TRAITEMENT
L'intervention thérapeutique variera daus ces procédés suivant l'étendue, le siège et la gravité. de l’inflammation balano-préputiale. Envisageons d’abord
le cas le plus bénin, c’est-à-dire la balano-posthite
légère et le phimosis avec chancres simples limités à
l’orifice du prépuce. Avant tout, les soins de propreté:
les plus minutieux, les bains, les ablutions locales sont indispensables et doivent être renouvelés aussi souvent que possible. De plus, les chancres qui, par hypothese ne siègent qu'autour du limbe seront rigoureusement cautérisés.
A l'hôpital du Midi, M. le D' Ricord, après avoir expérimenté tour à tour la pâte de Vienne, la potasse,
’acide nitrique, le fer rouge, s’en tenait en dernier lieu Petit. w
0m 1 RE à l’acide sulfurique uni à la poudre de charbon végétal, dans les proportions voulues pour constituer une pâte semi-molle, M. le D' Mauriac préfère employer une solution de chlorure de ‘zinc à saturation. Cet agent, non moins vif que la pâte carbo-sulfurique est d’un emploi plus facile et présente un double avan- . tage : d’une part, les douleurs qu’il provoque sont beau- : coup moins vives et plus passagères que celles que détermine l’emploi de la pâte carbo-sulfurique ; d'autre part ce caustique étant liquide s'applique exactement sur toutes les surfaces virulentes et se répandant tout autour des chancres, il atteint sûrement les points qui pourraient échapper à la vue. À ces deux avantages il faut encore ajouter que le chlorure de zine ne s’atta— quant qu'aux tissus dépouillés de leur revêtement épidermique ou épithélial, le caustique est exempt de tout danger pour les parties encore intactes situées au VOIsinage des chancrelles.
La cautérisation faite, une eschare apparaît aussitôt. Or, nous avons vu que la mortification des tissus tuait Sur place la virulence chancrelleuse ; aussi, quand au bout de trois où quatre jours leschare blanchâtre se détache, on ne trouve plus au-dessous d’elle qu’une ulcération simple et de bonne nature dont la cicatrisation s'effectuera rapidement à l’aide des tapiques ordinaires : charpie imbibée de vin aromatique, vaseline, cérat.
Si la balano-posthite provoquée par les chancres, dans leur voisinage, reste tres légère, on se contentera de faire chaque jour queiques lavages dans la
les cas où la balano-posthite, tout en restant inflamma- ‘toire et non chancreuse devient plus intense, il faut ajouter aux lavages alcoolisés des injections substitu—. tives au nitrate d'argent. Le titre de ces injections va- riera, suivant les circonstances, d'un centième à un trentième. Ainsi, l’inflammation qui, sous l’influence des chancrelles, avait envahi toute la muqueuse balanopréputiale est bientôt remplacée par une inflammation
saine qui tendra spontanément vers la guérison. Cette
pratique que nous avons vue réussir tant de fois entre les maïns de M. Mauriac, à aussi pour elle l’autorité Pde MM. Ricord et Fournier. Ces deux auteurs, dans | leurs « leçons sur le chancre »,'s’expriment ainsi : «Il faut bien se garder, en cédant à de fausses doctrines, de se laisser arrêter par la douleur ou l’inflammation. Le plus souvent même dans ces cas, qui se compliquent toujours d’un certain degré d’irritation phlegmasique, le nitrate d'argent est le sédatif le plus efficace et Pantiphlogistique le plus certain. >» Néanmoins si la balano-posthite est trop vive, la prudence conseille simplement de recourir aux bains locaux et généraux et aux injections émollientes. Nous n’avons parlé jusqu'ici que des cas où les chancrelles sont limités au limbe à l'exclusion de la cavité glando-préputiale; mais si d’autres chancres mous se trouvaient situés plus profondément, soit dans le sillon, soit sur la partie moyenne du gland ou de la muqueuse préputiale, le traitement que nous venons d’indiquer resterait presque toujours au-dessous de sa tâche. En efiet, les plaies
cavité glando-préputiale avec de Peau alcoolisée, Dans
EE du limbe, résultant de la cautérisation, seraient bientôt réinoculées par le pus virulent provenant des ulcérations situées au-dessus d’elle et reprendraient vite leur as- -pect chancrelleux. Il est donc nécessaire d’éteindre avant tout la virulence des lésions situées profondément sur la muqueuse. Or, les chancres profonds déterminent une balano-posthite plus intense-et plus étendue que ceux du limbe; le phimosis se serre et les ulcérations ne sont plus que très incomplètement accessibles à l’action directe des caustiques. La situation, fort embarrassante, peut se résumer dans Le dilemme suivant : ou bien les chancres larvés seront attaqués au hasard, dans les points profonds où ils siègent, par des injections caustiques, et leur guérison radicale pourra se faire attendre indéfiniment; ou bien la circoncision, supprimant d’un coup les chancres du prépuce, mettra les autres à nu et facilitera leur cautérisation directe. Mais alors la plaie opératoire s'inoculant presque fatalement deviendra chancrelleuse à son tour. Que résoudre dans cette alternative? Si la phlegmasie n’est pas extrèmement violente, la cautérisation pure et simple par lenitrate d'argent sera certainement plus séduisante au premier abord que la circoncision. Mais ce traitement sera long, incomplet, incertain ; de plus, il ne mettra pas à l’abri de la gangrène (accident toujours à redouter); le phimosis persistera : les chancres, à supposer qu'ils se cicatrisent, rendront le prépuce plus rigide, plus étroit qu'auparavant, et il faudra tôt ou tard remédier à cet état de choses par l’incision ou l’excision du prépuce. Au contraire, la circoncision
BUT es précoce, en détendant les tissus enflammés, rendra la gangrène à peu près impossible ; d'autre part, en met tant à découvert les chancrelles du gland, du sillon et du frein, elle pourra rendre leur destruction prompte et facile. Enfin, par la destruction du prépuce, elle placera le malade dans de bien meilleures conditions pour l’avenir. Ainsi donc, d’un seul coup, la circoncision débarrasse le malade des chancres, de la balanoposthite et du phimosis. Le seul inconvénient de la circoncision précoce, c’est l’inoculation presque fatale &e la plaie. Mais n’est-il pas facile de placer le remède à côté du mal en cautérisant énergiquement les surfaces dès que le résultat de l’inoculation se manifeste ?
