‹ De La Balnéation Tide Dans Quelques Maladies Aiguës De L'EnfanceChapitre 8 sur 20 · LEA · texte numérisé non relu

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Dans notre observation de diphtérie n° I, nous voyons un n soir la température être à 382. On cesse les bains pendant la nuit. Du coup voilà la fièvre qui remonte, en sorte qu’elle à atteint le lendemain #4 te

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à midi, 40°6. On redonne les bains. Deux bains tièdes suffisent à faire descendre le degré thermique à 384 dès cinq heures du soir. Notre observation IV de grippe typhoïde, nôtre observation V de bronchopneumonie révèlent des faits analogues. C’est surtout à la fin du traitement que se manifestent les abaissements thermiques les plus considérables dus à la balnéation. Exemple : grippe typhoïde, obs. IV, T. avant vingl-troisième bain, 40°1; T. après 391. TL. avant vingt-cinquième bain, 40°. T. après 38°8.

Nous voici donc en présence d’une double action que le premier abord ferait passer pour contradictoire. Au début du traitement, ies bains peuvent augmenter la fièvre; pendant le cours, ils l’abaissent. Comment interpréter ces faits? Peut-être, suivant M. le docteur Fiessinger, pourrait-on proposer l'explication suivante : par l’excitation exercée sur les nerfs cutanés, les bains tièdes amènent une stimulation du système nerveux, laquelle continue à se manifester pendant tout le cours de la maladie, mais est quand même plus forte à son début: elle se traduit à ce moment par un fonctionnement plus énergique des centres thermiques. Cette élévation de température, qui suit le traitement par les bains tüèdes à son début, suit aussi l'usage des bains tièdes chez les individus sains. Sivierato (!) établit que le bain chaud peut élever la température d’un individu sain de deux à trois degrés. Cette élévation est rapide et dure parfois de deux à cinq heures.

(1) Sivierato. Arch. Lial. de biologie, 23. F. 286.

De 49e

Or, la doctrine hippocratique, qui considère la fièvre comme utile dans l'infection, reprend depuis quelques années un nouveau courant de vogue. Dans l’infection, deux grands avantages sont retirés de la fièvre. L'activité des macrophages est augmentée, comme l’a démontré Gamaléia (1). En second lieu, la fièvre active les oxydations et, par suite, comme l'ont établi Gauthier @) et Albert Robin (), amènent la solubilité des déchets toxiques qui, de ce fait, sont plus facile-

ment éliminés. L’azote urinaire augmente de trois à

huit grammes dans les vingt-quatre heures. Cette

augmentation de l'azote urinaire, après l’usage des

bains tièdes, a été également constatée DarATopp()

On comprend donc l’action favorable des bains tièdes et surtout l’action favorable de l’exacerbation fébrile qui suit quelquefois l'application des premiers bains. La diurèse puissante qu’ils produisent, l’augmentation de l'azote urinaire sont la preuve qu'ils activent les oxydations et favorisent l'élimination des poisons. Ils préviennent même peut-être la formation des poisons, puisqu'ils favorisent l’action des macrophages dans leur lutte contre les germes qui agissent surtout par les toxines qu'ils sécrètent. Avec l’accoutumance du malade à la balnéation, cesse également

(1) Gamalcia. Cite in Charrin et Russer. Mécanisme de la fiévre dans la maladie pyocianique. Sem. médicale, 18S9, p. 95.

(2) Gauthier. Sur les alcaloïdes dérivés de Ja destruction bactérienne au physiol. des tissus. Masson, 86, p. 53.

-(3) Robin. Clinique et thérapeutique médicale. Masson, 87, pp. 116 et 117.

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influence hyperthermique: des premiers bains. A partir du troisième ou du quatrième bain, la diminution du degré fébrile commence à s’observer. Suivant la nature de la maladie, cette diminution est progressive et peut aboutir en vingt-quatre heures à une apyrexie complète; ou bien elle ne dure que deux ou trois heures pour commencer après le bain suivant.

Nous avons déjà dit que les abaissements thermiques sont surtout sensibles dans le cours et à la fin de la maladie; en effet, les poisons qui font la fièvre, chassés par les urines, deviennent de moins en moins abondants, ils se reproduisent avec plus de peine. Les bains tièdes en ont raison plus vite.

Outre leur action sur la température, le praticien relève une influence immédiate et manifeste sur le système nerveux. L’agitation se calme, le délire s’apaise, l'enfant s'endort. Un de nos petits malades dormait vingt-deux heures par jour. Or, pendant le sommeil, toutes les forces du petit malade, n'étant plus dépensées en agitation et en mouvement, concourent alors à produire la réaction qui tend à détruire le principe infectieux ; si bien que, par les oxydations activées et la concentration de toutes les forces de l’enfant à favoriser la réaction, c’est-à-dire les oxydations, on tient en main un double moyen d'obtenir le but cherché, c’est-à-dire l'élimination des toxines. |

Dans ces dernières années, les bains tièdes qui du reste n'avaient jamais été ordonnés d’une façon systématique et que l’on prescrivait au plus deux ou

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