‹ De l'utilisation de la chloropicrine dans les opérations de dératisation et désinsectisationChapitre 13 sur 22 · CAM ASS · texte numérisé non relu

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chloropicrine, des lentes étaient introduites dans une étuve à 29° ; des lentes témoins étaient placées dans les mêmes conditions, et on notait le nombre d’éclosions dans l’un et l’autre cas.

Des lentes exposées dans un flacon d'expérience aux vapeurs de chloropicrine à saturation, ne présentaient plus d’éclosions après un contact de 15 minutes, à une température de 17°.

Dans une chambre à désinfection, il fallait plus de 3 heures et moins de 5 heures pour iuer toutes les lentes placées entre deux épaisseurs de drap de capote, la température étant de 8° et la dose de chloropicrine employée de 10 grammes par mètre cube. À 33°, dans les mêmes conditions, les lentes sont tuées au bout de 3 heures ; au bout d’une heure les éclosions sont très rares.

Comme pour les poux, une augmentation de la concentration des vapeurs ne peut compenser un abaïissement de température : à la température de 5°, les lentes ne sont pas tuées en profondeur, après 2 h. 30 de contact, à la dose de 10 grammes par mètre cube ; si on élève la dose à 20 grammes par mètre cube, les résultats ne sont pas meilleurs.

Si les lentes sont protégées par de nombreuses épaisseurs de tissus, il faut, pour obtenir un résultat absolument certain, avec une dose de 10 grammes par mètre cube et une température de 10°, prolonger l’action des vapeurs pendant 24 heures.

L'eau chloropicrinée détruit les lentes en moins de 15 minutes ; quant à la vaseline chloropicrinée, son action ne semble pas plus efficace que celle de la vaseline ordinaire ; cette dernière, en collant leur clapet, empêche l’éclosion des œufs.

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3° Action sur la punaise des lits

La punaise des lits (cimerx lectularius), dont le rôle pathogène est incertain, a été accusée de transmettre la lèpre, certaines leischmanioses, la tuberculose et la fièvre récurrente.

Leurs piqûres douloureuses, leur contact répugnant amènent à recherchér leur destruction. Celle-ci est extrêmement difficile ; elles résistent même parfois aux fumigations d'acide cyanhydrique. Les vapeurs de chloropicrine se montrent très efficaces vis-à-vis de ce parasite.

M. le Professeur G. Bertrand et ses collaborateurs ont étudié les possibilités d'utilisation de la chloropicrine dans la destruction des punaises. Dans un premier groupe d'expériences, ils placèrent environ 350 parasites dans des flacons contenant des vapeurs de chloropicrine à une concentration connue.

Pour chaque concentration de vapeurs toxiques employée, ils firent 4 séries d'expériences. On notait dans chaque série les temps maxima au bout desquels tous les insectes étaient détruits, puis, pour chaque concentration, on faisait une moyenne des 4 résultats obtenus.

Les moyennes de temps maxima de mort furent les suivantes : :

12 heures 22°m:,6 h:1%m., 8 h°5m 2h50.

1h51 1h #4 me 10h 208 MP ne MEN 7 m., 1 h. 26 m., 1 h. 3 m., 33 minutes, pour des doses qui étaient respectivement de :

1, 2, 8, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 grammes par mètre cube.

Au point de vue pratique, ce sont 1es proportions de 4 à 10 grammes qui offrent le plus d'intérêt.

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Ces résultats ayant été obtenus, des expériences pratiques de désinsectisation furent faites.

Un premier essai fut effectué dans une pièce de 10 mètres cubes, où l’on pulvérisa 100 grammes de chloropicrine, soit 10 gr. par mètre cube ; toutes les punaises d’un lit parasité, qui y avait été placé, furent détruites après 8 heures de contact.

Un deuxième essai porta sur 8 lits placés dans une pièce de 75 mètres cubes, avec toujours la même dose de 10 grammes de chloropicrine par mètre cube. Sur l’un des lits, placé au milieu du local, on avait mis dans un tube à essai fermé par une gaze, vingt punaises à différents états de développement ; après 4 heures de contact toutes les punaises des lits étaient détruites ; la plupart d’entre elles avaient quitté la literie et leurs cadavres gisaient au pied des lits.

Lorsque nous étudierons les conditions pratiques d'emploi de la chloropicrine, nous verrons qu’elle permet non seulement la désinsectisation des literies, mais encore celle des locaux.

Si l’on craint que les œufs de punaises ne soient pas détruits après un premier traitement par les vapeurs de chloropicrine, on peut en effectuer un second une semaine après, ce qui est la durée d’éclosion de ces œufs.

Cependant Johanner Wille prétend qu'avec une dose de chloropicrine de 17 grammes par mètre cube, on obtient la destruction des punaises et de leurs œufs au bout de 3 heures de contact.

M. le Professeur Bertrand, puis Marcandier montrèrent que 24 heures de contact avec les vapeurs de chloropicrine, à la dose de 10 grammes par mètre cube, suffisaient pour détruire les punaises et leurs œufs.

4 Action de la chloropicrine sur les tiques

Les tiques, dans les pays exotiques surtout, jouent un grand rôle dans la propagation des maladies humaines ou de celles des animaux domestiques.