Il nous reste à parler de la balano-posthite gangreneuse, la plus grave de toutes.
Deux cas peuvent se présenter : la gangrène est seulement imminente ou bien elle a déjà toute l'importance du fait accompli. Nous avons vu avec quelle rapidité Pinflammation produite par les chancrelles peut aboutir à la mortfication plus ou moins étendue des tissus. Il faut donc se tenir toujours sur ses gardes et surveiller de très près le processus inflammatoire.
Si le chirurgien est assez heureux pour intervenir à temps, son premier soin doit être d’inciser le prépuce dans toute son épaisseur et sur sa face antérieure, depuis le limbe jusqu'au sillon balano-préputial. En agissant de la sorte, il met d’abord à découvert toutes les ulcérations chancrelleuses et les parties enflammées ; mais l'opération présente un bien autre avantage : le sang et la sérosité qui distendaient les tissus s’écoulent.
hr La pression réciproque du prépuce et du gland diminue; toute chance d’étranglement disparaît. Nous ne + croyons pas qu’en pareille circonstance l’excision circulaire du prépuce soit indiquée, car la tuméfaction souvent considérable de la région rend assez difficile la circoncision complète. Du reste, l’incision faite d’abord, comme nous venons de le dire, sur la ligne médiane supérieure suffit à prévenir les accidents imminents, et il est toujours possible de remédier plus tard à la déformation du prépuce par l’excision méthodique et complète.
Prenons maintenant le cas où la gangrène a déjà formé des eschares. Si le sphacèle n’est qu'à son début, si l'examen le plus attentif ne révèle qu’une petite plaque noire sur la surface supérieure du prépuce,; il faut agir comme si la gangrène n’était encore qu’imminente, c’est-à-dire inciser sur la ligne médiane toute l'épaisseur de la face supérieure de la membrane préputiale, depuis le limbe jusqu’à la rainure balano -préputiale, Remarquons qu’en cette occurrence la transformation chancreuse des lèvres de la plaie devient à peu près impossible, car nous Pavons dit et répété, la gangrène éteint d'emblée dans les chancres mous tout principe virulent et inoculable. Le débridement pratiqué, la plaie sera soignensement pansée, soit avec une solution phéniquée faible, soit avec de l’eau alcoolisée.
Supposons maintenant que le chirurgien soit seulement appelé quand la gangrène a produit tous ses ravages. Que faut-il faire ? Attendre. Des pansements, des lavages antiseptiques constitueront d’abord tout le
ue Fe dès que les eschares, Das CE Cire auront découvert les s dégé ns das toute leur étendue, les WMA ciseaux et le bistouri mett PP lorgane dans le meilleur état possible, en enlevant les saillies anormales et en régularisaut les lambeaux 4 déchiquetés. A jD--038 pUOpRé eg D Suit &1.9b ft hs En étudiani les ph omènes pro: uits par la gan-
lans la balano no-posthite chancrelleuse nous avons insisté sur Mes SES généraux qui précédent ou accompagnent presque toujours la plaque de sphacèle. Cet appareil { fébrile souvent compliqué des désordres ataxo- dynamiques disparaît rapidement dès que le processus de mortification s'arrête; il est donc en général plus effrayant que grave. Cependant au traik tement local il faut adjoindre un traitement général | capable de soutenir les forces du malade. C’est dans ce 7 LR but que l’on prescrit l'extrait de quinquma, l’eau-de-vie, le rhum. Les indications du traitement de la balanoposthite gangreneuse peuvent donc se résumer dans ces termes ; traitement local antiseptique, traitement général tonique.