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avait de fréquents moments d’oubli et on s'était si bien aperçu de sa perte de mémoire que son contremailre avait pris l'habitude de lui indiquer par écrit et heure par heure sa besoone.
Il n'était pas buveur, trovaillait dans une fabrique de caractères d'imprimerie man ant | cut-ûtre le p.omb.
— Le lendemain 20, à la visite du malin, nous n'avions absolument que ces renseignements et nous trouvons le ma'ade dans létat suivant:
Couché dans la résolution la plus complète, dans un état de torpeur dont il était impossible de le tirer: complètement hébtlé, il est inattentif à tout ce qui se passe autour de lui , il est inerte et silencieux. Cependant après lui avoir posé plusieurs questions, il finit par dire quelques mots sans aucun à-propos et qu'il répète continuellement ; sa parole est brève, saccadée, avec quelque hésitation et du mâchonnement.
Facies hébété, regard fixe ; pas le moindre tremb'ement de la langue ni de la lèvre supérieure ; pas de contracture, pas de paralysie. Inégalité pupillaire, la pupille droite est manifestement plus développée que la gauche, l'accomodalion à la lumière se fait lentement. Pas de sirabisme, lous les mouvements du globe oculaire sont conservés ; légère ptose de la paupière gauche qui est rouge et enflammée.
C'est un sujet vigoureux ne présentant aucun stigmate de syphilis.
Il a uriné assez abondamment cette nuit sans en avoir eu conscience,
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Pas d'albumine dans ses urines, Pas de température, Régime lacté.
21. — Le lendemain nous avons pu nous procurer les renseignements suivants : Le malade a véca aux colonies (Tonkin) où il fit tout son congé; c'est la première fois qu'il est malade.
Il n'avail jamais manifesté de signe de dérangement intellectuel, lorsqu'il y a 18 mois, il cut une attaque, il traversa une crise analague à celle que nous observons, nous dit-on, début brusque avec des phénomènes d’excitation, il avait du délire, il fut méchant, violent et dangereux, il est resté ainsi 6 semaines : soigné chez lui, il ne semble pas avoir été soumis au traitement antisyphilitique... il a progressivement guéri, mais depuiscetle époque il est resté déprimé ct c'est à partir de ce moment là qu’il présente des signes manifestes de dérangement intellectuel. Il se plaint souvent de céphalées très violentes et très tenaces ; il a eu de fréquentes angines. Il est marié et sa femme a accouché à 7 mois d'un enfant mort, son mélier est celui de polisseur sur métaux. Il ne fait d'excès d'aucune sorte. Jouit d'une excellente réputation ; sa santé sénérale n'a pas semblé allérée, appélit conservé. pas d'amaigrissement.
Il est toujours dans le même état de torpeur, ni agitation, ni délire, il ne comprend rien, ses réponses sont absolument incohérentes. Hier, il a eu douze attaques épileptiformes. Début brusque, sans cri ni aura ; convulsions toniques, débutant au bras droit, gagnant la face, surtout dans la moitié droite, la bouche est tordue, les dents sont serrces, mais il ne se mord pas la langue ; puis la jambe
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se contracture sans présenter de secousses convulsives.
Le pouce est fléchi dans la paume delamain,recouvert des autres doigts, Le malade ne prend conscience de son état à aucun moment. Il reste somnolent et inerte jusqu’à l'éclosion d'une nouvelle attaque.
La pupille droite est p'us dilatée, le plosis de la paupière gauche s’est accentué.
Le traitement spécifique est immédiatement institué: 6 grammes d’iodure de potassium, 4 centigramme de biiodure de mercure en injection sous-cutanée.
22. — Aucun changement dans l’état du malade, 12 crises épileptiformes hier, 8 gr. d’iodure, injection de biiodure.
:3. — Même état, 10 crisesépileptiformes, hier, todure 10 grammes.
24. — Etat stationnaire, prostration, incohérence des propo:, 13 crises épileptifor nes, iodure de potassium 12 grammes.
26. — Toujours même état d’hébétuie et de démence, incapacité absolue de comprendre une question ou un ordre. Inégalité pupilaire, 8 crises, iodure de potassium, 16 grammes.
29.— Les résultats du traitement commencent à se manifester, hier 3 attaques seulement. L'état mental semble un peu amélioré, le malade commence à s'intéresser à ce qui se fait autour de lui,il suit des yeux les gestes que l’on fait, ilessaie de répondre aux queslions, mais ses réponses n’ont aucun à propos ; il est encore incapable de lever un bras au commandement.
La pupille droite cst toujours dilatée ; la paupière
gauche est moins abaissée. 20 grammes d'’iodure ; 4 injection de biiodure.
