour la catheptase, l'augmentation du taux de calciuin utilisable dans les humeurs, sont les facteurs dont l'importance nous a parue si grande, qu'elle nous a fait passer outre cette décalcification que l’on pourra nous reprocher.

Nantis de cette idée, nous sommes passés directementà l’expérimentation : expérimentation bien trop réduite à notre gré, nous le déplorons, et ce qui devra être par la suite poursuivie afin d’avoir la masse sufisante d'observations, nous permettant d'en tirer des conclusions sûres, scientifiques, peut-être confirmant, voire infirmant notre hypothèse. Certes, du point de vue expérimental, l'interprétation de la rapidité de la consolidation d'une fracture est une chose essentiellement difficile, étant donné qu'il est très rare que deux fractures soient identiques, d'une part, par leur aspect anatomique, d'autre part, et surtout, par les différences considérables qui existent entre les individus, dans leurs

réactions et leurs potentialités réparatrices.

Le critère scientifique recherché est pratiquement impossible à obtenir et c’est à la clinique, appuyée par une grande masse d'observations, qu'il faudra faire appel. Ce sera l'impression que l’on pourra déduire du complexe, bien souvent presque subjectif, qui se dégage de l'examen clinique du malade joint à l'interprétation

Ce

radiologique qui nous guidera dans nos conclusions. Dans les quelques observations que nous avons amenées, il y a certes des échecs, des cas incertains, mais il nous semble que quelques-uns soient intéressants.

Nous voyons donc apparaître deux éléments : la nécessité de poursuivre cette expérimentation et l'idée générale de ce travail. Alarmés par ces allongements considérables des temps de consolidation os-euse, nous avons pensé qu'à réduction crthopédique et sanglante, il fallait surajouter systématiquement une thérapeutique d'appoint afin de faire cadrer notre thérapeutique chirurgicale dans un climat médical, si l’on peut dire, favorisant au maximum dans la mesure de nos moyens, le résultat de celle-ci.

C’est pourquoi, comme nous l’avons annoncé, dans notre entrée en matière, nous considérons ce travail comme une introduction à des recherches ultérieures. Trop longtemps pour le fracturé, l’apport médical a seulement consisté en l’utilisation du simple et unique gluconate de calcium. Nous pensons qu'il reste à utiliser avec bénéfice bien d'autres incidences thérapeutiques encore à étudier; nous pensons au magnésium, aux acides aminés et bien d’autres éléments que nous avons vu au passage dans le chapitre consacré à l'étude de l'ostéogénèse. |

Le but que nous rechercherons sera la création d'un complexe médicamenteux amenant chez le fracturé le maximum d'éléments favorisant la consolidation, et les amener plus rapidement à la phase de récupération et à la reprise, pour leur plus grand bien, d'une

activité sociale.

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ps!

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