INTRODUCTION
L’extraordinaire fortune que connaît actuellement la thérapeutique par les agents chimiques, doit autant à l’essor de la chimie organique à la fin du siècle dernier, qu’au fait que la préparation de médicaments de synthèse est arrivée au stade d’une science d’application, étroitement liée à la pharmacologie, mais aussi chaque -jour davantage, à la chimie biologique.
L'apparition dans la littérature médicale des déno- - minations de catalyseurs biochimiques ou « ergones », les multiples publications concernant les anti-vitamines et, . plus généralement, les inhibiteurs modelés sur les facteurs de croissance, témoignent de l'importance des applications thérapeutiques de la biochimie.
Une nouveauté de la terminologie contribue souvent à préciser une notion déjà ancienne, mais dont les limites n'étaient point encore exactement tracées.
Il en est ainsi de la BIOCHIMIE THERAPEUTIQUE, appelée à rejoindre la CHIMIOTHERAPIE dans le cadre général des sciences pharmacologiques.
A l'encontre d’une tendance manifestée récemment, et visant à parler chimiothérapie lors de l'emploi d’un anti-thyroïdien de synthèse, nous conserverons à ce terme sa signification classique.
Parmi les nombreux types d'action réciproque ou d'association, mettant aux prises les microorganismes
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avec les organismes supérieurs, la pathologie retient celui où le microorganisme devient un parasite de son hôte.
Lorsque le parasitisme s’établit, son développement peut être arrêté par l'administration à l'hôte de certains agents médicamenteux.
La chimiothérapie a éclément pour objet l’étude du système ternaire hôte, parasite, médicament antiinfectieux, sans toutefois négliger une source d’information précieuse, à savoir la biologie et la biochimie du microorganisme pathogène, lorsque ce dernier vit sur un milieu autre que celui de son hôte habituel.
La chimiothérapie se trouve actuellement à un tournant de son évolution. Depuis la découverte par Ehrlich de l’action trypanosomicide de certains colorants. azoïques (1904), jusqu’à celle des propriétés bactériostatiques des sulfamides (1935), les progrès de la chimiothérapie avaient été favorisés par son indépendance à l'égard du reste de la thérapeutique. |
Mais l'interprétation proposée en 1940, par Woods et Fildes, du mode d’action des sulfamides, engageait la chimiothérapie dans une voie qui lui permettait d’aborder, avec ses méthodes et son esprit, l'étude des vecteurs des systèmes antagonistes naturels.
Aussi nous a-t-il semblé opportun de souligner dans la partie bibliographique de cet exposé les méthodes
générales qui caractérisent l’évolution actuelle de cette discipline.
Nous insisterons plus particulièrement sur la réalisation, dans le travail de recherche, des concepts d’antagonisme et de synergie, aussi anciens que la médecine, mais que chaque génération met au service des Dee Cupations de son époque.
. La notion d’antagonisme se retrouve en chimiothérapie classique dans de multiples travaux concernant les incompatibilités.
Si la précipitation dans un milieu mal tamponné, comme le liquide céphalo-rachidien, d’une solution alcaline de sulfamide est une incompatibilité de milieu, l’inactivation de ce même sulfamide par une collection suppurée révèle l’existence d’un antagonisme biochimique.
Inversement il existe, en matière de synergie, d’autres associations aux sulfamides que celles visant à en augmenter la solubilité ou exerçant, tel les Vitamines PP ou B, une action protectrice vis-à-vis de l’éclosion d'éventuels accidents. :
Si l'association médicamenteuse n’est encore envisagée qu'avec réticence en thérapeutique anti-infectieuse spécifique, les récents progrès de la biochimie nous autorisent à aborder l'étude des problèmes de synergie dans l’esprit même de la pharmacologie classique.
Nous nous proposons d'illustrer cette affirmation par l’étude expérimentale de l’association Pénicilline - Benzylamine,4-Sulfamide.