‹ De l'utilité des très hautes doses d'iodure de potassium dans certains cas de syphilisChapitre 8 sur 9 · FE NNE · texte numérisé non relu

FE NNE

l’ædème du visage, des lèvres, de la langue du voile du palais, la respiration s’embarasse, l'articulation des mots devient presque impossible à cause de l'œædème laryngo-trachéal puis tout rentre dans l’ordre:

Lawrie Âdair (1) administre de l’iodure depuis ohze jours à 1 homme syphilitique à la dose de 2 grammes et voilà que tout à coup cet homme est pris de dyspnée suite d'œdème de la glotte, on le saigne mais les phénomènes d’asphyxie s’accentuent où se dispose à lui faire la trachéo-tomiie, mais le malade meurt 12 heures après le début des accidents et à l’autopsie on constate de l’œdème de toutes les voies aériennes.

Nelaton (2), rapporte un cas d'œdème de la glotte très grave dû à l'administration de 1 gramme d’iodure.

Fenwick (3) fut obligé de faire la trachéotomie à t homme de 25 ans à qui il avait donné so centigrammes d'iodure.

: Huchard (4), dut en faire autant à 1 homme de 50 ans qui avait pris une très faible dose d’iodure.

Ces accidents d’œdème de la glotte sont les plus

Braves de tous les accidents iodiques, maisils ne sont

(1) Schmidts Jahr brich. Suppl. 1842 p. 32, (2) Journal de chimie médicale 1854 p. 21.

(3) Loucel 3 novembre 1875 p. 698.

(4) l'Union médicale 1885. p, 109,

par les seuls et aucun organe, aucun système n’y échappe et chaque sujet traduit à sa manière son intolérance médicamenteuse. C’est lui et non l’agent toxique qui détermine le plus souvent la formule de ces accidents. Il serait intéressant de connaître la cause de ces accidents. On l’a cherché dans l’impureté de l’iodure d K qui contiendrait des iodates ; dans l'insuffisance de l'élimination rénale. Enfin on a été naturellement porté à attribuer aux doses employées une action prépondérante dans l’action de l’iodisme.

Mais 1l est complètement admis aujourd’hui que cette cause est, la dernière à incriminer car le plus souvent les accidents surviennent rapidement, quelques heures après l’ingestion des premières doses et chose inexpliquée, ils paraissent plus fréquents avec les. doses faibles qu'avec les doses fortes. En sorte qu'on en arrive à cette conclusion que la cause intime des accidents réside dans le sujet lui-même, et à l'appui de cette idiosynerasie, on apporte les preuves suivantes :

L’iodisme ne se manifeste pas chez tous les sujets. soumis à l’iode ; les individus susceptibles de l’iodure le restent d'une facon permanente ; si après la guérison des accidents on donne de nouveau l'iodure, les accidents reparaissent sous la même forme que la première fois.

L'iodure de potassium, dit Hutchinson, est un

de ces remèdes qui offre ceci de curieux que chez

beaucoup de personnes la dose n’a guère d'influence sur les effets obtenus, il: n’existe peut-être aucune médication dans laquelle l’idiosyncrasie joue un plus grand rôle. |

Le docteur Teissier (1) dans son travail sur les accidents de l’iodisme aboutit à une conclusion identique : ce n’est pas l'usage prolongé de l'iodure, ce ne sont pas les hautes doses d’iodure qui provoquent les accidents laryngés de l’iodisme, ces accidents sont des symptômes précoces de l’intoxication pouvant apparaître les premiers jours, les premières heures même et après l'administration de doses relativement petites. |

White (2) démontrant l’inexactitude de cette proposition de Wood (discussion ou the diagnostie value of tolérance of the iodides in syphilis. Thérap. gaz détroit 1889. XIII. 05-209) à savoir que l’iodisme était la preuve de la non spécificité des lésions traitées par l’iodure, déclare que l’idiosyncrasie, dans les accidents provoqués par les iodures est un facteur dont l'importance l'emporte de beaucoup sur celle que l’on pourrait attribuer à la syphilis.

C’est au nom de cette idiosyncrasie reconnue par

presque 1ous les auteurs que nous protestons contre

(1) Annales de médecine 1891, 20 mai, (2) Union médicale 1889. XLVIIL p. 628 et compte rendu du congrès dermatologique 188). Paris p. 924,

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la condamnation des très hautes doses d’iodure de potassium dans tous les cas de syphlis. Ne se peut-il admettre en effet, que de même que certains organismes réagissent sous l'influence de doses infinies. d’autres organismes au contraire soient plus indifférents devant l’iodure et veuillent pour réagir de très hautes doses de ce remède si fantaisiste dans ses effets. Rien ne nous semble opposé à cette manière de voir ; mais les variations de la clinique sur la dose maxima, les succès obtenus avec les faibles doses. les insuccès obtenus avec des doses dites intensives (8, 10 et 12 grammes), les accidents de l'iodisme nous fortifient au contraire dans notre opinion au sujet de l’utilité, de la nécessité de très hautes doses d’iodure de potassium à savoir 20 et 30 grammes.

Peut-être que quelque clinisien n’obtenant aucun

succès avec ces doses, voudra encore les dépasser,

rien ne nous autorise à le lui interdire s’il est certain d'avoir affaire à la syphulis et s’il augmente peu à peu les doses en commençant comme nous le fimes aux

doses généralement utiles,

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Mode d'administration

Plusieurs voies s'offrent au médecin pour introduire l’iodure de potassium dans l'organisme,

La voie stomacale ;

La voie rectale :

La voie hypodermique ;

La voie épidermique.

Nous ne parlerons pas des deux dernières qui n’offrent aucun intérêt pour les cas qui nous occupent.

L'administration de l’iodure par la voie stomacale est pour ainsi dire le seul moyen employé. L'iodure a une saveur désagréable, salée, piquante, àâcre, alcaline, persistante, aussi a-t-on songé à l’administrer en dragées pilules ce qui ne saurait convenir avec de hautes doses, l'estomac devant être . ménagé, d’ailleurs on n’a beaucoup moins d’accidents gastrique quand ilest dissous dans l’eau. C’est ainsi que nous avons procédé, évitant même autant que possible les sirops devant dissimuler la saveur dé-

sagréable de l’iodure et encore bien plus l’anisette ou

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autres liqueurs. Nous faisons boire beaucoup nos malades, soit du lait, soit des tisanes.

Quant à la voie rectale, nous n’eùmes pas besoin de nous en servir n'ayant pas eu d'accidents gastriques, mais dans l'observation Balzer, on a pu voir que l’on s'était servi plusieurs jours de cette voie. Il vaut mieux alors donner plusieurs lavements et diviviser la dose que d'agir en une seule fois.

Le lait nous semble un bon véhicule,

Conclusions

Les très hautes doses d’iodure de potassium à savoir 20 grammes, 30 grammes et au-delà ne doivent pas être rejetées de la thérapeutique antisyphilitique d'une façon absolue, leur emploi peut être très limité, mais il est des cas où il ne faut pas craindre en prenant les précautions d'usage, d'augmenter les doses généralement utiles et dans ces cas évidemment

insuffisantes,

Vu . Le Présiderit de la Thèse, HAYEM.

Vu : Le Doyen, P. BROUARDEL.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris GRÉARD.

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