Îer Juillet. — Le malade est transformé: il a eu hier 5 allaques, mais il comprend aujourd'hui ce qu'on lui dit ; quand on l'interroge. il semble profondément réfléchir, et, après un temps plus ou moinslong, il répond d'une facon sensée, ce qui nous permet de compléter nos renseignements et d'apprendre de lui-même qu'il a contracté la syphilis au Tonkin, qu'ila été soigné pour ce fait à l'hôpital militaire et il nous montre la place de son chancre dont il ne resie aucune trace.
Il n'a aucun souvenir de la crise qu'il vient dé traverser et it croit avoir été porté à l'hôpital la veille.
Il se plaint d'une céphalée extrêmement violente ct continue qu'il localise dans la région occipitale.
Daus l'intervalle de ses crisesil ne dit rien et reste sornolent. 24 grammes d’iodure; une injection de biiodure.
3 juiilet. — Hier deux attaques seulement. Dilatation pupillaire et ptosis améliorés. 23 grammes d'iodure ; une injection de biiodure.
Il n'y à pas eu d'attaque hier et pour la première fois le malade a manifeslé un peu de spontanéité, il a désiré se lever ; il est resté une heure dans un fauteuil. 5 gr. d’iodure. 1 cer. de biiodure.
7 juillet. — Le malade se lève et commence à marcher. Pas d'hésitation dans la marche, mais la jambe droite cest légèrement trainante.
Il lit machinalement le journal mais avec difficulté et ne comprend pas ou du moins ne se souvient pas de ce qui vient de lire, ne pouvant le répéter. Le ptosis a
presque complètement disparu. Un peu d'irritation gastrique. 20 gr. d’iodure 1 gr. de biiodure.
9 juillet. — La céphatée persiste ; le malade lit plus facilement, aucun trouble de la parole, mais il ne comprend pas très bien: son intelligence est manifestement affaiblie, ILse souvient de son nom, de son séjour au Tonkin qu’il raconte avec persistance à ses voisins... il ne se rappelle pas leurs noms et n'a aucun souvenir des faits récents. 20 gr. d'ixdure.
Du 9 juillet au 24 juillet, c'est-à-dire pendant 12 jours, le malade prend quotidiennement 20 grammes d’iodure et son état s'amliore de jour en jour sans aucun accident d'iodisme.Il renaît à la vie intellectuelle, mais ses facultés sont un peu affaiblies. Il est apte à reprendre son métier dont ilnous dit très raisonnablement tous les détails ; il est tranquille, ca me, sans grandeinitiative ; on l'emploie dans la salle à quelques petits travaux, mais il se trompe fréquemment et oublie d'un jour à l'autre l’emplacement d’endroits qui devraient lui être familiers.
Il s’égare soit dans le jardin soit dans les salles, voisines, se trompe quelquefois de lit ; il ne s'irrite pas de ces pertes de mémoire, il est absolument indifférent. Par instant et quand on l’y invite, il sort cependant de son mutisme, il s'anime au souvenir de faits lointains et les raconte à plusieurs reprises. Il n'a point perdu sa spontanéité, il se lève, marche, mais n’oppose aucune résistance aux observations qu’on lui fait. Il désire cependant reprendre son travail qu'il est sûr, dit-il, de bien faire.
En résumé, il ne divague pas, ses propos sont sensés, il ne commet aucune extravagance ni en aclions ni en pa-
roles, mais ses conceptions sont bornées et sa mémoire trés affaiblie.
Depuis le 2{ juillet on diminue de jour en jour la dose d'iodure tout en lui continuant son injection quotidienne de biiodure. il prend 4 grammes d’iodure ; on lui conseille de continuer. Il est mieux, moins sujet à des écarts de mémoire, moins triste et moins abattu, ses parents le trouvent dans le même état qu'avant la crise.
OBSERVATION Il
Lem...J,àgc de 32 ans, serrurier, entre à l'hôpital le 2 janvier 1899, service de M. Hirtz, à Laennec.
Il a cu un chancre svphilitique en 1891.
En 1897. — Hémiplégie droite, au mois d'août, qui n'a pas laissé de (races.
En Mai 1898. — Hémiplégie droite sans aphasie qui dure deux mois, et guérit sans aucune médication.
Depuis 15 jours, ce malade est atteint d’une hémiplégie gauche qui s’est installée peu à peu, le malade avait des vertiges etil avait la démarche d’un homme ivre et (out le coté gauche lui semblait « glacé ».
Le facial supérieur est pris ; du trismus rend la déglutition presque impossible. Légère parésie du moteur oculaire externe du côté gauche. Les pupilles sont inégales, légère difficulté de la parole, contracture du çôt#
gauche,