‹ De la bibliographie générale au dix-neuvième siècleChapitre 3 sur 4 · U DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

U DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

€ premiers littérateurs, sur ceux dont les noms doivent survivre». J'avoue que les consiaérations alléguées par M. Brunet sont loin de m'avoir persuadé, et que je serais embarrassé d'en imaginer de plus puissantes contre M. Brunet lui-même. Et d'ailleurs, n'est-ce pas précisément parce que les i:rands écrivains sont trop susceptibles d être journellement reproduits sous une forme nouvelle que M. Brunet aurait du distinguer ces formes successives ? Qui donc s'acquittera de ce soin, si les bibliographes ne le font pas? N'est ce pas là qu'ils tendent? n'est-ce pas là leur Ijut et leur prinripale mission? Espérons que, dans les volumes du Manuel qui restent à imprimer, M. Brunet accordera une petite place aux grands écrivains de son temps.

. Si maintenant nous comparons les ouvrages de MM. Quérard et Brunet, ou mieux, si ' nous comparons le bibliographe qui se voue à une spécialité qu'il creuse profondément et celui qui choisit, la comparaison tournera visiblement à l'avantage du premier. Choisir et juger sont synonymes; or, quel est l'érudit assez érudit, assez encyclopédique, assez haut placé dans la hiérarchie intellectuelle pour juger sciemment du mérite dp tous les livres, en d'autres termes, pour repousser ou admettre celui -ci plutôt que celui là? Une bibliographie universelle est impossible ; on aurait peut-ètr^ quelque raison d'ajouter qu'une bibliographie universelle et choisie offre des difQcr.ltes non moins insurmontables ; ceci s'explique de soi même : l'esprit le plus favorisé ne peut tout apprendre ni tout retenir, et il faudrait avoir tout appris et tout retenu pour choisir avec discernement le meilleur en toutes choses. Se renfermant dans un cercle, du reste suffisamment large pour remplir la vie d'un homme laborieux, M. Quérard s'est ouvert une voie qu'il a sondée à l'avance, et qu'il parcourt jusqu'à ses extrémités ; fort dé ses études spéciales, il satisfait à une tâche qui ne l'entraîne pas au delà de ses études ; chez lui il n'y a point de fantaisie, il y a un vaste programme exécuté rigoureusement. Aussi la Lilléralure française contemporaine restera, comme les Bibliothèques françoises de La Croix-du- Maine et de Duverdier, ses modèles, sont restées. Des ouvrages de Tcspèce du Manuel du Libraire finissent à peine, qu'il faut les recommencer, et le dernier venu fait oublier immanquablement ceux qui l'ont précédé. Telle a été en France la destinée des bibliograpliies ehoisies depuis Guillaume de Bure. Pourquoi M. Brunet, qui décrit et apprécie si iicii les livres rares, ne s'est-il pas borné aux livres rares? 11 eût attaché son nom à un travail durable, bien conçu et pour lequel nous n'aurions eu que des éloges? cette partie du Manuel^ nous aimons à le dire, est traitée de main de maître ; l'auteur y a montré une expérience consommée et une supériorité qui mérite sans restriction les louanges de la critique. Mais, au lieu de se tenir prudemment dans une branche de la bibliographie eu son opinion est reçue par chacun comme une autorité, M. Brunet a voulu sortir de «on milieu habituel ; il a cru pouvoir tout embrasser. Pour un seul, la charge était tifop lourde ; néanmoins on ne saurait sans injustice ne pas tenir compte de sa bonne volonté, de son labeur persévérant, de ses actives exploiations ; et, si le succès n'a fàê toujours répondu à ses efforts, c'e^t qu'il ne suffit pas de découvrir au juste le prix dés li^réi Aies par les libraires, de numéroter curieusement les exemplaires d'un opuscule oublié, d'avoir enfin assisté pendant quarante années aux ventes des bibliothèques pour acquérir cette pratique des sciences et des littératures nécessaire à celui qui veut résumer avec intelligejice, dans des listes restreintes et choisies, les monuments les plus dignes des sciences et des littératures.

J.-Marie GUICHARD.

Lés eoRséquences de l'appréciation précédente devaient être subies par quelqu'un. La biênTeiilance avec laquelle on a généralement çarlé de votre livre vous a gâté, aussi ne sôuffîrez-Vôus, Monsieur, aucuii conseil, et la critique même profitable vous irrite. L'apparition de rarttcle de Jos.-Mar. Guichard fit naître chez vous une vive irritation qui ^e àaanifesta par une suite de procédés de fort mauvais goût envers moi. Je vous avais offert, comme hommage à un devancier dans la même carrière, un exemplaire de ma France littéraire^ en grand papier, que vous avez reçu jusqu'au complet achèvement de l'ouvrage. Lorsqu^eut paru 1 article de Jos.-Mar. Guicnard, le premier acte de votre colère fut de me supprimer immédiatement la continuation de la 4« édition de votre Manuel, que par réciprocité de courtoisie vous m'aviez donnée, tandis que M. Silvestre, votre éditeur, continua a fournir au critique l'exemplaire dont il l'avait gratifié. Vous devez avoir. Monsieur,

parmi vos papiers, une lettre assez verte de moi sur cet étrange procédé. — En i845, la librairie de Paris ouvrit une souscription en faveur d'un de vos confrères malheureux : dçs bibliophiles et bibliothécaires des deux^'mondes y prirent part, mais la rancune vous dicta Tabstention! — Enfin, est venu Tarticle que vous m'avez consacré dans votre dernière édition, et que je vais commenter : il prouve jusqu'où peut conduire la haine d'un orgueil blessé.

Notice des travaux bibllog^paphlques de J.-M. Qnéra^d,

Par H. Jacques-Charles BRUNET, Remaniée au point de vue de la vérité altérée.

I. La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique des savants, historiens et gens de lettres qui ont écrit en français, plus particulièrement pendant les dix-huitième et dix-neuvième siècles, etc. Paris, Firm. Didot, 1827-42, iO vol. in-8, 120 fr., et plus en gr. papier collé (tirés seulement à trente exempt.).

