OBSERVATION XII
M: P..., 45 ans, a reçu, en février 1898, un grain de plomb n° 7 dans l'œil droit. Le projectile a traversé la cornée juste au niveau de la pupille ; une cataracte traumatique s’est développée presque aussitôt, ne laissant à l’œil aucune vision, La cataracte s’est résorbée petit à petit, et Le pourtour de la pupilie est resté adhérent à la cicatrice d’entrée du projectile.
Le globe oculaire à subi un léger degré d’atrophie. Quatre mois après, comme il n’élaitle siège d'aucune douleur, on pouvait se demander s il ne convenait pas mieux de conserver cet œil que de songer à l’énucléer.
La radiographie a été pratiquée à la fin de juin 1898 selon les règles tracées dans ce travail. La présence du grain de plomb a été décelée au fond de l'orbite, sur la paroi inférieure. L'épreuve a servi, en justice, pour le procès particulier à celte affaire, J’ajouterai que, à la suite de cette blessure grave, dans laquelle l'œil avait été traversé presque selon son axe antéro postérieur, l’atrophie du globe n’a fait que s’accentuer. Le blessé lui même a réclamé en février 1899 l’énucléation de son œil pour lui substituer une pièce artificielle.