Le rhipicephalus sanguineus, tique du chien, transmet en particulier la fièvre boutonneuse, qui ne se trouve guère que dans le bassin méditerranéen, au Portugal et en Roumanie.

Les recherches portèrent sur une tique du chien fréquente dans la région bordelaise, le rhipicephalus sanguineus, Labrulle, 1806 (Guillyni). Après une exposition de 2 heures 30 aux vapeurs toxiques, la dose de chloropicrine employée étant de 10 grammes par mètre cube, les parasites qui n’avaient pas été détruits étaient atteints d’une torpeur qui se terminait infailliblement par la mort ; des Rhipicephalus exposés 9 heures aux vapeurs de chloropicrine, à la dose de 5 grammes par mètre cube, n'étaient pas suffisamment atteints et pouvaient recouvrer leur vitalité ; dans les mêmes conditions, si la dose était élevée à 10 grammes par mètre cube, ils étaient totalement détruits.

Les argas de nos pays ne transmettent aucune affection à l’homme et ne le parasitent qu'accidentellement.

L'’argas reflerus, qui est normalement un parasite des pigeonniers, peut, lorsque ces derniers sont abandonnés de leurs hôtes, s'attaquer à l’homme. Ce parasite est extrêmement résistant ; il peut subir des jeûnes prolongés sans perdre sa vitalité, et il est peutêtre plus difficile d'obtenir sa disparition que celle des

punaises.

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La chloropicrine, à la dose de 20 à 30 grammes par mètre cube, agissant pendant une journée, permet la destruction de ce parasite.

5° Action sur les blattes

Les blattes, commensaux incommodes de l’homme dans les maisons et sur les navires, sont plus désagréables que dangereuses, encore qu'elles puissent jouer un rôle, rôle purement mécanique, dans le transport des germes. Elles sont également très sensibles aux vapeurs de chloropicrine. Lors de la chloropicrination du « Kronstadt », les blattes, les puces, les punaises qui avaient résisté antérieurement à une sulfuration, furent toutes détruites.

Sur le « Sénégalais », à la température de 16°, à la dose de 10 grammes par mètre cube, les blattes, dans ce cas particulier de l’espèce Ectobra lividia, furent toutes détruites après 24 heures de contact, et leurs œufs ne présentèrent plus d’éclosion.

6° Action de la chloropicrine sur d’autres parasites

a) L'action de la chloropicrine fut utilisée dans le traitement de la gale des chevaux, avec des résultats comparables à ceux de la sulfuration ; le succès obtenu donna l’idée d'appliquer l’action de la chloropicrine au sarcopte de la gale humaine ; les pommades à base de chloropicrine se montrèrent d’abord inefficaces, ce produit ayant une évaporation trop rapide ; pour éviter cette évaporation on enferma un doigt parasité et enduit d’une pommade à base de chloropicrine dans un doigtier de caoutchouc ; les résultats locaux furent

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excellents, mais on ne continua pas cette expérimentation.

b) Les vapeurs de chloropicrine, et c'était d’aüleurs le but des premières recherches qui furent faites, peuvent être utilisées contre les parasites des végétaux ; ceci intéresse également l’hygiéniste, car il fallait savoir si les matières alimentaires végétales qui avaient subi leur action n'étaient pas dangereuses pour la consommation. La chloropicrine à permis la destruction des parasites des graines (charançons, tribolium navale, etc...), sans qu'elles en retiennent des traces ou deviennent toxiques.

c) Elle peut être également employée pour la destruction des termites qui, dans certaines de nos régions maritimes, s'attaquent aux planchers et aux charpentes et compromettent ainsi la solidité des immeubles.

M. Feytaud put ainsi détruire, avec une dose de 15 grammes par mètre cube et une durée de contact de 16 heures, une colonie de Leucoterma Lucifugus Rossi qui avaient envahi une villa.

d) Les teignes des laines et des plumes, ainsi que leurs œufs (Tinea pellionella, Tinea biselleia, Tinea topazella) peuvent également être détruites par la chloropicrine avec une dose de 15 à 25 grammes et une durée de contact de 48 heures.

Il est à noter que les laines et les plumes légèrement grasses retiennent facilement ce produit et demandent à être aérées largement, à moins que l’on ne veuille laisser se prolonger l’action parasiticide.

e) Indiquons également l’action destructive de la chloropicrine sur les diverses moisissures.

En résumé, la chloropicrine, employée à la dose de 10 grammes par mètre cube, permet :

1° la destruction des rats, la mort de ces derniers survenant en 22 minutes s'ils ont été constamment maintenus en atmosphère toxique ;

2° la destruction des puces, dans un temps maximum de 15 minutes ;

3° la destruction des punaises et de leurs œufs, des poux et de leurs lentes, tués sûrement après un contact de 24 heures ;

4° Ja destruction des tiques (Rhipicephalus) après un contact de 9 heures ;

9° la destruction des blattes ou cancrelats après une exposition de 24 heures aux vapeurs toxiques ;

6° avec une dose de 20 à 30 grammes, et un contact de 12 heures, elle détruit l’Argas reflexus ;

7° avec une dose de 15 grammes par mètre cube et un contact de 16 heures, elle détruit les termites ;

8° la chloropicrine permet également la destruction des mites et celle des parasites des céréales.

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