* Ouvrage indispensable à toutes les personnes qui «e livrent à l'étude de l'histoire littéraire de la France, et même à toutes celles C[ui s'occupent des livres, soit comme bibliophiles, soit comme libraires. C'est un vaste repel-toire, hien supérieur, selon nous, aux dictionnaires qui avaient déjà paru sous le même titre que celui-ci *. En le rédigeant, l'auteur a fait preuve d'un amour bien louable et d'un courage dont il est juste de lui tenir compte. Néanmoins, quelques critiques lui ont fait le reproche d'avoir surchargé ses pages d'une multitude de titres d'ouvrages qu'on n'a nul besoin de connaître : reproche injuste, sans aucun doute, puisque, d'après le plan de son livre, M. Quérard était dans la dure nécessité d'indique^ tout ce que la presse française a mis au jour depuis le commencement du dix-huitièm<î siècle. Au reste, voici la réponse

2ue M. Quérard lui-même a faite à cette observation mal fondée (voir la page 498 du ixième volume de la France lilléraire) : « Les critiques, chagrins, malades, dont tious a venons de parler, ne s'apercevraient point, si nous ne prenions la peine de le leur c< indiquer, que notre livre n'est point un Manuel du libraire et de l'amateur de livrée^ « mais bien une Statistique de la France intellectuelle depuis 1700. »

Toute bienveillante que soit votre appréciation de la France littéraire dans la cinquième édition de votre ouvrage, je ne puis, Monsieur, vous en savoir beaucoup de gré : vous ne pouviez vous déjuger (voy. votre lettre du 19 octobre 1827) ; ensuite, les éditeurs de voire ouvrage étant également ceux de la France littéraire, n'eussent pas laissé passer une note malveillante de vous, qui eut pu nuire à la vente d'un de leurs livres.

Permettez-moi, néanmoins, Monsieur, de vous faire remarquer qu'entre l'appréciation de votre article et celui de votre lettre dont je viens de parler, il y a une énorme ditférence. Dans l'article, vous dites, en parlant de la France littéraire : a C'est un vaste répertoire, bien supérieur, selon nous, aux dictionnaires qui avaient déjà paru sous le même titre que celui-ci ». Dans votre lettre, vous me disiez : a Tel qu'il est (l'ouvrage), je le juge très-supérieur à ceux que vos amis les Allemands et les Anglais ont donnés dans le même genre », jugement très-injuste à mon avis. Je vous rappelle. Monsieur, votre opinion d'alors, parce qu'une autre à peu près semblable a été émise plus tard devant feu Ch. Magnin, par des employés du « British Museuni ». Ce changement d'opinion viendrait-il de ce que vous avez enfin rendu justice aux estimables travaux de nos érudits voisins d'outre Rhin et d'outre -Manche. Je vous en féliciterais sincèrement,

* Le premier ouvraf^e portant ce titre est la France littéraire ou Almanach des beaux^arls, eta. Paris, Ductiesue, 1755, in-24 de 240 pages. Q>,

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car après tout, il vous ont été très-utiles. Non. Vous vous êtes posé roi des catalogographes, et vous n'abdiquerez pas. La modification de votre ancienne opinion vient de ce qu'il ne vous convient plus de parler aujourd'hui aussi gracieusement qu'autrefois d'un ouvrage que Ton a placé dans les établissements littéraires des deux mondes à côté du vôtre, tandis que vous pensez qu'il devrait être bien au-dessous.

Ayant la prétention de faire seul autorité panni vos rivaux, vous devriez. Monsieur, ne laisser rien à désirer aux personnes qui consultent votre Manuel, sur des particularités qu'il leur importe de connaître, touchant les livres que vous citez. Par exemple, vous eussiez dû compléter l'indication de la France liUéraire par ces deux notes :

a On doit rechercher les exemplaires anciennement reliés, parce que les exemplaires brochés qui circulent aujourd'hui dans le commerce ont trois articles cartonnes, par la volonté des éditeurs : ce sont les articles Panckoucke, Pardessus et Rousselin.

« Deux monographies des derniers volumes ont été tirées à part : celle de J. -J.Rousseau (1836, gr. in-8 de 44 p.), et celle de Voltaire; précédée d'une Introduction intitulée : De V Influence de Voltaire sur la société au dix-huitième siècle, par Aubert de Vitry (1842, gr. in-8 de xxxv et 184 p.). Cette dernière monographie, surtout, méritait bien la peine que l'existence en fût rappelée. »

IL La Littérature française contemporaine (dix-neuvième siècle, 1827-1849). Continuation de la France littéraire, par M. Quérard. Paris, Daguin frères, et Delaroque aîné, 1840-57, 6 tom. en 12 part, in-8, 96 fr. (Il y en a 50 exempl. tirés sur gr. pap.)

a Le premier volume de cette suite, publié en 1840*, et les 288 premières pages du second ont été rédigés par M. Quérard ; mais à partir de ce point jusqu'au tome III inclusivement, c'est-à-dire des syllabes Bon à Gau, Touvrage a été continué par MM. Louandre et Bourquelot *, Les trois derniers volumes sont de M. Bourquelot, sauf la collaboration de M. Alfred Maury, depuis la page 369 du quatrième volume jusqu'à la page 496 du tome V. La rédaction et Timpression de la Littérature contemporaine ont, comme on le voit, duré pendant dix -sept années *. C'est assez dire que le livre est déjà fort arriéré, puisque les premiers volumes ne vont que jusqu'en 1840 et que les autres ont laissé successivement bien des lacunes à remplir. Les erreurs et omissions qu'on a pu remarquer dans les derniers volumes de cette continuation font regretter que M. Quérard ne les ait pas rédigés lui-même. Nous regrettons beaucoup aussi que la France littéraire n'ait pas eu tout le succès qu'elle méritait, et qu'après trente années de publication, il en reste encore un trop grand nombre d'exemplaires pour que Fauteur en puisse donner une nouvelle édition complétée et continuée jusqu'à ce jour, et surtout débarrassée d'accessoires qui ont fait un peu multiplier les volumes de la première. »

Par les ménagements avec lesquels vous parlez de la Littérature française contempO'raine, on s'aperçoit bien vite que MM. Didot sont les propriétaires actuels de l'ouvrage. Vous allez être, Monsieur, tout à l'heure débarrassé de votre gêne et pouvoir chargera fond de train sur les autres ouvrages dont vous avez à parler.

