‹ De L'Utilité Et De L'Emploi Des Rayons X En OphtalmologieChapitre 8 sur 58 · ANSE · texte numérisé non relu

ANSE

sûrs, de même pour les corps étrangers des voies lacrymales et des sinus péri-orbitaires, Il est même permis d'espérer une localisation des corps étrangers intra-oculaires, qui guidera leur extraction. De plus les tumeurs de l'orbite deviendrent peut-être l’objet de recherches fort intéressantes et des plus utiles. En particulier les cals vicieux, les ostéo-périostites seront mieux localisés. On doit insister spécialement sur les résultats à espérer en cas d'exostose. On sait que certaines exostoses orbitaires, comme WMackensie l'avait signalé déjà, sont sessiles et proéminent autant dans le crâne que dans l'orbite, d’où une opération bien plus dangereuse et quelquefois impossible à mener à bien, La radiographie nous indiquera certainement celles qui sont sessiles et celles qui sont pédiculées et, par suite, le siège et les limites de l’intervention chirurgicale. »

Surenchérissant sur les mérites du nouveau mode d'investigation, M. Péchin déclarait: « La radiographie s'impôse dès maintenant dans tous les traumatismes par corps étrangers. Cetté méthode, en nous permettant de faire, aussitôt que possible, le diagnostic topographique du corps étranger nous indiquera immédiatement la conduite à tenir, et ainsi nous sauyerons des yeux qu'une temporisation, pourtant rationnelle, aurait condamné à être énucléés plus tard. »

Mais bientôt des échecs retentissants vinrent faire tomber l'enthousiasme du début. Quelques oculistes nicrent l'utilité des rayons X dans leur spécialité.

Le 15 mars 1901, M. Fromaget rapporte à la Société

Médicale de Bordeaux une observation que nous citons

SANT Lane

plus loin. La radiographie avait montré un corps étranger métallique dans le globe oculaire. La tentative d'extraction qui suivit la localisation fut vaine ; plus tard cet œil énucléé et ouvért montra qu'il ne Contenait pas la moindre trace de corps étranger. L'auteur congluait en disant qu'à l'avenir, en présence d'un cas semblable, il ne tiendrait plus compte de la radiographie, mais agirait uniquement selon les symptômes cliniques.

Nous sommes donc en droit de nous demander si les rayons X méritent cet excès d'honneur ou cette indignité, si vraiment le praticien a intérêt à se servir du nouveau mode d'investigation ? Nous aurons suffisamment démontré l'importance qu'il ÿ a, pour loculiste, à pouvoir rechercher et localiser les corps étrangers de l'œil, si nous prouvons que cette localisation fait varier dans des proportions considérables le diagnostic, le pronostic et le

traitement.

. Importance au point de vue diagnostic.

« A l'occasion de toute lésion traumatique perforante, il faut se poser la question de savoir si oui ou non un corps étranger est resté dans l'œil » (Fuchs).. |

« Il est toujours bon, dit le professeur Rokmer, de s'assurèr de la présence d'un corps étranger dans l'œil: car, d'une part, les cliniciens savent bien que souvent le malade affirme qu'il ne lui est resté aucun corps étranger dans l'œil, quand précisément il y a pénétré; et, d'autre part, il est souvent difficile au médecin soit de découvrir la

Se

- Porte d’entrée, soit de déterminer au simple examen la nature du corps étranger. »

Avant l'apparition des rayons X, le diagnostic de la présence d'un corps étranger présentait une difficulté inouie. On se guidait sur les commémoratifs, sur l’examen du fond de l'œil quand ïl était praticable, sur les mouvements d’une aiguille aimantée quand on soupçonnait la présence d’un corps magnétique.

Pour les corps étrangers de la chambre antérieure, on conçoit que l'examen à la loupe puisse les révéler, surtout quand il n'y a pas de cataracte traumatique. Mais comment aller découvrir dans les parties profondes de l'œil la présence d’un éclat de cuivre, d’un fragment de pierre, d'un grain de plomb? Comment explorer des milieux troubles et rendus inéclairables le plus ‘souvent par la présence d'une hémorragie, d'une suppuration ou d’un décollement rétinien ?

Dans une thèse faite en 1892, Rouquette avait attiré l'attention sur la difficulté de diagnostiquer la présence d’un corps étranger et surtout sur les conséquences immédiates et éloignées d'une erreur de diagnostic. «Il est peu de questions, dit-il, qui offrent plus d'intérêt que celles qui se rapportent aux blessures de l'œil par corps étranger. La fréquence des accidents qui intéressent plus ou moins gravement cet organe et compromettent même jusqu’à son existence : la responsabilité quiincombe à celui qui en est la cause, et les procès qui se déroulent constamment devaut les tribunaux, exigent du médecin une Connaissance approfondie de tous les détails qui se

rapportent:de près ou de loin à ces sortes de traumatismes,

Page 1