OCT
Exaïinen radioscopique. — On aperçoit à l'éclairage bitemporal une ombre arrondie et épaisse comme celle que ferait une balle de revolver. Cette ombre est indépendante des mouvements du globe oculaire et très profondément située dans la cavité orbitaire.
En mettant au malade une paire de lunettes et en cherchant à faire coïncider l’ombre des deux curseurs et celle du projectile on peut repérer, sur la peau du malade, le niveau approximatif où se trouve la balle,
On arrive ainsi à déterminer que la balle se trouve à 44 millimètres en avant de l'oreille.
Examen stéréo-radiographique.
4° Préparation du malade. — On marque d’abord 3 points de repère : la jonction du lobe de l'oreille avec la face à droite et à gauche, et un point passant à 1 centimètre audessus dè la ride marquant la racine du nez. On fait passer par ces trois points un fil souple en cuivre recuit. Les deux chefs du fil se croisent et se nouent derrière l’occiput. On obtient ainsi une ligne circulaire que l’on maintient au moyen de bandelettes de diachylon. Sur cette ligne on marque 4 points
de repère métalliques, 2 latéraux et 2 frontaux. Ces points de
repère sont constitués par un fil de cuivre de deux centimètres.
de long qui croise à angle droit la ligne circulaire. Les deux repères latéraux sont situés de chaque côté à 35 millimètres en avant de: l'oreille. Les deux repères frontaux passent par Île centre de la cornée, le malade regardant à l'infini.
Notons une légère différence entre ces deux repères destinées à les rendre plus reconnaissables sur la radiographie. Du côté
droit, la partie inférieure du fil est plus grande que la supé-
rieure. Du côté gauche, les deux moitiés du fil sont à peu près égales et en outre l’une des extrémités, la supérieure, est légèrement recourbée.
Préparation des instruments. — Are Chàssis. — On se sert d’un châssis spécial sur lequel s'appuie la tête du malade. Ce châssis contient un cadre formant tiroir destiné à renfermer la plaque sensible et pouvant se manœuvrer sans faire bouger la tête du blessé. à
2e L’ampoule est située sur une règle métallique longitudinale
et graduée. Un curseur auquel est adapté le support de l’am-
poule en permet le glissement et le déplacement.
Opéraltion.— Le malade est couché la tempe droite appuyée sur le châssis el la tête fixée au moyen d'un tour de bande ;°on élève lampoule à 60 centimètres et on fait par le rayon uormal par le point de repère latéral.
Rappelons que nous avons déjà déterminé par un calque sur l'écran la position supposée du projectile. Nous savons que ce point est situé à 44 millimètres en avant de l'oreille, sur une ligné allant de l’oreille à l'angle externe de l'œil droit. Le point de repère a été fixé approximativement en arrière du projectile.
1*° radiographie. — A trois centimètres à droite de la perpendiculaire au point de re on place ampoule. Durée de la pose, 6 minutes,
2 radiographie. — Le malade étant absolument immobile et la tête Loujours appuyée sur le châssis, on substitue gràce au cadre-tiroir une plaque vierge à la plaque impressionnée,
2% On place l’ampoule à trois centimètres à gauche de la perpendiculaire au point de repère, ce qui fait un déplacement de 6 centimètres par rapport au point précédent.
Durée de la pose, 6 minutes.
On obtient ainsi deux épreuves qu’on place dans un stéréoscope. L'image de la balle apparait alors en relief. Elle se trouve très profondément située au fond de la cavité orbitaire et très près de la paroi interne de l’orbite.
Le 5 février 4903, sur les-instances du malade, le docteur Valude se décide à pratiquer une tentative d'extraction.
Le blessé étant chloroformé, M. Valude pratique l'opération
. de Krænlein, Il fait au niveau du bord externe de l'orbite une
incision presque verticale, puis décolle le périoste, el sectionne au ciseau et au maillet un triangle osseux sur la paroi externe de l'orbite. Le volet osseux est renversé en dehors &t la cavité
orbitaire devient ainsi accessible à l'explorateur électrique de
Trouvé.
On sait que cet explorateur se compose de deux tiges métalliques cylindriques, emboitées lune dans l’autre et séparées, l’une de l’autre,/par une matière isolante. Chaque tige estreliée à la borne d’une sonnerie. De cette façon, le moindre corps métallique venant établir un contact entre les extrémités des deux liges isolées, fait résonner la sonnerie.
Cet explorateur est introduit prademment le plus loin possible. On ne trouve pas trace de corps métallique. Donc la balle est trop profondément située dans l'orbite pour être atteinte par cette opération. M. Valude replace le volet osseux et suture la plaie.
Il est certain que le procédé radiographique n’était pas assez
précis pour nous guider sur Île projectile. La méthode de
M. Contremoulins ou de M. Guilloz aurait été sans doule plus
efficace.
LP OGRS