Vos regrets, Monsieur, sur le manque de succès que méritait la France littéraire sontils bien sincères? Dans votre orgueil démesuré n'êtes- vous pas, au contraire, très-satisfait de vous dire : (c Mon Manuel a obtenu de 1841 à 1860 deux éditions contre une seule de la France littéraire ! » Vous ignorez. Monsieur, qu'au détriment de mes intérêts et de ceux du public, l'ouvrage a été tiré à 1,600 exemplaires, nombre trop grand pour espérer pouvoir l'améliorer dans une édition postérieure. Et puis il m'a manqué dès le début, ce qui fait souvent défaut, même aux meilleures productions : de l'habileté, de l'activité chez 1 éditeur, et de la publicité dans les journaux. Vous oubliez, monsieur, que j'étais en-

^ La première livraison fut effectivement imprimée en 1840; mais les hcsitalions successives des libraires Daguiu ralentit l'impression des autres, et le premier volume ne fut réellement terminé qu'en 1842, date que porte la couverture imprimée.

s Et deux autres personnes que je me réserve de faire connaître en temps et lieu.

^ L'une des raisons que les éditeurs firent valoir, lorsqu'ils eurent besoin de me déposséder, c*est que j'allais trop lentement. Mes continuateurs, au nombre de cinq, ont mis treize années, de 1845 k 1857, pour faire quatre volumes et demi, et comment I Je le dis plus loin. (Voyez le § III.)

AU DIX-NEUVlËilE SIÈCLE. 17

tièrement inconnu lorsque je commençai à publier mon livre (dix volumes comme début), et qu'alors la publicité m'eût été nécessaire.

Et pourtant, mon livre a fait son cbemin, lentement il est vrai. Si, depuis bientôt trente-six ans (et non trente) \ les 1,600 exemplaires ne sont pas vendus, c'est qu'un livre de la nature du mien se consulte ou se lit dans les établissements littéraires et ne s'achète guère que pour les riches bibliothèques particulières, et par un nombre restreint de libraires désireux de faire leur commerce autrement que la majeure partie, qui le fait comme elle vendrait des pommes.

Quant aux accessoires dont vous voudriez qu'une seconde édition fût débarrassée, permettez-moi de vous répéter une réponse que j'ai déjà faite, et que vous avez approuvée : Je ne fais pas un Mantiel du libraire, mais une France littéraire. Nos voies à suivre, et que nous connaissons Tun et l'autre, ne sont pas les mêmes. En tant qu'ouvrage national, on exige du mien plus que du vôtre.

111. Omissions et Bévues de la Littérature française contemporaine, ou Correctif du tome II, deuxième partie de cet ouvrage (Bon-Chr). Paris, l'Auteur, 1848, in-8 de xvi et 34 pages, a Véritable diatribe. »

Affranchi désormais de ménagements vis-à-vis de nos communs éditeurs, ici vous commencez à épancher votre bile contre l'auteur de la France littéraire. L'opuscule précédent n'est qu'une véritable diatribe! Vous voyez bien, Monsieur, gue la qualification à votre adresse de bouquinographe est, sinon française, au moins juste, quoique vous

Ï)rétendiez être bibliographe. Comme presque toujours, vous n'avez vu que le format et e nombre de pages de cet écrit ; vous ne l'avez pas même ouvert avant de le juger, car vous eussiez vu que je signalais avec une grande bonne foi 788 omissions et bévues ! pour la deuxième moitié du second volume de la Littérature française contemporaine^ en appuyant presque toujours mes critiques de la citation d'une source (la Bibliographie de la France) où l'on n'avait pas même exactement puisé. Feu le baron Frédéric de Reiffenberg, homme d'érudition et d'esprit, qui n'était pas moins distingué que d'autres comme bibliophile et bibliographe, ne s'est pas borné à ne voir que le titre et le format de l'opuscule, ainsi que vous. Monsieur ; il l'a lu avant de le ju^er, et voilà ce qu'il en a dit dans son Bulletin du bibliophile belge (t. V, p. i32). (( L'errata de la moitié de ce second volume est effrayant, mais c'est une preuve sans réplique. A cette manière d'ar-: gumenter on ne peut opposer que le silence ». Qu'eût dit le baron Frédéric de Reiffenberg s'il eût pu prévoir que 788 omissions et bévues pour un demi-volume, multipliées dans la même proportion pour les quatre derniers volumes, élevaient le chiffre à 6.792, non pas pour omissions de titres d'ouvrages, mais bien d'articles, comprenant au moins trois indications de livres eh moyenne. Les omissions sont considérables, et les bévues î ! ! Ne fissiez-vous que parcourir quelquefois les livres que vous citez, et particulièrement ceux de bibliographie, sur lesquels vous prétendez parler en maître, vous vous seriez bientôt aperçu que mes continuateurs pour la Littérature française contemporaine : 1" n'étaient aucunement préparés à ce travail, et n'avaient pas même étudié préalablement la partie des auteurs anonymes et pseudonymes, très-importante dans une semblable pu- Dljcation ; 2<> que peu de personnes ont pris intérêt à leur livre pour leur faire des communications ; 3° qu'ils ont fait peu ou point de recherches ; 4® qu'ils se sont bornés à dépouiller^ sans soin, ainsi que le démontrent \es Omissions et Bévues, la. Bibliographie de la France, mais par contre ils ont très-largement puisé dans deux de mes ouvrages. Vous n'eussiez pas alors qualifié une critique de bonne foi de véritable diatribe. Le prospectus du tome XII de la France littéraire, postérieur à la brochure en question et aux observations critiques disséminées dans les Supercheries littéraires dévoilées, donne pages 4 à 6, sur deux colonnes, un petit errata de la Littérature française contemporaine. Si vous aviez lu ces pages, vous eussiez été de nouveau édifié sur les continuateurs

Ml y a donc déjà trente-six ans que la maison F. Didot est propriétaire de la première édition. C'est une question à soumettre, et que je soumeUrai, à la Commission pour la propriété littéraire qui fonctionne aujourd'hui. Un libraire, au détriment de l'auteur et du public, peut-il être pendant trente-six ans possesseur de la première édition d'un livre ? ce qui équivaut k une possession perpétuelle. Le livre a trop vieilli pour rendre les services qu'on en attend, et Tanteur se trouve frustré du prix de ses veilles et de ses sacrifices.

