OBSERVATION VIII
(Valois, juillet 1902, Recueil d'Ophtalmologie.)
X..., reçut plusieurs grains de plomb tirés à une faible distance, il y a huit mois environ. L'un d'eux atteignitle globeoculaire droit et produisit une plaie d'entrée, située au niveau du limbe seléro-cornéen. Deux jours après l'accident, je vois le malade et je constate l’état suivant : OKdème assez prononcé, des deux paupières ; chemosis ; en entr'ouvrantles paupières, on voit un épanchement de sang dans la chambre antérieure et une hernie de l'iris du volume d’une tête d'épingle. Cette hernie se trouvait située au côté interne et inférieur, à un millimètre environ au-dessous du limbe scléro-cornéeu. La plaie affecte une
forme triangulaire ayant beaucoup de rapports avec une pi-
qûre de sangsue. L'iris, repoussé par le liquide de la cham-
bre antérieure, fait une hernie de près d’un millimètre de
saillie.
La tension oculäire, qui, au début, étaitassez faible, remonta sensiblement au bout d’une dizaine de jours.
Je décide de cautériser cette hernie avec l’anse galvanique.
Era
. En deux fois, le prolapsus de l'iris fut entièrement cantérisé, du moins toute la partie de cette membrane qui setrouvait au dehors.
Au bout de deux mois, la plaie était entièrement cicatrisée. Mais il restait toujours un petit point noir témoignant de l’enclavement de l'iris dans la plaie, A ce moment l'état de l'œil était devenu normal, la rougeur avait totalement disparu, la tension était très bonne. Quinze jours après, le malade avait repris Son existence normale,
A la suite d’une promenade à cheval, une irido-choroïte se déclara, la tension oculaire diminua beaucoup, l'œil devint sensible et même douloureux à la pression.
En présence de cette situation, je conseille l’énucléation qui
- fut acceptée et que je pratiquai. Le même conseil du reste avait été donné par mon maître, le docteur Despagnet, à qui
j'avais adressé le malade et qui lui aussi attribuait l'irido-
Choroïdite et-la phtisie de l’œil à la plaie ciliaire.
Antérieurement, l’examen radiographique avait été fait sans qu'il fût possible de localiser le corps étranger dans l'œil ; de cetexamen on pouvait conclure que le corps étranger se trouvait situé en arrière du globe oculaire, mais, faute de repères nettement définis, il était impossible de préciser absolument sa situation. ;
Après l’énucléation, l’autopsie de l’œil fut faite et le corps étranger ne fut pas retrouvé. Le diagnostic de l’irido-choroïdi-
que, consécutive à une plaie de la région ciliaire avec enclave- - ment dans les lèvres de la plaie de la racine de liris, fut donc ainsi confirmé. :