U DE LA BitUOUUPflfe GÊHÈKkLK

de KôOf ra^e doot j'ai été dëftonédé ; nuis tous mt lisez rien, |ms même k» lifres de Totre spécialité, car tous êtes bmiéfmmofrmfiu; sans cela, tous eoseiez fu que ces messieurs, loin de nettoyer les écuries d'Aogias, les ont, sans s'en douter, encombrées à nooreao. Ainsi, ti^»as ks mémoires sopposés publies Ters 1830^ et ils soat en assez grand nombre, ont été cités aux noms d» personnages qulls concernent ; puis. Tiennent les indications d^anteurs im^naires, tels qœ CarUmeke !! I (\l, 531 ); CInmeni XIV, pour sa correspondance a^ec Bertmazzi (111, 17,, ouTrage apocnrphe, de la composition dn, de Latoucbe ; Umuel GuHicerU î (V, 80); Loremzo (\, îSi], pourM. Drieode ; Aidunu (VI, 184), pour M Louis Say (de >antes), et tant d^autres. Dans une autre série de bérues. le petU errata dit les articles mal placés, les confusions de noms» les douMes emplois, les fausses attributions, les noms d''anteurs altérés, dont les OmissioM ei iérver, publiées en 1848, n^aTaieot pu parler. Aucune bibliographie n*est exempte d^erreors et d'omissions, mais Ton? rage qui en renferme un si grand nombre, qui n*a pas été rédigé dans de meilleures conditions qu'il ne Ta été, devait être une mystification d'un bcut ii Tautre, et c'est ce qui est arrivé '. J*en appelle donc de ToCre malveillante opinion sur ma brochure aux personnes qui Font lue, tandis que tous, Monsieup, tous n'en avez tu que le titre, et de parti pris tous TaTez éreinlée.

IV. La France liuéraire,..^ par J.-M. Quémrd, tomes XI et XII. Corrections. — Additions. — Auteurs pseudonymes et anonymes défoilés Paris, l'éditeur, 1854-57, 1859-62, 2 Tol. in-8 à deux colonnes, 48 francs (/i#ez : 60 francs).

« Voilà le dernier titre donné à cet ouTrage, qui portait d'abord celui-ci : la France lilltraire : let Ecrivains pseudonjpmes ei autres mystificateurs de la littérature française fendant les quatre derniers siècles^ restitués à leurs véritables noms,

c Les lettres A-K, qui forment ordinairement la moitié dans tous les dictionnaires, sont contenues dans les 203 pages du tome XI (ou premier supplément) de ceUii-ci qui en a 703 {lisez : 708). Le douzième Tolume se compose de trois liTraisons, dont la dernière doit paraître à la fin de 1862 » (lisez : de quatre liTraisons, dont la dernière paraîtra en mai prochain).

Votre remarque au sujet du tome XI, pour n'être pas bienveillante, n'en est pas moins parfaitement juste. 8i tous aTÎez lu le prospectus du tome XU de la France littéraire, TOUS sauriez pourquoi les lettres A à K ont une brièTeté sans proportion aTec l'étendue des lettres suhrantes. Le tome XI ne Ait dans Torigine que le commencement de la table des Supercheries littéraires dévoilées, La rédaction de la Littérature française contemporainr^ que je suiTais aTec attention, était si lâche, si pleine d'erreurs et d'omissions, ^ue j'eus un profond cba^n de ce que mon nom eût sem d'abord d'étiquette à un sac qui ne renfermait plus que des graines trop Tertes. Je pris le parti de remanier les dix premières feuilles de cette table, d'y introduire des articles omis entièrement par M. Bourquelot et d'en compléter d'autres. Je fis alors, par une heureuse combinaison, d'une même composition deux publications particulières, et donnai à Tune d'elles le titre de la France liuéraire. J'élargis successiTement ma rédaction, jusqu'au jour où je m'aperçus qu'après aToir mis très- fortement à contribution mes Supercke^its littéraires dévoilées, on procédait ainsi à l'égard du tome XI de la France linéf^trcy et que l'on me rendait par là le collaborateur forcé d'un liTre auquel j'étais entièrement étranger. Je pris le seul parti possible. Je fus d'abord sobre d'additions, puis je les suspendis tout à fait jusqu'à ce que cette publication riTale fut achcTée, et que je n'eusse plus à redouter les emprunts. De là le peu de proportion entre les premières, et dernières lettres. Mais si Dieu me prête vie, et mes souscripteurs leur appui, je tcu'x faire une seconde édition du

* Ce n'est pas sans fondeiBent qne M. Mérimée, sénateur, disait dans son discours au Sénat,

séance du 10 juin 1861, à roccasion de la pétition de M"><> Libri « Âvaient-ils d'ailleurs pour

oela une apii4ude spéciale? Non, sans doute, les élèves de TËcole des chartes sont initiés, par des éludes fortes et sMJvies, à la connaissance d«s anciennes écritures, à l'histoire du moyen âge, à ses metnn, ses habitudes ; mais ce ne sont pas des bibliographes : ils n*ont rien qui les désigne parti- «alièrsment pour la recherche de l'origine d«s livres, pour celles des signes, des estampilles, des FéUwrtêt qui peuvent les tàivê reconnaître ; sar tpns ces points an bon bouquiniste est pins hnbfln qu'eux, f

tome XI, mi serait divisé en deux très-gros volumes, dans lequel je rétablirais Tuniformité du plan, suivant la marche du tome XII, d'après lequel je tiens à être ju^é comme bîO' bibliographe. Cette deuxième édition comblerait bien des lacunes de biographies et de bibliographies récenl,es, ainsi que Ta fait le tome Xil.

Y. Les Auteurs dégutséx de la littérature française au dix-neuvième siède. Essai bibliographique pour servir de supplément aux recherches de A. -A. Barbier sur les ouvrages pseudonymes. Paris^ au bureau du Bibliothécaire, 1845, grand in-8 de cinq feuilles et demie, 4 francs.

Ballon d'essai de Touvrage suivant. C'est la réunion d'articles qui avaient paru dans le Moniteur de la librairie.

C'est par malveillance ou par ignorance (choisissez. Monsieur), que vous donnez à cette brochure le titre de Dictionnaire des auteurs déguisés de la littérature française au dixneuvième siècle, ouvrage qui n'a jamais existé ; que, d'après vous, j'aurais pourtant commencé dès 1845, et que je n'aurais pas continué! Ne sortez pas de vos vieilleries, monsieur le bouquinogr^^^he, vous pourriez déchoir de votre haut rang d'infaillibilité en vous occupant de livres français modernes.

VI. Supercheries littéraires dévoilées. Galerie des auteurs apocryphes, supposés, déguisés, plagiaires, et des éditeurs infidèles de la littérature pendant les quatre derniers siècles. (Ensemble les industriels littéraires et les lettrés qui sont anoblis à notre époque.) Paris, Téditeur, 1845-1854, cinq volumes in-8.

« Ouvrage curieux, quoique dans ses révélations indiscrètes il se trouve bien des choses hasardées et des critiques plus malveillantes que justes, ce qui, pourtant, n'a pas nui au succès de l'ouvrage, dont les premiers volumes, tirés à .^0, sont entièrement épuisés. Le cinquième volume, en grande partie occupé par la table, n'a été complété qu'en septembre 1860, et, selon les annonces de l'auteur, il n'en a été tiré que 250 exemplaires. »

Là, encore, je vous reprocherai, Monsieur, comme à l'occasion de la Prance littéraire, rpubU d'un renseignement que vous deviez aux personnes ^ui consultent votre ouvrage. C'est que des Supercheries littéraires dévoilées il a été tire à part un kmg article, qui m'a valu et des éloges et de sévères reproches, selon le parti qui les émettait. Je veux parler de la Nûtice bibliographique des ouvrages de M. de Lamennais^ de leurs réfutations, de leurs apologies et des biographes de cet écrivain» 1849, in-8 de 149 pages.

On autre reproche, à l'occasion de votre citation de ce dernier ouvrage. Comment vous. Monsieur, qui vous posez en quelque sorte le comm^ taxateur des livres que vous mentionnez, pouvez- vous, dans la dernière livraison de ^ votre i/antfW, qui a paru en janvier, coter à 100 francs un ouvrage qui se vend 150 francs depuis deux ans? (Voyez divers numéros du Bulletin du bouquiniste). N'est-ce pas encore avec l'intention d'en rabaisser la valeur littéraire par la valeur vénale?

Quant à votre opinion sur cet ouvrage, permettez-moi, Monsieur, d'en tenir peu de compte. Les bibliographes pratiques, très-distincts des critiques bibliographes, ne peuvent avoir la prétention de porter de jugements sans appels. Il y a quelqu'un qui leur donnerait tort : c'est tout le monde L'on attend d'eux autre chose que de l'exactitude, et de ne pas mettre la passion à la place de la conscience. Votre livre. Monsieur, ne remplit pas toujours cette dernière condion. Vous avez attaqué sans ménagement ceux qui [K)rtaient ombrage à votre célébrité, et moi, dont les travaux n*ont pomt obscurci votne gloire, je suis la dernière victime que votre orgueil ait essayé de faire. Votre opinion sur les Supercheries littéraires dévoilées ne me blesse guère. Vous êtes bouquinographe. Monsieur : la littérature moderne vous est inconnue ; et si, par hasard, vous émettez ua jugement sur l'une de ses productions, c*est à coup sûr la couverture qui vous l'a dicté.

Les Supercheries liuérairès dévoilées sont. Monsieur, une œuvre de courage ; mais la vérité n'est pas toujours bonne à dire, surtout aux gens de lettres, gens vaniteux et hargneux quelquefois, j'en aï une preuve en vous. Monsieur, par suite de l'article de J.-M. Guichard ; quelques-uns se sont trouvés froissés dans leur amour-proprer et fai été déféré jusqu'à quatre fois devant les tribunaux, fait unique à l'égard d un bibuegraphe!

Quels qu'aient été les dangers que m'a fait courir cette publication, je n'en prépare pas moins, avec une grande activité, une seconde édition. Vous Tavez vue annoncée, et vous n'en dites mot. Si vous m'avez consacré, exceptionnellement, deux colonnes dans votre Manuel, ce n*a pas été en vue de m'ctre favorable, mais afin d'avoir plus de place pour épancher votre bile. Annoncer la deuxième édition des Supercheries, n'était-ce pas, en effet, constater le succès de la première *?

Vil. Dictionnaire des ouvrages polyonymes et anonymes de la lilléralure française, 1700 à 1845. Livraisons 1 à 3. À»-Almanach. Paris, l'éditeur, 1846, in-8 de 240 pages, .6 fr. 75 c, et sur grand papier collé, 13 fr. 50 c.

Permettez -moi, monsieur, de suppléer à votre mutisme sur cet ouvrage, qui ne mérite pas un si superbe dédain.

Conçu sur une très-grande échelle, ce Dictionnaire eût compris tous les ouvrages anonymes dont les auteurs ont été découverts et ceux qui sont restés inconnus (ces derniers d'après Georgy, les anciennes France littéraire, les journaux de bibliographie depuis 1763 jusqu'à ce jour, Fleischer, etc.), les collections, les recueils académiques, les revues, ainsi que le constatent les trois livraisons publiées. Il>çût formé près de 10 volumes. La révolution de 1848 en a arrêté la publication, comme elle a arrêté celle de bien d'autres ouvrages ; je ne l'ai pas repris depuis, parce que le bibliographe ne peut même pas dire avec George, de la Dame blanche, j'ai

Douze cents francs , D'appointements

Et l'on ne dira pas que je fais des folies, CikTf élève un château sur mes économies.

Les notes recueillies s'élèvent bien à soixante mille.

Vllî. Le Quérard, Archives d'histoire littéraire, de biographie et de bibliographie françaises. Complément périodique de la France littéraire, Paris, au bureau du journal, 1855-1856, deux volumes in-8, 20 francs.

Ici, soit dit en passant, vous avez. Monsieur, deux fois altéré ce titre. Ce ne sont point des Archives littéraires, et le journal est présenté comme complément périodique de la France littéraire.

« Troisième ouvrage périodique de ce genre que, de son propre aveu, l'auteur s'est vu forcé d'interrompre, faute d'un nombre suffisant d'abonnés. Dans ce dernier, à côté de quelques bons articles, se trouvent beaucoup de choses dépourvues d'un véritable intérêt, et aussi des assertions assez singulières; par exemple, on y lit que, depuis la mort des Van Praet, des Barbier, des Peignot et des Renouard, il n'y a plus de bibliographes en France, et qu'il ne nous reste plus que des faiseurs de Manuels, Or, nous aimons à le reconnaître, jamais peut-être la bibliographie n'a été cultivée chez nous avec tant d'ardeur et de succès que de nos jours. Bien peu de personnes, il est vrai, embrassent, dans toutes ses parties, l'étude de cette science ardue, et en font leur unique occupation ; mais un certain nombre de savants et de bibliophiles lettrés ont écrit, sur les spécialités qu'ils affectionnent le plus et qu'ils connaissent à fond, d'excellentes monographies bibliogra-

{)hiques, qui contribueront efficacement au progrès de la connaissance raison née des ivres. Quant à l'auteur du Manuel du libraire, il avoue franchement que, ne se connaissant pas de titres littéraires aussi brillants que ceux dont s'enorgueillit l'auteur des Supercheries, il accepte volontiers la modeste qualification de faiseur de Manuel, sous laquelle il est désigné, et qui, jusqu'ici, lui a porté bonheur, laissant au savant M. Quérard celle de chef de la bibliographie française, qu'il s'est bénévolement donnée^ sans

* Cette seconde édition sera mise sous presse quand le tome X!I de la France littéraire sera terminé. Augmentée de deux tiers, elle sera imprimée en caractères compactes, à deux colonnes, afin de ne pas dépasser le nombre de cinq ou six volumes, chacun de cinquante feuilles : elle paraîtra par livraisons de dix feuilles. ^

avoir remarqué que si la pénurie de bîbliogTaphes était chez nous aussi grande qu^il le sui^N>sait, il se trouverait être placé dans la position d'un eolmiul sans régitnetU. »

IX. ReioMches au noattau DMammaire des outrages awmffmes et pseudonymes de M. Ê, de Manne; par Fauteur des Superd^ries littéraires dèroiUes, Paris, Taulear^ 1862, grand in-8 de tiii-46 pages à deux colonnes, 4 francs.

CUmuUcs de m. Bnuiet.

Vous voyez. Monsieur, où conduit la passion. Vous avez fourni k votre cadet l'occasion de vous donner une leçon de bibliographie, en relevant dans la notice qui précède les inexactitudes et les omissions qui la déparent.

J'aurais bien des observations à faire sur votre dernière note, mais je veux arriver tout de suite aux deux calomnies qu'elle renferme.

Vous dites, en parlant du Quérard, « qu^il se trouve dans ce journal beaucoup de choses dépourvues d'un véritable intérêt (ne voudriez-vous pas parier de l'indication des ouvrages nouveaux que diaprés mon plan j'étais obligé de donner?;, et aussi des assertions assez singulières, par exemple, on v lit que, depuis la mort des Van Praet, des Barbier, des Peignot et des Renouard, il nV a plus de bibliographes en France, et qu'il ne nous reste que des faiseurs de Manuels^ »

Quand on porte une accusation si ridicule, il ne faut point. Monsieur, altérer sciemment la forme, il faut même citer la page où elle se trouve formulée, afin que chacun puisse vérifier si l'imputation est vraie. Or, je vous donne. Monsieur, le démenti le plus formel que j'aie jamais imprimé, je pourrais ajouter que j'aie jamais dit « qu'il^ne nous reste plus en France que des faiseurs de Manuels. » Dans l'intérêt d'une injuste Vancuue contre moi, et cherchant à vous venger, vous avez inventé pour votre besoin celte première calomnie, et comme on tue partout les gens avec l'arme' du ridicule, vous vous êtes dit. Monsieur, j'atteindrai mon but. Mais toute calomnie est déférable aux tribunaux, et n'était votre grand âge, vous eussiez mérité que je vous y fisse comparaître ; j'ai préféré vous traduire devant les bibliophiles auprès desquels vous m'avez calomnié, ils prononceront entre nous deux.

Voici le paragraphe du Quérard (I806) p. 2, que vous avez tronqué à dessin.

« Qu'avons- nous en France qui nous représente cette science, cultivée chez nous autrefois par Ant. Duverdier, Lacroix du Maine, Naudé, Baillet, Lelong, Nicéron, Rive, Mercier de Saint-Léger, Camus, et plusieurs membres de l'ancienne Académie des inscriptions, et, dans ces derniers temps, par Daunou, de savante et honorad)ie mémoire ; par A.- A. Barbier, Ch. Nodier, G. Peignot, par Renouard etWeiss, qui seuls ont su conserver à la vieille tradition tout son intérêt et toute son utilité? Qu'avons-nous, disonsnous, qui puisse faire prendre goût à cette science? Rien ; on semble, au contraire, s'être attaché à la rendre repoussante par une sécheresse désespérante. •

Votre calomnie. Monsieur, est-elle assez évidente. Y a-t-il quelques mots, dans ce pars^raphe, qui fassent allusion, même de loin, aux faisetirs de Manuels, imputation que vous m'attribuez si bénévolement.

Jamais non plus je n'ai imprimé, mais je n'ai cessé de dire et de répéter depuis plus de dix ans, que nous avions en France des bibliographes pratiques, généraux et particu* liers, et point de bibliographie nationale, proprement dite. Pensez -vous. Monsieur, que nos deux ouvrages se complétant l'un par l'autre, pour la partie française, puissent en constituer une? On n'a toujours pensé qu'aux vendeurs et acheteurs de livres, mais jamais à la classo intéressante et nombreuse des gens d'études, qui ont besoin de connaître tout ce qui a été publié en livres, brochures et articles sur la plus minime partie dé l'une ou l'autre des connaissances humaines dont ils s'occupent : un ^ide pour Touvrier de l'intelUgence et en même temps un aide-mémoire pour le bibliothécaire. La table méthodique de votre ouvrage est certes très-précieuse; mais quand même vous auriez donné autre chose qu'un choix arbitraire de livres, très-grand, il faut en convenir, le plan de cette table permet-il d'arriver complètement et instantanément à remplir ce but? n reste donc aux travailleurs nos mono^aphies bibliographiques dont je reconnais toute l'utilité et l'importance, aussi en ai-je fait pour ma part un certain nombre, que^

selon toate apparence, vous ne connaissez pas, car^ arant de faire la critique de mes ouvrages, vous ne les avez pas mèrae ouverts, vous ne savez pas ce c|u'îls renferment *. La réunion difficile de toutes les monographies qui existent constituerait- elle un ouvrage bien commode et complet ? Non.

Quoi que vous ayez dit autrefois. Monsieur, de &es amis les Allemands et les Anglais, nous n'avons pas pour nos^ nationaux studieux d'ouvrages aussi utiles que le sont chez les premiers, 1** leHandbûch der deulschen Literatur^ seit der miUe des Ig**" Jahrhundert auf die neuesle Zeit, von J.-Sam. Ersch und andern (Leipzig, 1822-40, 4 vol. en 8 part, in-8); 2° le Repertorium der gesammlen deutsche Ltteratur, herausg. im Verein mit mehreren Gelehrten von E.-G. Gersdorf. T. 1 à XXXIV (Leipzig, 1831-43, 34 vol. in-8), et 3° le Lehrbuch einer allgemeinen LUeraturgeschichle aller bekannlen Volker der Welt... von J.-G.-T. Graesse (Dresde, 1837-1859, 4 gros vol. in-8), ouvrage si précieux pour l'étude des sciences historiques de tous les pays ; et chez les derniers, un magniûque travail que, par jalousie, vous avez méchamment critiqué, la Bibiiotheca Britannica, de Watt ; et pourtant nous avons une littérature non moins riche que celle de ces deux nations, mais nous n'en possédons pas comme elles un seul inventaire. 11 existe pourtant à la Bibliothèque impériale, enfoui parmi ses trésors, un travail précieux, inédit, de Dom Loyau, intitulé Calalogus maleriarum insignium quœ in libris impressis conti» iMNlur, oraine atphabelieo disposUus^ ad usum Bîbliothecœ regiœ, 15 vol. in-fol., qui, coiitmné jusque nos Jours, eût été d'une immense utilité pour les travailleurs et les bibliothécaires de la France en particulier. Il est regrettable que l'administration de cet établissement n'ait pas préféré faire compléter ce beau travail «t le publier, plutôt que faire imprimer ce volumineux catalogue systématique qu'elle a livré au moo^ des travailleurs et des bibliophiles. Les bibliothèques de l'Amérique nous donnent aujonr» d'hui des leçons de bibhographie pratique, et la bibliothèque de Boston, qui a publié récemment son inventaire (1861, gr. in-8 de 902 pag. à 2 col., en caractères compactes), restera comme un beau modèle à suivre.

C'est parce que nous n'avons pas de bibliographie nationale que, depuis plus de vingt ans, je m'occupe de recueillir les matériaux nécessaires pour en faire une. Dès 1850, ielançai le prospectus d'une ^Encyclopédie du bibliothécaire^' de f homme de lettres et du oiblio» phile français^ qui fut assez bien accueilli dans les deux mondes, puisqu'il me procura cinq cents souscripteurs, avant qu'une seule page en fût imprimée, ce qui prouve qu'on avait reconnu l'utilité de cette publication. Mais, sans aucun patrimoine, sans place, et ayant néanmoins déjà fait trente ans la guerre âmes dépens, je ne pouvais commencer l'impression de l'ouvrage avec cinq cents souscripteurs qui ne couvraient pas les frais ^j'espérais un appui efficace du Gouvernement, qui ne m'a pas été offert, et j'ai dû en ajourner la mise sous presse, indéfiniment peut-être, quoique je n'aie jamais cessé d'y travailler avec persévérance. Mon prospectus a donné l'idée à MM. Ferd. Denis, conservateur à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, P. Pinçon, bibliothécaire à la même bibliothèque, et de Martonne, ancien magistrat, d'un Nouvel Manuel de bibliographie universelle, Paris, Roret, 1857, in-8 de xj-706 pag. à 3 col., en petits caractères (sur corps de 5 Didot), ou 3 vol in- 18. Cet ouvraçe, qui irest qu'une miniature microscopique de celui que j'ai rêvé, est, d'après mon opinion personnelle, plus utile et plus facile à consulter que la table de votre prétendu Manuel du libraire.

Je me suis bien éloigné, Monsieur, de votre première calomnie. La critique que vous me prêtez n'a jamais existé que dans votre imagination, trop susceptible. Votre Manuel^ Monsieur, est ce qu'il devait être : un guide pour les vendeurs et les acheteurs de livres anciens, depuis l'auteur classique jusques et y compris les petites saletés de nos pères, selon les choix plus ou moins considérables que vous avez faits des uns et des

^ Les moDOgrapbîeft insérées par moi dans mes divers ouvrages sont celles de : Corday (Gbarl.), le Q, 11, p. 440; — Dumas (Alex.). Sup. 1; — Falloux (Le vicomte de), le Q. Il, p. 241: -* GiBthe, t&td , II, p. 164; Guizot iLa famille), ibid., Il, p. 608 ; - Institut (L'), ibid., II, 317; -« Lamennais (l'abbé de), Sop., t. 111 ; — Louis XVH (les faux), ibid,, t. III; — àtaraty le Q , II, p. 489 ; — JUarguerite d^Autriche^ ibid., II. p. 165 ; — Marie- Antoinette (la reine), iWd., II, p. 401 ; — Hichêtieu (le caril. etieroar.), Fr. litt. Xll; — Robespierre (les), t6id.. Xll ; ~ Hownanie (la)^ Moldavie, Valaebie et Transylvanie (ancienne Dacie), la Servie. Monténégro et Bosnie, le Q., Il, p. 567; — Hausseau (J -J ), Fr. liU , Ylll, 179; - Sand (G.), Sup. IV; ~ Stoei Holstein (le»), le ()., II, 60G; — Thomas à Kemfis, Sup. 1Y« 481. Nomenclature de quatre-vingt-onze ouvnigiii sur la question de Tauteur deFlmitatiou de J.-G ; — Voltaire, Fr. litt., X. Parmi beaucoup d'tutm monographies disposées pour l'impression, je citerai celles de Abailard^ Abd-et-Kader, Anas cl leurs similaires (tes), Artisans poêles (les), Êonald (les de; Maistre (les de), etc., etc.

AU MX-NEUYIÊME SIÈCLE. » 2S

autres; le mien est restreint à la seule littérature (hinçaise sur tout le globe, à la yérité, ne devant servir qu^aux personnes qui s'occupent de biographie et d'histoire littéraire de la France, et, accessoirement, à MM. les libraires qui veulent apprendre quelque chose sur ces deux parties du domaine de la bibliographie. Nulle concurrence entre nos deux publications. Je n'ai donc eu ni aucun besoin, ni aucune raison pour parler des faiseurs ée Manueis.

Quant à votre deuxième calomnie, elle est aussi claire crue la première. Vous avancez. Monsieur, que je me suis bénévolement donné la qualincatioo de chef de Us (riblio^ graphie française, Permettez- moi d'abord de vous dire que vous copiez encore mat et que k quaUfication est chef des kibHo§rmphes fremçais^ bien plus forte encore que celle qui a excité votre ire. Au moins fallait-il mentionner l'endroit où f avais émis cette outrecuidante opinion, dont douteront toutes les personnes que je fi^quente, car, au lien de ce caractère vantard et suffisant que vous me prêtez pour Je besoin de votre pamphlet ca* kMmnieux, elles connaissent et ma modestie et mon humilité, sentiments qui m'ont été trës-préjudiciabies dans ma longue carrière de travailleur. Or, à votre défaut» Monsieur, j'indiquerai la source qu'à dessein vous avez dissimulée.

Le tome XI de /a France HUéraire renferme, page 588 et suivantes, une Notice sur moi, signée Jozon d'Erquard. Voici le début de cette notice, qui ne sent Tapologie sous aucun rapport :

« QuÉRARD (Joseph-Marie), à qui, avec trop de bienveillance, peut-être. Ton a donné la qualification de chef des bibliographes français^ (sic), de patriarche et apôtre des hommes voués aux études bibliographimus *. »

Je vous le demande. Monsieur, qui donc antre que vous, animé d'un esprit d^étroHe

Soosie, verra dans ces deux citations la preuve de l'imputation oue vous avez avancée? s mots citer et s'arrc^r vous paraissent-ils donc. Monsieur, être synonvmes? Je ne me suis pas bénévolement donné, comme vous l'avancez, la oualiflcation ae chef de la bibliographie française. C'est tout simplement une calomnie ae votre part, car au bas de la page 588 de l'article en question, la note fait connaître le nom de mon^oéreux parrain, qui, lui aussi, appartient à celte classe de bibliographes qui savent faire autre chose que de la catalogi^aphie. Si le premier de ces témoignages de bienveillance, ces bonnes paroles prodiguées comme encouragements, à l'infatigable travailleur (n'oubliez pas que j'ai dé^à produit plus de vingt volumes, et que vous^n'en avez publié que sept) vous ont fait si mal au cœur, qu'eussiez- vous dit si, lisant autre chose que des catalo-

ftes, vous eussiez trouvé les opinions suivantes, que vos procédés envers moi m'obligent reproduire ici, dût votre dépit s'en au^enter encore? Je rougis. Monsieur, d'être obligé d'exhumer de tels jugements depuis longtemps oubliés; mais vous m'y forcez par votre dernière calomnie.

Mon livre. Monsieur, est qualifié de « véritable monument en l'honneur des lettres françaises, le plus complet qui ait jamais été érigé à la gloire d'une littérature ». (BulL du biblioph, de Techener^ octobre 1858.)

Sur moi, personnellement, j'ajoute aux deux épithètes déjà mentionnées, les citations suivantes :

1» De tous nos contemporains, Quérard est le premier historiographe littéraire dans la spécialité de la biblioffraphie française, qu'il a fait notablement progresser en y joignant de profondes études biographiques sur presque tous les écrivains importants, et en donnant du charme et de l'attrait à cette branche, ordinairement si aride, aes connaissances humaines. C'est grâce à ses patientes recherches et son infatigable persévérance qu'il a pu doter le monde savant du célèbre ouvrage la France liUéreUrêy Ces Superche^ ries littéraires dévoilées, etc. {Feuilles pour entretien littéraire, numéros des 18, 19 et 20 juillet 1850');

1 M. Aug. ScHELEB, bibliothécaire de S. M. le roi des Belges, dans le « Bulletin du bibliophile belge 9 (et j'ajoute aujourd'hui) : tome Xll (1856), p 502.

> Son Ex. M. Modeste de Korf, ex-directeur en chef de la bibliothèque impériale publique de Saint Pélersbourg LeUre à l'auteur, datée de Berlin, le 25 septembre 1856.

3 Original, a Quérard ist der grôste jelzlebende Literarhisloriker im Fach der TranzOsischen Bibliographie, welche von ihm durch Verbindung mit biographischen Sludien ûb.T die Schriflsteller bedeulend gefôrdert ward, und hierdurch statt der frùhern, jenero Zweige des Wissens natûrlichen Trockenheit frisches Leben, Licht und interesse gewonnen hat. Seiner unermudiichen Geduld und seinem ausdauernden Fleiss verdaakt die netehrte Welt das beruhmte Werk : la France littéraire, nachher die Suoercheries littéraires dévoilées^ etc. o [BlàUer fiir Uterarische Unterhaltung, Leipzig, 18, 19 et 20 juVi i860).

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